• On oublie vite. Est-ce que déjà ne s'efface pas, en moi, la trace de ces jours-là ?J'écrivais, sur mon lit, de petites notes. Ça me venait comme ça, comme une parole qui m'était dite en même temps que je la disais. C'était une parole de consolation. Peut-être touche-t-elle, en moi, en chacun, à des choses trop proches pour qu'on ait envie de discourir dessus. Pudeur oblige.Il ne reste qu'à dire simplement, sans rien ôter ni ajouter, sans réfléchir ni arranger.En peu de mots.
    Maurice Bellet (1923-2018) est l'auteur d'ouvrages bien connus qui ont contribué à renouveler le vocabulaire et la méthode de l'interrogation chrétienne : Le Dieu pervers, La Peur ou la foi, Naissance de Dieu. Il est également l'auteur de petits traités sur l'expérience chrétienne, comme La Force de vivre, La Voie et enfin L'Épreuve, écrit sur un lit d'hôpital.

  • Publié pour la première fois en 1979, cet ouvrage a été pensé par l'auteur pour répondre aux « paroles terribles, venant de gens croyants, pieux, dévoués et qui donnaient du christianisme et du Christ même une image insoutenable de cruauté et de mensonge ». Depuis, l'expression « le Dieu pervers » est passée dans le langage courant. Elle désigne une maladie redoutable du christianisme : le « Dieu amour » est-il en fait un Dieu qui aime la souffrance et se plaît à pervertir les relations qu'il a avec l'homme? Non seulement cruel, mais menteur ! Source de ravages extrêmes parmi les chrétiens, cette dérive est sans doute une des origines principales du rejet de la foi par beaucoup. Le surmonter suppose une révision déchirante, une écoute neuve et radicale de l'Évangile. Alors apparaît que le processus de cette perversion n'est pas une exclusivité chrétienne. Il hante la politique et la pensée ; il est, au plus profond,le malheur de notre société.
    Prêtre et théologien formé à la psychanalyse, Maurice Bellet, décédé le 5 avril 2018, a publié de nombreux ouvrages qui ont renouvelé la spiritualité chrétienne.

  • Depuis de nombreuses décennies, l'oeuvre du théologien Maurice Bellet n'a cessé de déconstruire avec les acquis entre autres de la psychanalyse le « Dieu pervers » transmis par un certain christianisme, pour ouvrir ses lecteurs à d'autres horizons. Le présent volume réunit deux essais qui illustrent la radicalité de sa pensée.
    Dans Dieu, personne ne l'a jamais vu, il aborde de front le paradoxe de tout discours théologique : « Si Dieu est Dieu, il n'est rien de ce que nous mettons à sa place, y compris sous son nom... Autrement dit, si Dieu est Dieu, il n'est pas Dieu. Il est beaucoup plus haut et beaucoup plus bas. »
    La question au coeur de l'Essai sur la violence absolue (initialement paru sous le titre Je ne suis pas venu apporter la paix... ) est tout aussi cruciale : en quoi l'évangile, qui est tout sauf iréniste, constitue-t-il une réponse adéquate à la violence absolue, à ce fond d'inhumanité radicale, de nihilisme moral qui ne concerne pas seulement les nazis, mais qui en réalité nous habite tous ?
    Les interrogations posées par ces deux courts essais sans concessions seront à coup sur incontournables pour le christianisme du XXIe siècle.

  • Il ne s'agit pas d'un ouvrage d'exégèse, ni de théologie, ni de piété. Pour l'auteur, l'enjeu est ailleurs. Le Messie, le Christ, Jésus, c'est scandale et folie, subversion inouïe de c qui était, au temps de Paul et de la rédaction du Nouveau Testament, religion et philosophie. L'auteur pose la question suivante : quel sens peut bien avoir cette subversion si on la pense aujourd'hui ? On peut sauver le monde du chaos et l'homme de la misère si l'on aime Dieu par la seule force de l'esprit critique.
    Maurice Bellet (1923-2018) est psychanalyste, prêtre et théologien. Son oeuvre considérable est traduite dans le monde entier.

  • Le rythme de la méditation n'est pas celui de l'exposé. Il épouse celui du chemin sans chemin qui, pour un regard superficiel, paraît une errance. Quelle voie emprunter qui nous assurerait, aujourd'hui, contre les périls extrêmes dont l'histoire des peuples et l'actualité nous donnent une image angoissante ? Ce petit livre salutaire et profond se propose d'accueillir ceux-là mêmes qui n'ont plus de chemin, car celui où ils s'étaient engagés s'est défait. Celles et ceux qui se sentent perdus dans un monde où plus rien ne les guide. Trois méditations pour que la Voie demeure toujours ouverte.

