• " J'ai rendez-vous avec mon assassin. C'est mon père et il s'appelle Michel. J'aurai mis près de quarante ans à le retrouver. Une fois encore, je reprends la route. Je ne vais pas bien loin, de Chevaleret à Etoile. Une vingtaine de stations. Je connais la partition: la mort du père, une figure de rhétorique, avec ses morceaux d'émotion rude. Mais quelle mort du père entonner, quand le père n'a jamais existé?
    Le plus simple serait de m'en tenir à la règle d'or de l'écriture: la sincérité. La difficulté provient du fait que la sincérité ne se situe nulle part. Des sentiments contradictoires m'agitent: la colère, la rage, la honte, le mépris. Un sentiment plus trouble également: la pitié. Toute ma vie, j'ai traîné l'illusion que les hommes ne peuvent pas être si bas, qu'ils finiront par ôter leur masque et découvrir leur véritable figure.
    L'ennui est qu'ils ne tombent pas le masque et qu'ils savent parfaitement ce qu'ils font. "
    M. del C.

  • " La tunique d'infamie est un grand livre. Un de ces livres auquel on repense après l'avoir refermé. Un livre qui apprend un peu à vivre et à grandir en humanité. Un des meilleurs livres de cette année. "
    CHRISTIAN SAUVAGE, Le Journal du Dimanche
    " Un livre bouleversant, tant par le style que par le contenu, par l'actualité et la modernité de son histoire. "
    LAURE ADLER, Le cercle de minuit
    " Rien n'est plus espagnol que ce roman français. Rien, dans nos lettres, qui exprime avec une force telle l'abandon orgueilleux au destin. "
    PIERRE LEPAPE, Le Monde
    " Même lorsqu'il raconte la vie de Manrique Gaspar del Rio, inquisiteur juge qui vivait il y a trois siècles, c'est encore de lui qu'il nous parle... De l'enfance, des souffrances enfouies, de la foi, de l'amour, de la honte: de toutes ces questions que n'ont jamais cessé de se poser les hommes. "
    MICHELE GAZIER, Télérama
    " Une superbe méditation qui l'inscrit dans la lignée de Montherlant et de Bernanos. "
    THIERRY GANDILLOT, L'Express
    " C'est toute la beauté de sa tunique d'infamie: un visage unique ressemblant à un peuple et la terre d'un pays transportés dans un livre. Del Castillo y lègue, dernière volonté de son testament intérieur, la lumière aveuglante d'un ciel presque noir, son Espagne. "
    DIDIER JACOB, Le Nouvel Observateur
    Né en 1933 à Madrid, de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo est aujourd'hui l'auteur d'une oeuvre considérable. Il a été couronné de nombreux prix littéraires dont le Prix des libraires en 1973 pour Le Vent de la nuit, le prix Renaudot en 1981 pour La Nuit du décret et, en 1992, le prix RTL-Lire pour Le Crime des pères. En 1994, il publie Rue des Archives, en 1995 paraît une nouvelle édition de Tanguy et Mon frère l'idiot.

  • " Avant de savoir parler, avant de me sentir capable de lier entre elles les sensations qui m'écorchaient, je suçais le poison de l'Espagne. La langue qui m'avait engendré cachait le maléfice des hérétiques pourchassés, des poètes assassinés.
    Plus que Tanguy, mémoire de fiction, Le sortilège espagnol, parce qu'il élabore et comprime les souvenirs, renferme non pas ma vérité, mais la lente conquête d'une authenticité littéraire. Il montre le passage d'une existence invivable à une langue habitable. C'est un livre de transition, qui traverse toute ma vie.
    Ce texte trahit l'Espagne par le détachement français, mais c'est pour mieux réintroduire la passion espagnole. Il marche de biais, en crabe, et il finit par tourner en rond, dessinant ce cercle au centre duquel les gitans situent leurs sortilèges. "
    Michel del Castillo
    Né en 1933 à Madrid, de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo est aujourd'hui l'auteur d'une oeuvre considérable. Il a été couronné de nombreux prix littéraires dont le Prix des libraires en 1973 pour Le Vent de la nuit, le prix Renaudot en 1981 pour La Nuit du décret et, en 1992, le prix RTL-Lire pour Le Crime des pères. En 1994, il publie Rue des Archives, en janvier 1995 paraît une nouvelle édition de Tanguy et, à l'automne 1996, Mon frère l'idiot.

