• En 1520, Martin Luther brûle la bulle lui signifiant son excommunication. Par ce geste, sa contestation menée jusqu'alors à l'intérieur de l'Église catholique se mue en protestation hors d'elle. Dans les années qui suivent, des mouvements de réforme deviennent la Réforme, la Réforme se transforme en protestantisme, la rupture en organisations et institutions, la protestation en pouvoirs, l'hérésie en nouvelles orthodoxies. Aujourd'hui, l'expansion de cet ensemble confessionnel dans le monde entier et, en particulier, la vitalité du mouvement évangélique contrastent avec les difficultés que le protestantisme rencontre dans un Occident de plus en plus sécularisé. Jean Baubérot, en retraçant l'histoire du protestantisme, interroge son rapport à une modernité qu'il a contribué à faire émerger et qui est à présent en crise.

  • La laïcité n'est pas une « exception française ». Elle n'est pas plus un « pur concept » intemporel. Il existe des laïcités dans le monde qui résultent de processus historiques divers, de fondements philosophiques pluriels et qui correspondent à des réalités sociales, culturelles et politiques elles-mêmes variées. Cela ne signifie nullement que ces laïcités soient équivalentes mais implique, dans chaque situation, qu'un seuil minimal de laïcité a été franchi. Dans le contexte d'une troisième mondialisation, qui n'est plus une occidentalisation, Jean Baubérot vulgarise des travaux très peu connus pour nous inviter à penser une géopolitique de la laïcité et à en mieux saisir les enjeux.

  • Interprétations divergentes, instrumentalisation ou falsification : la laïcité apparaît parfois comme un principe nébuleux. Pour clarifier le débat, un collectif d'enseignants s'est réuni autour de Jean Baubérot, spécialiste de la laïcité, pour répondre aux questions concrètes du personnel éducatif et des usagers de l'Éducation nationale. Ce petit manuel livre des clés indispensables pour comprendre cet idéal républicain, tout en proposant des solutions pour l'appliquer sereinement. Étonnant paradoxe : alors que les médias en parlent constamment, la laïcité est encore très mal connue ! Sujette à des interprétations divergentes, parfois instrumentalisée ou consciemment falsifiée, elle apparaît par moments comme un principe nébuleux, ce qui place les enseignant.e.s, les élèves et leurs parents dans une situation difficile. Cherchant à clarifier le débat, un collectif d'enseignant.e.s s'est réuni autour de Jean Baubérot, historien et sociologue spécialiste de la laïcité, pour répondre aux questions concrètes du personnel éducatif et des usager-ère.s de l'Éducation nationale. Retraçant avec pédagogie l'histoire de la laïcité et redonnant les grands principes de son application, ce petit manuel offre des clés indispensables pour comprendre la philosophie véritable de cet idéal républicain et propose des solutions pratiques pour l'appliquer sereinement. Car ce livre est aussi un plaidoyer pour une laïcité (enfin !) apaisée et pour une école publique ouverte, capable d'offrir à tou.te.s, quelles que soient leurs origines et leurs convictions, un enseignement de qualité. La laïcité, rappellent les auteur.e.s, ne devrait pas être un instrument de stigmatisation des élèves et un casse-tête pour les professeur.e.s. Au contraire, elle peut, quand elle est bien comprise, apporter des solutions pour une vie collective harmonieuse et respectueuse des convictions de chacun.e.

