• Comment ne pas être ému par Le voyage de Clermont-Ferrand, en point d'orgue du recueil, rencontre dans un train où se joue ce vertige d'identités jusqu'au deuil du fils aimé ? Et au mot du jeune Oumar qui passe au "tu" comme un fils nouveau ou ressuscité ? Juste avant le cauchemar où l'auteur voit son squelette sortir de sa propre peau, comme dans une vanité quotidienne. La veine autobiographique palpite dans ces récits, et dans le dernier, avec le nom même de Nimrod... Le premier récit, à Venise où "Jamais bain d'iode n'abolira le hasard", annonce la navigation de nos destinées, avec ou sans dés, qui remuent et stagnent, courent entre l'extrême beauté et l'extrême laideur, même quand les anges donnent rendez-vous aux carrefours dans l'impudeur inqualifiable de l'harmonium et que l'horizon des Sahéliens "résonne avec la poussière"... Les tesselles de cette mosaïque des quatre éléments sont placées avec tellement d'humour, aussi, et de bonheur. La vraie profondeur, c'est ce que l'écrivain monte et montre à la surface. Au fil du temps, au fil de l'eau, au fil de l'écriture et de la vie.

  • Parce que, la première, elle avait refusé de céder sa place à un passager blanc, Rosa Parks devint l'emblème de la lutte anti-ségrégationniste aux Etats-Unis.

  • Dans la bouche d'Aimé Césaire, les souffrances et les humiliations endurées par les peuples des anciennes colonies françaises s'animent. Nous sommes dans les années 1930, à Paris.
    Le jeune poète martiniquais Aimé Césaire et ses amis Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon Gontran Damas lancent le mouvement de la négritude. Ensemble, ils rejettent le regard infantilisant que la métropole porte sur ses anciennes colonies.
    Ils invitent tous ces peuples, des Antilles au Sénégal, à rejeter ce complexe étouffant et à se sentir fiers de leur accent, de leur culture plurielle et de leur histoire.
    Les mots d'Aimé résonnent, ses discours animent les foules.
    Alors, un peu malgré lui, l'homme de lettres s'engage dans un combat politique intense qu'il mènera avec force jusqu'à sa mort en 2008. Maire de Fort-de-France, député, membre du Parti communiste jusqu'en 1956, Aimé Césaire n'aura de cesse, dans son oeuvre littéraire, mais surtout dans ses décisions d'élu, de lutter contre les réflexes coloniaux et pour la dignité des peuples noirs.

  • "Tu vois, mon cher Kouassi, a repris Pierre, c'est un spectacle délicieux que nous offre Zouna livrée à ton corps. L'autre jour, je me demandais si ta connaissance des sciences européennes, de la littérature et de la philosophie ne t'avait pas aveuglé en fin de compte. Ce n'est pas parce que je t'aime, et Fanny aussi, ainsi que Jules et Laurent, que cela te rend pareil à nous. Dis-moi, crois-tu être devenu un Blanc ?"
    Un dandy ivoirien, orphelin adopté par un puissant personnage de son pays, déborde de finesse d'esprit, d'amitié, et d'élans poétiques entre la canopée africaine et la canopée parisienne. Autour du protagoniste narrateur qui avance masqué, une poignée de Français, amis trentenaires du monde de l'édition, de moeurs et de culture raffinées, d'extrême élégance existentielle. Tout est si harmonieux, sensuel, léger, rare, sentimental même...
    Comment prévoir le dérapage de l'un d'eux, laissant planer une menace bien réelle, en plein Quartier latin, au coeur de Paris ?

  • Gens de brume

    Nimrod

    L'Afrique, encrage du poème, des reminiscences du temps fragile de l'enfance. Un temps retrouvé dans l'évocation des parfums, des odeurs de sucre et de peau, les odeurs du fleuve, celles de la boue. Entre le poème et la prose Nimrod ne choisit pas. Sa langue est une voie dérobée où marchent depuis trente ans ses Gens de brume aux lisières de l'aube. 
     

  • 1er avril 1960 : un bébé noir est tué par la police dans un ghetto d'Afrique du Sud. C'en est trop pour Ingrid Jonker, une jeune blanche qui fonce rencontrer la mère de la victime. Elle, la fille de l'un des dignitaires de l'apartheid, va écrire un poème bouleversant à la suite de ce drame. Mai 1994 : Mandela monte pour la première fois à la tribune de l'assemblée. Devant les députés médusés, il lit le poème d'Ingrid Jonker. Car la poésie est le fil de soie qui relie Nelson et Ingrid, par delà les différences de couleur de peau. Faisant alterner avec brio la grande figure de Mandela et la fragile silhouette de la poète, Nimrod nous entraîne dans la douloureuse tragédie d'un pays qui se mêle au mal de vivre d'Ingrid. Comment survivre quand votre père est une ordure et qu'il vous renie ?