  • Je ne rédige pas un essai, ni un ouvrage de critique. J'écris de coeur, dans une intimité trouble qui fut la nôtre, depuis le jour de notre rencontre. C'est à toi que je m'adresse, Fédor. Que pourrais-je donc t'apprendre sur toi-même? Ceci, peut-être, qu'un écrivain ne s'appartient pas: tu vis mêlé à mon sang, tes questions sont inscrites dans mes neurones. Tu n'as jamais été un modèle au sens où un artisan dérive de ses maîtres; tu es mieux que cela: tu es un souffle que j'aspire. Je n'aime pas tous tes livres, je ne suis pas un dévot. Tu demeures cependant étroitement lié à ma vie, si bien qu'à l'instant d'écrire, je dois chaque fois me situer par rapport à toi, établir la bonne distance.
    Je suis, Fédor, l'une de tes créatures. J'ai commencé par être un de ces enfants stupéfaits qui hantent tes livres. Je t'ai rencontré vers treize-quatorze ans, à Barcelone, mais je t'ai reconnu au premier regard parce que je vivais en toi depuis ma naissance.
    Ton nom, Fédia, est imprimé sur la page de garde de Tanguy, mon premier roman.
    Qui mieux que toi pourrait me comprendre?
    Né en 1933 à Madrid de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo est aujourd'hui l'auteur d'une oeuvre considérable. Il a été couronné de nombreux prix littéraires dont le Prix des libraires en 1973 pour Le Vent de la nuit, le prix Renaudot en 1981 pour La Nuit du décret et, en 1992, le prix RTL-Lire pour Le Crime des pères. En 1994, il publie Rue des Archives et en janvier 1995 paraît une nouvelle édition de Tanguy.

  • La tragédie de l'homme qui se raconte est celle de la différence. Nain d'une laideur exceptionnelle, n'inspirant que le dégoût, il est exclu de tout et de tous. À force de subir le regard haineux d'autrui, il choisit de devenir celui que les autres voient en lui et d'entretenir sa légende maléfique. À moins que sa rencontre avec la musique ne le sauve d'un destin criminel...
    Né en 1933, Michel del Castillo quitte très tôt l'Espagne en pleine guerre civile pour la France. Il est l'auteur d'une œuvre considérable. La plupart de ses romans sont disponibles en Points.
    "Il arrive que la littérature sauve de la déchéance."
    Michel del Castillo, avril 2000

  • Qui était Francisco Franco Bahamonde, dernier survivant parmi les grands dictateurs du xxe siècle, né en 1892 et mort en 1975? «Un militaire chimiquement pur», répondait un prêtre qui le connaissait depuis l'enfance. À l'âge des radars et des fusées, des missiles atomiques et des bombes à laser, pouvons-nous comprendre un militaire du temps de la baïonnette?
    À travers ce portrait qu'il travaille comme il l'a fait pour Colette et Dostoïevski, Michel del Castillo longe et commente les grandes étapes de la vie de Franco, enfance, études, guerre coloniale au Maroc, direction de l'académie de Saragosse, etc. Il ne traite pas directement de la guerre, mais l'évoque par rubriques: soulèvement des gauches, mort de la République, les partis et l'État, la Phalange, l'Église, la répression, les Juifs, la nuit noire, sans oublier la reconnaissance internationale, le décollage économique, l'instauration de la monarchie avec Juan Carlos, l'épilogue interminable de la mort...
    Attentif au mouvement d'une vie, Le Temps de Franco brosse à travers l'homme un demi-siècle de l'histoire d'un pays. Ce témoignage hautement littéraire est l'analyse d'un mythe non dénué d'une ironie amère envers les légendes, affabulations et trompe-l'oeil auxquels il a donné lieu.
    Né à Madrid, de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo a évoqué son enfance et son adolescence chaotiques dans nombre de ses livres. Membre de l'Académie royale de Belgique, de nombreux prix ont couronné son oeuvre, dont récemment le prix des Écrivains croyants, reçu pour La Vie mentie (Fayard, 2007).

