Institut Français des Relations Internationales (IFRI)

  • La Chine est sans conteste désormais un poids dominant de la scène internationale, maniant une remarquable palette stratégique. Etudier ses postures dans son environnement d'Asie du Sud-Est, vis-à-vis du Japon, de la Corée, de Taïwan, des pays de l'ASEAN, jusqu'à l'Australie, c'est saisir à la fois la force d'actions très diversifiées, et leur limite.
    Brutalité militaire en mer de Chine, séduction vaccinale, emprise économique, investissements maniés comme instruments d'influence, tentatives de contrôle des systèmes politiques, propositions d'organisations régionales marginalisant les acteurs extérieurs - occidentaux...- : tous les moyens sont bons pour affirmer la centralité de la puissance chinoise face à des Etats écartelés entre leurs intérêts de voisins et leur volonté d'indépendance. Le rapport des forces en Asie-du Sud-Est pourrait bien être symbolique du monde qui s'annonce.

    Le Covid-19 n'a pas bouleversé les logiques géopolitiques à l'oeuvre dans le monde : la géographie de la diffusion des vaccins le montre clairement, qui correspond très largement à l'affirmation des puissances dans leurs zones d'influence respectives : il y a une géopolitique de l'immunité. Par contre, les consensus sur lesquels s'appuyait jusqu'à aujourd'hui la mondialisation ont été questionnés, en particulier concernant la soutenabilité des dettes publiques. Comment se refermeront les vannes largement ouvertes durant la crise des crédits publics, et les dettes ainsi créées seront-elles, et comment, remboursées ?

  • Effet majeur de la pandémie de COVID-19 : la pauvreté va violemment progresser dans le monde, alors qu'elle était censée disparaître sous sa forme la plus radicale en 2030.













    Dans les pays les plus pauvres, parmi les « émergents », jusque dans les pays les plus riches, la pauvreté et les inégalités s'aggravent. Sans qu'une reprise de la croissance, ou les aides internationales, puissent, seules, y parer. Les stratégies doivent ici être à la fois économiques et politiques : rebond économique, aides, politiques de redistribution, renforcement des États, seuls susceptibles de prendre en main le destin de leurs populations.
    Dans un monde violemment secoué par les défis de santé, et la compétition de puissance qui s'y exprime, quel rôle peut jouer l'Organisation des Nations unies (ONU), 75 ans après sa création dans un monde radicalement différent ? Au-delà d'une réforme qui apparaît pour l'heure inatteignable, l'organisation mondiale incarne toujours une universalité qui ne peut être évitée face aux problèmes de l'heure : mutations climatiques, nouveaux problèmes de santé... Elle demeure le seul lieu d'affirmation de valeurs de référence - même si ces valeurs ne sont guère respectées. Et elle s'affronte, à travers ses organisations spécialisées (le « système » de l'ONU) à des problèmes très concrets : développement, alimentation, réglementations internationales...
    Affirmation et contestation du droit ; difficultés du maintien de la paix ; proclamation de droits de l'homme trop souvent violés ; actions multiples de sauvegarde : l'ONU est le miroir du monde, de ses faiblesses et de ses espoirs.

  • Au seuil du Brexit, à quoi ressemblera le Brexit ? Les négociateurs britanniques et européens pourraient préférer un mauvais accord à un no deal, mais éviterait-il une sérieuse dégradation des échanges avec l'Union européenne, que ne viendrait compenser aucun nouvel accord commercial ?













    Le rêve d'un Royaume-Uni voguant sur les mers diplomatiques du monde (Global Britain) en fidèle et nécessaire lieutenant de l'Amérique risque de vite s'user, avec la rétraction des moyens britanniques et le désintérêt de Washington pour un partenaire de plus en plus junior.
    Le Brexit risque bien de sceller l'isolement d'un pays menacé dans sa cohésion même : par une crise de confiance dans ses propres institutions, et les dynamiques centrifuges à l'oeuvre, en Écosse ou en Irlande.
    Un nouveau royaume émerge du Brexit : bien différent de celui qu'imaginaient les brexiters, et avec beaucoup d'incertitudes sur les coopérations futures avec les Européens du continent.
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    La puissance turque entreprend-elle de réorganiser la Méditerranée, ou n'y fait-elle tant de bruit qu'à raison du silence d'autres acteurs, en particulier européens ? L'activisme d'Ankara pourrait surtout traduire la fébrilité d'un régime contesté, dans un espace que nul n'a pu structurer depuis trente ans.
    Les réactions - très différenciées - des pays d'Afrique et d'Amérique latine aux assauts du COVID-19, l'avenir des agricultures africaines, les enjeux de la prochaine conférence d'examen du Traité de non-prolifération, ou la politique russe de l'Inde, figurent aussi dans le tour du monde du numéro d'hiver 2020-2021 de Politique étrangère.


