• Juillet 1812. Le chef vénézuélien Francisco Miranda est vaincu et capturé par le capitaine général espagnol Monteverde.
    Simon Bolivar, lieutenant de Miranda, est en fuite. Caché par des patriotes, il a pu, jusqu'ici, échapper aux recherches. Les Espagnols occupent les trois quarts du pays. La répression est terrible. Massacres et pillages se succèdent.
    Depuis sa création en 1948, cette pièce, dont Albert Camus disait : " Elle ne doit rien à aucune école ou à aucune mode et pourtant elle s'accorde à la terrible cruauté du temps sans cesser de se référer à une pitié vieille comme le cœur humain ", n'a jamais cessé d'être jouée dans quelque partie du monde. Elle a été adaptée en plus de vingt langues.

  • À Oran, en 1927, une jeune veuve travaille durement pour élever son fils de treize ans. Ce dernier vénère la mémoire de ce père qu'il n'a pas connu mais qui a laissé à ses amis un vivant souvenir. Lorsque la mère parle de se remarier, le garçon se révolte et refuse un projet qui, à ses yeux, est une trahison envers le disparu. Commence alors entre ces deux êtres un conflit marqué cependant par le sourire de la jolie Véronique et les ardeurs d'un violent soleil d'été.

  • Née en 1937, l'amitié entre Albert Camus et Emmanuel Roblès est demeurée ininterrompue jusqu'aux deux dernières lettres écrites par Camus à Roblès de Lourmarin, peu de jours avant l'accident de Villeblevin en janvier 1960.
    Des pages de cet ouvrage se dégage, au long des anecdotes et des lettres choisies dans un lot important, un portrait de Camus en ami, familier, généreux, rayonnant.
    Le livre est nourri aussi de la profonde connaissance de l'ouvre camusienne et de sa résonance dans le monde entier, acquise par l'auteur à l'occasion des conférences qu'il a prononcé es dans de nombreux pays d'Europe, d'Asie et des deux Amériques.

  • L'action de L'Horloge, comédie dramatique, se situe de nos jours dans une de ces grandes villes méditerranéennes où la lumière trop belle triche avec la vraie misère, où la plus sombre détresse ne peut cependant altérer un coeur fier. Un homme de proie, Alfiéri, règne sur cette ville par la terreur, la corruption, l'exploitation des faibles. Mais forte de sa rigueur profonde, une jeune fille, Vanina, incarnera la révolte contre lui et contre tout ce qui dégrade les hommes ou ruine leur espoir.
    Inspirée des "pronunciamentos" sud-américains Porfirio est une farce où la Star Company (en transparence, la trop fameuse United Fruit) tient à sa solde les politiciens et les généraux les plus somptueusement tarés. C'est elle aussi qui tire les ficelles de notre marionette en uniforme, mais si le général Porfirio prête à rire il ne fait pas oublier certains de ses confrères bien réels de l'autre côté de l'Atlantique et leurs exploits sanglants.

  • Soixante-six ans après sa première publication et au moment du cinquantenaire de la signature des accords d'Évian, les Éditions du Seuil rééditent Les Hauteurs de la ville d'Emmanuel Roblès. Voici ce qu'il en disait lui-même, en 1960 :
    " À l'époque où il fut écrit, c'est-à-dire dans les années 1946-47, ce récit avait le dessein de témoigner sur un aspect du désarroi qui tourmentait alors de jeunes Algériens. Six ans à peine après la publication des Hauteurs de la ville, l'Algérie prenait son visage de guerre. Par milliers, des Smaïl, décidés à conquérir leur dignité, ont surgi du fond de leur nuit, la torche au poing. À leur cri ont répondu, dans l'autre camp, des Montserrat qui, pour avoir douté de la légitimité du combat dans lequel la France les engageait, expient dans les prisons de Casabianda ou de Constantine.
    Si j'ai réuni, ici, Smaïl et Montserrat, c'est qu'ils sont, à mes yeux, sortis tout brûlants d'un unique foyer : celui où la conscience de l'homme forge sa résistance à la plus grande défaite qui la menace et qui est sa négation même. "