  • L'Espagne, entre ombres et lumières, présentée sous ses milles facettes par l'un de ses amoureux transis : Michel Del Castillo.
    Al-Andalus, Carmen, don Quichotte, Goya, l'Inquisition, Vélasquez, la Tauromachie, mais aussi Franco, Burgos, Almodovar, Picasso, Lorca et Unamuno : voilà quelques-unes des entrées de ce Dictionnaire amoureux, qui parle aussi bien de l'Espagne d'hier que de celle d'aujourd'hui. Ombres et lumières. Autant de prétextes qui en tableaux flamboyants permettent de faire retentir le chant profond de l'Espagne, de suivre le fil qui du plus lointain passé court jusqu'à nos jours. Il fallait toute la culture, la sensibilité et la distance d'un grand romancier pour brosser cette fresque emportée d'un pays qui aura produit l'une des plus hautes civilisations de l'Europe.

  • Dans certains villages de Catalogne, le nom du commissaire Avelino Pared éveille encore une terreur sourde. Responsable de la répression à l'époque de la guerre civile, ce fonctionnaire secret officie maintenant dans une petite ville du nord de l'Espagne : Huesca, où l'inspecteur Laredo, nouvellement nommé, entrera bientôt en fonction. Pour préparer leur rencontre, le jeune policier mène l'enquête, interroge d'anciens témoins, et pénètre peu à peu dans le silence glacé de l'époque franquiste. Le voyage serait sans danger si l'histoire d'Avelino Pared, avec ses craquelures infimes, ses places sombres et enneigées, son enfance perdue, ne renfermait une énigme.
    Prix Renaudot 1981

  • 1609-1610  : Philippe III d'Espagne et le duc de Lerma décident d'expulser les morisques de la Péninsule ibérique. Ces cinq cent mille hommes et femmes, nés en Andalousie, sont les descendants des populations musulmanes converties au christianisme plus d'un siècle auparavant, et, pour la plupart, travaillent sur les terres des Grands d'Espagne comme cultivateurs, jardiniers, artisans. 
    Embarqués de force dans des navires loués aux Vénitiens, aux Génois et aux Français, les morisques sont envoyés malgré eux en Afrique du Nord, soupçonnés  d'apostasie et de trahison. 
    Cette trame historique est la toile de fond du nouveau roman de Michel del Castillo, où se côtoient les figures emblématiques de cet épisode tragique de l'histoire d'Espagne : celles du roi et de son favori, des représentants de l'armée, des Grands, de l'Eglise, mais aussi celles, plus juvéniles et plus humbles, de leurs victimes ou de leurs ennemis.
    Michel del Castillo livre un roman troublant dont les racines plongent dans cette Espagne qui lui est si chère et nous rappelle un épisode oublié qui fait écho à la sourde angoisse planant aujourd'hui sur l'Europe.

  • Carlos Sanchez, un jeune étudiant atteint de folie mystique, devient l'enjeu, l'appât et la victime de ceux qui tiennent les rênes du pouvoir politique et religieux et de leurs intrigues...
    Une allègre fureur anime de bout en bout l'étonnante et cruelle mascarade à laquelle nous fait assister Michel del Castillo. Le Manège espagnol s'affirme comme une satire de la bourgeoisie issue de la guerre civile mais aussi, grâce au personnage de Carlos Sanchez, comme une méditation douloureuse sur l'Espagne éternelle.

  • Only rêve de fuir la " zone ", un bidonville en bordure de Madrid dans lequel il vit en compagnie se son jeune frère et de parents alcooliques. Quittant la misère la plus sordide, s'ouvrant à l'amour de Marianita, il parvient, sous la protection de son ami Santiago, à trouver un peu de paix et de bonheur. Il découvre dans le même temps la politique, l'idéal du parti communiste et l'espoir révolutionnaire.
    Mais sa nouvelle vie sera de courte durée. Nous sommes en 1936, et l'Espagne va connaître une guerre civile effroyable. Tous les protagonistes de cette histoire vont y être étroitement mêlés, y compris la ville elle-même, Madrid, symbole de la résistance au fascisme et du fameux No pasarán. Certains de ces hommes y trouveront la mort. Aucun n'en sortira indemne.

