Fayard

  • Les enfants oubliés d'Hitler

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    • Fayard
    • 20 Avril 2022

    En 1942, Erika Matko, alors âgée de neuf mois, est enlevée à ses parents dans un petit village d'Europe de l'Est et envoyée en Allemagne pour y être « germanisée ». Blonde aux yeux bleus, elle a été sélectionnée dans le cadre du programme Lebensborn, fondé par Himmler afin de renforcer la pureté de la race aryenne. Entourée d'une nouvelle famille, Erika, désormais prénommée Ingrid, grandit convaincue d'être allemande. Jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'elle a été adoptée.
    C'est le début d'une enquête de plus de trente ans, qui confronte Ingrid à la cruelle réalité d'une Allemagne divisée par un mur, aux archives classifiées, mais aussi au silence des témoins, à commencer par celui de sa mère adoptive. Jusqu'à la découverte des terribles secrets du programme Lebensborn : le kidnapping de centaines de milliers d'enfants dans toute l'Europe. Et quand Ingrid retrouve enfin le village où elle est née, une révélation plus dure encore l'attend.
    Une quête des origines, sur les traces des milliers de destins fracassés par le IIIe Reich.

  • Chacun peut éprouver le vent, sa présence, sa force, son influence. Parfois il crie et rugit, parfois il soupire ou caresse. Certains vents glacent, d'autres étouffent. Si l'homme a depuis l'Antiquité témoigné de cette expérience, il s'est longtemps heurté au mystère de ce flux invisible, continu, imprévisible. Le vent, aux traits immuables, échapperait-il à l'histoire  ?
    Il n'en est rien. Dans cet essai sensible, Alain Corbin nous guide au fil d'une quête initiée à la fin du xviiie siècle pour comprendre les mécanismes d'un élément longtemps indomptable. C'est le temps de nouvelles expériences du vent, vécues au sommet de la montagne, dans les déserts ou, pour la première fois, dans l'espace aérien. Se modifient alors les manières de l'imaginer, de le dire, de le rêver, inspirant les plus grands écrivains, à commencer par Victor Hugo.
    Un champ immense se dessine aux yeux de l'historien  ; d'autant que le vent est aussi, et peut-être avant tout, symbole du temps et de l'oubli.
     
    Historien spécialiste du xixe  siècle, Alain Corbin est mondialement reconnu pour son approche novatrice sur l'historicité des sens et du sensible, auxquels il a consacré de très nombreux ouvrages. Co-directeur d'une Histoire des émotions  (Seuil, 2016, 2 vol.), il a récemment publié La fraîcheur de l'herbe (Fayard, 2018  ; Pluriel, 2019) et Terra incognita. Une histoire de l'ignorance (Albin Michel, 2020).

  • Le passé imposé Nouv.

    Le passé imposé

    Henry Laurens

    • Fayard
    • 11 Mai 2022

    Contre la violence de certains à l'égard des travaux des historiens, Henry Laurens interroge les enjeux de notre rapport au passé, source régulière de polémiques.
    Il part d'un rappel des grands traits du savoir historique, essentiel pour aborder de façon critique un certain nombre de discours actuels, notamment autour des questions mémorielles. Suit une brève histoire de l'occidentalisme et de l'orientalisme qui montre comment les deux mouvements se sont développés parallèlement, sans nécessairement s'opposer. En ouvrant, pour finir, une réflexion sur les violences des xxe et xxie siècles et les temporalités dans lesquelles elles s'inscrivent, substitution du héros à la victime et du présent au futur, il affronte les débats d'aujourd'hui autour du mouvement postcolonial, promoteur d'un passé imposé.
    Un essai stimulant, qui redonne sa valeur à l'indispensable travail de l'historien.

  •   Quel roman que celui de la longue relation - trois siècles - qui tant de fois attira, unit, opposa, réconcilia la Russie et la France  !
    La Russie, État-continent qui s'étend en Europe et en Asie, s'est toujours revendiqué puissance européenne. Et l'Europe, pour la Russie, fut d'abord et toujours la France. Celle de Louis XIV, des Lumières, de la Révolution et de l'Empire, des idées, de la langue, de la culture, de la liberté et de la puissance. Durant trois siècles, cette France a fasciné tous les souverains Romanov, acharnés à s'en faire reconnaître, accepter, aimer, à se voir accorder le statut de puissance égale de la France.
    La France y opposa durablement méfiance et hostilité, voyant dans la Russie un pays attardé, barbare, étranger à l'Europe et dangereux, avant de s'y allier lorsque le puissant Empire allemand lui imposa ce tournant. Durant trois siècles, la relation heurtée de ces deux pays a constitué une part essentielle de l'histoire européenne avant de sombrer dans le grand cataclysme de la Première Guerre mondiale.
    Cet ouvrage reconstitue cette longue relation franco-russe, il a aussi pour but d'en rechercher les constantes et peut-être un éclairage pour un présent inquiétant et difficile.