  • Indo-Pacifique : le concept, qui n'a que quelques années, veut exprimer une nouvelle structure de la mondialisation de la planète. En termes d'échanges économiques, et de distribution de puissance, c'est bien une zone unitaire qui se dessine du golfe Arabo-Persique au Pacifique, où se croisent, se mesurent, s'affrontent toutes les grandes puissances. Il faut penser cette aire nouvelle, et les moyens d'y agir : dispositifs politiques, économiques et militaires.
    Mais ce concept d'Indo-Pacifique est aussi une tentative d'encadrer la montée en puissance chinoise, de la brider dans un entrelacs de puissances limitant son poids. L'acceptera-t-elle ? Et pourra-t-on organiser la coexistence d'intérêts si divers, dans une zone si vaste, en tenant compte des spécificités régionales et locales ?
    /> Le dossier de Politique étrangère pèse la pertinence d'un concept qui tente de penser une zone stratégique-pivot.
    Autre espace d'importance, particulièrement pour les Européens : le Sahel - qui fait l'objet de la rubrique Contrechamps de ce numéro. Ce Sahel si proche de nous est-il condamné à la misère et à la violence ? Les États de la région parviendront-ils à rétablir leur autorité sur leur propre espace ? Les forces de sécurité à protéger les populations, et non à les insécuriser ? Et l'aide internationale a-t-elle vraiment pris la mesure des causes multiples de l'instabilité de la région, qui dépassent de beaucoup ce que nous résumons au terme de terrorisme ?


  • Comment sort-on des guerres ? Cent ans après 1918, le dossier de Politique étrangère reprend la question sous plusieurs éclairages, selon les conflits auxquels, volens nolens, les armées occidentales sont parties prenantes. Quelle place pour les négociations multilatérales ? Avec quels objectifs politiques ? Quel est le sens de la victoire militaire au xxie siècle ? Et si nous ne pouvions pas penser la sortie de certains affrontements - par exemple en Afrique -, simplement parce que nous ne les comprenons pas ?
    La rubrique Contrechamps ébauche quelques futurs possibles pour l'Iran, tant sur le plan interne que sur celui de ses relations avec les grands partenaires internationaux après la sortie des États-Unis de l'accord nucléaire de 2015. Le régime survivra-t-il à la crise économique et aux contestations internes qui l'accompagneront ? Le pays basculera-t-il vers ces acteurs très actifs que sont Moscou et Pékin ? Avec quelles conséquences pour une région en ébullition ?
    La crise Arabie Saoudite/Qatar un an après ; le virage politique de l'Italie ; l'avenir d'un marché pétrolier incertain ; la fragmentation croissante de la société israélienne ; Boko Haram au Nigeria : autant de thèmes également présents dans ce numéro.
    Quant à l'Intelligence artificielle, au-delà des bouleversements qu'elle dicte à nos vies quotidiennes, elle annonce peut-être une vaste recomposition des grands équilibres internationaux, autour de nouvelles définitions de la puissance : il est plus que temps de s'en préoccuper...



  • Le Moyen-Orient décomposé redevient-il le centre d'un nouveau « Grand Jeu » ?... S'y réinscrivent les puissances globales : des États-Unis faussement tentés par l'éloignement, une Russie qui s'impose sur un échiquier inattendu, une France secouée par les contradictions de ses politiques... Et s'y affrontent les candidats à l'hégémonie régionale : Iran, Turquie, Arabie Saoudite. La cartographie d'un espace sans doute déterminant pour les futurs du monde se redessine radicalement autour de la Syrie et de l'Irak.
    Absente du nouveau « Grand Jeu » : l'Union européenne. Une UE engluée dans ses crises, dont l'assaut des populismes de toutes natures, et les divisions ravivées par les dérives autoritaires de l'Europe centrale, constituent les signes politiques les plus inquiétants. L'Union européenne serait-elle en train de se défaire par les peuples ?

