• La série américaine The Wire est devenue une série culte. Créée au début des années 2000 par un ancien journaliste du Baltimore Sun, David Simon, elle s'appuie sur des investigations de terrain de plusieurs années et elle décrit finement la réalité sociale, économique et politique des habitants du " ghetto " de Baltimore. Elle sert aujourd'hui de support à de nombreux cours sur la ville ou les inégalités sociales dans les universités anglo-saxonnes. Distinguée dans le champ télévisuel (la série a reçu de nombreux prix), elle l'est également dans le champ des sciences sociales, de nombreux articles universitaires et ouvrages lui ayant été consacrés. Un des meilleurs spécialistes de la sociologie urbaine américaine, William Julius Wilson, lui a ainsi attribué la palme de la " meilleure ethnographie jamais réalisée de l'Amérique urbaine contemporaine ". Cette série, qui n'a pourtant été diffusée que partiellement sur des chaînes câblées commence à connaître un succès important en France dans des milieux très différents, universitaires, travailleurs sociaux, jeunes de banlieue. Ses personnages sont même cités dans des chansons rap.
    Cet ouvrage pluridisciplinaire, au croisement des études cinématographiques, de la sociologie, de l'urbanisme et de la science politique, se propose de discuter cette série, à la fois comme oeuvre et produit télévisuel et comme message social et politique. Il ouvre sur des interrogations d'ordre méthodologique : que peuvent nous apprendre les médias de masse (et en particulier la télévision et les séries télévisées) sur la société, et ce faisant comment interpellent-ils les sciences sociales ? Que donne à voir la série des quartiers populaires américains ? Il cherche également à revenir sur les conditions de sa réception aux États-Unis et en France.

  • Attention, livre important pour celles et ceux qui questionnent l'incapacité des politiques et des experts à répondre aux défis de notre époque troublée. Et qui s'interrogent sur la façon dont les citoyen(ne)s peuvent construire des alternatives. Ce questionnement est en effet à l'origine, dans les États-Unis d'après guerre, du concept d' empowerment, désignant le " pouvoir d'agir " des individus et des collectifs. Ce concept a connu depuis un succès planétaire dans le monde anglophone. Mais il n'a percé que plus récemment dans les autres espaces culturels, dans les milieux du travail social comme dans la littérature du management.
    D'où l'utilité de ce livre qui synthétise la foisonnante littérature anglophone sur la notion d' empowerment. Il retrace sa genèse, l'histoire de ses multiples variantes et celle des pratiques sociales qu'elles ont nourries. Des mouvements féministes du Nord et du Sud jusqu'aux programmes de la Banque mondiale et de l'ONU, la notion est utilisée aussi bien dans une perspective radicale d'émancipation que pour conforter les visions néolibérales ou social-libérales. Défendant résolument sa version émancipatrice, les auteures en expliquent les limites, mais aussi son importance pour éclairer les débats contemporains sur la démocratie.

  • Mai 2017, entre l'élection présidentielle et les législatives, une sociologue et un photographe se mettent en route, sac au dos, pour un voyage le long de la ligne B du RER, de Roissy à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Ils reviennent sur les pas de François Maspero et Anaïk Frantz qui, trente ans plus tôt, alors que la France découvrait le " mal des banlieues ", allaient voir la " vraie vie " autour de la capitale. Ce livre est le récit de leur traversée de territoires injustement réduits à des poncifs sur le béton, la pauvreté, l'islam ou l'insécurité.
    Des agriculteurs chinois installés à quelques kilomètres de l'aéroport de Roissy, des familles turques pique-niquant dans un parc un dimanche ensoleillé, des commerçants sikhs proposant l'hospitalité de leur lieu de culte, des catholiques polonais réunis après la messe du dimanche, un rappeur s'opposant à son père congolais sur l'héritage colonial, des résidents de quartiers pavillonnaires jouxtant les tours d'habitat social... Au fil de ces rencontres apparaît une mosaïque méconnue, travaillée par l'histoire, la mondialisation et les ancrages locaux.
    Se dessine aussi peu à peu un paysage urbain où la nature s'obstine et qui ne cesse d'affronter les multiples tentatives de mise en ordre engagées depuis plus d'un siècle, dont le Grand Paris, annoncé sur des panneaux de chantier omniprésents, trace aujourd'hui le nouvel horizon.
    Sociologue, professeure d'études urbaines à l'université Paris-Ouest-Nanterre, Marie-Hélène Bacqué a vécu dans la banlieue nord, y a travaillé, et n'a cessé depuis d'y revenir, de s'y mobiliser, de la scruter.
    Photographe, André Mérian, habite à Marseille et, de l'extérieur du périphérique parisien, ne connaissait que les images approximatives des grands ensembles, des autoroutes et des centres commerciaux.

  • Cet ouvrage éclaire et met en perspective les débats sur l'enracinement des inégalités sociales et territoriales qui caractérisent la transformation des métropoles. L'expression « Banlieues populaires » a pris une connotation négative, désignant des lieux abandonnés par les pouvoirs publics, des lieux de « non droit », habités par des populations désaffiliées, si ce n'est « dangereuses ». Tout un imaginaire s'est ainsi cristallisé autour de cette expression. Ce livre revisite les idées reçues ou les fausses évidences en démontrant que les banlieues ne forment pas des territoires homogènes. Éclairant l'histoire des banlieues populaires et singulièrement celle de la Seine Saint-Denis, ses auteurs interrogent le présent et les futurs possibles des banlieues populaires.

    Cet ouvrage est dirigé par Marie-Hélène Bacqué, professeure en études urbaines, Emmanuel Bellanger, historien, chercheur au CNRS et par Henri Rey, politiste, directeur de recherche à Sciences Po.

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