Tallandier

  • En guerre(s) pour l'Algérie : témoignages

    Raphaëlle Branche

    • Tallandier
    • 24 Février 2022

    La guerre s'est achevée il y a soixante ans en Algérie. Elle a marqué durablement les sociétés française et algérienne et touché directement des millions de personnes. Comment ces Français et ces Algériens ordinaires l'ont-ils vécue ? Quinze femmes et hommes ont accepté de confier leurs souvenirs de jeunesse. Leurs témoignages sont essentiels pour écrire une histoire qui ne soit pas seulement celle des décisions et des grands événements politiques et militaires. Ils éclairent ce que furent des vies simples prises dans la tourmente de la guerre.

    Ils étaient appelé du contingent, militaires de carrière, harki ou militants indépendantistes (du FLN et du MNA) en métropole et en Algérie, mais aussi membre de l'OAS, simples civils algériens ou français. Conscients de l'urgence de témoigner, ils racontent la guerre vue d'un appartement d'Alger, d'une usine parisienne, du maquis, d'une caserne. Quelles peurs les habitaient ? Quels dangers ont-ils affrontés ? Quelles étaient aussi les raisons de leur engagement ? Quels étaient leurs espoirs ? Ils répondent à ces questions avec le souci constant de dire au plus vrai, de raconter au plus juste.

    Les témoignages ne se situent pas d'un côté ou de l'autre de la Méditerranée. Ils ne sont pas au service d'un groupe de mémoire particulier. Au contraire. Ils permettent d'explorer les multiples facettes de ce conflit complexe où guerre de libération et luttes fratricides se sont mêlées, où destructions et ravages se sont accompagnés d'aspirations au renouveau.

  • Les services secrets russes ; des tsars à Poutine

    Andreï Kozovoï

    • Tallandier
    • 6 Février 2020

    Annexion de la Crimée, ingérence dans les élections américaines, empoisonnement de Sergueï Skripal : les services secrets russes sont bel et bien de retour. Mais, au fond, sont-ils vraiment partis ?

    Du « parapluie bulgare » au Novitchok, de l'espionnage atomique à la cyberguerre, du KGB au FSB, Andreï Kozovoï brosse une vaste fresque peuplée d'agents aux multiples facettes, lesquels ont acquis au fil des ans une expérience sans équivalent, mais aussi un considérable pouvoir de nuisance. Pilier du régime, les services secrets permettront- ils à Vladimir Poutine de maîtriser le monde ou seront-ils le monstre de Frankenstein qui provoquera sa chute ?

  •  « Trop poli pour être honnête », « sois poli, si t'es pas joli », « la ponctualité est la politesse des rois ». Les formules populaires qui ont jailli au cours des siècles à propos de la politesse sont nombreuses ! Personne n'y est indifférent et force est de constater que, depuis l'Antiquité, la politesse n'a cessé d'évoluer, en se révélant avec bien des singularités d'une région, d'un pays, d'un continent à l'autre.
    Comment définir la politesse ? On s'étonnera qu'un philosophe, Schopenhauer, en ait expliqué le principe premier en nous comparant à des porcs-épics qui, pour avoir chaud ensemble, ne doivent être ni trop loin ni trop près. D'autres assimileront la politesse à une véritable « science de la vie », en insistant sur la « politesse du coeur », la plus importante.
    Grâce à son immense culture, l'auteur nous livre le fruit de ses lectures d'écrivains, de poètes, de penseurs et d'historiens, qui ont réfléchi à cet art de vivre ensemble. Ainsi, on n'oubliera pas de rappeler les codes d'hier et d'aujourd'hui, s'appliquant à table ou en voiture, sans omettre la correspondance et ses nombreuses formules de politesse. De la bise romaine au SMS, en passant par la lettre de château, le chemin offre bien des surprises.
    Avec humour, légèreté et l'érudition joyeuse qui le caractérise, Jean Pruvost, grand amoureux de la langue française, nous convie à réfléchir sur les mille et un sens de la politesse.