  • Le dernier Mandchou

    Jean-Christophe Brisard

    • Fayard
    • 19 Janvier 2022

    Le destin de Wang Tifu a tout de la légende.
    La légende d'un Chinois du Nord, un Mandchou, qui affirme avoir sauvé 12 000 Juifs allemands pendant la Seconde Guerre mondiale en leur distribuant en secret des visas à Berlin.
    Ce diplomate polyglotte aurait rencontré Hitler, travaillé au service personnel de l'empereur Puyi, collaboré avec l'Armée rouge et le Japon impérial, fréquenté les cours royales d'Europe et valsé avec la reine Hélène de Grèce.
    Héros ou traître  ? Son pragmatisme lui a coûté cher. Des années dans les pires colonies du Goulag en même temps qu'un certain Soljenitsyne, puis dans les camps de rééducation chinois en pleine Révolution culturelle.
    Dans un récit captivant, fondé sur des sources retrouvées en Chine, mais aussi en Russie et en Allemagne, Jean-Christophe Brisard sort des limbes de l'histoire ce témoin exceptionnel d'un siècle de guerres et de dictatures parmi les plus violentes de l'histoire.
     
     
    Jean-Christophe Brisard est grand reporter et réalisateur de documentaires. Il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages d'enquêtes historiques. Il a récemment publié chez Fayard La mort d'Hitler. Dans les archives secrètes du KGB (2018  ; Pluriel, 2019), traduit en 17 langues, ainsi que Le livre d'or d'Hitler (Fayard, 2020).

  • Le culte des chefs : charisme et pouvoir à l'âge des révolutions

    David A. Bell

    • Fayard
    • 16 Février 2022

    En Europe comme en Amérique, l'expérience révolutionnaire mena souvent au pouvoir suprême de chefs militaires charismatiques. Pascal Paoli, George Washington, Napoléon Bonaparte, Toussaint Louverture, Simon Bolívar suscitèrent tous en leur temps l'enthousiasme des populations, au point de s'imposer à la tête de leurs pays.
    En faisant résonner ces destins hors du commun, David A. Bell révèle combien sont liées histoire de la démocratie et histoire du charisme politique. Car c'est bien à l'âge des révolutions qu'émergea ce nouveau modèle de chef à la fois admiré et aimé, dont le pouvoir finit pourtant par fouler au pied la démocratie qu'il devait défendre.
    Renouvelant notre compréhension du mouvement révolutionnaire qui transforma le monde atlantique à la fin du xviiie siècle et au début du xixe, cet essai invite aussi à observer autrement la vie politique de nos sociétés contemporaines, loin d'être affranchies de la figure du chef charismatique.
     
    Professeur à l'université de Princeton (USA), David A. Bell est spécialiste de la France des xviiie  et xixe  siècles. Il a publié de nombreux ouvrages dont The Cult of the Nation in France: Inventing Nationalism, 1680-1800 (Harvard University Press, 2001) ou encore The First Total War: Napoleon's Europe and the Birth of Warfare As We Know It (Houghton Mifflin, 2007  ; trad. fr. Champ Vallon, 2010), qui font aujourd'hui référence.

  • Shoah

    Claude Lanzmann

    • Fayard
    • 1 Avril 2014

    Il n'est pas facile de parler de Shoah. Il y a de la magie dans ce film, et la magie ne peut pas s'expliquer. Nous avons lu, après la guere, des quantités de témoignages sur les ghettos, sur les camps d'extermination; nous étions bouleversés. Mais, en voyant aujourd'hui l'extraordinaire film de Claude Lanzmann, nous nous apercevons que nous n'avons rien su. Malgré toutes nos connaissances, l'affreuse expérience restait à distance de nous. Pour la première fois, nous la vivons dans notre tête, notre coeur, notre chair. Elle devient la nôtre. Ni fiction, ni documentaire Shoah réussit cette re-création du passé avec une étonnante économie de moyens: des lieux, des voix, des visages. Le grand art de Claude Lanzmann est de faire parler les lieux, de les ressusciter à travers les voix, et, par-delà les mots, d'exprimer l'indicible par des visages.
    C'est une composition musicale qu'évoque la subtile construction de Shoah avec ses moments où culmine l'horreur, ses paisibles paysages, ses lamentos, ses plages neutres. Et l'ensemble est rythmé par le fracas presque insoutenable des trains qui roulent vers les camps.
    La construction de Claude Lanzmann n'obéit pas à un ordre chronologique, je dirais _ si on peut employer ce mot à propos d'un tel sujet _ que c'est une construction poétique.
    Jamais je n'aurais imaginé une pareille alliance de l'horreur et de la beauté. Certes, l'une ne sert pas à masquer l'autre, il ne s'agit pas d'esthétisme: au contraire, elle la met en lumière avec tant d'invention et de rigueur que nous avons conscience de contempler une grande oeuvre. Un pur chef-d'oeuvre.
    SIMONNE DE BEAUVOIR