  • Classiquement considérée comme un des principaux marqueurs de la gauche, la laïcité aurait-elle viré à droite, voire à l'extrême droite ? La question se pose depuis le " débat sur la laïcité " de l'UMP, les effets de manche de la droite populaire et les références répétées de Marine Le Pen à la séparation de la religion et de l'État. De nombreuses personnalités dénoncent cette dérive sans véritablement réussir à la réfuter. Protester contre la " stigmatisation " des musulmans - souvent le vrai motif de cette nouvelle posture " laïque " - est bien sûr nécessaire. Mais en rester là se révèle totalement insuffisant, car cette nouvelle laïcité de droite se pare de valeurs partagées comme la démocratie, l'égalité des sexes et la liberté d'expression. Il est donc urgent d'analyser, point par point, comment la laïcité peut être ainsi falsifiée et pourquoi on fait dire aussi facilement à la loi de séparation de 1905 le contraire de ce qu'elle a réellement dit.
    C'est ce que fait Jean Baubérot dans cet essai, où il démonte les mécanismes de la nouvelle laïcité et montre que, pour la promouvoir, il faut oser mettre en cause les structures dominantes de la société ellemême. Dans deux chapitres conclusifs passionnants, il propose un " programme républicain pour refonder la laïcité " et une libération des cléricalismes d'aujourd'hui, grâce à la recherche d'un art de vivre : la " laïcité intérieure ".

  • Avec la loi de séparation des Églises et de l'État (1905) et son inscription dans la Constitution (1946 et 1958), la laïcité apparaît comme une référence importante en France. Depuis le début du xxie siècle, elle est de plus en plus invoquée, et une très grande majorité de Français affirment qu'ils y sont « attachés ». La plus grande confusion règne pourtant sur le sens de ce terme. De plus, hier valeur essentielle de la gauche, elle est de plus en plus omniprésente dans le discours politique de la droite et de l'extrême droite. En fait, nous explique Jean Baubérot, il n'existe pas de « modèle français » unique de laïcité mais des visions divergentes qui s'affrontent dans un rapport de forces toujours évolutif. Ainsi le contenu de la loi de 1905 a représenté un enjeu entre quatre conceptions différentes de la laïcité. Celles-ci ont subsisté en s'adaptant, alors que trois « nouvelles laïcités » ont apparu. Ces sept laïcités, l'auteur nous les décrit en les qualifiant : laïcité antireligieuse, laïcité gallicane, laïcité séparatiste stricte, laïcité séparatiste inclusive, laïcité ouverte, laïcité identitaire et laïcité concordataire. Pour finir, Jean Baubérot expose les mutations de la laïcité depuis la fin du xixe siècle et propose des hypothèses sur son devenir.

  • La laïcité instituée par la loi de 1905 n'a rien d'un long fleuve tranquille. On croit le débat apaisé, terminé même, et de nouveau il renaît, souvent là où on ne l'attendait pas... Comment expliquer tant de malentendus, de divergences, de conflits, de haines parfois, suivis d'apaisements et même d'oublis ? Sans quitter le terrain du débat social, Jean Baubérot propose une lecture d'historien et de sociologue pour comprendre l'origine d'une "passion française", ses rebondissements, ses querelles et ses mutations au cours d'un siècle. N'en déplaise à ceux qui voudraient en faire une statue figée dans le marbre, la "laïcité" est une réalité vivante, complexe, toujours recommencée, en proie aux contradictions de l'histoire et peut-être aussi à l'usure du temps. Dès le départ, le "camp laïque" était divisé sur l'interprétation et la portée de la loi de séparation : ce ne sera pas sans conséquences. A-t-on ensuite assez tenu compte des droits de l'homme (et de la femme) ? La laïcité ne s'est-elle pas elle-même laïcisée en chemin ? Ne se trouve-t-elle pas atteinte, au même titre que les religions, par l'individualisme de notre époque, la crise des institutions, les transformations de l'État-nation ? Autant de questions nouvelles qui se posent. Leur prise en compte renforcerait l'universalité de cette "invention française", qui pourrait même, à l'inverse de l'anticléricalisme selon Gambetta, devenir un "article d'exportation".