    La planète mondialisée s'organise aussi autour des négociations commerciales internationales : approche globale de l'OMC, approches régionales avec les zones de libre-échange, approche plurilatérale. Quelle dynamique l'emportera, dessinant les systèmes d'échanges de demain ?


    Moyen-Orient, crises européennes, échanges internationaux : Politique étrangère se penche sur trois dimensions du désordre international pour lesquels les développements des mois prochains seront sans doute décisifs.


  • Au-delà de multiples revendications de rupture, Trump bouleverse-t-il l'ordre international et la place qu'y occupent les États-Unis ? La rubrique Contrechamps de ce numéro répond : oui, au moins par sa critique radicale du multilatéralisme. Une critique qui pourrait laisser le pays bien seul en marge d'un multilatéralisme se reconstituant sans lui. Mais Trump doit aussi être vu comme un symptôme : celui de la crise d'un ordre libéral qui a, ces dernières années, divisé les peuples, les a montés les uns contre les autres, ouvrant la voie aux populismes de toute nature.
    L'Irak se relèvera-t-il, et comment, de décennies de dictature, d'une invasion américaine, d'une guerre civile, de la parcellisation aujourd'hui imposée entre milices, communautés, djihadistes, et influences extérieures ? Le dossier central de ce numéro s'interroge sur l'avenir de l'État irakien, capital pour une région entière où semblent avoir éclaté, ou se déliter, toutes les structures politiques en place. L'Irak « souverain, autonome et démocratique » qu'appelait de ses voeux le président Obama pourra-t-il un jour exister ?
    Le numéro 4/2017 de Politique étrangère éclaire d'autres grandes questions de l'actualité internationale : jusqu'où peut aller l'affrontement Corée du Nord/États-Unis ? Quel est le fond du drame yéménite, entre catastrophe militaire et désastre humanitaire ? Comment fonctionne vraiment le pouvoir iranien ? La Belgique est-elle le maillon faible de la lutte européenne contre le terrorisme ? La vitalité des think tanks chinois traduit-elle une nouvelle Grande stratégie de Pékin, pour s'ouvrir au monde et y peser ?


  • La démocratie est un produit complexe, qui articule un cadre juridique et une base sociale lui permettant de s'enraciner. Loin des naïves espérances des années 1990, les expériences de plusieurs pays d'Afrique décrivent un chemin qui demeure, à des degrés divers, chaotique : en Mauritanie, en République démocratique du Congo, en Centrafrique ou au Nigeria par exemple... Le dossier de Politique étrangère rappelle que la mise en place d'institutions supposées permettre la démocratie n'est qu'un signe, un prélude. Les avancées, sur le terrain, devront beaucoup plus aux sociétés qu'aux intervenants extérieurs, quelle que soit la bonne volonté de ces derniers. Le constat, une fois de plus, devrait inciter ces intervenants à redéfinir des politiques prenant mieux en compte des conditions politiques locales.
    Sur une scène internationale où la revendication de puissance se fait plus bruyante, quelle place occupe le G7, que préside cette année Paris ? Reste-il pertinent, seul forum brassant les grands problèmes du monde, des politiques économiques au statut des femmes, en passant par la sauvegarde des océans ? Témoigne-t-il seulement de la volonté de voir perdurer un Occident divisé et isolé dans un monde qui le nie ? La rubrique Contrechamps confronte une vision canadienne - le Canada a présidé le G7 en 2018 -, et une vision russe - la Russie a été exclue du G8 en 2014... Bonne occasion de réfléchir sur la conception qu'a Moscou de ses propres intérêts, et sur la nouvelle hiérarchie des puissances.


