• Depuis quelques années, les ethnologues s'interrogent sur l'irrationnel dans notre société. Tout semble digne de recherche, seul le phénomène « soucoupes volantes » apparaît dérisoire aux yeux de la plupart des chercheurs. Sans préjugé, Bertrant Méheust étudie divers témoignages de personnes prétendant avoir été enlevées par des extraterrestres. En ethnologue, sans remettre en cause la santé mentale des « ravis », il s'interroge sur leur biographie, sur les traitements qu'ils disent avoir subis lors de leur rapt, sur les blessures qu'ils conservent parfois sur le corps... Au terme de son enquête couvrant différents pays, Bertrand Méheust établit un récit type et peut dès lors comparer ces voyages insolites aux anciens récits concernant l'au-delà et les êtres venus d'ailleurs. Ainsi les soucoupes volants et les étranges histoires qui s'y rapportent npus permettent d'observer , au coeur même de notre monde scientifique et technologique, la lente constitution d'une mythologie moderne.

  • Ce livre prend pour fil conducteur le fait que les évangiles présentent Jésus comme un thaumaturge sans égal. Appliquée à l'univers culturel du judaisme du 1er siècle, le projet de l'auteur consiste à utiliser les connaissances que les sciences psychiques ont accumulé sur les thaumaturges pour analyser les facultés dites paranormales de Jésus. Il s'agit donc de lire "Jésus" en mettant entre parenthèse les déterminations de la théologie (la foi) et les a-priori de la raison dogmatique. La notion de thaumaturge est prise dans un sens neutre. Ni catéchisme, confessionnal, mi-plaidoyer rationaliste ou gnostique, cette enquête nous plonge au coeur du mystère qui continue d'interroger notre temps. Du nouveau sur l'affaire Jésus ? Oui et ce livre nous le démontre.
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  • " Développement durable ", " agriculture raisonnée ", " flexisécurité ", " moralisation du capitalisme ", la production massive d'oxymores désoriente et rend les populations inaptes à penser. Comment résister à cet argumentaire pervers érigé en en véritable mode de gouvernement ? Les démocraties modernes possèdent-elles les ressorts nécessaires pour prévenir et affronter la catastrophe écologique due au réchauffement climatique ? Comme l'explique Bertrand Méheust, ce n'est pas de l'écologie libérale et du " développement durable " que viendra la réponse : ces discours consistent à graver dans l'esprit du public l'idée que l'écologie est compatible avec la croissance et même mieux, qu'elle la réclame, afin de masquer l'incompatibilité entre la société globalisée dirigée par le marché et la préservation de la biosphère.
    Un univers mental ne renonce jamais à lui-même si des forces extérieures ne l'y contraignent pas. Le système a saturé tout l'espace disponible et est à l'origine de tensions de plus en plus fortes. Pour les masquer ceux qui nous gouvernent pratiquent la politique de l'oxymore. Forgés artificiellement pour paralyser les oppositions potentielles, les oxymores font fusionner deux réalités contradictoires : " développement durable ", " marché civilisationnel ", " flexisécurité ", " moralisation du capitalisme ", etc. Ils favorisent la destruction des esprits, deviennent des facteurs de pathologie et des outils de mensonge. Plus l'on produit d'oxymores et plus les gens sont désorientés et inaptes à penser. Utilisés à doses massives, ils rendent fou. Plus la crise s'aggrave, plus le réchauffement climatique nous menace et plus nous assistons à la production et à l'usage cynique, sans précédent dans la démocratie française, d'oxymores à grande échelle.

  • Qu'est-ce que les pratiques divinatoires peuvent nous apprendre de la vie psychique, des états de conscience, de la raison elle-même ?
    L'approche contemporaine de la voyance est aujourd'hui traversée par une contradiction ruineuse. Lorsque les historiens ou les anthropologues étudient les pratiques divinatoires du monde antique, leur démarche est considérée comme légitime. En revanche, lorsque les parapsychologues étudient les phénomènes psychiques produits par les médiums et les clairvoyants, ici même, aujourd'hui en Occident, leur démarche est suspectée et leur objet est perçu comme illusoire. Le positivisme et le scientisme ont beau être officiellement passés de mode, c'est à travers leur prisme que l'on continue de voir le problème posé à notre culture par la persistance des pratiques divinatoires : dans le monde antique, elles ont été le laboratoire de la future rationalité, et c'est en cela qu'elles offrent un objet intéressant. Mais, dans le monde contemporain, elles manifesteraient une adhésion illégitime à des formes dépassées de l'esprit. C'est pourquoi la plupart des anthropologues tiennent implicitement la question pour réglée et dépassée.
    En s'appuyant sur le vaste corpus des sciences psychiques, Bertrand Méheust conteste frontalement et méthodiquement ce consensus. Les faits sont désormais suffisamment attestés à ses yeux pour que l'on entreprenne d'examiner certaines de leurs implications épistémologiques. En prenant pour fil conducteur l'immense question de la mémoire, il est ainsi amené à revisiter la conception antique de la réminiscence. Une manière d'entrouvrir la boîte de Pandore...

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