  • Le climat en 100 questions

    ,

    • Tallandier
    • 3 Mars 2022

    Comment le climat des mille dernières années a-t-il évolué ? Les calottes de glace sont-elles éternelles ? En quoi le changement produit par l'homme est-il inédit ? Les énergies éoliennes et solaires vont-elles sauver le climat ? La France est-elle un bon élève ?

    La température a augmenté d'1,2 °C en moins d'un siècle. Le niveau marin planétaire grimpe. Les vagues de chaleur battent des records, la biodiversité est durement touchée. Pourtant, depuis le premier rapport du GIEC puis la convention-cadre de l'ONU en 1992, c'est l'inertie. Parce que les politiques à déployer réclament des transformations d'une telle envergure qu'elles se heurtent à des intérêts puissants et à nos modes de vie. Voici 100 clés indispensables pour comprendre l'évolution climatique de la Terre et les risques concrets pour nos sociétés.

  • Pourquoi tant d'États arabes sont-ils à l'agonie, empêchant leurs populations de vivre décemment et détruisant les équilibres régionaux ? Pour en comprendre les origines, Pierre-Jean Luizard remonte le cours de l'Histoire et nous éclaire sur les enjeux à venir. Le modèle de « l'État-nation » et ses frontières arbitraires, imposés par les puissances coloniales au siècle dernier, sombre au Moyen-Orient : échec du confessionnalisme politique au Levant et en Irak, guerre entre sunnites et chiites au Yémen, absence d'identité commune en Libye... Ces États ont longtemps manifesté de nombreux points communs : répression par des régimes autoritaires, guerres civiles sans fi n, corruption massive, services publics aux abonnés absents, chômage... Aujourd'hui, ils sont traversés par le chaos permanent. L'échec des Printemps arabes illustre l'incapacité des systèmes politiques actuels à répondre aux demandes des populations et à donner des perspectives à la jeunesse. Pierre-Jean Luizard décrypte ces phénomènes et s'interroge : faut-il, pour tenter de résoudre les graves crises, encore miser sur le renforcement des États en place ? Un changement profond est indispensable si l'on veut espérer une stabilisation future au moment où le droit d'ingérence que s'est octroyé l'Occident est désormais révolu.

  • Un souverain puissant à la tête d'un gouvernement impérieux singularise l'histoire de France. Du premier Capétien au dernier des Bourbons, la tentation et l'affirmation « absolutistes » n'ont cessé d'être la marque de la monarchie des lys, son ADN en quelque sorte. Les XVIe et XVIIe siècles constituent un effervescent laboratoire politique qui expérimente des formes de gouvernements centrés sur la figure et l'autorité du roi. Entre le début du règne de François Ier (1515) et la fin de celui de Louis XIV (1715), le monarque, qu'il soit « fort » - François Ier, Henri II, Henri IV, Louis XIV -, ou « faible » - François II, Charles IX, Henri III, Louis XIII dans une certaine mesure -, est le moteur du pouvoir. Ainsi, les épisodes de contestations civiles ou religieuses sont contemporains d'un roi enfant, absent ou discrédité, à l'exemple des guerres de Religion ou de la Fronde. Cet ouvrage nous place au coeur de cette « obsession française » qui se cristallise sur la personne du souverain - tous régimes confondus -, jusqu'à notre quasi-monarque républicain. Des châteaux de la Loire à Versailles, de la Saint-Barthélemy à la Fronde, en passant par la formation militaire et intellectuelle des rois, Joël Cornette éclaire d'une manière riche et originale cette histoire renouvelée de la monarchie.

  • Sentiment de déclassement, blocage de l'ascenseur social, taxation fiscale alourdie : la République a failli dans sa promesse de justice et de réussite par le mérite. En deux générations, l'héritage gaullien a été dilapidé conduisant à une grave crise de confiance des Français envers leurs élites.

    Fin observateur de notre société, l'historien Pierre Vermeren ausculte l'échec des politiques publiques, économiques et d'éducation depuis la fin des années 1970 : la désindustrialisation destructrice d'emplois, la déshumanisation des services, la déqualification qui entraîne la mésestime de soi, l'absence de réflexion sur l'aménagement du territoire et la rétraction des services publics qui brisent le lien social. Une faillite, aggravée par la crise sanitaire, entraînant le désenchantement des classes populaires et les populismes qui l'accompagnent. L'État doit prendre d'urgence les décisions nécessaires pour considérer la France, toute la France.

