• Depuis ses Exercices d'incendie (1994), Sandra Moussempès poursuit son travail expérimental, ludique et grave à la fois. Elle a publié plusieurs titres aux éditions de l'Attente et quatre volumes dans la collection Poésie/Flammarion, de Vestiges de fillette (1997) à Sunny girls (2015).


    Je vois au loin un ciel rose et un ciel noir en moi
    Je remplace la poésie par des boissons protéinées
    Ou des cerises en gélatine pour combler un déficit

    Je deviens le poème que j'écris
    De la glotte aux muqueuses préraphaélites
    Poème cicatrice ou flacon d'eau de rose

    Dans une chambre obscure avec un dessin animé
    que personne ne regarde
    Le poème se tient là devant toi corridor sans porte
    À la verticale

  • Sunny girls

    Sandra Moussempes

    L'univers de Sandra Moussempès se situe à la croisée du réel et de l'imaginaire, du monde « ordinaire » et de sa représentation, dont ses textes capturent les images et soulignent la part d'illusion. Malgré son titre, ce nouvel ouvrage émerge pourtant d'une nuit plus secrète. Il y a beaucoup de références au cinéma et à la vidéo dans Sunny girls, mais les scènes qui se déroulent sous nos yeux sont étrangement distanciées : comme si la femme derrière la caméra (ou qui écrit face à l'écran) gardait constamment à l'esprit le caractère irréparable de son geste. « Éléments du récit épique », les séquences se succèdent ainsi avec la netteté du rêve - ou du film qui en est peut-être l'émanation. Tout le trouble, tout le charme de la poésie de Sandra Moussempès naissent d'un tel écart, accompagnés de cet humour un peu acide qui n'appartient qu'à elle : « les poétesses qui misent sur le banal ne roulent pas en mobylette malgré les apparences »...

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