• Partir d'un objet pour évoquer ses souvenirs, c'est comme ça qu'Eugène, auteur d'origine roumaine, décide de raconter son enfance. Avec beaucoup d'humour et de sincérité, il évoque les aspects politiques comme les souvenirs plus intimes. Le style d'Eugène reste intact et sa lecture est un réel plaisir.

  • Ganda

    Eugène

    Ganda le rhinocéros et Ossem entament un odyssée loind de leur terre natale.
    Ganda, c'est l'histoire folle d'un rhinocéros parti d'Inde pour rejoindre la ménagerie du roi Manuel Ier du Portugal, en caravelle ! Un cadeau diplomatique de deux tonnes et demie qui ne passe pas inaperçu et aiguise les imaginations... C'est aussi le roman d'Ossem, le cornac obligé de suivre le pachyderme dans son odyssée. Malin, inventif, Ossem se donne tous les droits pour améliorer son triste sort. Avec ironie et une pointe d'érudition, Eugène nous emmène dans un récit plein de surprises. De Goa à Lisbonne et de Gênes à Nuremberg, les puissants de ce monde en prennent pour leur grade.
    Découvrez, dans ce roman, le récit d'un rhinocéros, offert en cadeau à un roi, et d'Ossem qui l'accompagne auprès des puissants.
    EXTRAIT
    Un matin, Ganda frappe le fond de la cale de sa patte avant. Le bruit assourdissant pétrifie les matelots. Le bateau tremble du gouvernail au sommet du grand mât. Le coeur battant, le capitaine accourt. Alors le Rat traduit :
    - Ulysse voudrait se dégourdir les jambes.
    - Pas tout de suite ! répond le capitaine. Et tiens ce monstre tranquille. Sinon, je le taille en rondelles et je jette les morceaux par-dessus bord, moi.
    Le Rat voudrait répliquer : « Si l'on souhaite voyager tranquille, il ne faut pas s'accompagner d'un pachyderme... » Mais il n'ose pas fâcher le capitaine. Alors il ouvre le sabord pour que Ganda sorte sa corne à l'air libre.
    Au bout de deux semaines, une côte apparaît à l'horizon.
    - C'est le confetti nommé Portugal ? demande le Rat, enchanté. On est enfin arrivés ?
    - Tu es loin du compte ! rit le capitaine. C'est seulement l'Afrique qui est en vue.
    Le vaisseau longe la côte durant deux longues semaines. Direction : plein sud. Par le sabord, Ulysse et son Rat admirent des déserts, des baobabs. Parfois, un troupeau d'antilopes s'approche de la côte et suit avec curiosité le bateau portugais.
    Un jour, Ganda assiste à un spectacle étrange : un pachyderme semblable à lui se promène sur la plage africaine. Mais lui possède deux cornes sur le museau, tandis que Ganda n'en a qu'une ! Pour la première fois dans l'histoire, les cousins d'Afrique et d'Asie se saluent.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Eugène, écrivain vaudois aux multiples casquettes et innombrables talents, reconstruit une fable racontée par bien d'autres avant lui. Comment ne pas tomber sous le charme de cet odyssée pachydermique, qui parvient, sous couvert d'une écriture légère, drôle et décalée, à évoquer des thématiques graves, qui monopolisent le débat public et attisent les tensions. - ActuaLitté
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Eugène est notamment l'auteur de La Vallée de la Jeunesse (La Joie de Lire, 2007), du Renard et la Faucheuse (L'Aire, 2013) et du Livre des débuts (L'Âge d'Homme, 2015).

  • Si les adultes se mettaient à répondre aux questions des enfants, on n'en finirait plus. Pourtant, un jour, Sachinka exige des réponses simples à ses questions simples. Sa famille, son école et toute la ville en seront secouées pour toujours. Il faut dire que Sachinka habite une ville vraiment bizarre. Un petit monde artificiel construit par Philibert Roduit, autoproclamé « empereur de la boîte ». Dans la ville de Roduit, bordée par l'usine d'un côté et le château de l'autre, on fabrique des boîtes du matin au soir. Les questions de Sachinka arrivent à point nommé: « On aurait dû s'en poser depuis longtemps ! », finiront par admettre ses habitants.