  • Depuis 1961, la France a mené 19 guerres sur 3 continents ainsi que 13 grandes opérations militaires de police internationale. Elle est actuellement la seule nation européenne à combattre au Sahel et au Proche-Orient. Elle est la seule à avoir des soldats en permanence dans les rues de ses grandes villes depuis 26 ans. Les soldats français sont les plus engagés au monde et la guerre est un état permanent de la France de la Ve République. Pour autant, la France ne le sait pas vraiment car c'est un ensemble d'opérations limitées souvent lointaines et périphériques. Du Tchad au Mali en passant par le Liban, le Rwanda ou l'Afghanistan, des centaines de milliers de «soldats nomades» français ont été engagés dans une guerre mondiale pour la défense des intérêts de la France. Des milliers d'entre eux y ont été tués ou blessés. Michel Goya nous décrit cette «guerre mondiale en miettes » que conduit chaque président de la République pour défendre le statut de puissance de la France. Il détaille la manière dont les forces armées françaises ont été employées au cours de trois grandes périodes de la guerre froide, de la mondialisation et de la guerre contre les organisations armées, parfois avec succès, parfois de manière désastreuse. C'est une histoire qui n'a jamais été racontée de cette façon, ni surtout analysée de manière critique par un historien et stratégiste, lui-même acteur de plusieurs de ces engagements. Elle se conclut sur le décryptage des perspectives actuelles.

  • Longtemps les Français ont vécu sous l'égide de la civilisation républicaine. Cet écosystème a tissé un vivre-ensemble reposant sur la démocratie libérale, la laïcité, la langue, l'école et le sentiment d'appartenance à une communauté nationale. Après 1945, les Trente Glorieuses ont mis en place l'État providence, puis la fin des guerres coloniales a instauré une paix intérieure et extérieure durable : prospérité, plein-emploi, concorde civile... Des forces historiques sont venues miner cet équilibre. Perte du sens de l'intérêt général, dégradation de l'école et sa mission de porter les valeurs de l'État-nation, émergence de violence sociale. Sur fond de mondialisation, de crise climatique et de débats sur l'immigration, le vivre-ensemble a dégénéré en un vivre côte à côte, voire un vivre face-à-face. Jean-François Sirinelli décèle les étapes d'un phénomène dont nous n'avons pas eu forcément pleine conscience.

  • Par leurs formes qui varient dans le temps et d'une région à l'autre, les bouteilles de vin racontent une histoire passionnante.

    Cet ouvrage novateur le montre avec beaucoup de science et de verve. Jamais les vins n'auraient pu vieillir à l'abri de l'air et de la lumière et jamais la personnalité des terroirs et des millésimes n'aurait pu se révéler avec autant d'éclat sans l'invention de la bouteille.

    La révolution date du Ier siècle de notre ère, c'est la mise au point de la canne à souffler. Au début du XVIIe siècle, les productions européennes, trop fragiles, ne peuvent servir à déplacer des liquides à longue distance. C'est alors qu'un pays importateur, l'Angleterre, réalise la bouteille en verre épais et noir, élaborée dans un four chauffé au charbon. Les mêmes Anglais découvrent au Portugal les vertus du liège qui permet un bouchage hermétique et de confier aux bouteilles du vin de qualité, de les coucher, les transporter et les conserver. Bientôt ils inventent encore le champagne mousseux que les Français ne confectionneront qu'à partir de la Régence.

    Les bouteilles d'outre-Manche sont en oignon, en poire, puis cylindriques à épaules plus carrées. Les françaises, elles, sont plutôt ovoïdes, à épaules tombantes, tant en Champagne et en Bourgogne qu'à Bordeaux où, au XIXe siècle, s'impose la forme cylindrique à épaules carrées. À côté de ces deux grands modèles, certains vignobles en ont imaginé d'autres : la flûte rhénane, la fiasque paillée de Toscane, le bocksbeutel en forme de gourde de Franconie, le clavelin du Jura, la petite bouteille à col allongé du Tokaji ou du constantia sud-africain, etc.

