• Maldonnes

    Serge Quadruppani

    Dans sa jeunesse révolutionnaire, Antonin a voulu être bandit, mais il a dû admettre qu'il n'était pas doué pour ça, et il est devenu auteur de romans noirs et traducteur. Un matin, des décennies après, alors qu'il attend Olga, boxeuse féministe et amour de sa vie, apparaît Guillaume. Fils d'un droguiste assassiné par un braqueur dont Antonin a soutenu la libération, il est venu lui demander des explications. La rencontre de ces trois-là va engendrer la catastrophe qu'Antonin attend depuis toujours.
    Polar ou autofiction mensongère ? On plonge dans l'histoire agitée de la fin du XXe siècle, dans une étrange course au trésor évoquant de célèbres affaires politico-judiciaires, de l'après-68 et des années Mitterrand au G8 de Gênes. Antonin, le narrateur funambule mais quelque peu démuni devant les changements du monde, tourne autour de la question : comment se mettre à la place d'un autre, en particulier quand on est un intellectuel et que cet autre tue ? L'auteur, lui, relève le défi dans une intrigue formidablement bien construite autour de personnages inoubliables, avec les armes de la littérature : la verve, l'humour, le style.

  • En vacances avec son mari dans une sublime vallée italienne, la tranquillité de la commissaire Simona Tavianello sera de courte durée. Une série de meurtres inexpliqués va bientôt bouleverser la région et Simona ne résistera pas longtemps à se mêler de l'enquête. D'où viennent ces tracts signés « La révolution des abeilles » ? Pourquoi s'en prendre à un apiculteur a l'air inoffensif ? Que cachent les activités de la multinationale d'agro-alimentaire Sacropiano et quelles expériences peuvent bien être menées dans ses laboratoires ? Entre militants écologistes radicaux et industriels puissants qui s'allient aisément les représentants de l'ordre, la commissaire Tavianello aura toutes les peines du monde à garder la tête froide et à ne pas se laisser embarquer dans une nouvelle théorie du complot. Heureusement Marco, son mari, commissaire et tout jeune retraité, veille...

  • Ce brûlant petit livre, écrit par un acteur actif de Notre-Dame-des-Landes et de la Vallée de Suse, a pour ambition de cerner la nouvelle subjectivité collective révolutionnaire qui émerge en de nombreux endroits de la planète : hétérogène, multiforme, d'une grande richesse culturelle et réflexive, parcourue de forces contradictoires et unifiée par son ennemi même, les Grands Projets " inutiles et imposés " qui entraînent un peu partout la naissance de Zones à défendre.
    Ce brûlant petit livre, écrit par un ardent compagnon de route de Notre-Dame-des-Landes, de la vallée de Suse et des " cortèges de tête " des manifestations de ces dernières années, a pour ambition de cerner la nouvelle subjectivité collective révolutionnaire qui émerge en de nombreux endroits de la planète : hétérogène, multiforme, d'une grande richesse culturelle et réflexive, parcourue de forces contradictoires mais unifiée par son ennemi même : le monde de la " révolution managériale " et de sa loi " Travaille ! ", un monde qui est, indissociablement, celui des Grands Projets " inutiles et imposés ", ces infrastructures (aéroports, barrages, parcs d'éoliennes, sites d'enfouissement des déchets nucléaires, etc.) qui accompagnent la métropolisation du monde et entraînent un peu partout la naissance de Zones à défendre.
    Les Grands Projets représentent une nécessité pour un monde qui prétend être le seul possible et reposer en tous ses aspects sur la raison : la raison de l'économiste, celle du financier, de l'ingénieur, de l'aménageur, du manager. À cette irrationnelle rationalité qui ramène tout à la mesure de l'argent, il s'agit d'opposer une recherche essentielle en ces temps de catastrophe écologique, celle de la juste mesure dans chaque réalité : dans la production de tels ou tels objets aussi bien que dans les échelles de la vie en commun. Et d'inventer, en lien étroit avec ces territoires en lutte, des savoirs, des imaginaires, des contre-cultures qui rendront possible une autre société.

  • Simona Tavianello a été mise à la retraite forcée pour sa présence dans une manifestation et son mari, désireux de la soustraire aux attraits d'un apiculteur, lui offre un séjour à Paris. Alors qu'ils dînent dans un restaurant de couscous chic du Marais, une main coupée apparaît au milieu du tajine ! L'événement est lié à la propagation à Barbès de Madame Courage, un mélange de drogues utilisé par les commandos de l'armée algérienne pendant la sale guerre des années 90. Au grand dam de son époux, Simona va s'intéresser de près aux zombies tueurs de cette guerre, recyclés par un service secret mafieux qui investit jusqu'en Vénétie, car elle veut aider Francesco Maronne, policier, fils d'un ami décédé et qui a hérité de lui sa capacité à résoudre les énigmes en dormant. Sauf que Francesco souffre d'insomnie... Heureusement, elle peut compter sur un renfort de poids : le chien Sherlock et le chat Eurêka.