  • Etre humain versus technologie : qui remportera le combat ? C'est un duel d'un genre nouveau auquel vous allez assister. Celui opposant un renard à une tondeuse électrique automatique. Un de ces robots qui tond la pelouse quand les gens ne sont pas là. Ça se passe près de chez vous, dans le jardin du voisin. Une histoire qui ne pouvait se dérouler que dans notre XXIe siècle technologique. Mais c'est aussi une lutte éternelle : celle d'un être vivant contre la mort qui fauche tout. L'homme est parti en vacances et a laissé la mort dans son jardin. Un livre chargé d'humour et de sens de la dérision EXTRAIT Trois haies de thuyas atteignant la hauteur d'un ours dressé sur ses pattes arrière délimitent une surface de cent mètres carrés au sol. Le quatrième côté du carré est matérialisé par la villa elle-même. Tel est le jardin. Un lieu qui privilégie le vide. Un petit néant à peine égayé par un massif de lauriers roses, trois jeunes bouleaux et une sculpture en bronze représentant une biche en marche, le museau tourné vers l'arrière. Quant aux cinq chaises en plastique blanc empilées les unes sur les autres, adossées au mur de la villa, elles ne sauraient constituer une sculpture. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Le duel à mort entre un renard et une tondeuse à gazon électrique automatique. Le renard découvre ce nouvel animal et décide de l'affronter. Une histoire hors des sentiers battus. » - Radio Télévision Suisse - « Entre humour et ironie, une réflexion sur notre rapport à la nature. » - Le Régional - « Le renard et la faucheuse, fable amère signée Eugène, narre un duel entre un goupil et une machine à tondre. Chouette, des nouvelles d'Eugène. On l'avait laissé en 2011 avec un amusant et érudit mais vaguement frustrant Dans un livre, j'ai lu que... : une liste à la Prévert d'anecdotes glanées dans des lectures diverses. Le renard et la faucheuse, [...] est dédié à Pierre-Alain Bertola, et cela change tout. » L'Hebdo A PROPOS DE L'AUTEUR Eugène est né le 15 juillet 1969 à Bucarest mais il a fait ses études à Lausanne. En 1995, il publie son premier livre Quinze mètres de gloire (L'Aire), un recueil de nouvelles plein de promesses. Par la suite, il confirmera son talent notamment avec L'Ouvre-boîte et La Vallée de la jeunesse qui obtint le Prix des Auditeurs de la Radio Suisse romande. Dans chacun de ses livres, on retrouve son humour et son sens de la dérision qui sont devenus sa marque de fabrique.

  • Rhinocéros est la pièce la plus riche de Ionesco. Elle ne perd rien de l'esprit d'innovation, de provocation, des premières pièces. Comme elles, celle-ci mélange les genres et les tons, le comique et le tragique. Mais l'innovation principale qui s'introduit ici est la réflexion sur l'Histoire, à travers le mythe. La pièce est une condamnation de toute dictature (en 1958, on pense au stalinisme). Ionesco condamne autant le fascisme que le communisme. C'est donc une pièce engagée : 'Je ne capitule pas', s'écrie le héros.
    Le rhinocéros incarne le fanatisme qui 'défigure les gens, les déshumanise'. On sent l'influence de La Métamorphose de Kafka. Dans une petite ville, un rhinocéros fait irruption. Par rapport à lui, les personnages prennent diverses attitudes. Certains se transforment en rhinocéros ; un troupeau défile. Seul Bérenger résiste à la marée des bêtes féroces, symboles du totalitarisme.

  • La dialectique infernale du pouvoir et des profits a fini par exaspérer le peuple. Voici le grand réquisitoire du prix Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz sur ces questions.