  • Histoire de Stockholm

    Corinne Peneau

    • Fayard
    • 30 Mars 2022

    Écrire l'histoire de Stockholm, c'est voir émerger des eaux une vîle -  une ville tout entière contenue sur une île  -, la voir s'étendre vers les îlots alentour, puis vers les faubourgs sablonneux du nord et du sud, et s'adapter à un site réputé difficile, mais qui produisit une véritable capitale-archipel. C'est voir se transformer un des lieux les plus insalubres et les plus malsains d'Europe en une des capitales les plus écologiques et les plus riches du monde. C'est aussi suivre, au pays des révolutions timides et des conquêtes démocratiques radicales, les mutations d'une société, de l'absolutisme à la démocratie, dont Stockholm fut un des fers de lance. Peu de villes offrent de si rapides et de si fulgurantes métamorphoses.
    Dans cette fresque d'une ampleur inégalée, Corinne Péneau nous guide entre les bâtiments en bois ou en briques de Stockholm, à travers ses fines ruelles médiévales et ses nombreux parcs. Elle retrace près de huit siècles d'histoire de la plus francophile des villes du Nord, de sa fondation, au milieu du xiiie  siècle, jusqu'aux projets les plus ambitieux du xxie siècle.

  • Le vert aurait une vertu apaisante. Et à voir les balcons et les toits de nos immeubles, les trottoirs de nos villes, les citadins d'aujourd'hui tentent d'en tirer leçon. La verdure reprend ses droits, comme pour répondre à un désir, comme pour retrouver des émotions perdues.
    Nombreux sont ceux qui célébrèrent ce pouvoir sensible de l'herbe. De Lucrèce à Pétrarque, de Ronsard à George Sand, de Lamartine à René Char, Alain Corbin dresse un portrait de ces hommages rendus à l'herbe dans tous ses états, en brin ou en touffe, mauvaise ou folle. Et l'on renoue alors avec des sensations familières  : la joie de l'enfant se roulant dans l'herbe, l'invitation au repos après un déjeuner sur l'herbe, les odeurs de foin coupé, le bourdonnement du petit monde des prés, mais aussi l'érotisme d'un lit d'herbe, jusqu'à la paix provoquée par l'herbe disciplinée des cimetières.
    Au gré des citations qu'il éclaire de son regard d'historien, Alain Corbin nous convie à une promenade sensible et verdoyante.
     
    Historien spécialiste du xixe  siècle en France, Alain Corbin est reconnu internationalement pour son approche novatrice sur l'historicité des sens et du sensible, auxquels il a consacré de très nombreux ouvrages. Auteur des Filles de rêve (Fayard, 2014) et de La Douceur de l'ombre (Fayard, 2016), il a récemment dirigé l'Histoire des émotions (Seuil, 2016, 2 vol.).