  • Le vésuve

    Emmanuel Roblès

    A Naples, au début de 1944, Serge Longereau, officier du Corps expéditionnaire français en Italie, bénéficie d'une permission de convalescence. Il s'éprend d'une jeune fille italienne qui longtemps lui résiste puis devient sa maîtresse. Or, cette Sylvia si réservée se révèle passionnée, éprise de bonheur absolu. Elle s'enferme aveuglément dans cet amour qui efface à ses yeux la ville affamée, terrorisée par les bombardements, le front tout proche, Cassino où se succèdent des batailles meurtrières, la terre entière livrée à la violence et au malheur. Quelques jours avant le départ de son amant pour les premières lignes, elle l'incite à déserter. Cependant, les laves ardentes vont s'éteindre, ne laisser que scories et cendres. C'est qu'à travers Serge et Sylvia, deux conceptions de la vie et du bonheur s'opposent et se détruisent.
    Emmanuel Roblès
    "On sait gré à Roblès de croire, finalement, à une victoire possible pour ceux qui, quoi qu'il advienne, se refusent à toute tricherie et à toute ruse et savent, cependant, se reconnaître entre eux. L'espoir vient de cette foi même, de cette part inaliénable qu'il faut préserver et qui reste susceptible de vaincre tant de conjurations monstrueuses."
    G.-A. Astre, France-Observateur

  • Au cours de leurs rencontres camus et Roblès s'entretenaient souvent de théâtre, passion commune.
    Camus rêvait d'écrire une comédie satirique, projet que le sort devait trahir. Amis Roblès, de ses nombreux séjours aux Etats-Unis, avait rapporté l'idée d'une comédie sur le thème des gangs, à l'époque de la prohibition, que tant de romans et de films ont illustré.
    Lanterne magique est une boîte de nuit, avec jeux clandestins et organisation de racket, que gère Skoll, dans les années 1920-1930. Il a pour " assistante " la belle Phyllis, ex-étudiante à Columbia University, ce qui pimente ses talents, surtout lorsqu'elle tombe amoureuse d'une de ses victimes, Steve Lord. Parodie, bien sûr, mais avec " l'appoint " inattendu d'une jeune salutiste, Marilyn, qui se propose, dans son ingénuité, de ramener ces personnages dans le " chemin du Ciel ".
    Ainsi, avec Lanterne magique, l'auteur de Montserrat et de Plaidoyer pour un rebelle a-t-il fait sienne d'opinion d'Albert Camus pour qui la comédie et la farce appartiennent au théâtre au même titre que le drame et la tragédie, et peuvent à leur manière dénoncer aussi bien un monde violent et cruel.

  • Travail d'homme

    Emmanuel Roblès

    Orphelin, Rafaël a été recueilli par sa tante et son oncle Padilla. Il travaille dans leur magasin de meubles, où il s'ennuie à mourir. Il décide de partir et s'engage comme ouvrier sur un barrage. On est en Espagne, entre Malaga et Linares. Rude apprentissage pour ce jeune homme qui a le sang chaud mais ne connaît rien à la vie.
    " Le barrage, lui dit son ami le Basque, regarde-le Rafaël... Travail d'homme. C'est quand je vois des machines comme ça que je fais malgré tout confiance aux hommes. "
    Mais l'exaltation joyeuse des premiers temps ne va pas durer. Affrontements, jalousies, violence, éléments déchaînés vont apprendre à Rafaël que la vraie vie est plus rude encore que c e qu'il croyait.
    Ce roman obtint en 1943 le grand Prix littéraire de l'Algérie et, en 1945, le Prix Populiste. Bien qu'absent d'Alger (il se soignait au Chambon), Albert Camus continuait à être le directeur littéraire des Éditions charlot, où le livre parut. A ce titre, il avait rédigé en 1942, le " prière d'insérer " : " Des départs, des révoltes, l'amitié libre et forte, la vérité au flanc des montagnes, ce sont des thèmes privilégiés et exaltants. Ils font de ce roman une réussite exceptionnelle dans la littérature d'aujourd'hui et apparentent Emmanuel Roblès à quelques-uns des grands romanciers américains. "