  • Un jour, Sandro choisit un livre parmi les piles de volumes qui encombrent sa table de chevet. Le nom de l'auteur, Aldo Casseto ; le titre du livre, Une enquête à Syracuse, l'attirent sans doute plus que les autres. Sandro a grandi lui aussi en Sicile, à Palerme, auprès de sa mère Dina.
    Au moment d'entreprendre sa lecture, Sandro se connaît un demi-frère. Il aura hérité de deux frères supplémentaires le livre achevé : Aldo, l'auteur du roman, et Brunetto, fils de Dina comme lui. Deux frères qu'il n'a jamais vus ni approchés, que Dina semble-t-il, a toujours voulu lui cacher.
    Cela paraît incroyable, presque impensable ces deux frères tombés du ciel par l'intermédiaire d'un livre, et plus encore cet Aldo, romancier comme Sandro, publié par le même éditeur, qui aura fatalement côtoyé les mêmes personnes, évolué dans le même monde. Combien de fois Sandro et Aldo ont-ils pu se croiser ainsi sans se reconnaître ? Tout se confirme pourtant. De correspondances en coïncidences, Sandro va découvrir combien de secrets il lui reste à percer, de chemin à parcourir. Il lui faudra remonter le temps de son enfance sicilienne, redessiner inlassablement la figure de cette mère qu'aucun superlatif ne réussirait à définir vraiment. Car comment expliquer Dina et la comprendre ? Sa beauté, ses amours, ses vies multipliées, toujours recommencées, ses engagements politiques, son exil forcé en France et puis bien sûr ses fils perdus... Pourquoi les perdre alors ? Comment les retrouver ? Aldo et Sandro finiront-ils par se rencontrer eux-mêmes ?
    Le pari de Sandro se révèle peu à peu insensé de vouloir tout consigner enfin, tout ramasser du roman de sa vie. Il le gagnera au prix d'un livre, mais le sien propre, écrit à la gloire de Dina qui seule possède les fameux secrets, qui seule connaît le nombre des cartes, leur valeur, le nom du jeu, qui seule en a inventé les règles.
    La partie, Sandro le sait bien, ne s'arrêtera jamais.

  • Le Crime des pères. J'ai toujours écrit pour éviter de vivre. J'ai toujours fui mon angoisse dans les livres, lesquels contiennent ma vie la plus profonde. Aujourd'hui je n'écris pas une biographie, je ne rassemble pas des souvenirs. S'agit-il d'un roman ? D'une enquête ?
    Je tente plus simplement de reconstituer un récit qui se déroule à mon insu. Ma démarche relève autant de l'imagination que du témoignage. J'ignore même ce que je cherche. Je suis et je poursuis les mots et, si je m'écarte de la partition, la musique sonne faux.
    Ainsi ai-je accepté de retourner en Espagne, à Huesca où j'ai vécu à la fin de mon adolescence une histoire tissée d'énigmes et jamais achevée.
    J'aurais dû me méfier, pressentir que j'allais régler un dernier compte, mon propre compte évidemment.
    M.D.C.

  • Fuyant l'Espagne et le franquisme triomphant, Clara del Monte et Tchoun-Tchoun, son fils de six ans, arrivent dans une France qui se prépare à son tour à la guerre et où tous deux vont connaître les tourments des exilés : internement dans le camp de Rieucros, en Lozère, errance entre Vichy, Montpellier et Marseille.
    Selon les témoins qu'interrogera cinquante ans plus tard Élisa Toldo, une amie de l'enfant entre-temps devenu le célèbre pianiste Xavier Montel, l'énigmatique, scandaleuse et flamboyante Clara perd alors le pouvoir de conduire sa vie à sa guise. Soumise à des forces qu'elle ne contrôle plus, il lui faut désormais user d'expédients, quémander, se lancer dans de mystérieuses intrigues.
    Et Tchoun-Tchoun, encore marqué par la terreur de la guerre civile, s'accroche à cette mère incompréhensible qui tantôt le protège et tantôt le rejette. Comment expliquer cette passion entourée de violence ? Les faits sont là mais leur sens ne cesse de se dérober : face à l'enquête d'Élisa, Xavier peut-il voir dans l'enfant qu'il fut la victime expiatoire de Clara ?
    Après les Étoiles froides, ce roman orchestre, développe et module les thèmes chers à l'auteur : la manipulation, la trahison, le mensonge, mais aussi le rôle salvateur de l'art.