  • Revenant au pays comme chaque année pour visiter sa mère.
    Nimrod emprunte aux premières lueurs de l'aube les ruelles ocre de son quartier d'antan. Par-delà les années la vieille dame n'a pas bougé, et pour son fils exilé, voyageur lettré de passage en ce monde dont elle préserve l'intemporelle réalité, un sentiment soudain se précise : "C'est ma mère qui invente ce pays. Comme j'ai mis longtemps pour formuler cette idée. Elle est si simple pourtant. Dépouillé depuis toujours de la moindre de mes richesses, surtout lorsque j'ai eu dix-neuf ans - qui est l'âge de la guerre civile -, le pays ne cesse de me piller.
    Ma mère incarne ce dénuement. Aux poètes tchadiens - présents et à venir - je dédie cette par-celle de nudité que même la fraîcheur matinale dé-daigne désormais. Il faut beaucoup d'imagination pour lui trouver un attribut maternel. C'est mon rôle à moi qui suis poète. Ma mère invente le Tchad." A partir de ce subtil hommage, Nimrod déploie, dans une succession de tableaux, des récits dans lesquels il réenchante les bonheurs passés, évoque les rares moments de partage avec son père, grand absent de sa vie, et revient aux origines de son tempérament contemplatif, comme si dans l'enfance il percevait déjà l'inévitable départ et dès lors s'efforçait de préserver en lui un refuge aux dimensions de l'univers : la poésie est fille de mémoire.

  • Après Les Jambes d'Alice et Le Départ, Nimrod poursuit l'histoire d'un jeune Tchadien aux prises avec les affres de l'infidélité, les contradictions de l'exil et la schizophrénie du pouvoir. Fin lettré, de retour dans le village familial, le narrateur de

  • Un balcon sur l'Algérois est le récit d'une fulgurance amoureuse ? celle d'un jeune Africain avide de culture et de beauté venu s'installer à Paris dans les années 1970 avec une grande bourgeoise française, sorte de mante religieuse des Lettres, femme de pouvoir à qui rien ne doit être refusé. Dans une langue toujours plus poétique, jouant, comme dans Les Jambes d'Alice, avec l'autofiction sans jamais renoncer à l'imaginaire, Nimrod écrit les amours possessives et passionnelles de deux êtres diamétralement opposés.

  • Les boys d'Alabama fait revivre l'épopée du 167e régiment d'infanterie de la division Arc-en-ciel. Composée de volontaires venus du Sud profond, cette dernière s'illustra par ses hauts faits d'armes sur les champs de bataille français durant la Première Guerre mondiale. La division Arc-en-ciel accomplira des prouesses sur le front de Champagne. La bataille de la Ferme de la Croix Rouge, le 26

  • Procédé dont l’utilité n’est plus à démontrer et qui est loin d’être récent, le recours croissant au project finance (ou « project financing ») dans l’économie contemporaine invite à le démystifier et à en présenter de manière simple et intelligible les contours. De fait, quoiqu’ayant connu un repli en raison de la crise financière et économique récente, le project finance continue d’être utilisé ou inspire les méthodes de réalisation de projets publics et privés dans des domaines divers et variés à travers la planète. Il s’agit donc d’une technique à vocation universelle dont l’usage et le développement gagneraient à quitter son cercle d’initiés.
    Cet ouvrage fournit la quintessence actuelle en français du project finance dans la mesure où la crise financière et économique précitée en a influencé certains aspects. Les dernières évolutions et adaptations en la matière sont en conséquence prises en compte dont notamment celles liées aux nouvelles exigences réglementaires applicables au secteur bancaire et dérivant particulièrement des accords dits « Bâle III » :
    - le rôle croissant des banques de développement et celui des marchés de capitaux (emprunts obligataires en tête) ;
    - les nouvelles approches en matière de syndication bancaire (« club deal ») ;
    - mais aussi les approches qui concernent la durée des financements (résurgence de la « mini perm » « soft » ou « hard »).
    Sont également prises en compte les exigences croissantes en matière environnementale et sociale et de respect des droits de l’homme.