  • L'action

    Emmanuel Roblès

    Astone, un ancien marin qui a bourlingué à travers le monde, devient chauffeur dans une entreprise de transport automobile à Alger. On est vers la fin des années 30.
    Scandalisé par les dures conditions de travail des ouvriers et par leurs maigres salaires, Astone crée un syndicat et lance une grève dure, avec occupation des garages. Un jeune Arabe, Hadj, l'aide ainsi que Rose, l'épouse du comptable, que son mari maltraite.
    Au cours d'entretiens non publiés, Emmanuel Roblès déclarait dans les années 80 :
    " Dans L'Action, le sujet réel est la révolte ouvrière de 1936. Astone dans mon livre est un type de personnage que j'ai repris plus tard. Convaincu que toute vie est une aventure absurde puisqu'elle doit un jour sombrer à jamais, il domine cependant son désarroi et se bat à la fois pour sa dignité et – solidairement – pour celle des autres. Cette aspiration à la dignité humaine, surtout dans une colonie où elle se trouvait bafouée, correspondait à quelque chose de très profond en moi tant mon ardeur à vivre se révoltait contre l'injustice sociale. Ce livre de mon adolescence, au-delà de toutes ses imperfections, est celui que j'estime le plus dans mon œuvre. "

  • "Nous ne sommes pas ici-bas pour faire notre bonheur mais pour faire notre salut" : le conflit entre le bonheur et le salut, entre la terre et le ciel, Emmanuel Roblès l'a mis au coeur de son théâtre. Magellan condamne à mort ses officiers coupables d'avoir perdu la foi dans son expédition ({Mer libre}), la reine Isabelle de Castille sacrifie la félicité conjugale de sa fille à la raison d'Etat ({Un château en novembre}), le colonel Juarez accepte de se faire passer pour traître afin de sauver son pays ({La vérité est morte}). Ce n'est pas par hasard que tous ces drames où l'honneur sonne haut dans des formules frappées comme des médailles se déroulent en Espagne ou dans un contexte ibérique. Telle {Montserrat}, la plus célèbre de ces pièces. Aujourd'hui où le théâtre de texte est devenu si rare, on relira avec bonheur l'histoire de cet officier espagnol qui, traître à sa nation par amour du peuple qu'elle opprime, accepte d'envoyer au massacre six otages innocents plutôt que de révéler la cachette du chef sud-américain Simon Bolivar. Drame historique et conflit de conscience, où Emmanuel Roblès réaffirme sa confiance dans les valeurs supérieures de l'humanisme.

  • Dans un vaste domaine aux confins de la Normandie, Lucienne est au service d'une vieille dame aussi prude que despotique. Un matin, la jeune fille aperçoit Marc Andria qui franchit la grille du château. Visiblement, il est blessé. Prise de compassion, elle le soigne et peu à peu s'éprend de lui. Mais la prudence commande aux deux jeunes gens de cacher leurs amours. Au long des jours de cet été torride, Lucienne, toute à son bonheur, devine cependant un mystère dans la vie de cet étrange garçon. Et puisqu'il existe des fatalités de nature, celle qui emporte Marc a les couleurs violentes de ces mois de soleil et d'orages.

  • Au moment où Hélène Morel atterrit sur l'aérodrome de Venise, elle croit avoir rompu avec un passé qui l'a profondément bouleversée. Dans cette Venise d'hiver, silencieuse, recueillie, le présent prend alors pour la jeune femme le visage de l'amour. Elle vient en effet de rencontrer Lassner qui, en qualité de reporter-photographe, a mené une existence aventureuse dans de nombreux « points chauds » de la planète. Mais, de Paris, André Merrest, l'amant délaissé, rejoint Hélène et se montre plus autoritaire, plus dur que jamais, tout en négligeant Yvonne, sa propre femme, qu'il a désespérée. Ce conflit entre deux êtres si opposés, Hélène et André, trouvera son dénouement lorsque Lassner, dans cette Italie d'aujourd'hui, en proie aux convulsions sociales et aux attentats terroristes, sera dangereusement menacé. Ainsi ce roman témoigne-t-il à la fois de la précarité du bonheur et du déchaînement de la violence dans le monde actuel. Histoire imaginaire, certes, mais liée à la vérité de notre époque, si exaltante et si tragique.