  • Les quatre décennies qui viennent de s'écouler ont profondément modifié les bases mêmes du système international : mondialisation de tous les échanges, révolutions techniques, bouleversement de la hiérarchie des puissances, émergence de la Chine, explosion du Moyen-Orient, mutation des conflits et menaces, inquiétudes climatiques...
    Pour ce numéro exceptionnel publié à l'occasion du quarantième anniversaire de l'Ifri, Politique étrangère fait appel aux meilleurs spécialistes internationaux pour éclairer les grandes tendances d'un monde bouillonnant : où nous emmène-t-il, et que peut-on imaginer de la scène mondiale, dans toutes ses composantes, d'ici dix ans ?
    Jusqu'où ira la désoccidentalisation du monde ? La modernité concentre-t-elle la puissance, ou la dilue-t-elle ? Comment apprécier les progrès du système financier international, et ses limites ? Peut-on encore réduire la pauvreté ? Peut-on vraiment mener à bien la transition énergétique ? Comment s'exprimera demain la violence internationale ? À quoi ressemblera la population mondiale en 2029 ? Les nouvelles technologies dessinent-elles de nouvelles géopolitiques ? Le commerce mondial hésite-t-il entre guerre et multilatéralisme ? L'Europe se défait-elle, se recompose-t-elle ? Quel est l'avenir économique et politique des Afriques ? Le Moyen-Orient est-il condamné à la décomposition ? L'Asie est-elle le centre du monde de demain ?
    Comment, aujourd'hui, dessiner l'ébauche du monde de 2029 ?


  • Au seuil du Brexit, que dire des dossiers décisifs ? Politique étrangère les résume en quatre questions. Un Royaume-Uni solitaire aura-t-il les moyens de redéfinir à sa convenance ses relations avec le vaste monde ? Comment résoudre le problème de la frontière irlandaise : à restaurer pour les relations avec l'Union européenne, à garder invisible pour préserver la paix ? Quelles seront les vraies conséquences économiques de la rupture, pour les deux côtés ? Le poids du Royaume-Uni restera-t-il central en matière de sécurité et de défense, Londres étant écartée des circuits de décision continentaux ?
    L'approche des élections de mai 2019 invite aussi à revenir sur le fameux « déficit démocratique » européen. La rubrique Contrechamps s'ouvre à deux approches opposées. L'une fait confiance aux processus à l'oeuvre dans l'Union pour instaurer des pratiques d'équilibrage et de contrôle de plus en plus démocratiques entre les diverses institutions. L'autre constate que les échanges politiques et les principes qui fondent la démocratie ne peuvent être assumés que par des peuples, autrement dit nationalement : l'Union n'est démocratique que par la coopération volontaire des entités qui la composent. Un débat essentiel pour une Union en chute de crédibilité auprès de ses opinions.
    Politique étrangère s'éloigne de l'Europe pour approcher le drame des Rohingya, les inconnues de l'Afghanistan post-élections, du désordre libyen, de l'inattendu rapprochement Éthiopie-Érythrée. Et ouvre une réflexion sur le rôle de l'Intelligence artificielle (IA) en matière de stratégie militaire : l'IA démultiplie l'efficience des stratégies humaines ; à terme, menace-t-elle de les remplacer ?


  • Internet n'est pas une soft démocratie universelle, ouverte et autocontrôlée, l'affaire Snowden nous l'a rappelé. Sa déjà fameuse « gouvernance » reste à définir : les modèles classiques sont directement questionnés par l'évolution des usages et des technologies. L'accumulation et le traitement des big data - ou données de masse - promettent de changer profondément notre approche même des faits sociaux et économiques, alors que les moyens de cyberguerre font voler en éclats quelques concepts centraux de la stratégie guerrière.
    Ebola : la communauté internationale se mobilise, mais tardivement et avec des actions parfois mal comprises, mal acceptées des populations locales. Les crises sanitaires sont aussi des crises sociales et politiques, en interne et à l'international, qui révèlent des dysfonctionnements dépassant très largement le cadre des systèmes de santé.
    À l'issue d'une année où les armes ont parlé haut et fort, au Moyen-Orient, en Afrique et jusqu'en Europe, ce numéro de Politique étrangère s'interroge sur le choc, créateur et violent, de la technique et de l'humain.



  • C'est autour de divers éléments de réflexion (politique, économique, militaire...) permettant de comprendre la Russie d'aujourd'hui que s'organise le dossier de ce numéro de Politique étrangère, afin d'identifier la nature même d'une Russie qui n'est ni le grand méchant loup, ni la douloureuse incomprise qu'on nous décrit ici ou là.
    Cette livraison de Politique étrangère s'attache également aux chances de succès de la prochaine COP 21, ainsi qu'aux multiples abcès d'un Sud en feu : Syrie, Irak, Soudan du Sud, Nigéria - toutes géographies où c'est l'idée même d'État, au sens de la pensée occidentale, qui semble remise en cause.