  • Un regard lucide et critique sur l'Eglise et la foi aujourd'hui. L'ouvrage se compose d'un recueil de pensées spirituelles, souvent drôles, sur l'humanité, Dieu, la morale, la prière, etc., d'un texte pastiche d'une encyclique imaginaire sur l'avenir de l'Eglise et de deux textes de méditations.

  • Aujourd'hui, nous avons toutes les raisons d'avoir peur, de redouter des bouleversements anthropologiques, techniques et biologiques susceptibles de transformer radicalement l'humain. Maurice Bellet nous adresse une sorte de credo post-moderne (le pendant à son livre qui paraît en même temps, L'explosion de la religion) dans lequel il affirme que la foi en l'humain ne peut plus s'opposer à la foi en Dieu. Le destin et de l'homme et de la croyance en Dieu sont intimement liés. Et ne l'ont jamais été autant ni de cette façon.
    Comment croire en l'humanité en ces temps de crise et de bouleversements ? C'est précisément en ces temps-là, explique l'auteur, que l'humain est appelé à s'interroger sur ce qu'il en est d'être humain - ce qui devrait, dit-il, être la mission ultime de la religion. Il nous livre ainsi, en quelques pages, un message radical.

  • Les premières versions du « Je crois en Dieu », le Credo des chrétiens, datent du IIe siècle après Jésus Christ. Il est extraordinairement bref, moins d'une demi-page, et il paraît évoquer un monde disparu, l'âge des mythes et des récits fabuleux. Pourtant, il est encore aujourd'hui repris et récité par des dizaines voire des centaines de millions d'hommes...
    Comment encore lire et comprendre ce petit texte énigmatique et si important pour nous ? Maurice Bellet nous propose une relecture contemporaine décapante. Il reprend un à un les articles du Credo pour les relire avec intelligence, à l'épreuve des défis et des interrogations de notre époque.
    Ce vieux petit texte n'a pas fini de nous surprendre, nous explique l'auteur qui utilise toute son expérience spirituelle et analytique, philosophique, pour redonner toute sa force à la prière par excellence des chrétiens.

  • La Voie est nécessaire à l'homme, autant que l'air ou la nourriture. Elle tire l'homme de la détresse. La Voie précède. On demande : où est la Voie ? Est-elle sagesse, ou croyance, ou savoir ? Est-elle un art ? Est-elle en thérapie ou en politique ? Chercher ainsi la Voie, c'est supposer qu'elle vient après ; après nos divisions, scissions, catégories. Or la Voie est première. Son espace est celui qu'elle-même fait paraître ; et il est avant la séparation de l'espace et du temps, puisque la Voie est voie, et non spectacle. La Voie ne serait-elle pas du côté des choses antiques ? La Voie précède la séparation de l'antique et de l'actuel, comme celle du mythe et de la raison. La Voie n'est-elle pas un luxe, bon à ceux qui mangent bien et n'ont pas de soucis ? Non. La Voie est toujours le plus urgent, même pour l'affamé. Car comment pourrait-il, sans elle, demeurer lui-même ? Et s'il se défait, et se perd, à quoi pourra lui servir tout le reste ? La Voie est toujours de première nécessité.

  • Ce livre peut se lire comme un roman, un conte, un récit avec rencontres et mésaventures. Mais c'est aussi, écrit en filigrane, une espèce de traité contre le désespoir, une affirmation paisible et furieuse en faveur de la vie. Avec cela de l'humour. Il y a des choses trop terribles pour qu'on en parle autrement que légèrement. Ce livre est gai, justement là où, généralement, la gaieté cesse.

  • Cet ouvrage est comme un livre biblique qui serait né aujourd'hui, un véritable « évangile » écrit au présent ; une grande parabole à la vérité qui dit à sa manière, parfois désinvolte, des choses graves et sages ; un vaste songe et une chaîne d'images, où le monde, souvent avec humour, s'invente et se déploie. « Mieux vaut l'art du conteur que tout l'art du commentateur » : cette phrase extraite du livre pourrait en être le meilleur résumé, et pour l'auteur la plus belle devise.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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