  • La Chasse à la licorne, tel est le nom de la pièce de théâtre dans laquelle jouent Serge Moro et Pierre Martinange. La licorne, emblème au Moyen Age de la vertu, figure en toile de fond dans le décor. Nus, échevelés, des hommes et des femmes la poursuivent.
    A travers les embûches d'une vie instable, commencée dans la misère, Serge est demeuré un pur. La violence le saisit parfois. Seul Pierre, son ami, sait alors le calmer. Mais Pierre a rencontré Madeleine que son époux, un riche antiquaire, ennuie et rebute. Cela aurait pu n'être qu'une aventure de hasard. Cependant l'amour monte, gagne, les emporte.
    Tandis que Pierre et Madeleine se libèrent des faux-semblants pour vivre leur passion au grand jour, les pièges se ressèrent autour de Serge : sa réaction est brutale, dramatique. Avec la complicité de ses amis, dont il risque ainsi de compromettre le bonheur, il réussira à s'enfuir dans la nuit, poursuivi, à travers la forêt, comme une bête qu'on force.
    Emmanuel Roblès donne, par une écriture dépouillée, une force singulière à l'un des thèmes majeurs de son oeuvre : le jeu des hommes avec leur destin. L'amour, la générosité du coeur peuvent-ils triompher des forces obscures qui nous entraînent ?

  • Une petite ville de Sardaigne, un climat propice aux feux de toutes les passions. Au moment où son épouse revient d'une longue absence, Valério, un jeune médecin, découvre qu'il aime une autre femme. Les bonheurs sont toujours difficiles. Parce qu'il décide de soustraire un assassin aux recherches de la police, Valério est amené à se poser des questions qui sont autant de pièges. L'ordre voudrait qu'il livre le meurtrier, l'ordre voudrait qu'il brise tout lien qui l'écarte de sa femme. Mais qu'est-ce que l'ordre ? A qui faut-il obéir ? A ceux qui dictent les lois ou à nous-mêmes ? L'écrivain Emmanuel Roblès nous interpelle et nous répond dans ce très beau roman qui fut porté à l'écran par Luis Buñuel. Il a été traduit en treize langues.

  • Douze récits vrais. Douze aventures vécues aux quatre coins du monde. Le ton du reportage mais aussi l'œil et la plume du romancier. Emmanuel Roblès raconte, témoigne et campe au passage des portraits de personnages : le Che quand il n'était encore que le docteur Guevara, Albert Camus, mais aussi des inconnus dont le destin fait rêver. Dans toutes ces pages on trouvera l'évocation d'une jeunesse inquiète et aventureuse, celle de l'auteur fasciné très tôt par les événements qui ébranlaient le monde.
    C'est pourquoi, si ces récits nous transportent de la chine en convulsion au Guatemala des pronunciamentos, et de l'Italie en guerre à l'Algérie insurgée, tous s'efforcent de témoigner aussi de cette longue pénitence qu'est la condition humaine.

  • L'amour et l'exil, ces deux thèmes chers à Emmanuel Roblès les voici renouvelés, entrelacés dans une intrigue menée de main de maître, convergeant autour de la figure de Norma, dont le mystère, peu à peu révélé, éclaire tout le livre.
    Charles, un jeune professeur parisien, aime les femmes avec l'ardeur d'un tempérament généreux. Mais elles ne sont pas pour lui des proies : il ne sera jamais un séducteur cynique. Mathilde qui le poursuit, le relance, voudrait le noyer de plaisir, le champagne et les larmes ; la très jeune Lucienne qui s'offre à lui avec une impudeur touchante, il sait leur résister. C'est Béatrice seule, il l'a pressenti dès leur première et dramatique rencontre, qui comblera ces deux élans chez lui inséparables : celui des sens et celui du coeur.
    Du côté de l'exil, voici Reyes que Charles aide dans ses recherches sur les civilisations amérindiennes. Il a quitté son pays, l'Argentine, et la dictature qui y sévit. Malgré les épreuves physiques et morales, il fait face à son destin sans se plaindre, solitaire, hautain.
    De Norma, son épouse demeurée en Argentine, il ne parle jamais que par allusions sèches. C'est par d'autres exilés argentins - Altamirano, le brave ; Carmen, rescapée de la prison et de la torture - que Charles apprendra, avec une fascination grandissante, qui a été Norma, quel rôle elle a joué auprès de Reyes et jusqu'où peut aller l'amour d'une femme quand il est infini.
    Emmanuel Roblès, pied noir d'Oran et d'origine espagnole, a publié l'essentiel de son œuvre au Seuil. Il a connu pour ses romans un succès international et de nombreux prix (dont le Femina). On joue encore ses pièces de théâtre. Il a écrit Les Hauteurs de la ville, juste après la seconde guerre mondiale.