  • L'Amérique latine incarnait hier une démocratisation politique irrépressible, une tension des sociétés vers la réduction de violentes inégalités, l'insertion croissante dans une économie mondialisée. Le rêve se défait.














    Au Brésil, l'expérience du Parti des Travailleurs butte sur des inégalités persistantes, une croissance qui marque le pas, un système politique décrédibilisé. L'Argentine a, elle, fait l'expérience de deux mandats « kirchnéristes », difficiles à analyser, et dont la postérité apparaît incertaine. Quant à la Colombie ou au Mexique, les logiques de sortie des violences des rébellions ou du narcotrafic y apparaissent toujours aussi complexes, voire dangereuses. L'Amérique latine témoigne-t-elle désormais d'autre chose que de sa diversité, de son échec provisoire à consolider ses propres choix démocratiques ?
    Crise de l'Europe comme continent, crise du processus de construction européenne, crise des institutions de l'Union européenne : l'espérance européenne lutte pour sa survie. Guy Verhofstadt et Dominique Moïsi réfléchissent dans ce numéro aux chemins qui restent ouverts : faut-il aux Européens un saut fédéraliste ou un renforcement des Nations ? Faut-il aller de l'avant au risque d'une rupture entre opinions et institutions ? Faut-il plus écouter les Nations au risque de dérapages nationalistes ? Les mois qui viennent et la négociation sur le Brexit nous en diront plus, mais l'heure est sans nul doute aux débats décisifs.



  • Au croisement des secousses et des crises : la Méditerranée. Déstabilisations sur la rive sud, flux migratoires incontrôlés, rivalités larvées à l'est pour l'exploitation des ressources énergétiques, présence militaire simultanée de toutes les grandes puissances (de Washington à Pékin sans oublier Moscou...), affirmation croissante des puissances régionales... Mare nostrum est plus que jamais agitée, éclatée. D'ailleurs, fut-elle jamais le bassin uni dont rêvèrent trente années de politiques européennes - des politiques de bonne volonté, mais dont l'échec en dit beaucoup sur ses complexités. Comment penser cette Méditerranée-là, qui reste le centre de tous les dangers ?
    La crise ukrainienne semble rabattre l'Alliance atlantique sur un métier initial quelque peu oublié : la défense des États membres. Le sommet de Varsovie de juillet 2016 a voulu exprimer très officiellement une remobilisation de l'OTAN. Plus limité et raisonnable qu'on ne le dit, le nouvel effort de défense occidental sur le Vieux Continent fera-t-il sa place au dialogue avec Moscou ? Ce dialogue est, en tout cas, ouvert largement dans ce numéro de Politique étrangère.
    Coincés entre le Brexit et l'élection de Donald Trump, les Européens pourraient bien devoir rapidement, au-delà des décisions de l'OTAN, se poser la question de leur propre dispositif de défense. Un article du Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale s'interroge sur les pistes possibles et réalistes. Tandis qu'une autre contribution explore l'avenir du Brexit : fin d'une Europe, commencement d'une autre ?



  • De l'élection de Donald Trump aux dérives politiques de plusieurs régimes d'Europe de l'est, en passant par les débats de Nuit debout et les critiques du déficit démocratique européen : les régimes démocratiques paraissent aujourd'hui moins légitimes, leur pérennité moins assurée. La juste mesure des crises de la démocratie est essentielle : un nouveau monde idéologique s'ébauche, une hiérarchie des puissances inédite se dessine, et les représentations du monde qui ont prévalu depuis 20 ans s'épuisent. Le dossier de Politique étrangère fait écho aux débats très actuels sur forces et faiblesses des démocraties.
    Les relations avec la Russie posent justement question à la fois dans le champ diplomatico-stratégique et dans le champ idéologique. Moscou est-elle une nouvelle puissance dominante ? Est-elle La Mecque des opposants à la démocratie libérale ? Bref, ses nombreuses faiblesses limitent-elles l'efficacité russe, ou la poussent-elles à privilégier la logique de force face à des démocraties affaiblies ? La rubrique Contrechamps propose deux visions de la réalité russe et des stratégies imaginables pour demain : vivre avec la Russie, ou lui faire face ?