  • Saturne

    Serge Quadruppani

    Alors que tout semble paisible aux thermes de Saturne, lieu de repos préféré des Romains, un homme ouvre le feu et fait trois victimes et plusieurs blessés avant de s'enfuir. La commissaire Simona Tavianello est chargée de l'enquête et tandis que la piste terroriste d'Al-Qaeda est toute désignée, elle préfère se rapprocher de Cédric Rottheimer, un détective privé. En mission sur les lieux pour le compte d'un mari jaloux, il a filmé la femme infidèle qui fait partie des victimes. Les meurtres sont d'évidence l'oeuvre d'un professionnel et la commissaire ne veut négliger aucune piste, d'autant que, au moment des faits, se déroule à Gênes le sommet du G8. Or les thermes de Saturne sont aussi soupçonnés d'être un lieu idéal pour le blanchiment de l'argent. 
    Bientôt l'enquête révèle des implications multiples et complexes dans le drame de Saturne : mafia, sociétés écrans et même le gouvernement... Tous voudraient bien se partager un butin inavouable. La commissaire Tavianello, accusée de complicité avec le parrain d'un clan local, démissionne mais sans toutefois renoncer à faire jaillir la vérité. Aura-t-elle les moyens d'y parvenir ?

  • 'Au début des années 1990, Mark Senders, dessinateur bohème et amateur de paradis artificiels, se retrouve vautré comme un SDF dans un parc new-yorkais. Il écoute un homme qui décrit le crépuscule sur la baie de l'Hudson. C'est parce que la précision des termes employés le frappe qu'il s'approche de l'inconnu et assiste à son assassinat.
    Pour percer le secret du 'sourire contenu' - l'expression la plus difficile à rendre pour un dessinateur - d'une femme aux yeux violets qu'un tueur s'est juré de crever, Mark va se lancer dans une enquête qui le mènera du New York des médiums au Cambodge déchiré par les coups d'État en passant par Hong-Kong à la veille de la rétrocession à la Chine.
    Dans ce roman noir qui s'attache autant à un monde finissant qu'au sort des cochons en Asie du Sud-Est, Serge Quadruppani est en quête d'une 'Shelter Island', d'une île-abri. Inutile de dire qu'il ne l'a pas encore trouvée, vingt ans après la première parution de cette errance géostratégique et sentimentale.'
    Jérôme Leroy.

  • Pierre Dhiboun, membre des forces spéciales françaises infiltré dans un groupe djihadiste au nord du Mali, a disparu à son retour en France.
    Manifestement, il a déserté.
    Mais de quelle armée ?
    Beaucoup de monde aimerait le savoir : sa supérieure directe - une générale de gendarmerie qui ne rend compte qu'au président -, une mystérieuse organisation d'anciens contractants de toutes les guerres d'Orient et tous les services secrets français. Dhiboun est-il un loup solitaire ?
    Or voici qu'il réapparaît près d'une base où les armées occidentales mènent d'étranges opérations à distance, aux côtés d'une rousse piquante et de son amant chirurgien en rupture de chirurgie.
    Ce qui semblait une classique affaire de terrorisme cantonnée à des déserts lointains va muter brusquement en rencontrant le Limousin profond, ses marginaux foldingues, ses gendarmes clochemerlesques, et surtout ses animaux bien décidés à n'en faire qu'à leur tête.
    Car un loup, un vrai, pénètre sur le plateau de Millevaches.


  • La politique de la peur, c'est celle qui, menée par la droite comme par la gauche, empile les lois liberticides, développe sans relâche les techniques de surveillance et les fichiers, et choisit de brandir toujours plus haut la menace " terroriste ". C'est celle qui, au nom du 11 septembre, s'en prend quotidiennement aux étrangers, aux jeunes, aux internautes, aux prostitués, aux chômeurs, aux autres, à tous les autres. Celle qui, avec l'active complicité des médias, fabrique des ennemis imaginaires (le " groupe de Tarnac ", Cesare Battisti...) pour mieux détourner notre attention des oppressions quotidiennes.
    Pour les dirigeants politiques qui tentent vainement de gérer l'économie globale, la politique de la peur permet de compenser leur quasi-impuissance par un activisme répressif surmédiatisé. C'est enfin une " politique de civilisation " qui est à la fois la négation de la politique et de la civilisation.
    Romancier, traducteur, éditeur, Serge Quadruppani est aussi un militant et essayiste qui mêle sa voix aux critiques radicales du capitalisme. Il est notamment l'auteur de L'Antiterrorisme en France, ou la terreur intégrée (La Découverte, 1989) qui trouve ici sa suite naturelle.

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