  • Fondée sur une méthode pragmatique, cette étude propose pour la première fois une analyse systématique du Build, Operate and Transfer (BOT) qu´elle éclaire par une démarche interdisciplinaire, ancrée principalement autour de l´approche Law and Economics. Considéré comme un impératif économique et même moral, l´investissement dans les infrastructures et les services collectifs participe, dans une large mesure, à la croissance économique ainsi qu´à l´amélioration des conditions de vie humaine dans toute nation. Toutefois de nos jours, les États ou les collectivités publiques n´ont plus les moyens de financer la totalité des programmes d´investissement en besoins collectifs par le budget et l'emprunt publics, d´où l´idée des partenariats public-privé (PPP), lesquels s´imposent comme une alternative presqu'incontournable pour le financement des besoins collectifs. Le concept de Build, Operate and Transfer (BOT) constitue une des modalités de ces PPP. Il est un procédé de financement et de gestion privés permettant aux personnes publiques de garder la haute main tant sur l´orientation stratégique de projets d´intérêt collectif que sur la propriété des biens qui en sont issus. Il s´agit alors d´allier utilité socio-économique et rentabilité ou, plus généralement, de concilier la logique d´État et la logique de marché. Sa mise en oeuvre soulève de nombreuses questions au rang desquelles : la conciliation de l´intérêt général et des intérêts privés dans le cadre d´opérations de longue durée ; le traitement des risques inhérents à ce type d´opérations ou encore l´affirmation de l´interdépendance entre les obligations des partenaires. D´intérêt aussi bien théorique que pratique, cette étude démontre que la dimension juridique de la mise en oeuvre du BOT est cruciale pour en assurer le succès. Elle vise à contribuer in fine à dégager un statut du BOT et, partant, permet d´apprécier l´interchangeabilité entre le public et le privé et de définir en conséquence des règles et des mécanismes de coopération et d´échange entre ces deux sphères. En outre, l´étude souhaite offrir aux États et à leurs gouvernements, aux praticiens, promoteurs, investisseurs ainsi qu'aux juristes, une vue originale, globale et cohérente du concept de BOT. De même, en éclairant les faiblesses, les limites et les risques d´abus tout en présentant les avantages et les potentialités de cette technique, l´ouvrage se donne également pour ambition d´encourager le développement de cette dernière et, au-delà, des PPP en général.

  • Avoir vingt ans en 1979, au moment où son pays devient un gigantesque brasier, n'est pas une banale expérience. Nimrod Bena Djangrang, qui est né à Koyom, un village du sud du Tchad, a connu le désarroi consécutif au brutal changement de paysage. Il a surtout appris que la guerre que les hommes se font, est l'exacte réplique de celle que leur fait leur propre terre. L'aridité l'emporte sur les buissonnants échos verts. Et le poème se couvre d'une fine poussière écarlate. "Pierre, poussière" est l'écho de l'essentielle déroute : le désert.

  • Avoir vingt ans en 1979, au moment où son pays devient un gigantesque brasier, n'est pas une banale expérience. Nimrod Bena Djangrang, qui est né à Koyom, un village du sud du Tchad, a connu le désarroi consécutif au brutal changement de paysage. Il a surtout appris que la guerre que les hommes se font, est l'exacte réplique de celle que leur fait leur propre terre. L'aridité l'emporte sur les buissonnants échos verts. Et le poème se couvre d'une fine poussière écarlate. "Pierre, poussière" est l'écho de l'essentielle déroute : le désert.

  • This volume features forty-two essays written in honor of Joseph Agassi. It explores the work and legacy of this influential philosopher, an exciting and challenging advocate of critical rationalism. Throughout six decades of stupendous intellectual activity, Agassi called attention to rationality as the very starting point of every notable philosophical way of life.
    The essays present Agassi's own views on critical rationalism. They also develop and expand upon his work in new and provocative ways. The authors include Agassi's most notable pupils, friends, and colleagues. Overall, their contributions challenge the received view on a variety of issues concerning science, religion, and education.
    Readers will find well-reasoned arguments on such topics as the secular problem of evil, religion and critical thinking, liberal democratic educational communities, democracy and constitutionalism, and capitalism at a crossroad.

  • This book is a philosophical introduction to the field of communication and media studies. In search of the philosophical backgrounds of that relatively young field, the book explores why this overwhelmingly popular discipline is in crisis. The book discusses classic introductions on communication, provides an update on lessons learned, and re-evaluates the work of pioneers in the light of up-to-date philosophical standards. It summarizes various debates surrounding the foundations of system theory and especially its applicability to the Social Sciences in general and to Communication Studies in particular.Communication schools promise their students an understanding of the source of a principal and dynamical power in their lives, a power shaping societies and identities, molding aspirations, and deciding their fates. They also promise students a practical benefit, a chance to learn the secret of controlling that dynamical power, improving a set of skills that would ensure them a critical edge in the future job market: become better media experts for all media. Yet no one seems to know how such promises are met. Can there be a general theory of communication? If not, what can (should) communication students learn? This book looks at the problem from a philosophical perspective and proposes a framework wherein critical cases can be tested.

  • "Over the last two decades, medical researchers have become more comfortable with the idea that serious attention must be given to ethical issues when the tests of new technologies are being designed. They have come to see that experimental trials must meet certain standards, not only of scientific rigour, but also of moral acceptability." (Introduction) Presented by an international group of experts, the eight essays included in this volume evaluate the new technologies in fetal care and also wrestle with the new problems, often moral ones, that have accompanied techonological advancement. The opening chapters review state-of-the-art ultrasound imaging and molecular genetics and focus on the new patient-the fetus. From here, the efficacy of fetal therapy, the problem of assessing long-term viability, the ethical issues involved in both clinical practice and medical research, and the legal rights of the new patients and their parents are examined. The final chapter "Are Fetuses Becoming Children?" brings a fresh philosophical perspective to the question of a fetus's status and rights.

  • This book explores the continuous British fascination with the American Civil War from the 1870s to the present. Analysing the War's place in British political discourse, military writing, intellectual life and popular culture, it traces the sources of Britons' appeal to the American conflict and their use of its representations at home and abroad.

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