• Une " histoire du féminisme et du genre " de référence, qui retrace les itinéraires conflictuels et les multiples aspects des luttes en faveur de l'égalité jusqu'à l'actualité de la " parité ", dont le succès peut masquer le maintien des inégalités, que révèle la polémique soulevée par l'introduction du genre dans l'enseignement.
    L'histoire du féminisme en France ne diffère guère de celle des autres pays occidentaux : fragmentée, discontinue, elle reste en décalage avec l'histoire politique. Depuis la Révolution française, avec difficulté, les femmes ont conquis peu à peu des fonctions qui furent longtemps réservées aux hommes. Mais la barrière la plus insurmontable fut sans doute celle de l'exercice du pouvoir. Les droits civiques " accordés " très tardivement (octobre 1944) au "deuxième sexe " ne mirent pas un terme au privilège des hommes dans l'espace public. Le code civil, " parangon de la modernité ", maintint les femmes encore plus longtemps dans un état d'infériorité. L'ouvrage retrace les itinéraires conflictuels et la diversité des luttes en faveur de l'égalité, jusqu'à la " parité " dont le succès peut masquer le maintien des hiérarchies que révèle la polémique soulevée par l'introduction du genre dans l'enseignement. Cette nouvelle édition s'apparente à une " histoire du féminisme et du genre ", car l'auteure a été parmi les premières à user de la méthode introduite par le concept. En ce sens, le féminisme exprime la réaction critique à l'encontre d'une identité sociale genrée.

  • À partir de textes politiques, d'archives, de romans, de poésie, de tableaux... Michèle Riot-Sarcey fait revivre les idées de liberté nées des expériences ouvrières et des révolutions sociales du XIX e siècle français. Leur écho fut considérable dans le monde entier, avec des pratiques éphémères largement oubliées depuis : minoritaires et utopiques, incomprises à leur époque, elles ont été maltraitées par l'histoire devenue canonique. Une tout autre histoire du XIX e voit ainsi le jour. Dans cet ouvrage, Michèle Riot-Sarcey fait revivre les idées de liberté surgies au cours des expériences ouvrières et des révolutions sociales du XIXe siècle français. Des idées largement oubliées depuis : minoritaires et utopiques, incomprises à leur époque, elles ont été maltraitées par l'histoire devenue canonique. Leur actualité s'impose pourtant aujourd'hui, à l'heure où l'idée de liberté individuelle a été dissociée de la liberté collective et réduite au libéralisme et à l'individualisme.
    Ce passé inaccompli est ici revisité à partir de ses traces multiples : publications politiques, archives, romans, poésie, tableau, etc. Avec un souffle singulier, l'auteure restitue l'étonnant parcours de vie de femmes et d'hommes du peuple si nombreux à s'engager dans les chemins de la révolte, révélant ainsi les modalités méconnues de l'effacement de cette histoire. Comme le rôle des idées du " socialiste " Henri de Saint-Simon, qui influença tant de ces acteurs avant de se retrouver au coeur du projet capitaliste et industrialiste du Second Empire. Ou encore celui de Victor Hugo, dont l'immense succès des
    Misérables contribua à l'oubli de l'esprit de liberté qui avait marqué les insurrections de 1830 et 1848.
    Cette fresque audacieuse, aussi excitante à lire qu'elle est remarquablement documentée, démontre la pertinence de la pensée de Walter Benjamin sur la nécessité de " faire exploser les continuités historiques ". Et elle invite à comprendre autrement les symboles aujourd'hui en ruines du XIXe siècle français : philosophie du progrès, contrôle de l'ordre social, " mission civilisatrice " de la république coloniale... Afin de libérer la modernité créatrice de la modernité dévastatrice, ce livre entend ainsi donner à voir sous un jour nouveau les rêves du passé, dont l'actualité prend sens au présent dans la quête d'un avenir radicalement autre.

  • On a cru pouvoir, au XIXe siècle, écarter les "utopies" hors du politique alors que la démocratie représentative élaborait ses règles. Au mieux, elles anticipaient sur un progrès social de toute façon irrésistible. A l'encontre de bien des analyses actuelles toujours inscrites dans le sillage des adversaires des utopistes, Michèle Riot-Sarcey, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris VIII, veut montrer combien la lecture de ce mouvement comme force concrète de changement est féconde.
    Dans les années 1830-1840, la pensée des utopistes n'est pas restée dans l'espace clos des débats d'idées. Par sa réception populaire, comme en témoignent les nombreuses lettres reçues par le journal saint-simonien Le Globe, par sa rencontre avec des événements insurrectionnels, telle la révolte des canuts à Lyon, elle fonde un autre modèle de transformation des sociétés, moins violent, moins préoccupé par la captation du pouvoir que celui inauguré par l'ère des révolutions, mais peut-être plus efficace et vraiment démocratique. Ainsi voit-on des anonymes, sans instance pour les représenter, devenir les inventeurs d'une nouvelle organisation du travail, d'une nouvelle répartition de la propriété et des richesses, d'une reconnaissance des droits de chacun.
    Ce réel de l'utopie qui se construit dans l'intervalle du temps présent et des aspirations au changement doit retrouver sa vraie place : celle du politique.