  • On les appelle spin doctors, genies du faire croire, persuadeurs clandestins ou ingenieurs des ames. Publicitaires, communicants, cinéastes ou propagandistes politiques, ces hommes ont en commun d'etre passes maitres dans l'art de la manipulation de masse.

    Ils bouleversent les regles du jeu politique, font et defont des elections, fabriquent le consentement, défendent les intérêts d'industries polluantes, influencent a leur insu le comportement de millions d'individus. Souvent meconnus, agissant pour la plupart dans l'ombre, ils concoivent et deploient leurs techniques de persuasion en tirant profit des progres constants des sciences et des techniques.

    Spécialiste de l'histoire de la propagande contemporaine, David Colon propose une approche inédite de l'art de la persuasion : il réunit, pour la première fois dans un même livre, les portraits de vingt des plus grands maîtres de la manipulation des XXe et XXIe siècles. De Goebbels a Walt Disney, de Lin Biao a Mark Zuckerberg, Richard Thaler ou Steve Bannon, l'auteur nous raconte l'invention de la propagande de guerre, du lobbying, du nudge ou de la publicité microciblee.

  • Comment, depuis Pépin le Bref et Charlemagne, les relations entre État et religions se sont-elles développées en France ? À travers cette histoire tumultueuse, Lucien Jaume met en lumière les relations de rivalité, de mimétisme et parfois de confusion qui se sont établies entre le politique et le religieux. La Révolution, s'inscrivant dans cette longue histoire, affirme de manière renouvelée la suprématie de l'État sur l'Église. Le Concordat de Napoléon, puis la laïcité - conçue par Jules Ferry et Ferdinand Buisson comme un succédané moral, spirituel et patriotique de la religion - concourent à légitimer la République. La séparation des Églises et de l'État en 1905 et la « République enseignante » constituent le point d'orgue de la laïcité. Lucien Jaume montre de manière pénétrante que la laïcité au sens français est une façon pour l'État d'affirmer son autorité contre les empiétements des religions et des Églises et de justifier son rôle d'éducateur et de producteur de la nation. L'État, comme garant de la liberté de conscience, promeut une tutelle centralisatrice contrastant avec l'approche anglaise ou américaine. La venue d'une nouvelle religion, l'islam sunnite, qui n'est pas une Église constituée, modifie profondément le panorama religieux français et pose le problème d'un mode de représentation permettant la création d'un islam de France. Afin d'assurer la pérennité de la laïcité à la française, en s'appuyant sur son histoire, et à rebours de tout dogmatisme, Lucien Jaume en propose ici une définition philosophique renouvelée comme culture de l'esprit et du citoyen offerte à chacun.

  • 1915. Les Arméniens, parfaitement intégrés à l'Empire ottoman, sont exterminés par les radicaux du gouvernement unioniste turc. Bilan : 1,5 million de victimes arméniennes, sujets ottomans, persans et russes. Au printemps 1915, la population arménienne ottomane est victime d'un génocide - arrestations massives, déportations et massacres - planifié et exécuté par le parti au pouvoir à Istanbul, le Comité Union et Progrès. Longtemps contesté, le génocide des Arméniens ne fait plus aucun doute mais Ankara continue d'exercer des pressions pour empêcher sa reconnaissance officielle. Cent ans après, trois historiens ont uni leur force pour concevoir la première synthèse sur l'extermination d'un peuple qui fait entrer l'humanité dans l'âge des génocides.

  • Qui sont les Perses ? Pourquoi l'Iran est-il devenu chiite ? Quelles sont les causes de la révolution islamique ? Qui est Ebrahim Raïssi, le nouveau président ? L'Iran souhaite-t-il normaliser ses relations avec les États-Unis ? Des splendeurs de Persépolis au raffinement d'Ispahan, l'Iran fascine depuis trois mille ans par sa tradition ancestrale et son patrimoine culturel. Mais, depuis la Révolution de 1979, le régime mêle étroitement le politique et le religieux, sans apporter le développement économique ni les libertés auxquels aspire le peuple iranien. La victoire des ultraconservateurs aux élections présidentielles inquiète les acteurs régionaux et internationaux. Après avoir subi la campagne de « pression maximale » des États-Unis sortis de l'accord du nucléaire, la ligne du gouvernement est plus que jamais anti-occidentale. Voici 100 clés pour comprendre ce pays incontournable de l'échiquier géopolitique moyen-oriental.