  • « Cette décision -livrer son fils- Xavier la considérait maintenant avec une sourde terreur. Etait-ce plus criminel que d'envoyer à la mort le père de ses enfants ? Tout, dans cette existence tissée de mensonges et de parjures, inspirait de l'épouvante. Il y avait chez cette femme qu'on pouvait croire folle une dureté, une vigilance stupéfiantes. Alors qu'elle semblait céder à ses impulsions, elle calculait froidement. Il faisait ainsi partie d'une algèbre criminelle. » 
    Pianiste virtuose, Xavier s'installe à Redwoods, sa maison du Vermont, pour préparer l'enregistrement de l'oeuvre de Chopin, intimement liée à son existence. Au gré de ses déplacements entre New York, le studio de Boston et les paysages américains, il fait deux rencontres essentielles, Sarah et le jeune Tim, admirateur fervent. Chacune le renvoie à son enfance dénaturée. 
    Par cercles concentriques de plus en plus étroits, il s'enfonce jusqu'au trou noir de la mémoire - le désamour et la trahison de son énigmatique Mamita.Né à Madrid en 1933, de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo a évoqué son enfance et son adolescence chaotiques dans nombre de ses livres.

  • Goya

    Michel Del Castillo

    De sa naissance en 1746, en Aragon, jusqu'à sa mort en 1828, à Bordeaux, ce livre raconte les quatre-vingt-deux années de la vie d'un des plus grands peintres de notre temps.Faisant dès l'enfance connaissance avec Zapater qui deviendra son ami de coeur, Goya fait le voyage à Madrid espérant remporter un des concours. Il échoue deux fois, mais, habile stratège, va s'incruster dans la famille de son maître, un certain Bayeu, se fiançant avec sa soeur. Il part alors pour Rome, fait mousser son « succès » à l'Académie de Parme et présente sa candidature pour peindre l'un des choeurs de la basilique du Pilar. Sa carrière débute avec cette fresque... Une seconde période s'ouvre par son mariage et se poursuit à la Chartreuse de l'Aula Dei, puis dans d'autres églises aragonaises qu'il décore ; mais Bayeu l'appelle définitivement à Madrid qui devient sa seconde patrie. Il peint une trentaine de tableaux pour la Fabrique des Tapisseries. C'est le début de sa troisième carrière. Approchant de la quarantaine il réalise des chefs-d'oeuvre : L'Aveugle à la guitare ou La Vue de Madrid. Traversant une période de dépression, le peintre part rejoindre Don Luis, frère du roi.  Cette fois, c'est, pour Goya, la révélation. Commence la quatrième période de sa vie : il révèle son génie du portrait. Mais, foudroyé par une attaque qui le laisse sourd et diminué, il passe des mois au lit en proie à des visions sataniques. Vient la dernière période, celle de sa liberté intérieure, avec la publication des Caprices. Nommé peintre de la chambre du roi, cet homme  malade va connaître son triomphe. Cette biographie, doublée d'un essai littéraire, est aussi une véritable plongée dans l'Espagne du XVIIIe siècle. Michel del Castillo y fait revivre Goya dans son intimité d'artiste et cette Espagne qui coule dans ses veines. Né à Madrid, de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo a évoqué son enfance et son adolescence chaotiques dans nombre de ses livres. Membre de l'Académie royale de Belgique, de nombreux prix ont couronné son oeuvre. 