  • En cinquante années d'existence, l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) a défini une approche complexe, progressive, équilibrée, de l'intégration régionale. Loin des affirmations spectaculaires de la construction européenne, elle articule les stratégies économiques et politiques d'États très divers avant tout soucieux de leurs propres souverainetés. La « voie asiatique » s'affirme ainsi très particulière, sans nul doute efficace. Mais suffira-t-elle face aux reclassements imposés par la montée en puissance du géant chinois ?
    Le débat sur les politiques économiques et budgétaires de la zone euro s'est ré-ouvert à l'approche d'élections déterminantes, et suite aux inflexions des choix de la Commission européenne ou de la Banque centrale. La rubrique Contrechamps en propose deux visions, autour d'analyses contradictoires des notions de dette et de croissance. Un débat central pour la relance de la construction européenne tout entière.
    La Crimée est-elle le nouveau trou noir de l'Europe ? Une contribution originale et informée fait le point sur les difficultés multiples d'une péninsule enclavée, auxquelles l'annexion russe paraît pour l'heure impuissante à répondre.

    Également au menu du n° 2/2017 de Politique étrangère : la Turquie post-coup d'État et post-référendum ; Daech hors du territoire de l'État islamique ; et les conflits africains, pauvrement pensés par l'Occident selon des grilles de lecture décalées.




  • Deux espaces stratégiques sont à l'honneur dans le numéro de la rentrée de Politique étrangère.
    L'un, l'espace Arctique, aligne les enjeux : militaires, énergétiques, climatiques, économiques et commerciaux. Avec des revendications qui se croisent, s'opposent, mais essaient de dialoguer dans un multilatéralisme tempéré. L'Arctique serait-il la survivance d'un multilatéralisme mal en point, ou l'annonce d'une société internationale mieux gérée en commun ?
    Tout autre tableau : celui qu'offrent le Golfe arabo-persique et le Levant. Des rivalités ouvertes de puissances régionales qu'échouent à maîtriser des puissances extérieures démonétisées. La crise qui oppose l'Arabie Saoudite au Qatar n'est que l'écho d'oppositions mal stabilisées, d'une recomposition régionale (entre Arabie, Iran, Turquie...) dont les dynamiques nous échappent. Le tout dans une région qui demeure stratégiquement essentielle, pour tous les acteurs globaux, y compris en Asie.
    Plus proches de nous : les élections allemandes de septembre 2017. L'inconnue n'est pas tant le nom du vainqueur que sa marge de manoeuvre future. Angela Merkel disposera-t-elle de la coalition qui lui permettra de prendre les bonnes décisions pour l'Europe, avec un partenaire français qui est à la fois demandeur... et attendu ?

  • Avec la mondialisation qui affaiblit leurs frontières et leurs souverainetés, les États seraient-ils désormais marginaux sur la scène du monde ? Le débat sur « la fin des États » a pu le laisser croire ; mais on assisterait plutôt à une prolifération des « désirs d'États », divers et contradictoires. Politique étrangère s'interroge sur le rôle et le destin de ces États, si différents selon leurs histoires et leurs environnements.
    États à reconstruire (Syrie, Irak), chancelants mais résistants (Liban), contestés de l'intérieur (Royaume-Uni, Espagne), menacés de naufrage (Égypte, Venezuela), ou États forts (la Chine de Xi Jinping et ses stratégies de plus en plus visibles et globales) : tous forment, en réalité, la seule structure pérenne de la scène internationale.
    En un temps où le multilatéralisme semble contesté, voire méprisé par le plus grand d'entre eux, les États-Unis, on doit s'interroger sur ce qui est commun à tous ces États, sur ce qui les différencie, pour imaginer ce que pourrait être leur société de demain