  • Longtemps, l'histoire des communautés juives du monde arabo-musulman a fait l'objet de lectures idéologiques, parfois passionnelles.
    Sous l'effet des échanges économiques et de la pénétration européenne, les Juifs d'Orient ont accédé à une forme de modernité culturelle et économique en s'affranchissant, peu à peu, du statut de soumission codifié par l'islam des origines. Or, c'est cette émancipation même qui a compromis leur survie, a fortiori après les indépendances marquées par un climat de discrimination. Le conflit judéo-israélo-arabe, récurrent depuis la fin des années 1920, a aggravé la situation et, dans certains cas, a précipité l'exode et la spoliation des biens. Grâce à une documentation inédite, Georges Bensoussan envisage ce phénomène dans toute son épaisseur. Son livre, appelé à faire date, sera pour tous ses lecteurs une découverte, pour certains un véritable choc.

  • On imagine volontiers que l'Église, depuis ses origines, est une, catholique (universelle), apostolique (organisée par les apôtres de Jésus) et romaine (sous l'autorité de l'évêque de Rome), que les Églises orientales sont restées indépendantes pour des raisons intellectuelles ou historiques, que le culte a toujours été rendu de la même manière et le dogme fixé de toute éternité. Essaimage, dissidences et persécutions n'auraient-ils donc changé en rien le devenir des communautés chrétiennes durant leurs quatre ou cinq premiers siècles d'existence ? La construction de l'identité catholique aurait-elle été aussi linéaire qu'on le croit encore souvent ? Au contraire, la réalité est que la marche vers l'universalisme se déroule sous le signe de tensions continuelles. Au commencement, il n'y a pas de doctrine, mais seulement un message, l'évangile. Il n'y a pas non plus d'organisation, sinon locale. Les communautés développent une conscience collective, l'enseignement et la discipline se construisent au fil des siècles sous l'effet de contraintes extérieures, notamment politiques, tout autant que des évolutions de la pensée antique dans un perpétuel bouillonnement d'idées. Appuyé sur une connaissance intime des sources chrétiennes et non chrétiennes et nourri des recherches les plus récentes, ce livre riche et suggestif décrit un long processus de construction qui se clôt avec la transformation du christianisme en religion impériale à partir du règne de Constantin, le concile de Nicée (325) et finalement celui de Chalcédoine (451). Il renouvelle profondément l'histoire concrète des quinze ou vingt premières générations de chrétiens.

  • L'histoire de la communauté juive d'Irak s'étend sur une période de près de vingt-six siècles. C'est là, entre le Tigre et l'Euphrate, que s'établit l'antique peuplement juif de Babylone, vers 597 avant notre ère. Avec l'exil des habitants du royaume de Juda, le roi Nabuchodonosor déporta à Babylone près de ­10 000 membres de l'élite de Jérusalem avec les trésors du Temple et du palais royal.
    Depuis lors, cette présence connut une remarquable expansion, donnant naissance, entre autres, au Talmud de Babylone, pièce maîtresse de la littérature rabbinique et encore étudié de nos jours. Si les juifs d'Irak cultivèrent toujours l'aspiration messianique au « retour à Sion », ils n'en produisirent pas moins une culture riche, mariant fi délité à la foi ancestrale et enracinement profond dans le pays, sa langue --l'arabe--, ses coutumes, ses paysages. En somme, un modèle assez rare de coexistence dans l'Histoire. Mais l'ère moderne, avec ses conflits et ses discriminations, mettra fin à ce judaïsme en Irak. Désormais, ailleurs, en Israël, en Europe ou en Amérique, la mémoire et la vitalité de ce judaïsme immémorial se perpétuent avec ses héritiers.