  • Pour expliquer le succès du Roi se meurt, on a dit que c'est un classique. Il montre l'homme ramené à sa condition fondamentale. Donc à l'angoisse devant la mort. Cet homme qui parle avec les accents du roi Lear est néanmoins notre contemporain. Il est tellement notre contemporain que son histoire - une existence qui a oublié ses limites - reflète exactement la célèbre 'crise de la mort' qui secoue l'Europe de l'après-guerre. Le Roi se meurt n'est pourtant pas une pièce triste. D'abord, parce que l'humour n'y est pas absent. Ensuite, et surtout, parce que Ionesco propose les remèdes pour sortir de la crise. C'est également cela, une grande oeuvre classique : une leçon de dignité devant le destin.

  • Chassés des forêts où ils vivaient depuis des siècles, les renards se sont réfugiés à Londres, dans les parcs de la famille royale. Ils ont beau mener une existence modeste et discrète, ils sont traités en criminels et traqués sans répit. Quand le prince consort décide d'organiser une chasse à courre, les renards entrent en résistance. Déterminés à prouver aux humains qu'ils valent mieux qu'eux, ils décident de faire la Révolution.

  • À quatre-vingts ans passés, Mado, née d'un père suédois et d'une mère camerounaise, vit à Perpignan et se souvient : de son enfance à Edéa, au Cameroun, sur les bords de Rivière blanche et rouge, avant que n'éclate la deuxième guerre mondiale, ses horreurs et ses bouleversements. Elle revoit son départ inattendu vers la France où l'entraîne une mère adoptive aux nerfs fragiles. Les voici en escale à Témara, au Maroc, ovationnant le général de Gaulle venu stimuler la 2ème DB du général Leclerc en route vers le débarquement en Normandie. Lui revient aussi son escale à Constantine, en Algérie, où la Victoire des Alliés s'achève dans des explosions de joie mais aussi de colère. Arrivée à Perpignan, Mado déplore et le froid et les regards de biais sur une Métisse chagrine qui, longtemps, a cru sa mère biologique morte.
    C'est à Céret que Mado deviendra l'amie et l'égérie secrète de plusieurs artistes de renom : Picasso, Matisse, Haviland, Soutine, Chagall, Masson, Dali...

  • Tout le monde la connaît. Peu peuvent l'expliquer. C'est ce que fait à merveille Emmanuel Jacquart, éditeur du Théâtre de Ionesco dans la Bibliothèque de la Pléiade. Il commence par retracer l'historique, la genèse de la pièce, à partir de L'anglais sans peine de la méthode Assimil. Les répliques se sont naturellement assemblées, et l'ensemble a produit ce que l'auteur appelle une 'anti-pièce', une vraie parodie de pièce, sans ambition idéologique particulière.
    Dans cet illustre chef-d'oeuvre, l'esprit de dérision prend le contre-pied de la tradition. Une série de sketches désopilants jusqu'au dénouement tonitruant et digne des surréalistes, telle est la pièce dont nous étudions les secrets en la replaçant dans la tradition de l'antitradition, de la modernité en évolution.

  • La leçon est l'une des pièces les plus jouées et les plus lues d'Eugène Ionesco. Elle commence comme une satire hilarante de l'enseignement, pour faire allusion ensuite à de savantes théories linguistiques ; le ton, alors, change : la farce se termine en tragédie lorsque le professeur tue son élève. Mais cette tragédie est, elle aussi, parodique : chacun lui donne le sens qu'il veut.

  • Nuit d'amour avec une prostituée, rencontre dans un théâtre de faubourg, croisement de solitudes rue de Belleville, voyage en train dans un compartiment de troisième classe... Dans ces cinq textes brefs, l'auteur de L'Hôtel du Nord, plume phare de l'École prolétarienne, dépeint avec un lyrisme pudique quelques trajectoires d'hommes et de femmes du peuple de Paris.

    'Il n'osa pas se dire que la vie l'avait volé une fois encore. Il se retrouvait dans la rue. C'était assez d'avoir à lutter contre la solitude, contre la nuit qui n'en finirait plus.'