  • Les garçons sont de retour avec une nouvelle fabuleuse collection de 100 portraits d'hommes brillants et inspirants qui ont prouvé que la vulnérabilité n'est pas une faiblesse, mais une force - et que l'ouverture d'esprit change la vie. Comme dirait Ed Sheeran  : «  Ne vous cachez pas derrière un personnage. Soyez fiers de vos bizarreries. C'est vraiment cool d'être différent.  » 
    AARON FOTHERINGHAM  AKRIT JASWAL  AMROU AL-KADHI  ANDRE AGASSI  ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY  PIRANA NGATA  ARYAN PASHA  AUGUSTE ESCOFFIER   BANKSY  BART WEETJENS  BISI ALIMI   BRASSAÏ   BUN SALUTH   CARL JUNG   CARLOS ACOSTA  CHARLES M. SCHULZ  LES PLONGEURS DE TCHERNOBYL  CHESTER BENNINGTON   CHESTER GREENWOOD  CHRIS MOSIER   CRAIG KIELBURGER  CYRUS LE GRAND  LE 14ème DALAI LAMA   DASHRATH MANJHI   ED SHEERAN  EDDIE NDOPU  EDVARD MUNCH  EDWARD ENNINFUL   EMIL ZÁTOPEK   EMMANUEL OFOSU YEBOAH   ENRICO CARUSO  ERICH KÄSTNER   ERNÖ RUBIK   EVAN RUGGIERO   FRANCISCO TÁRREGA   FRANÇOIS TRUFFAUT   GIORGIO STREHLER   GUS WORLAND   HENRY DUNANT   HRITHIK ROSHAN  IBRAHIM AL HUSSEIN   ISAAC ASIMOV   IVÁN FERNÁNDEZ ANAYA   JACKIE CHAN  JACKSON POLLOCK  L'ÉQUIPE JAMAÏCAINE DE BOBSLEIGH  JAMES MATTHEW BARRIE  JEAN GENET   JEONG KWANG-IL   JIMMY CHOO   JOEL SALINAS  JOHN COOPER CLARKE   JOHN GURDON  JOHN WOOD  JYOTIRAO PHULE  KIMANI MARUGE   KYLIAN MBAPPÉ   LEE RIDLEY   LEOPOLD SOCHA   LITTLE RICHARD   LOUIS KAHN  LOYLE CARNER  MAGNUS HIRSCHFELD  MAHMOUD DARWISH  MAMOUDOU GASSAMA   MATTIE STEPANEK   MICHAEL PHELPS   NOUSHAD AFRIDI & KHITTABSHAH SHINWARI   OLIVER PERCOVICH   OLIVER SACKS   OSCAR EKPONIMO   PETER OSTRUM   PRINCE CARL PHILIP   PRINCE HARRY   RAINER MARIA RILKE   RENE SILVA   SIERRA LEONE'S REFUGEE ALL STARS  RICHARD BUCKMINSTER FULLER   RICHARD & CHERRY KEARTON   RICKY MARTIN   ROBERT CHAN  ROBERT MONTGOMERY   ROBERTO BURLE MARX  RUBÉN FIGUEROA  SAINT NICOLAS  SAMAN KUNAN  SATOSHI TAJIRI  SEEBOHM ROWNTREE  SERGEI DIAGHILEV  SHERIF & TAREK HOSNY   SIMON FITZMAURICE   SOCRATE   TIM BERNERS-LEE   TOBIAS BAMBERG   TOM DALEY  WITI IHIMAERA   XIUHTEZCATL MARTINEZ  YANG HAK-SEON   YVES SAINT LAURENT  ZACHARIAS KUNUK

  • L'année des dupes ; Alger 1943

    Jacques Attali

    • Fayard
    • 16 Octobre 2019

    «  Voici le récit d'un épisode incroyable, trop souvent censuré, de l'histoire de France, de l'histoire de l'Algérie et de celle de la Seconde Guerre mondiale.
    1943. Une extraordinaire année de dupes, qui éclaire d'un jour nouveau la situation géopolitique mondiale d'aujourd'hui.
    C'est d'abord l'histoire des Juifs d'Algérie qui reçurent, en 1870, la citoyenneté française et qui subirent ensuite des discriminations plus intenses encore que partout ailleurs en France, trouvant leur apogée dans les trois années de domination pétainiste en Algérie.
    Des Juifs à qui deux gouvernements français successifs retirèrent leur citoyenneté  : un gouvernement collaborant avec les nazis  ; puis un autre, dont on ne parle jamais, collaborant avec les Américains.
    Des Juifs à qui des dirigeants français, hors de toute présence allemande, se préparaient à faire porter des étoiles jaunes et qu'ils s'apprêtaient à enfermer dans des camps de concentration sahariens.
    C'est aussi l'histoire du premier débarquement de troupes anglo-américaines en terre de France pendant la Seconde Guerre mondiale  ; un débarquement qu'on ne commémore pas, parce que des troupes françaises y combattirent des troupes américaines.
    Cet épisode incroyable met en scène des vichystes proaméricains, des Américains pétainistes, des résistants maréchalistes, se battant les uns contre les autres.
    C'est enfin une histoire bien plus vaste, parce qu'en fait les dirigeants français craignaient que permettre aux Juifs d'être français n'ouvre le même avenir à tous les Algériens. Cela concerne aussi tous ceux qui réfléchissent aujourd'hui, où que ce soit dans le monde, à ce qu'est une citoyenneté, une nation, une identité. Pour construire un monde enfin libre et heureux.  »
    J. A.