  • Cet ouvrage en trois parties s'articule autour de l'évocation de la vie et de l'oeuvre de Jean Sénac, poète algérien mort assassiné en 1973. Évocation centrée sur une pièce de théâtre, dont la publication coïncidera en septembre avec la représentation sur une scène du 20è arrondissement, après de multiples difficultés exposées dans une toute première partie : lettre ouverte au directeur d'un théâtre parisien subventionné, ayant refusé de faire représenter la pièce. Dans une mise en abyme, la pièce met en scène trois personnages qui sont en train de monter un spectacle autour de Jean Sénac ; ce faisant, ils livrent leurs réflexions à propos de ce poète maudit, apatride, ayant refusé la nationalité française et n'ayant pas obtenu la nationalité algérienne, mais qui choisit, lui, le français comme langue, comme asile poétique, et l'Algérie comme patrie, terre de soleil et d'amour où il trouve le réconfort auprès de jeunes hommes des quartiers déshérités.
    Nombreuses sont les questions et les controverses que suscite le destin de cet homme, mort dans le plus grand dénuement et dans des circonstances restées obscures : la question des pieds-noirs et leur difficile engagement lors de la guerre d'Algérie (Sénac et Camus notamment optèrent pour des camps opposés), la question de l'homosexualité dans une société méditerranéenne qui prône la virilité comme valeur suprême, les modalités de l'indépendance algérienne et la dictature militaire qui a suivi. Michel del Castillo aborde lui-même ces questions dans sa troisième partie où il fait un parallèle entre le destin de Jean Sénac et celui de Pier Paolo Pasolini, cherchant à dévoiler ce que fut Sénac, entre poésie, amours brûlantes et engagement politique.
    À la veille des manifestations culturelles de " l'Année de l'Algérie en France " qui se dérouleront en 2003, Michel del Castillo nous invite à une réflexion sans complaisance sur les événements passés et présents en Algérie et, à l'opposé de la mouvance bien-pensante et de toutes ces manifestations opportunistes, il pose une question incontournable pour l'avenir : " quand donc l'Algérie s'ouvrira-t-elle à la tolérance et à la démocratie ? "

  • Le tournage d'Une femme en soi va-t-il enfin commencer ? Combien de mois d'écriture, de versions différentes du scénario, de repérages éprouvants et minutieux de Marseille à Barcelone avant de pouvoir dire "moteur", "on est prêt..." ? Est-on prêt ?
    Combien de films Jean-Pierre Barjac a-t-il réalisés avant d'oser entreprendre celui qui doit apporter un dernier éclairage, inédit, singulier sur son oeuvre et sa vie pour toujours emmêlées ?
    Combien de mètres de pellicule, de plans, séquences, travellings, déjà consacrés à la même silhouette, au même visage : ceux de sa propre mère, Serafina Perduch ? Combien d'interprétations possibles des mêmes scènes, d'intérieurs et d'extérieurs, de jours et de nuits ?
    Le spectateur retiendra l'éclat si particulier du rire de Fina (gros plan), la détresse de son fils qu'elle abandonne en pleine guerre (plan large), leurs retrouvailles de longues années plus tard (plan moyen), la toute première scène du film où Pablo guette au coin d'une rue le taxi qui va lui rendre sa mère. Quelle mère ? Quelle femme ? Une femme en soi qu'il ne faut surtout pas essayer de comprendre, de juger ou même de pardonner. Le public verra un film, une oeuvre d'art.
    Les inconditionnels de Barjac ne seront pas dépaysés : Geneviève Dalisson reprend le rôle de Fina, Antoine Ledault celui de Pablo. Il s'agit toujours de projeter les mêmes ombres et les mêmes lumières, de dissiper la même peur et la même hantise.
    Les films de Jean-Pierre Barjac deviennent peu à peu le livre d'un écrivain qui semble les adapter pour mieux les adopter : tel est le nouveau roman de Michel del Castillo qui, après La Nuit du Décret, La Gloire de Dina et Le Démon de l'oubli nous offre le portrait définitif d'une femme, cette "femme en soi" qui a traversé la plus grande partie de son oeuvre.