  • La transmission

    Eugène Ebode

    Juste avant de mourir, un homme fait promettre à son fils d'honorer sa dernière volonté. Ainsi débute pour l'adolescent une quête à travers le Cameroun. Tiraillé entre ses propres rêves et la mission qu'il doit accomplir, il lève peu à peu le voile sur un passé insoupçonné : celui d'un pays avide d'indépendance et d'un père épris de liberté.
    Mêlant suspense, ironie et amour, Eugène Ébodé nous raconte les contradictions et les désirs d'une Afrique de notre temps.

  • Il était une fois un pays grand comme un continent que parcouraient deux voyageurs, un couple étrange formé d'une renarde et d'un héron, partis sur les traces d'une femme captive et à la recherche de la fée qui libéra les enfants du joug familial, des matrones et des maquereaux. Or, en ce pays lointain, les poules avaient disparu et les coqs s'étaient faits moines.

  • Dans cette pièce, Pierrot-Delpech voyait, en 1961, 'la plus accomplie des tragédies modernes'. La troisième pièce d'Ionesco, créée en 1952, reprise en 1956, connaît maintenant un succès qui ne se dément pas. Le sujet des Chaises est, nous dit l'auteur, 'le vide ontologique' ; mais c'est aussi un drame personnel, le miroir d'une conscience. On y retrouve la nostalgie de l'enfance, le sentiment de culpabilité, l'horreur de la vieillesse et de la mort. C'est encore une comédie qui, bien souvent, excite le rire par ses clowneries, ses calembours, ses parodies, ses pirouettes. C'est un ballet : celui des chaises amoncelées dans le mouvement accéléré d'un tourbillon fantastique, et qui demeurent vides. Les vieux font semblant de recevoir une foule d'invités, jusqu'à ce qu'un seul personnage apparaisse enfin sur la scène : hallucination ? vérité du théâtre ? L'Orateur tant attendu est sourd et muet, et la scène demeure vide, encombrée de chaises.

  • Dans les années 1960, Eugène Saccomano, alors journaliste au Provençal, a mené l'enquête sur l'âge d'or de la pègre marseillaise. Il en est résulté Bandits à Marseille, un livre inclassable qui rencontra un véritable succès en librairie et au cinéma (le film Borsalino en est partiellement adapté) mais qui valut aussi à son auteur des menaces jugées assez sérieuses pour qu'il déménage en urgence à Paris... Des Carbone & Spirito au clan Guérini, la saga des parrains de la cité phocéenne ressemble à une « histoire marseillaise », tant elle paraît mêler la réalité à la fiction, le fait divers au roman. Dans ces pages ruisselantes de sang, on croise des voyous hauts en couleur, des responsables politiques, des hommes d'affaires et des policiers... bien loin des clichés romantiques sur le milieu.

    Eugène Saccomano (1936-2019) fut d'abord la voix la plus célèbre de la radio et du football français (RTL, Europe 1). Mais le résumer à ses envolées lyriques de commentateur sportif serait injuste pour cet homme épris de culture, de théâtre, amoureux fou de Céline et de Giono - auxquels il a consacré plusieurs ouvrages (Giono, le vrai du faux, Le Castor astral, 2014 ; Céline coupé en deux, Le Castor astral, 2012 ; Goncourt 32, Flammarion, 1999).

  • Dans ce livre, tout se passe pour la première fois. Marin découvre le monde et le monde découvre Marin. Marin ou une partie de Marin peut se dissoudre dans l'eau et s'élever dans l'air. Marin est hypnotisé par un chat. Marin oblige la mer à s'aplatir. Marin mange du poisson et Marin mange de la terre. Le riz fait rire Marin. Marin ou une partie de Marin s'enfuit en carrousel. Qui est Marin et de quoi est-il fait ? À ces deux questions, il n'existe qu'une réponse. Mais l'auteur préfère donner sa langue au crapaud-buffle.