  • Le cyber est sans conteste devenu un élément géopolitique, en ce qu'il façonne, à sa manière, les rapports entre acteurs du jeu international - le dossier proposé par ce numéro de Politique étrangère le rappelle. Mais en même temps qu'il les façonne il les subvertit, en ouvrant de nouveaux champs d'action à de multiples acteurs. Tenter de maîtriser ce nouvel espace stratégique, c'est s'interroger sur la grande diversité des pratiques cyber pouvant mettre en cause notre sécurité, sur l'ensemble des acteurs susceptibles d'y recourir - États, entreprises, groupes mafieux, individus... -, sur les réponses à mettre en oeuvre, et sur les régulations internationales possibles. Le tout pour un enjeu essentiel : la sauvegarde de nos libertés individuelles, et de nos souverainetés économiques et politiques.
    Au-delà de ce nouveau champ cyber, Politique étrangère s'arrête sur quelques logiques actuelles de recomposition de la puissance. Les pays d'Europe centrale tentent-ils désormais de se définir une place particulière, commune, dans l'Union européenne ? À Washington, les nominations de Mike Pompeo et John Bolton marquent-elles une inflexion « brutaliste » de la diplomatie trumpienne ?

    Quant à l'Inde, elle est trop souvent marginalisée dans nos fresques géopolitiques. Son poids démographique, sa dynamique économique, ses choix diplomatiques lui garantissent-ils un poids décisif dans un futur proche ? Ou ses problèmes internes, ses disputes de voisinage brideront-ils durablement son envol de puissance ?

  • Quelle est la part du droit dans les relations internationales d'aujourd'hui, qui semblent de plus en plus privilégier les affirmations de puissance ? Le droit est à la fois un mode d'organisation, un instrument d'équilibrage des forces brutes, et un instrument de puissance. C'est tous ces visages qu'éclaire ce nouveau numéro de Politique étrangère, à travers les exemples de la Cour pénale internationale, de l'« extra-territorialité » du droit américain, de la complexe construction du droit européen, ou des besoins de régulation de l'internet. Le droit est nécessaire à l'édification progressive d'une société internationale ; mais il ne se suffit pas à lui-même.
    Sous les ententes franco-allemandes proclamées, les désaccords s'accumulent. Le traité d'Aix-la-Chapelle réaffirme les domaines de la coopération sans réelle avancée nouvelle. Plus fondamentalement, qu'est-ce qui réunit aujourd'hui les stratégies française et allemande ? L'héritage de décennies de coopération peut-il dépasser l'affirmation d'intérêts nationaux parallèles, voire divergents ? La rubrique Contrechamps de ce numéro pose la question : qu'est-ce qui fait aujourd'hui tenir le tandem franco-allemand ; et, d'ailleurs, tient-il vraiment, sous des sourires affichés mais pâlis ?

    Soudan, Afrique du Sud : comment l'Afrique construit-elle ses modèles de transition et de démocratisation ? Faut-il créer une agence de renseignement européenne ? Et connaîtra-t-on jamais la cause du crash qui a coûté la vie à Dag Hammarskjld ? Politique étrangère explore, une fois encore, de multiples facettes de la vie internationale






  • The last four decades have witnessed the profound transformation of the very foundations of the international system: the globalization of trade, technical revolutions, the upheaval of the hierarchy of powers, the emergence of China, the explosion of the Middle-East, the mutation of conflicts and threats, climate concerns, etc.






    This special issue of Politique étrangère celebrates the 40th anniversary of IFRI. It includes contributions by the best international specialists to clarify and shed light on the major trends affecting today's effervescent world: Where is it taking us? What may happen on this global stage, in all its parts, over the next ten years?
    How far is the world going to be "de-westernized"? Does modernity concentrate power, or dilute it? How should the advances of the international financial system be evaluated, and what are their limits? Can poverty be reduced further? Will the energy transition be successful? What forms will international violence take? What will the world's population look like in 2029? Are new technologies redesigning new geopolitics? Is global trade hesitating between trade war or multilateralism? Is Europe undoing itself, or reconstructing itself? What is the economic and political future of Africa in all its pluralities? Is the Middle-East doomed to breakdown? Will Asia be the center of tomorrow's world?
    How is the world of 2029 being sketched out today?

  • Le golfe Arabo-Persique et ses riverains s'imposent au coeur du Moyen-Orient, à un moment où le jeu des grandes puissances s'y redistribue. Comment l'impératif de la transition énergétique s'imposera-t-il aux économies de rente de la région ? Avec quelles conséquences politiques ? L'Iran tirera-t-il profit de sa position dominante, en dépit d'oppositions croissantes des opinions publiques ? L'Arabie Saoudite change-t-elle vraiment, sous les effets d'image de son nouvel homme fort, et son prosélytisme rigoriste appartient-il au passé ? Les Émirats arabes unis ont-ils les moyens de l'autonomie et de la diplomatie non alignée qu'ils affichent ? Et Israël ? Réussira-t-elle à conforter ses relations particulières avec les États du Golfe, et à marginaliser définitivement la problématique palestinienne ?