  • Dans ce recueil, Emmanuel Roblès reprend des thèmes de même inspiration que celle de son précédent recueil Un amour sans fin, suivi de : Les Horloges de Prague. C'est dire qu'on retrouve ici, en une permanence qui en affirme la profondeur, les tourments de la solitude, le souvenir de la femme aimée et le regret lancinant d'un bonheur perdu, tous sentiments que n'atténuent pas les errances à travers les continents et les mers. Ainsi, dans sa Poésie du vingtième siècle, Robert Sabatier a pu écrire à propos de Roblès : " Sa Méditerranée intérieure, il l'étend à tous les rivages du monde et ces eaux mouvantes sont les messagères des espoirs, des rêves, des délires et des chagrins en vague (...). Emmanuel le méditerranéen fait jaillir des jeunes et vieilles civilisations une nouvelle spiritualité. "

  • Croisiere (la)

    Emmanuel Roblès

    • Seuil
    • 25 Novembre 2016

    Extrait :
    "Après la sortie de la gare et tandis que, sa valise à la main il se dirigeait vers le port, Georges aperçut au balcon d'un premier étage une femme se peignait, assise dans une pose gracieuse, le buste rond et droit, la tête inclinée, ses cheveux pendant en crinière sur le côté. Elle les tenait d'une main et semblait de l'autre voluptueusement et ce geste prit pour Georges une signification érotique qui le troubla. A peine eut-il cependant dépassé l'inconnue qu'il découvrit qu'il s'agissait d'une femme âgée, aux lèvres mangées, aux yeux fardés de noir jusqu'aux joues selon la mode qui prévalait au début du siècle. De surprise, Georges s'arrêta au milieu du trottoir, visage levé, ce qui attira sur lui l'attention de la vieille."

  • Le lieutenant Weller revient en permission dans sa ville natale dévastée par des bombardements. Dans ces ruines où une vie existe encore, il connaîtra deux femmes : Fiora, comédienne capiteuse réfugiée dans la partie épargnée du théâtre qu'elle dirigeait, et Illona, victime avec d'autres jeunes filles d'une rafle des Gardes noirs pour " le repos des guerriers ", à l'arrière des lignes.
    Il les aimera toutes les deux, Fiora pour les plus ardents plaisirs de la chair, Ilona avec les plus profonds élans du cœur. De retour au front, il vivra de leurs lettres et de leurs souvenirs jusqu'à ce que son destin le mène à cette heure étrange et rédemptrice où l'univers semble sortir des abîmes pour le premier matin du monde.

  • Inspiré par un séjour de l'auteur au Japon, L'homme d'avril, le récit qui ouvre ce recueil, a d'abord paru en traduction à Tokyo. Pour certains critiques japonais, il demeure avant tout "une illustration romantique d'un thème qui a déjà retenu Roblès : celui du bonheur difficile dans un monde incompréhensible et menacé".
    D'autres commentateurs ont mis l'accent sur la qualité de l'observation et aussi sur le portrait de l'héroïne japonaise, libérée des contraintes ancestrales. Ainsi, un écrivain des 25 ans, Mlle Sawako Ariyoshi, a pu affirmer dans le quotidien "Maïnichi" de Tokyo : "L'auteur voit le Japon avec la même sensibilité que la nôtre, celle de la génération la plus jeune. Je trouve chez lui la même volupté de considérer notre pays avec un regard neuf, détourné des défroques de la tradition."
    Emmanuel Roblès, pied noir d'Oran et d'origine espagnole, a publié l'essentiel de son œuvre au Seuil. Il a connu pour ses romans un succès international et de nombreux prix (dont le Femina). On joue encore ses pièces de théâtre. Il a écrit Les Hauteurs de la ville, juste après la seconde guerre mondiale.