  • « On ne peut être curieux du passé sans l'être aussi du monde qui nous entoure. Après l'avoir longtemps et superbement ignoré, je me surprends à le regarder de près. Et cela donne de drôles de résultats. À force d'habiter le passé, c'est le présent qui me semble étrange. Je le regarde comme on aborderait de nouveaux rivages, en guetteur mélancolique, en flâneur, en amateur surpris et amusé. L'expérience du temps donne parfois à l'actualité des allures dérisoires, elle nous fait apercevoir ses inconséquences et sa fragilité. Les visages changent, mais la grimace reste la même. Ces exercices-là ne sont pas dépourvus de dangers. »

  • Ces musiciens qui ont fait l'histoire

    Laure Dautriche

    • Tallandier
    • 15 Mai 2019

    Savez-vous que Mozart était franc-maçon ? Que Beethoven était fasciné par Bonaparte ? Que François-Joseph Gossec a mis en musique la Révolution française ? Que Strauss s'accommoda des nazis et que Chostakovitch résista à Staline ?
    Face au pouvoir, la plupart des musiciens se sont engagés et ont choisi d'entretenir avec les puissants des rapports d'admiration, de séduction ou d'opposition... Certains ont été les porte-voix de régimes politiques, comme Richard Strauss tiraillé sous le IIIe Reich entre son soutien à Hitler et le désir de conserver son indépendance musicale. Au contraire, Claude Debussy, ne pouvant être appelé sous les drapeaux en août 1914, est parti en guerre contre la musique allemande avec la volonté d'écrire la musique la plus « française » qui soit. En Union soviétique, dès le milieu des années 1930, Chostakovitch voit, lui, planer au-dessus de son épaule l'ombre de Staline, mais décide de ne pas céder.
    De Lully courtisan du Roi-Soleil à Verdi chantre de l'unité italienne, d'Hector Berlioz partisan des Trois Glorieuses à Mikis Theodorakis affrontant la dictature des colonels, Laure Dautriche nous invite à suivre le parcours singulier de treize génies pris dans les tourments de l'Histoire. Plongée dans les révolutions, les guerres ou les dictatures, leur musique a toujours fini par triompher.

  • Les maîtres de la Guadeloupe

    Frédéric Régent

    • Tallandier
    • 24 Mai 2019

    Si les sociétés coloniales des Antilles françaises sont bien connues à travers l'histoire des esclaves, celle de leurs propriétaires restait à faire. Et pour cause : c'est la chronique honteuse de dominants engagés dans une épouvantable entreprise d'exploitation de femmes, d'hommes et d'enfants.

    Pourtant, l'histoire des esclaves est indissociable de celle des maîtres. C'est celle que raconte Frédéric Régent, à travers le cas de la Guadeloupe. Il suit en particulier le parcours de quatre familles sur huit générations et reconstitue leur installation sur l'île, à partir de 1635. C'est le temps de la culture du tabac, il faut mettre en valeur les terres : ces premiers colons font appel à des engagés, des Européens, qui sous un contrat de servitude subissent de terribles conditions de travail qui préfigurent celles que subiront les esclaves. Par la suite, certains de ces engagés deviennent eux-mêmes des maîtres. Puis avec le développement de la production de sucre, les esclaves sont de plus en plus nombreux à être importés d'Afrique. Ces maîtres ont recours à une extrême violence. Toutefois, du fait du faible nombre de femmes européennes, certains s'unissent avec leurs esclaves. Au gré de la fortune, quelques-uns de leurs descendants passent pour blancs, tandis que d'autres forment la catégorie des libres de couleur. La production de sucre fait la richesse de ces propriétaires. À travers leurs habitations, ils mettent en place des entreprises mobilisant d'énormes capitaux en s'intégrant à une économie connectée au monde. Les maîtres de la Guadeloupe constituent bien un des acteurs moteurs d'une des principales puissances de l'Europe moderne.

  • Sommes-nous tous Africains, émigrés du « berceau de l'humanité » ? Qu'a été, ou qu'est toujours, la Françafrique ? Comment « l'Islam noir tolérant » a-t-il donné naissance au djihadisme au Sahel ? L'Internet et la téléphonie mobile révolutionnent-ils le quotidien africain ? Comment expliquer la percée de la Chine en Afrique ?