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    Autre dossier d'actualité : comment est reçue en Europe l'initiative du président Macron visant à redéfinir les relations entre l'Union européenne et la Russie ? Le moins que l'on puisse dire est qu'elle suscite quelque défiance, par exemple en Pologne, ou dans de larges secteurs de l'opinion allemande. Peut-on donc imaginer une position de l'UE face à Moscou, qui soit autre chose que la résultante des divers blocages européens et du suivisme vis-à-vis de Washington ?





    Ce numéro inclut également deux contributions sur des acteurs décisifs des équilibres asiatiques. Que peut-on mesurer de la réelle puissance technologique chinoise, en dépassant les effets de propagande et de peur qu'ils nous inspirent ? Et l'Inde n'est-elle pas en voie de se diviser sous l'effet d'un nationalisme hindou dominateur et au pouvoir sans partage ?

  • La crise du COVID-19 a durement frappé les pays membres de l'Union européenne. Analysant ses premiers effets sur les grands équilibres mondiaux, Josep Borrell, son haut représentant pour la politique étrangère, propose six grands choix politiques pour conforter la résilience de l'Union et la doter d'une véritable autonomie stratégique. Thomas Gomart relève quant à lui que la crise a produit une véritable inversion des représentations : hier, l'Occident entendait exporter ses valeurs universelles ; aujourd'hui, il est récepteur des recettes techno-politiques venues d'Asie. En tout état de cause, entre les mastodontes américain et chinois, l'Europe est à l'heure des choix.
    La mise en scène de la rivalité sino-américaine, au-delà des intérêts divergents, doit beaucoup à la campagne présidentielle américaine. L'occasion d'un bilan : Trump est-il une erreur historique, ou traduit-il, avec son style, la réalité de l'Amérique ? Ses actes, ses décisions économiques et diplomatiques sont-ils erratiques ou suivent-ils la logique de ses promesses électorales ? Jusqu'où s'inscrivent-ils en rupture avec les choix des administrations précédentes ? Bref, le trumpisme existe-t-il, au-delà des effets de communication ? Et le retour d'une administration démocrate bouleverserait-il la politique étrangère du pays ?
    Et l'agenda du monde continue, avec des échéances toujours présentes : les négociations post-Brexit, la réforme de la zone franc d'Afrique, le problématique démantèlement du nucléaire au Japon...

  • Au-delà des systèmes de santé nationaux, le COVID-19 interroge les grands équilibres mondiaux, et souvent les modes de coopération qui les organisent. Politique étrangère parcourt les questions qui s'imposent à la réflexion post-crise.

    L'OMS a-t-elle failli ? La phase de mondialisation libérale est-elle close ? Les États sont-ils condamnés à récupérer leurs souverainetés ? Comment le secteur financier « encaisse-t-il » la crise ? Et en quoi la crise elle-même est-elle particulière - d'ailleurs, qu'apprenons-nous des crises qui se succèdent ?

    Dans un texte de référence, Clément Beaune - secrétaire d'État aux Affaires européennes - expose comment les responsables français voient dans le temps troublé de la crise la chance d'un nouveau départ vers une Union européenne remodelée : les décisions de crise pourraient préluder à une mutation politique essentielle.

    Les concentrations urbaines ont été au premier chef victimes et acteurs de la crise. Au-delà, que dit la dynamique d'urbanisation du monde des grands équilibres démographiques ? L'urbanisation est-elle une fatalité ? Modifie-t-elle les équilibres politiques internationaux ? Les villes sont-elles le nouvel espace des guerres ? Et les contrôles technologiques qui s'y imposent annoncent-ils notre avenir : de la smart city à la smart society ?
    Enfin, à la veille de la présidentielle américaine, peut-on imaginer que les rapports euro-américains de sécurité évoluent, pour aller vers une Alliance atlantique rééquilibrée ? Et qu'Israël s'affranchisse enfin de la profonde crise de son système politique ?

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