  • Roger, héros, traître et sodomite

    François Reynaert

    • Fayard
    • 8 Septembre 2021

    En 1903, alors consul britannique, Roger Casement enquête sur les atrocités commises dans le Congo du roi Léopold de Belgique. Le rapport qu'il en tire le rend célèbre. En 1910, il débarque en Amazonie pour dénoncer les exactions contre les Indiens. Anobli par le roi, il est considéré comme l'un des plus grands héros du Royaume-Uni.
     
    Coup de tonnerre en 1914. Il est à Berlin. Devenu militant de la cause irlandaise, il y négocie l'appui militaire de l'Allemagne à l'indépendance de son île natale. Aux yeux des Anglais, le héros est désormais un traître. Quand elle réussit à le capturer, en 1916, la police britannique est prête à tout pour le salir, y compris à utiliser contre lui de mystérieux documents : cinq agendas où il a noté avec force détails ses centaines de rencontres avec des jeunes hommes...
     
    Adulé en Irlande, longtemps haï au Royaume-Uni, Roger Casement est quasiment inconnu en France. Quelle erreur !
    Il n'y a pas de destin plus en prise avec les préoccupations de notre XXIe siècle, hanté par le bilan de la colonisation, la question de l'identité nationale ou celle de l'orientation sexuelle. Avec Roger, héros, traître et sodomite, récit historique haletant où tout est vrai, François Reynaert signe un formidable livre sur le sens de l'engagement.
     
    François Reynaert est journaliste et écrivain. De Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises (2010), une histoire de France antinationaliste, jusqu'à Voyage en Europe (2019), il s'est imposé comme le passeur, auprès du grand public, des recherches historiques les plus récentes. Dans ce nouveau livre, il nous fait comprendre l'Histoire en nous racontant une histoire.

  • Saviez-vous que le hamac, d'origine amérindienne, avait été mis au service de la conquête de l'espace  ? Que le surf fut d'abord une pratique politique et religieuse  ? Que le shampoing adopté par les Britanniques provient du sous-continent indien  ? Que la boîte de conserve a initié le développement spectaculaire de Kuala Lumpur  ? Que la passion du piano a accéléré l'extermination des éléphants des savanes africaines  ? Que de petits coquillages des Maldives permettaient d'acheter des captifs destinés aux plantations outre-Atlantique  ?
    À l'invitation de Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, près de quatre-vingt-dix historiennes et historiens ont accepté de relever le défi, savant et ludique, d'une histoire du monde par les objets. De la tong au sari, du gilet jaune à la bouteille en plastique, en passant par le sex-toy et la chicotte, ces objets tour à tour triviaux et extraordinaires éclairent nos pratiques les plus intimes tout en nous invitant à comprendre autrement la mondialisation et ses limites.
     
    Un voyage insolite et passionnant dans le grand magasin du monde.
     

  • Manuel de curiosité générale

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    • Fayard
    • 28 Octobre 2020

    Pourquoi la tour Eiffel a-t-elle failli s'appeler la tour Bonickhausen ?
    Quand le bleu est-il devenu la couleur du ciel ?
    Y a-t-il des neurones dans nos intestins ?
    Quels sont les dessous érotiques de l'expression « l'affaire est dans le sac » ?
    Comment un berger aux chèvres insomniaques a-t-il découvert le café ?
    Jusqu'où la Montespan est-elle allée pour l'amour de Louis XIV ?
    Pourquoi Voltaire et Rousseau se détestaient-ils ?
    Qui a inventé la valse ?
    Qui était Lady Lovelace, la pionnière de l'informatique ?
    Quel est le lien entre Google et une faute de frappe ?
    Dalí était-il fou ?
     
    En 250 histoires étonnantes, Sidonie Bonnec et Thomas Hugues revisitent
    la culture générale à travers des détails méconnus et des anecdotes savoureuses.
    Un peu d'histoire, de sciences ou de nature, une dose de géographie ou d'économie, une rasade de sport ou une petite leçon de choses... À vous de les picorer au gré de vos envies !
     
    Sidonie Bonnec et Thomas Hugues sont journalistes. Ils ont animé ensemble pendant six saisons l'émission quotidienne La curiosité est un vilain défaut sur RTL.
     