  • Depuis le tournant du XXIe siècle, des événements importants ont confirmé la place centrale de la laïcité dans le débat social et politique de nombreux pays relevant d'aires culturelles diverses. Au plan social, les questionnements sur la place du religieux dans l'espace public ont pris de l'ampleur, aussi bien en Europe que dans les Amériques et les pays arabes. Les différents régimes juridiques établissent de nouvelles dispositions. Certaines portent sur les signes religieux, d'autres concernent le corps, le genre, la sexualité, la vie. Cet ouvrage, s'appuyant sur des études et des recherches nouvelles, entend établir un bilan approfondi de différentes situations nationales (pays européens, africains, arabes, américains et Japon) avec trois objectifs principaux : d'abord, étudier comment les pouvoirs politiques assurent la liberté de conscience ; ensuite, analyser comment s'opère le rapport entre le droit positif et la norme religieuse ; enfin, approfondir la question des modes de gestion du religieux. Dans chaque pays, les dynamiques sociales et culturelles internes croisent les influences internationales du processus de globalisation, dont l'ouvrage rend également compte.

  • S'il y a un intellectuel français apte à juger en toute connaissance de cause et en toute objectivité les déclarations présidentielles sur la laïcité, c'est bien Jean Baubérot. Professeur émérite de la chaire d' « Histoire et sociologie de la laïcité »

  • HistoireLa religion joue-t-elle un rôle, et lequel, dans l'avènement de la modernité culturelle ? Y a-t-il un modèle anglais et un modèle français de cet avènement, et, dès lors, doit-on parler d'une modernité protestante et d'une modernité catholique ? Comment se sont produites les séparations typiques de la modernité, dans le domaine politique, dans l'éducation et l'enseignement, dans le secteur de la médecine, par rapport aux sciences ? J. Baubérot et S. Mathieu n'éludent aucune de ces questions. Ils montrent notamment que si l'Angleterre n'a pas connu l'équivalent de la «guerre des deux France», laïque et catholique, le conflit a été vif «en interne», entre l'Establishment anglican, défenseur du système Church and State, et les non-conformistes (baptistes, méthodistes, presbytériens, puritains...), promoteurs infatigables de sécularisation et de laïcisation, fût-ce à leur insu. Ce n'est pas le moindre paradoxe de cette comparaison entre Angleterre et France, à la fois rigoureuse et riche d'informations inédites.

  • Protestants dans les gouvernements de droite (Maurice Couve de Murville) et de gauche (Michel Rocard), protestants dans la haute fonction publique et dirigeants du secteur privé, protestants à l'origine de nombreuses initiatives sociales, protestants co-inventeurs de la France laïque et républicaine, protestants bénéficiant en France d'un capital de sympathisants très supérieur à leur nombre : et pourtant, "le protestantisme" doit-il mourir" ? Sera-t-il la victime de son intégration réussie ? A-t-il rempli sa tâche historique face ç un catholicisme à la fois transformé par le concile Vatican II – "protestantisé", disent certains – et revigoré sous la houlette exceptionnelle de Jean-Paul II ?
    Description sans concessions des faiblesses du protestantisme français, cet essai de Jean Baubérot est aussi un vigoureux plaidoyer pour un protestantisme dynamique dans la société sécularisée, pour une "différence protestante" assumée et affirmée sans peur dans une France pluriculturelle, pour une recherche œcuménique exigeante face au catholicisme dominant. Un protestantisme vivant ne serait-il pas un modèle positif pour de nouvelles minorités ?

  • D´un côté, partout dans le monde la sécularisation s´accélère ; de l´autre, les religions manifestent une forte vitalité : telle semble la contradiction de ce temps. Ce livre éclaire, à l´échelle mondiale, ces phénomènes mêlés de sécularisation et de réveil religieux. Mais il montre aussi la puissance de « laïcisation » partout à l´oeuvre, avec la démocratie et les droits de l´homme, l´individualisme, le consumérisme... Dans bien des régions du monde, les États prennent des mesures constitutionnelles pour mettre fin au poids d´une religion officielle et permettre le pluralisme religieux ; ils donnent les mêmes droits à toutes les religions ; ils refusent les vetos religieux qui voudraient brider les libertés collectives et individuelles. Mais en même temps que cette « laïcisation », ils s´efforcent d´entretenir de bonnes relations avec les religions, en leur accordant des avantages matériels et parfois des droits nouveaux. Au-delà des apparences, cet ouvrage de référence éclaire ces mutations religieuses et laïques en cours dans le monde entier dès lors que les libertés démocratiques sont respectées.