  • Malgré le renouvellement de l'histoire des femmes, malgré les critiques adressées par des historien(ne)s à cette lecture de l'universalité monotype qui ne se dit pas, l'histoire de la démocratie continue de s'écrire au masculin. Pensée par des hommes et pour des hommes dans l'événement fondateur, la démocratie revisitée par les historiens ne pourrait-elle inclure les femmes dans son histoire, sachant que certaines d'entre elles sont intervenues, au même moment, dans le même événement, pour obtenir les mêmes droits ? Ou tout simplement, comment écrire l'histoire des hommes qui agissent et parlent avec celle des femmes qui se taisent pour la plupart ? Les femmes, exclues du politique, ne sont-elles pas incluses dans cette idée républicaine, dans cette démocratie qui ne peut devenir réalité qu'en englobant les deux sexes d'une humanité impossible à séparer ? Cette histoire peut-elle s'écrire ? Comment rendre compte du devenir d'une démocratie dont les maîtres d'oeuvre sont quelques-uns qui agissent au nom des autres, hommes et femmes ?
    Écrire cette histoire-là, c'est le défi qu'a choisi de relever Michèle Riot-Sarcey. Pour ce faire, l'auteur a choisi d'emprunter la démarche biographique : soit, suivre le parcours de trois femmes qui vécurent publiquement les moments forts de la première moitié du XIXe siècle en réclamant l'égalité des droits, dans ce temps important de l'élaboration de la pensée démocratique, toujours étroitement associée à la pratique politique.

  • Depuis une quinzaine d'années, on assiste au renouvellement des études historiques concernant le pouvoir, grâce à l'utilisation d'un nouveau concept appelé le genre. « Le genre est une grille de lecture, une manière de penser le monde et le politique à travers le prisme de la différence des sexes ». Ainsi en sept chapitres, qui vont de l'Antiquité romaine à nos jours en passant par la démocratie athénienne, l'empire de Byzance, le Moyen Âge occidental et l'Ancien Régime, ce livre collectif revisite l'histoire en essayant de montrer comment la différence des sexes a structuré les sociétés à travers les âges.

  • La révolution de février 1848 a mis fin à la monarchie de Juillet et inauguré la brève expérience de la IIe République. Mais trois mois après cet immense espoir, l'armée et les gardes mobilesont brisé l'insurrection d'ouvriers et d'artisans parisiens, barricadés dans l'est de la ville. Pendant plusieurs jours, la République a bombardé et massacré les insurgés : 3 500 morts officiels, plus de 10 000 selon des témoins. À ces victimes s'ajoutent un grand nombre de déportés au bagne ou ailleurs. C'est cette histoire tragique et oubliée que restitue ce livre. À partir d'un étonnant corpus documentaire, les auteurs montrent en quoi les événements de juin 1848, plus précisément, constituent un moment clé pour comprendre la mise en berne des utopies surgies de l'inachèvement de la Révolution française. En s'appuyant sur les récits de témoins, ils rendent compte de ce temps d'ouverture exceptionnelle à l'espérance et à la liberté de pensée, tout en retraçant la succession des drames qui ont conduit du rêve au cauchemar. Ce livre met en scène la fabrique de l'histoire à travers les perceptions qui se croisent, de manière souvent aveugle, dans le feu de l'action.

  • Algérie, Soudan, Irak, Chili, Iran, Colombie, Liban, Hong Kong, France... Sous le ciel menaçant du dérèglement climatique, un vent de protestation s'est levé en divers endroits de la planète. Il a soulevé, sans parvenir à le déchirer, le voile de l'illusion du meilleur des mondes régi par le marché et habillé par une démocratie vidée de son sens. Une partie des habitants du globe s'est dressée contre la violence des pouvoirs et l'omnipotence de l'argent.
    L'aspiration à l'émancipation renaît. Plutôt que d'apparaître comme un ailleurs inaccessible retiré dans le jardin des rêves, l'utopie a retrouvé la vigueur qui avait conduit les insurgé.es du XIXe siècle à s'en emparer pour se libérer de leurs chaînes.
    Ce livre plaide pour que chacun.e d'entre nous se mette à l'écoute des pratiques émancipatrices qui, du Chiapas à Notre-Dame-des-Landes, des collectifs de Gilets jaunes aux places d'Alger et de Santiago, en passant par les associations et les lieux du travail, dessinent, dès aujourd'hui, le visage d'une démocratie réelle et toujours inachevée.

  • Construction de mythes, évocation d'un âge d'or, interprétation à des fins de propagande... Quand le passé est convoqué, c'est souvent pour légitimer, figer et déformer des moments d'histoire, dont l'usage au présent vise à servir une cause.
    Cet ouvrage, fruit d'un travail collectif mené depuis plusieurs années, tente de penser une autre relation au passé à l'aide de la notion de « référence » : il s'agit de saisir la façon dont le passé est parfois « réactivé » par des sujets qui se le réapproprient. Moteur d'action et opérateur de pensée, ce passé dynamique, inachevé, subsiste en effet dans les mémoires « souterraines » d'un collectif, où, à la fois rêvé et perdu, il attend son actualisation.
    Chaque chapitre du livre analyse un moment historique à la lumière de cette notion de référence : la Grande Famine en Irlande entre 1845 et 1851, les destructions d'églises pendant la Commune, le coup d'État du 6 septembre 1930 en Argentine, la notion de « martyr » dans la Tunisie contemporaine, celle de « peuple » en Italie au milieu du XIVe siècle...
    Élaborer la notion de référence, c'est repenser notre façon de faire de l'histoire : c'est restituer à la connaissance du passé tout son potentiel critique, qu'il s'agisse d'y trouver ces références nécessaires à l'action, ces possibles contenus dans les expériences d'hier, ou d'échapper au tragique re-jeu du passé.

empty