  • En France, chaque campagne présidentielle charrie son lot de promesses de réductions massives du nombre de fonctionnaires. En avril  2021, la presse préparait ainsi le terrain de la prochaine course à l'Élysée. Le Figaro s'interrogeait  : «  Pourquoi le nombre de fonctionnaires ne baisse-t-il pas  ?  » et Acteurs publics s'alarmait d'une «  explosion des créations d'emplois à l'État  » car la Cour des comptes constatait une hausse de... 0,1  % des effectifs en 2020  !
    Cette préoccupation n'est pas neuve. De Saint-Just à Macron, en passant par Charles Maurras ou Jacques Duclos, tout le spectre politique a affirmé un jour que l'État emploie trop de fonctionnaires. Au fil de l'enquête historique, Émilien Ruiz examine les ressorts de cet unanimisme  : le flou de la notion de «  fonctionnaire  », les conditions du développement de l'État, les idées reçues sur le statut, les obstacles à la féminisation et l'échec des politiques de baisse des effectifs.
    Derrière les débats sur le nombre des fonctionnaires, cette histoire d'une obsession française révèle finalement un enjeu moins comptable que démocratique  : celui du rôle que nous entendons, collectivement, assigner à l'État.
     
    Historien, Émilien Ruiz est assistant professor à Sciences Po. Ses recherches portent principalement sur les relations entre savoirs et pouvoirs depuis la fin du xixe siècle. Pour ses travaux sur l'histoire du nombre des fonctionnaires, il a été lauréat du prix Saint-Simon de l'EHESS (2009), du prix Aguirre Basualdo de la Chancellerie des universités de Paris (2014) et du prix Alain Desrosières du groupe histoire de la Société française de statistique (2016).
     

  • Il est assez curieux ce mot « centenaire  » apposé tout près du nom d'Hélène Berr et avec lequel il ose  même faire la rime. Presque inapproprié ou anachronique tant Hélène Berr est restée cette jeune femme à la grâce altière et d'éternelle jeunesse. 24 ans. 24 ans au moment où la vie lui est arrachée, en 1945, à Bergen-Belsen, laissant derrière elle son Journal, mais emportant dans le néant toutes les autres promesses d'amour et de créativité qu'elle sentait prêtes à éclore en elle. Pas une année de plus ne viendra égrener le décompte de ce temps qui passe inexorablement, vieillit les visages, mais pas le sien, dessine des projets ou conforte des vocations, mais pas la sienne.
    C'est en réponse à cette injustice qu'est née la volonté d'une publication à l'occasion de cette date symbolique. Un hommage certes, mais un hommage pleinement chargé de dire la vie et la mémoire, l'une et l'autre toujours aussi vives. Une célébration de son Journal donc, telle qu'elle l'aurait peut-être souhaitée, par des femmes et des hommes de la sphère publique ou non, sans distinction d'âge, d'appartenance sociale ou religieuse et dont le ressenti serait aussi un témoignage pour tous les autres partis avec elle, mais sans laisser le moindre mot ni la moindre trace.
     
    Préface de Mariette Job
    Regards littéraires de Karine Baranès-Bénichou
     
    Contributions de
    Haïm Korsia - Karen Taieb - Ivan Levaï - Antoine Spire - Marcel Cohen -- Isabelle Carré -- Guila Clara Kessous - Jean-Luc Marchand - le Quatuor Girard - Boris Cyrulnik - Vincent Duclerc - Robert Frank - Jérôme Pujol - Julien Coutant et ses élèves Cassandra Lobo et Ornella Neri - Benny Boret.

  • La philosophie antique ; essai d'histoire

    Vesperini Pierre

    • Fayard
    • 23 Octobre 2019

    Chacun croit savoir, pour l'avoir appris à l'école, ce qu'était la philosophie antique  : la naissance de la Raison, avec la critique du mythe et de la religion  ; l'invention de l'éthique, avec le «  souci de soi  » et les «  exercices spirituels  »  ; et bien sûr une galerie de bustes blancs vénérables  : Socrate, Platon, Aristote, etc.
    Pierre Vesperini propose de mettre en suspens ce «  grand récit  », et d'aller directement aux sources, en leur posant une question simple  : qu'appelait-on philosophia dans l'Antiquité  ? Tout d'un coup, le musée laisse place à un territoire luxuriant de couleurs et d'histoires, où le familier retrouve son étrangeté, où l'inconnu fait son entrée.
    L'histoire ici, loin de s'opposer à la philosophie, la déplace. Car en proposant une reconstitution de l'expérience antique de la philosophia, du «  temps des sages  » à la christianisation, l'auteur invite aussi à prendre conscience de ce qui a été perdu, pour inventer d'autres façons de concevoir le savoir et la pensée.