  • Port de signes religieux au travail ou à l'école, prières de rue, menus de substitution... la laïcité est invoquée, à tort ou à raison, dans des débats récurrents, donnant parfois l'impression de constituer une particularité française. En outre, elle revêt souvent différents sens selon les parties en présence. Que recouvre-t-elle exactement ? A-t-elle une acception unique ou est-elle en constante évolution, tout comme la société ? Et qu'en est-il chez nos voisins ? Pour sortir du brouhaha médiatique, « Entrez dans l'actu » vous apporte des informations factuelles et précises sur la laïcité.

  • A la fois hagiographe, érudit et maître spirituel, Abu `Abd al-Rahmân Al-Sulamî est l'auteur d'une centaine de traités sur la spiritualité soufie, dont Tabaqât al-Sufiyyah, une encyclopédie biographique dédiée aux maîtres soufis, oeuvre maîtresse qui le rendit célèbre. Issu d'une famille d'initiés, Sulamî est une des sources essentielles pour la connaissance de la spiritualité des Xe et XIe siècles (IIIe et IVe siècles de l'Hégire). Cette première traduction d'un traité phare de Sulamî demeuré longtemps inédit, y compris en langue arabe, constitue le document le plus ancien connu sur les femmes soufies, indispensable à quiconque veut connaître la spiritualité féminine des premiers siècles de l'Islam. Ce texte est aussi un recueil d'enseignements des plus précieux dont la validité et la force demeurent, en dépit des siècles, d'une permanente actualité. Composé de 84 notices sur les principales saintes musulmanes, il met à jour le rôle décisif qu'elles ont joué dans l'élaboration de la tradition islamique elle-même. Enrichi d'extraits de deux importants traités, Sifat al-Safwa d'Ibn al-Jawzî et Al-Kawâkib al-durrîya de Munâwî, qui achèvent de donner une image claire de ce qu'étaient certaines de ces saintes, ce traité est également accompagné d'un grand ensemble de notices sur les différents maîtres spirituels mentionnés au cours de cet ouvrage. La postface de Michel Chodkiewicz, étude remarquable sur "la sainteté féminine dans l'hagiographie islamique" dresse un panorama de celle-ci au fil des siècles et permet au lecteur de situer ce traité au sein de la civilisation islamique. Il nous rappelle que, de tous temps, les femmes ont accédé

  • Le changement de millénaire est marqué par des doctrines violentes et intolérantes. Au regard de cet inquiétant contexte, il a semblé important à Jean Baubérot et à Valentine Zuber de décrire et d'analyser une "haine oubliée" : l'antiprotestantisme sévissant en France au tournant du XIXe et du XXe siècle.
    A partir de cet épisode, qui prend ici valeur d'exemple, les auteurs établissent des analogies avec les doctrines haineuses d'hier et d'aujourd'hui. Les préjugés et les stéréotypes qu'elles charrient, tout comme le fonctionnement mental qu'elles supposent, s'avèrent interchangeables, même si ces haines sont différentes.
    Le rappel des faits historiques et des principaux thèmes antiprotestants - les protestants, race étrangère qui dénationalise la France, la trahit et pervertit son âme... - ouvre la voie à une analyse plus générale de la condition minoritaire et permet aux auteurs de comparer antiprotestantisme, antisémitisme et anticléricalisme.
    Sommes-nous condamnés à subir ces doctrines de haine ? Jean Baubérot et Valentine Zuber sont convaincus du contraire, car le "pacte laïque" de 1905 a représenté un dépassement de l'anticléricalisme. Aujourd'hui, bien connaître les mécanismes des doctrines de haine permet de mieux les combattre et de promouvoir une tolérance vigilante, indispensable à l'exercice de la démocratie et de la laïcité.

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