    Marin mon coeur est tout entier dédié à Marin, le fils aîné d'Eugène Savitzkaya. Avec la tendresse d'un entomologiste, l'écrivain observe la capture de son éléphanteau dans les rêts du monde. Nain parmi les géants, innocent qui ne hait personne et que personne ne hait, Marin reconstitue peu à peu son corps, apprivoise l'espace et le réorganise à sa mesure.
    Antoine de Gaudemar, Libération Il faut entrer dans ce livre avec le coeur frais et l'haleine pure, puis se laisser aller au rythme du doux babillage qui berce comme si Marin racontait lui-même, parce que le narrateur a donné à l'écrivain le sens d'une langue qui se mâche autant qu'elle se lit. On s'y frotte, parfois elle râpe un peu sur la joue, souvent elle caresse le front, toujours elle va son chemin sans rien demander à personne qu'un peu de temps pour écouter encore ce qui va venir ensuite.
    Marin mon coeur est une bouffée de vie qui donne du souffle au lecteur patient et attentif.
    Pierre Maury, Le Soir

  • En Alabama, une couturière noire de 42 ans est accusée de n'avoir pas cédé sa place à un Blanc le 1er décembre 1955 dans un bus de Montgomery. Mais Rosa Parks, dont le geste n'était pas prémédité, n'entend pas se laisser faire. S'ensuit alors l'un des plus grands soulèvements pour l'égalité des droits civiques, et un boycott de 381 jours de la compagnie de bus. Ainsi soutenue par un jeune pasteur de 26 ans appelé Martin Luther King et des Blancs progressistes, Rosa Parks entre dans l'Histoire. C'est le récit de ce combat courageux qu'Eugène Ébodé relate dans ce vibrant hommage à la cause noire américaine.

  • Ce recueil regroupe en particulier des publications antérieures, soit à tirages restreints, soit en plaquettes, éditées entre 1986 et 1995. Il contient : La plaine - Elle - Lyriques - Le matin - De l'oiseau - Le soir - L'innocent - Hôtes de la lumière - Du silence.
    Évoquant son recueil, Guillevic disait simplement que ce qui s'exprime là, "c'est ce que vit un vieux poète toujours en révolte contre les à quoi bon". Et les notations abondent qui affirment que "l'âge n'a rien changé", "que le pacte est toujours pareil" et qu'il est "un centre amant de sa propre lumière".
    La voix de Guillevic s'entend ici avec cette scansion, cette 'frappe' singulière et inimitable qui est sa marque, mais aussi avec des jeux d'échos qui offrent à une expression toujours lapidaire d'infinies résonances.

  • Jeux de massacre ne raconte plus l'agonie d'un homme comme Le Roi se meurt : toute une ville passe ici de vie à trépas. À travers l'allégorie de la peste qui incarne le mal absolu, la mort qui frappe chacun sans distinction, Ionesco nous montre une hécatombe.
    Comme les têtes grimaçantes des jeux forains, les fantoches burlesques de cette danse macabre de l'âge atomique tombent tous, les uns après les autres, tandis qu'un moine noir, figure de la mort, traverse silencieusement la scène en contemplant, indifférent, le désastre.

  • La correspondance chaleureuse de deux artistes au talent et à la sensibilité communes, socles d'une amitié profonde.George Sand fut en relation avec ce que le XIXe siècle compta de célèbre, et ce dans tous les domaines. Parmi ses correspondants les plus connus, on trouve bien sûr des écrivains, des éditeurs, mais aussi des musiciens et des peintres, des hommes politiques... Certains d'entre eux ont droit à une place particulière et nouent avec elle un échange épistolaire arborant les
    couleurs de l'amitié, dont le peintre Eugène Delacroix, qu'elle appelle
    " Lacroix ", avec une désinvolture quasi impertinente.
    De 1834, année où elle fit sa connaissance, à 1863, année de la mort du peintre, ils sont restés fidèles l'un à l'autre, en dépit de leurs divergences. Ce qui les unissait envers et contre tout en plus de leur relation privilégiée à Chopin, c'était leur amour de l'art. Ainsi Sand écrit dans une lettre datée de 1862, après avoir admiré les fresques de l'église Saint-Sulpice à Paris : " [...] ceux qui sentent l'art se sentent avec vous dans une région de vie, de grandeur, de puissance et de magnificence où la critique n'a pas le droit de pénétrer. "