  • Au début du xxe  siècle, quatre-vingts militaires français accompagnés de six cents tirailleurs envahissent deux puissantes villes du Sahara et du Sahel. La France, comme plusieurs autres pays européens, considère alors les territoires africains comme des espaces à s'approprier. Elle se substitue par la force aux gouvernements existants, au nom d'une supériorité civilisationnelle fondée sur le racisme.
    Depuis le coeur de ces deux villes, grâce à une documentation exceptionnelle, Camille Lefebvre examine comment s'est imposée la domination coloniale. Militaires français, tirailleurs, mais aussi les sultans et leur cour, les lettrés et les savants de la région, sans oublier l'immense masse de la population, de statut servile ou libre, hommes et femmes  : tous reprennent vie, dans l'épaisseur et la complexité de leurs relations. Leur histoire révèle la profondeur des mondes sociaux en présence  ; elle retisse les fils épars et fragmentés des mondes enchevêtrés par la colonisation.
    Les sociétés dans lesquelles nous vivons, en France comme au Niger, sont en partie issues des rapports de domination qui se sont alors noués  ; s'intéresser à la complexité de ce moment nous donne des outils pour penser notre présent.

  • Histoire du Caucase au XXe siècle

    Etienne Peyrat

    • Fayard
    • 7 Octobre 2020

    L'histoire du Caucase contemporain, ancienne région de contact entre les empires, est un parcours au fil d'un siècle de relations entre Russie, Turquie et Iran. Des premières années du xxe  siècle aux conséquences de la chute de l'Union soviétique, ces territoires de confins furent l'objet d'enjeux politiques et militaires, mais aussi économiques, culturels et migratoires exacerbés par cet ancrage géographique à la croisée des influences.
    Comment la densité d'un espace frontalier turbulent se retrouve-t-elle au coeur de politiques qui visent à l'homogénéiser et à l'intégrer dans des espaces de plus en plus nationaux  ? Comment passe-t-on d'une frontière ouverte, vécue de manière fluide par les populations, à ce lieu de confrontation, politique ou idéologique  ?
    Tandis que la question de la circulation des hommes a pris ces dernières années un caractère dramatique, Étienne Peyrat livre les clés pour comprendre la nature même des frontières et de leur évolution dans le monde contemporain, entre jeu des puissances et vie des sociétés.
     
    Étienne Peyrat est maître de conférences en histoire contemporaine à Sciences Po Lille et chercheur à l'IRHIS (Université de Lille). Ses recherches portent sur l'histoire des relations internationales et des circulations entre Europe de l'Est, Russie et Moyen-Orient.
     

  • Leçons de l'histoire de l'Afrique

    Francois-Xavier Fauvelle

    • Fayard
    • 30 Mars 2020

    S'il n'est jamais superflu de rappeler que les sociétés africaines sont faites de la même étoffe historique que toutes les sociétés, c'est parce que les passés de l'Afrique sont restés longtemps méconnus. Être historien ou archéologue de l'Afrique, dès lors, consiste à désencombrer le passé autant qu'à en saisir la diversité : richesse de la littérature orale et de la documentation écrite, pluralité des langues et des religions, inventivité technique et sociale, cohabitation des formes politiques. Attentif aux multiples trajectoires historiques qui s'y manifestent, François-Xavier Fauvelle invite à écouter ce que nous apprend l'histoire de l'Afrique.

  • Conversation avec un métis de la Nouvelle-Espagne

    Serge Gruzinski

    • Fayard
    • 10 Mars 2021

    Le métis avec qui Serge Gruzinski dialogue par-delà les siècles est l'exact contemporain de Montaigne. Fils d'un conquistador et d'une Indienne, il est devenu à la fois interprète et homme d'affaires. Il a pris le temps de répondre au vaste questionnaire lancé par la couronne espagnole pour connaître ses nouveaux territoires. Avec un visible plaisir, il s'improvise tour à tour historien et journaliste  : il évoque l'histoire de son pays, parle de ses traditions et de ses croyances tout autant que de ses inquiétudes sur le présent, même si il n'adhère pas à l'idée   alors commune  que la fin du monde est proche.
    Ce document exceptionnel est un témoignage de première main sur la construction de la première société coloniale des temps modernes   le Mexique  mais aussi sur l'essor de la mondialisation ibérique. Serge Gruzinski y puise la matière d'un vrai dialogue, posant à cet homme de la Renaissance des questions que chacun affronte aujourd'hui  : quels repères se forger quand tout change autour de soi et que le passé sombre dans l'oubli  ? Comment s'adapter à un monde qui se globalise  ?
     