    Faire le tour d'un continent sept fois plus vaste que l'Union européenne en explorant son histoire, sa culture, ses évolutions sociales, économiques, politiques et géopolitiques, ses épreuves du passé - esclavage, colonisation, guerres - et ses promesses d'avenir, tel est le pari ambitieux de ce livre.

    L'exceptionnelle jeunesse de l'Afrique marque ses réalités contemporaines : 40 % de ses habitants ont moins de 15 ans. Le quasi-doublement de sa population d'ici à 2050 va décupler les défis comme les opportunités. L'Afrique trouvera-t-elle les moyens pour nourrir, loger, former et employer tous ses jeunes ?

    Le niveau de son développement, de sa stabilité politique et de son état sanitaire, le rythme de l'émigration ou sa contribution à la (dé-)pollution de la planète concernent plus que jamais l'Europe et le reste du monde. Voici 100 clés pour mieux comprendre les enjeux présents et futurs de la « jeune Afrique ».

  • Justinien devient empereur romain d'Orient en 527. Pendant près de quarante ans, le souverain de Constantinople poursuit un seul but : réformer, agrandir, unir son empire dans la même foi chrétienne et en faire la plus grande puissance du monde méditerranéen.

    Empereur « qui ne dort jamais », Justinien a unifié le droit avec le Code justinien et de nombreuses lois (les Novelles) ; il a été le bâtisseur de nombreux monuments, dont la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, chef-d'oeuvre de l'art byzantin ; empereur chrétien, il a adopté une politique religieuse offensive envers les dissidents, païens ou hérétiques ; il s'est engagédans la définition de la doctrine orthodoxe, a publié des édits doctrinaux, organisé des conciles.

    À l'extérieur, à l'aide de généraux de valeur - Bélisaire, Narsès -, il a défendu l'empire efficacement contre les attaques de la Perse et contre celles de nombreux peuples barbares. La reconquête de l'Afrique du Nord et de l'Italie, que les Vandales et les Ostrogoths avaient enlevées, fut un de ses immenses succès. Si son long règne ne fut pas sans ombres - persistance des divisions dansl'Église, reconquêtes éphémères en Occident -, Justinien a conduit l'Empire romain à son apogée.

  • Pourquoi l'Iran chiite est-il en rivalité avec le monde sunnite ? Quelles sont les causes des premières grandes discordes ? Pourquoi la reconquête de Mossoul ne signet- elle pas la fin de Daech ? Quel est le rôle des grandes puissances dans le conflit entre sunnites et chiites ?
    La discorde entre les deux principales branches de l'islam est-elle la cause principale du chaos qui règne au Moyen-Orient ? Pierre-Jean Luizard remet en perspective les raisons historiques qui ont déclenché cette seconde fitna, en référence à la discorde originelle survenue à la mort du Prophète en 632. Malgré les tentatives de rapprochements au cours des siècles, l'affrontement confessionnel prend, avec la globalisation, une ampleur inédite.

  • Plus encore qu'une stratégie de défense ou un élément de la stature internationale de la France, la dissuasion nucléaire est une ambition nationale. Elle trouve sa source dans l'Histoire, emporte avec elle un effort scientifique, industriel et militaire considérable. Elle est le résultat d'une vision stratégique de très long terme, et se concrétise sur le terrain, dans les airs ou sous la mer, par l'engagement des soldats, aviateurs et marins qui, jour et nuit, protègent inlassablement les intérêts vitaux de la nation.

    Cet ouvrage plonge le lecteur au coeur de la dissuasion nucléaire, à travers l'histoire, la doctrine, les questions éthiques qu'elle soulève et les principales opérations nucléaires aéroportées telles que Poker, emblématique mission des Forces aériennes stratégiques reproduisant un raid de frappes nucléaires. Après trente ans au service de la France, le général Bruno Maigret nous offre, par ce témoignage inédit, son regard sur un outil politique qui est à la racine des grands choix stratégiques français.

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