  • C''est un obscur fonctionnaire de Montignac, en Dordogne - Eugène Le Roy -, qui réalisera, vingt ans après la mort de Michelet, le voeu célèbre de l'historien d'écrire un livre populaire : un livre qui s'adresse au peuple, lui raconte son histoire, exprime sa révolte à l'égard des puissants qui l'oppriment et son inquiétude face à la disparition du monde rural et des modes de vie traditionnels. Dans une oeuvre à la fois naïve et colorée, sombre et cruelle, Le Roy met la fiction au service de la mémoire collective. Il offre, en même temps qu'un document sur la vie rurale - symbole de toutes les souffrances paysannes dans le bas Périgord au début du XIXe siècle -, un roman d'aventures militant, dans lequel le discours sur la France de cette époque double en permanence le récit d'une révolte paysanne sous la Restauration; un conte auquel ne manquent ni les loups ni les sorcières, mais un conte politique, animé par la revendication de justice sociale et traversé par le souffle immense de l'épopée révolutionnaire.

  • Exquise Louise

    Eugène Savitzkaya

    Toutes les dents de Louise n´ont pas été comptées, ni ses cheveux et sa courbe de croissance n´a pas été analysée. Une petite fille grandit sur l´écorce de la terre qui projette une partie de son cercle sur le disque lunaire reflétant le soleil dans la grande nuit des astres, des gaz et des poussières.
    Dans ce livre à l´écriture déliée, limpide comme de l´eau de source, on apprend à connaître Louise, « princesse aigre-douce " née " de son propre chef » un jour de janvier. Décidée, délicate, en colère, aimant les chats, curant les pieds des chevaux, Louise ne néglige pas pour autant les histoires de souris et de dents de lait, la capture des escargots et la chasse aux poux, le tissu des robes légères, la cuisson des crêpes et le rire de ses voisines. C´est qu´avec Louise, écrit joliment son père, « on est si près d´une hirondelle qu´on peut en humer le frémissement ».
    Louise, ou du moins, le personnage qui porte ce nom. Car Savitzkaya prend garde, dans ce portrait tendre et affectueux sous-titré roman, de ne pas nous laisser entrer trop loin dans un univers qui doit rester personnel. Avec pudeur, il évite aussi à Louise l´hommage symbolique et trop pesant d´un père systématiquement observateur. Difficile exercice - que ratent beaucoup de romancier(e)s contemporain(e)s -, savoir tracer cette ligne de démarcation qui sépare la vie privée de la vie publique. Savitzkaya saute magnifiquement l´obstacle, sans tomber dans la préciosité ou l´infantilisme. Et derrière l´évocation de Louise - qui a ou aura, comme tout être, des difficultés à traverser -, il donne l´éloge d´une enfance en devenir, sautillante, sensible au plaisir de l´imprévisible, mais surtout ouverte à tous les possibles. Un manuel de savoir-vivre, en quelque sorte. (Alain Delaunois, Le Soir).

  • Dans l'imaginaire collectif, Macbeth, ce roi d'Écosse qui régna à la fin du XIe, représente depuis Shakespeare l'archétype de l'ambitieux qui, poussé par sa femme, tua le roi légitime pour monter sur le trône et multiplia meurtres et exactions.
    Avec Macbett, pièce qui témoigne de sa vision amère des grands drames qui ont bouleversé le XXe siècle - nazisme et communisme qu'il a toujours renvoyés dos à dos - Ionesco crée une oeuvre burlesque dans laquelle la politique n'est que le jeu absurde d'un fou, le caprice d'un paranoïaque satanique. Plus que jamais son théâtre apparaît comme une 'farce tragique', sous-titre dont il qualifie lui-même Les Chaises, l'une de ses premières pièces.

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