    Historien de renommée internationale, Serge Gruzinski enseigne l'histoire en France (EHESS), aux États-Unis (Princeton) et au Brésil (université du Para, Belem). Il est spécialiste de la mondialisation ibérique au xvie  siècle et l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Les Quatre Parties du monde  : histoire d'une mondialisation (La Martinière, 2004), La Pensée métisse (Fayard-Pluriel, 2012), L'Aigle et le Dragon (Fayard, 2012), L'Histoire pour quoi faire  ? (Fayard, 2015) ou encore La Machine à remonter le temps (Fayard, 2017).

  • Histoires de la mer

    Jacques Attali

    • Fayard
    • 13 Septembre 2017

    «  On ne raconte jamais l'histoire des hommes vue de la mer. Et c'est pourtant là que l'essentiel se joue. C'est en lien avec la mer que se sont faites l'essentiel des innovations ayant bouleversé les sociétés humaines. C'est par la mer que circulent, depuis des millénaires, idées et marchandises. C'est en s'assurant le contrôle des océans que les empires se sont hissés au sommet de leurs ambitions. C'est quand ils perdent le contrôle des mers qu'ils déclinent. À l'avenir, c'est encore par et grâce à la mer que surgiront les plus grandes superpuissances.
    L'importance de la mer devrait donc s'imposer à nous, d'autant plus qu'on commence à comprendre son rôle écologique fondamental et la gravité des menaces qui risquent de la condamner à brève échéance. Nous devrions tout mettre en oeuvre pour la protéger. Pourtant, il n'en est rien.
    Que peut-on faire  ? D'abord, raconter l'histoire de la mer depuis les premiers instants de l'univers jusqu'à après-demain, prendre conscience de son rôle dans la perpétuation de la vie et dans l'histoire de l'humanité. De ne plus être à son égard dans une attitude de consommateur, mais de partenaire, respectueux et émerveillé.  »
    J. A.

  • Événement majeur de la découverte des Amériques, la conquête du Mexique, du Guatemala et du Pérou est ici reflétée comme dans un miroir à faces multiples par les récits croisés des Indiens survivants et des Espagnols conquérants. Avec le souffle d'un poème épique, ce livre restitue la stratégie des vainqueurs et le désastre des vaincus, à la lumière de la sensibilité et du savoir historique contemporains. La mutation de nos perceptions des conquistadores - héros devenus bourreaux  - n'empêche pas d'être encore surpris par l'audace et l'intelligence de ceux qui n'avaient d'autre alternative que la mort ou la victoire.
     
    «  Je trouve lucide et équilibrée votre appréciation sur les événements presque incroyables de Mexico et de Cuzco. Tous mes compliments.  » Jacques Soustelle
     
     
    Géopoliticien et poète, Gérard Chaliand a enseigné à l'ENA, à l'École de guerre ainsi qu'à Harvard, Berkeley et Singapour. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à la guérilla, dont il a une connaissance de terrain sur trois continents, et au terrorisme.
     

  • La gauche doit-elle défendre la nation  ? Crise du projet européen, mises en cause des frontières, retour des nationalismes et xénophobie font chaque jour l'actualité. Le dépassement des frontières nationales, qui semblait un temps aller de soi, n'était-il pas une erreur de diagnostic  ? Dans des sociétés plurielles, comment peuvent coexister des populations qui ne disposent pas, à l'origine, d'une histoire partagée  ?
    Toutes ces interrogations furent débattues par la gauche européenne au cours de son histoire. Dans cet essai novateur élaboré à partir du monde germanophone, Jean-Numa Ducange restitue ce grand débat qui occupa les têtes pensantes du socialisme, comme le quotidien des militants. Dans la seconde moitié du xixe  siècle, les premiers partis socialistes durent se confronter à une évidence  : l'extension du marché et du capitalisme, pas plus que les luttes des travailleurs à l'échelle internationale, n'ont conduit à la disparition des nations. Le Parti social-démocrate allemand n'est à l'époque pas seul à proposer des solutions, mais nul n'a alors plus d'influence à l'étranger  : de Paris à Moscou, il fascine. Surtout, lui et son alter ego autrichien sont confrontés aux problèmes posés par la coexistence de multiples nationalités, tandis que la question coloniale s'impose sur le devant de la scène.
     
     
    Jean-Numa Ducange est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Rouen Normandie (GRHIS) et membre junior de l'Institut universitaire de France. Il a notamment publié La Révolution française et la social-démocratie (PUR, 2012) et Jules Guesde. L'anti-Jaurès  ? (Armand Colin, 2017).
     

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