  • C'est du monde contemporain que s'inspirent en général les oeuvres d'Emmanuel Roblès. Ainsi la guerre d'Algérie dans {Plaidoyer pour un rebelle}, même si l'auteur, par souci de discrétion à l'égard du protagoniste, a situé l'action en Indonésie à l'époque où une même insurrection combattait une autre tutelle coloniale. Ainsi les dictatures militaires en Amérique du Sud, un continent que l'auteur connaît bien pour l'avoir souvent parcouru, et dont {la Fenêtre} évoque les violences. Ainsi, également dans {les Yaquils}, un nom qui désigne une race imaginaire, inventée pour mieux illustrer l'universalité comme l'inhumanité du racisme. Enfin, deux autres textes datent l'un, {l'Horloge}, de la campagne d'Italie et de la Naples du printemps 1944, et l'autre, {Ile déserte}, de la période de l'occupation allemande en France.

  • Les couteaux

    Emmanuel Roblès

    L'action de ce roman se situe dans un Etat du Mexique à l'époque où celui-ci sortait à peine d'une longue période de convulsions révolutionnaires. Dans certains territoires, des dirigeants locaux, profitant du désordre, avaient réussi à s'affranchir de l'autorité centrale et à créer leur propre gouvernement. Ce fut le cas précis de Thomas Garrido qui régna par la terreur dans sa capitale de Villahermosa, et dont Graham Greene s'est inspiré pour son roman la Puissance et la Gloire.
    Le Français Pierre Mayen, installé là-bas après la guerre, s'est épris d'Elena Montalvo et veut l'épouser pour fuir ensuite, avec elle, ce climat de violence où, en dépit de tout, hommes et femmes poursuivent le jeu éternel de l'orgueil et de l'amour. Mais Elena est attirée par un autre homme, et tous les éléments sont alors réunis pour que les passions s'aiguisent, se croisent et tuent comme des couteaux.
    Emmanuel Roblès, pied noir d'Oran et d'origine espagnole, a publié l'essentiel de son œuvre au Seuil. Il a connu pour ses romans un succès international et de nombreux prix (dont le Femina). On joue encore ses pièces de théâtre. Il a écrit Les Hauteurs de la ville, juste après la seconde guerre mondiale.

  • Les sirènes

    Emmanuel Roblès

    Ce ne sont pas les sirènes de la mythologie qui donnent son, titre à ce récit mais celles des navires et des avertisseurs de brume qui ponctuent la détresse d'André Donat, au coeur d'un hiver, dans un port anglais. Peu après la mort de sa femme, il a accepté en sa qualité d'ingénieur de la marine marchande, de diriger des travaux à bord d'un cargo de sa compagnie, immobilisé à quai par une avarie de machine.
    Hanté par le souvenir de son bonheur, il devient plus attentif à celui des autres. Ainsi, à fréquenter une riche famille, celle précisément du mandataire de son propre navire, il découvre que le couple formé par Hebert Grey et sa femme est en train de se désunir. Et dans un autre couple, celui de Jef Santini, le matelot-gradien, et d'une étrange jeune femme, Judy, dont il a fait sa compagne, il décèle une inexplicable anxiété. Peu à peu, la tragédie va se nouer dans ce port sans soleil, et il faudra toute la tendresse de Frances, qu'André Donat a connue quelques jours après son arrivée, pour qu'il échappe à une complète désespérance.
    Un jour viendra, peut-être, où il reprendra le chemin de la vie comme son navire va reprendre enfin les chemins de la mer.

  • Dans une nouvelle de ce recueil un homme, sur un rivage de Grèce, manque de se noyer en voulant arracher à la mer une pierre sculptée tandis que, sans deviner le drame, sa jeune femme dort nue sur la plage. C'est ce récit qui pourrait servir d'introduction à tous les autres : la femme qui attend en vain son amant et pense à mourir ; celle qui hésite et renonce à rejoindre le sien ; ou celle qui échappe soudain à son mari sans qu'il y comprenne goutte ; le garçon aventureux qui se perd pour un visage de jeune fille à peine entrevu ; celui qui, de justesse, échappe à un lynchage ; ou celui qui dilapide au jeu une forte somme qui ne lui appartient pas... Toutes ces créatures sont prises dans ce moment de leur existence où elles se trouvent en équilibre entre deux mondes. Un seul pas à droite, ou à gauche, peut suffire ou non pour reprendre pied, mais ce pas est souvent difficile à gagner sur la vie...

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