Littérature générale

  • Qui n'a pas rêvé au moins une fois de se glisser un soir sous l'écorce d'un platane et de devenir tour à tour loir, criquet, hibou, anguille, boa, escargot, grue cendrée, ou ver luisant ? « C'est dans une termitière qu'en fait je m'aventure, ce qui m'a permis d'en rapporter un entretien instructif et confidentiel avec la reine des termites ! ».
    Jacques Lacarrière, est un poète, romancier, essayiste, traducteur, marcheur et conteur infatigable. Dans cette première oeuvre de fiction parue en 1980, il nous offre une incursion dans le monde des sensations animales.

  • A proximité de la ville de Troyes, en Champagne, il existe une forêt, une vraie forêt qui s'étale, frissonne et murmure autour de trois grands lacs et qui se nomme Forêt d'Orient.
    C est à l'orée de cette forêt qu'Ancelot - chevalier sans cheval, paladin sans armure, pèlerin sans équipage - rencontre Thoustra, un perroquet ara, curieux de tout et légèrement dyslexique, avec lequel il va cheminer et croiser des êtres, figures, fantômes ou personnages surgis de différentes époques : un stylite sur sa colonne, une grue cendrée et bègue, le Grand Veneur d'une chasse fantastique, une ondine nymphomane, un androgyne transsexuel, une mère porteuse et vierge, et bien d'autres encore.
    Cette fable souriante, avec son regard et son ton malicieux, réinvente les chemins des chevaliers d'antan pour les situer au coeur du monde d'aujourd'hui.

  • Nous sommes en Anatolie, au XIIIe siècle, au temps des sultans seldjoukides et des invasions mongoles. Yunus Emré, derviche errant et poète troubadour, est la figure exemplaire d'un être à la recherche de la vérité. Ce roman, étourdissant voyage au coeur de l'Homme, prend des allures de conte quand il relate les pouvoirs miraculeux et les incroyables prodiges accomplis par les saints errants, sans pour autant nous éloigner du monde actuel par ses constantes réflexions sur les chemins et interrogations de notre époque.

  • Qu'aurait pensé La Bruyère du téléphone portable ? Comment Rimbaud, Nerval ou Baudelaire auraient décrit les pylones et les cuves qui jalonnent nos autoroutes ? Familier de la Grèce et de l'Orient, Jacques Lacarrière a poursuivi son itinérance dans notre Occident contemporain, en portant un regard singulier sur les innovations qui ont envahi notre quotidien.
    Avec finesse et humour, il révèle la beauté cachée dans les lieux ou les objets a priori les moins poétiques - supermarchés, aéroports, smartphones, etc. -, pour peu que l'on change son regard. Ainsi en est-il de ces grues gigantesques emmanchées d'un long cou, qui n'ont rien à envier aux animaux des fables de notre enfance...
    Douze textes inédits formant la seconde partie et une préface de l'ethnologue Pascal Dibie prolongent cet inventaire de la modernité. « L'infini est en nous », conclut Jacques Lacarrière. Avec l'aide des mythes et symboles qui peuplent notre imaginaire, nous pouvons aborder allègrement les apparentes incongruités de la modernité.

  • Homme-oiseau nanti d'ailes artificielles, premier aéronaute de l'espace, shaman ou initié appelé à monter au ciel, homme-papillon qui se brûle au soleil, avorton volant, homme-émissaire sacrifié et précipité dans le vide, homme volatil et sublimé, utopiste manqué et créature surgie des jeux obscurs de mots célestes, Icare est tout cela en même temps.
    Parmi toutes les figures et les clés d'interprétation proposées par Jacques Lacarrière, chaque lecteur aura le choix : cette réflexion sur un mythe inusable est prétexte à un envol aussi savant qu'imaginatif.

  • " 0ui, forts et denses, éclairants, lumineux furent finalement ces jours de l'été 1944.
    Ces jours qui contribuèrent si fortement à hâter la fin de mon adolescence. Quand les parents furent de retour, une fois la ville libérée, ils pensaient nous retrouver intacts, je veux dire tels que nous étions auparavant. Mais nous avions grandi, mûri, et tant changé que s'ils avaient eu ne fût-ce qu'une once d'intuition, ils n'auraient même pas dû nous reconnaître. C'est à ce moment-là, quand tout autour de nous n'était que ruines, que la ville presque entière était à reconstruire et l'avenir à repenser, que je décidai seul, absolument seul (mais avec la complicité du tilleul) de ce que je ferais de ma vie : être cigale et jamais fourmi.
    " Récit, roman, journal, pages d'une autobiographie réduite à quelques mois, ce texte retrace les jours tragiques et cruciaux d'août 1944 où l'auteur fut témoin des combats qui libérèrent la ville d'Orléans. Mais par ses continuelles échappées vers le passé et le futur, ses fréquentes rêveries, réflexions, diversions, Jacques Lacarrière nous entraîne bien au-delà des faits décrits, dans l'engagement d'une vie qui se confond avec l'écriture.

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