  • Directeur d'une société de communication, tout réussit à Salvador Portal, ancien soixante-huitard devenu coach d'hommes d'affaires. Un malaise insidieux pourtant le ronge.
    Véra, sa grand-mère, vit recluse en France dans une maison de retraite. Née à Berlin dans une famille de juifs assimilés, elle a suivi en Espagne Rafael Portal, échappant ainsi au piège de l'Allemagne nazie. Avec son mari, tué en 1936 dans des circonstances tragiques, elle a vécu un amour passionné, et ce grand-père de légende hante la mémoire familiale.
    A l'annonce du suicide de son père, Salvador se décide enfin à se rendre en Espagne. Il met ses pas dans ceux de Véra, poursuivant l'ombre d'Unamuno.
    Roman empoignant tout un siècle d'histoire, cette Vie mentie en condense toutes les tricheries, depuis celles des assassins de la République espagnole, pas tous phalangistes, jusqu'aux pseudo-révolutionnaires des années 60 reconvertis dans le business, les médias, la pub, manipulateurs troquant leurs services, leurs titres et leurs slogans contre des matelas de stock options.

  • "Tout bien pesé, cette prison en valait une autre. Patricia était faite pour les longues fidélités. Elle aimait ce qui dure. Dans cette demeure, elle discernait moins une habitation qu'une pensée, et c'est elle seule qui lui importait. Le feu pouvait bien détruire ces pierres, ou l'eau, ou la pioche des démolisseurs, elle n'en éprouverait nul chagrin. Pas davantage de la joie. Elle trouverait une autre pensée, elle s'inventerait une difficulté nouvelle. Ses pensées à elle lui arrivaient toujours à travers un regard. Elle ne croyait, comme les humbles, qu'aux idées qui s'incarnent."
    Michel del Castillo

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Poussé par ce besoin si essentiel à l'écrivain, et plus encore peut-être au romancier, de reprendre contact avec la réalité, l'auteur de Tanguy se penche sur son passé particulièrement chargé de drames et de tourments. Le parent éloigné, qui l'a recueilli quand il avait douze ans, l'envoie, pour une peccadille, en maison de correction. C'est donc l'expérience de quatre années d'adolescence passées - jusqu'à l'évasion finale - dans un bagne d'enfants que nous retracent ces mémoires au ton précis et à la sincérité pathétique : épreuves de force, humiliations, brutalités et cruelles intrigues propres aux pénitenciers ; amitiés, haines et passions forcenées entre garçons - passions d'autant plus violentes qu'elles restent le plus souvent chastes -, portraits des jeunes compagnons et portraits des maîtres, les uns grotesques, les autres sadiques, d'autres généreux (le pénitencier est tenu par des religieux), tout cela fournit à Michel del Castillo la riche et douloureuse matière de ces pages où s'allient la verve vivace d'un roman picaresque et la brûlante exigence d'une confession.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "Si l'acteur Alain Mavon ne s'était pas suicidé dans cette chambre d'hôtel sordide, aurais-je trouvé le courage de dissiper la brume de nos remords en conjurant, par ce livre, le démon de l'oubli ? Si Hugues La Prades, mon ami et mon complice depuis plus d'un quart de siècle, ne m'avait pas incité à reprendre malgré moi toute l'enquête, n'aurais-je pas plutôt laissé reposer ce passé trop douloureux ? Naïvement, je croyais chercher les motifs du suicide d'un innocent, coupable présumé d'une terrible imposture : pourquoi Mavon aurait-il affirmé avoir été déporté ? Pourquoi semblait-il se complaire dans son mensonge ?
    Cet innocent, nous l'avons tué sans peine par la campagne de calomnies que nous avons savamment organisée Ugo et moi, preuves à l'appui. Quelles preuves !
    Au cours de l'enquête, c'est nous et nous seuls que j'ai retrouvés. Sylviane Mavon, Louise Blois, Frau Mohl, tous ces témoins m'ont renvoyé à ce passé que je fuyais si volontiers : à la Revue grise que dirigeait Ugo, revue dont les locaux auront vu défiler tous les grands auteurs de notre temps, de Mauriac à Bernanos, à l'avant-guerre et à l'occupation, au Doktor Menger et à la collaboration, l'arrestation et le procès d'Ugo, à Malou surtout, Malou ma femme juive trop tôt évanouie dans sa nuit. Un univers d'hallucinations dont ces pages sont le reflet, aussi obscur en vérité que le furent les événements qu'il relate. Car ce livre, l'ai-je réellement écrit ou n'ai-je fait une fois encore que répercuter la voix d'Ugo ?"

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