• Cela commence en mai 1939, dans la campagne de Cluny. La guerre gronde, de plus en plus proche. Dans la famille Etcheberry, je demande Marie, la jeune veuve qui se débat de toutes ses forces pour faire vivre sa ferme. Je demande Claire, sa fille, qui s'est entichée de Gabin, ce garçon que tous semblent avoir oublié. Je demande Emma, sa soeur, institutrice communiste. Je demande Jeanne, sa mère, qui veille sur la maisonnée. Je demande Louise, sa belle-soeur, au désir insatiable de maternité. Bientôt, les hommes quand ils ne sont pas déjà morts vont être appelés au front. Et ce sont les femmes, ces femmes, qui vont devoir prendre soin des leurs, tenir le cap, assurer la survie des entreprises. Avec cette passionnante fresque, Aurore Py nous plonge dans la France rurale de cette période.

    Aurore Py est nee en 1980 en Moselle et vit au bord du lac Leman. Elle partage son temps entre vie de famille et ecriture. Elle a publié, chez le même éditeur, Lavage à froid uniquement et L'art de vieillir sans déranger les jeunes.

  • « Trois têtes plissées. Trois vieilles pommes ridées rehaussées de verres progressifs à montures épaisses. C'est ce qu'il doit se dire. Il nous a repérées, derrière notre fenêtre, dès son entrée dans la cour de la maison de retraite. Pas difficile, les seules vieilles à pouvoir tenir debout sont à notre étage. L'administratif occupe le premier, les déments actifs le dernier. S'ils fuguent, on augmente les chances de les intercepter avant qu'ils ne mettent les pieds dehors. Au troisième, les grabataires séniles, dont le prochain acte notable sera de passer l'arme à gauche. Au deuxième, les sains d'esprit. Nous, donc. J'aimerais ajouter "et de corps", mais bien sûr, on croustille, on grince et on se traîne. Dans ces conditions, ça effraie les jeunes si on leur assure être bien conservées. »

  • « Ça part de traviole d'emblée et si je devais me présenter, je ne saurais trop par quel bout prendre ma vie. Aujourd'hui, elle se résume à être mère au foyer. J'ai 37 ans, trois enfants, un bel appartement au centre de Lausanne et bien que ça manque d'originalité, oui, je suis désespérée. Avant cela, j'étais médecin urgentiste. Avant cela encore, je faisais le deuil de ma mère morte trop tôt et de mon père entré dans les ordres. Ah, et j'ai un frère, pas bien stable lui non plus. Un mari, par contre, qui l'est pour nous tous. Mais tout ça, c'est sans compter le cadavre qui vient de s'inviter sur la poussette des twins... » Tout est dit ou presque : ce roman intelligent et drôlissime vous propose de suivre les (més)aventures d'une jeune trentenaire qui se retrouve nez à nez avec un macchabée en sortant la poussette de ses jumeaux du placard de l'entrée. Parce qu'elle s'ennuie à pleurer, elle décide de se mêler de l'enquête policière et ça donne un roman extrêmement bien écrit, enlevé et malicieux.Aurore Py, née en 1980 en Moselle, vit au bord du lac Léman. Elle partage son temps entre vie de famille et écriture.

  • Lorsqu'une nuit de septembre 1935, Martin se noie dans la Grosne, à Cluny, tout le monde croit à une mort accidentelle. Seule Marie, sa femme, sait qu il s est suicidé. Afin de comprendre les raisons de ce geste désespéré, elle choisit de briser le silence qui entoure la folie de Martin et de jeter un regard lucide sur leur vie de couple. Surtout, la jeune femme doit gérer le quotidien à la ferme et bâtir son avenir et celui de sa fille, entre utopie et réalisme, détermination et renoncement. Elle est secondée dans cette reconstruction par sa famille, notamment par sa soeur Emma, aux fortes convictions féministes, et par son frère Pierre, tout juste marié, qui accepte de bouleverser sa vie pour venir en aide à son aînée.

empty