• " Saisi à la gorge " par les perspectives que les conclusions du club de Rome popularisées par Mansholt ouvrent au Tiers Monde qu'elles condamnent, dans le cadre des structures actuelles, à la misère perpétuelle, René Dumont lance un avertissement : si les pays démunis risquent d'être de plus en plus affamés et dominés, nous risquons, nous, les riches gaspilleurs et pollueurs, de nous retrouver de plus en plus asphyxiés, dans nos autos privées, symboles de notre egoïsme.
    Les réalistes du club, industriels et savants, nous annoncent un effondrement total de notre civilisation au cours du prochain siècle si se prolongent les croissances exponentielles de la population industrielle, et la misère à perpétuité du Tiers Monde. C'est pourquoi rené Dumont propose de réhabiliter les Utopies, et cherche à dessiner, pour notre planète assiégée, les premiers traits d'une société de moindre injustice et de survie, la société sans mépris.

  • René Dumont (1904-2001) apparaît aujourd'hui comme une référence incontournable pour qui veut se revendiquer de l'écologie politique. Pourtant, peu de gens ont lu ses livres, au demeurant souvent épuisés. Et certains sont encore tentés de voir l'homme au pull-over rouge comme un vieux prophète un brin irascible, annonçant avec véhémence l'arrivée imminente d'une nouvelle plaie d'Égypte. L'objectif de ce livre est donc de présenter des extraits significatifs des nombreux ouvrages de René Dumont, accompagnés d'explications sur le contexte et les conditions dans lesquels ils ont été écrits, afin de fournir des repères essentiels pour mieux comprendre son oeuvre. Des textes traversés par les grands enjeux du siècle écoulé et toujours actuels : le drame de la faim, la crise de l'emploi, l'impasse du capitalisme, les conséquences du réchauffement climatique... Il s'agit de montrer le cheminement et l'évolution d'un homme d'action, un homme de gauche, viscéralement pacifiste pour avoir connu les horreurs de la Première Guerre mondiale, profondément humaniste et délibérément social. De faire parler, au travers de ses écrits, un homme toujours en questionnement, perpétuellement en mission sur le terrain. Et de montrer la conversion progressive à l'écologie d'un homme dont le combat de toute une vie aura été de vouloir éliminer la faim dans le monde.

  • C'est en Indochine, dans les rizières du Tonkin - le nord de l'actuel Vietnam - que le célèbre agronome a débuté sa carrière en 1929. Au terme de trois années de terrain, il a acquis une connaissance rare de la situation agricole régionale. Dans une langue limpide. René Dumont nous fait découvrir avec profondeur et force l'une des civilisations du riz, aliment vital et élément culturel primordial au Vietnam et dans toute l'Asie du Sud-Est où « manger le riz » signifie « se nourrir ». Rien n'y manque, descriptions techniques, analyses agronomiques, observations économiques et sociologiques, réflexions politiques et sur le développement - confirmées par les faits - se conjuguent avec bonheur pour former un témoignage exceptionnel par sa densité et sa modernité. Cet ouvrage de référence n'avait jusqu'à présent jamais été réédité. Augmenté d'autres écrits de l'auteur sur le Vietnam, il est illustré par des photographies anciennes et des cartes d'époque. Pour la première fois, la bibliographie de René Dumont - près de mille deux cents livres publiés et inédits - présentée ici comme un hommage à ce personnage hors du commun.

  • Les élections présidentielles de 1974 touchent à leur fin, la campagne de René Dumont et du mouvement écologique commence. Il avait déjà des dizaines de milliers de lecteurs, depuis le 5 mai 1974 il a des partisans par centaines de mille. Demain ils seront des millions. Les vieilles doctrines politiques éclatent, "l'écologie politique est placée sur orbite". L'écologie politique ? Ce petit volume très vite fabriqué ne prétend pas l'expliquer complètement, mais seulement en permettre une approche. Disons que c'est une politique du bonheur à base de recettes simples, évidentes : réduction fondamentale des gaspillages d'énergie et de produits, protection de la nature et redistribution de ses ressources, en fin de compte et par voie de conséquence, réduction des injustices. Et tout ceci, comme dit René Dumont, est beaucoup plus important que le second tour du 19 mai 1974. Car dans le monde entier, et en France comme ailleurs, le choix n'est plus entre tel ou tel, mais entre l'Écologie ou la Mort.

  • La plus grande famine de notre histoire est déjà commencée. Pas moins de cinq cents millions d'hommes sont menacés d'en mourir dans les années qui viennent. Contre la civilisation de gaspillages, de rapines et de profits responsable de cette situation, René Dumont appelle à la mobilisation générale. Il faut construire des pouvoirs paysans et établir des socialismes à solide base agraire dans les pays dominés, imposer la participation paysanne ailleurs. Nous devons absolument prendre conscience du caractère incontournable de certaines contraintes : de population d'abord, de sols, d'eau, de phosphates, d'énergie... Il nous faut repenser nos agricultures, rechercher les bases d'une civilisation de l'arbre et du jardin. Tels sont les grands axes d'un projet global de survie.

  • Terres vivantes, L'Afrique noire est mal partie, L'utopie ou la mort... Tout au long de ces ouvrages, devenus aujourd'hui des classiques, René Dumont a retracé ses expériences, livré le cheminement et les fruits d'une réflexion qui apparaît comme une des plus riches de notre temps. Dans ce livre, en revanche, il se penche sur lui-même, c'est-à-dire tout à la fois sur son métier, agronome, et sur l'idéal qui l'anime : lutter contre le redoutable fléau de la faim. Aussi, le professeur, chez lui, est-il indissociable de l'homme d'action. René Dumont enseigne à l'« Agro » de Paris de 1933 à 1974. Mais, de 1929 à 1932, il travaille autour d'Hanoï, dans la rizière tonkinoise, où il découvre l'oppression coloniale, et il étudie les campagnes de la Chine et de l'Inde, où se dévoile à lui le problème de la faim auquel il va consacrer sa vie. C'est pourquoi, au lendemain de la guerre, il est sollicité par divers gouvernements comme conseiller en matière de politique agricole, ce qui le conduit à déborder sur de multiples disciplines difficiles à maîtriser simultanément - économie, sociologie, politologie. De solides empoignades le confrontent à Ben Bella, Sekou Touré, Bourguiba, Fidel Castro, Norodom Sihanouk. Il sera mieux suivi en Chine, au Nord-Vietnam, en Zambie et en Tanzanie. La famine mondiale, cependant, qui s'accroît jour après jour, témoigne de l'échec de notre génération. René Dumont, aujourd'hui, est mondialement célèbre, mais il sait que le combat auquel il a consacré son existence ne souffre aucun répit. Aussi n'est-ce pas le moindre mérite de ce livre, familier et généreux, passionné et passionnant, que de nous inciter à la plus nécessaire des prises de conscience.

  • Ce livre rassemble l'expérience de toute une vie, celle de René Dumont, agronome, ancien professeur à l'Agro, et spécialiste des problèmes agricoles des pays du Tiers Monde, notamment. Le livre a donc deux axes. D'une part un livre de souvenirs, le bilan d'une vie. Dumont y raconte ses voyages en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe, particulièrement en Europe de l'Est. Il y expose également ce qu'il croit, ce à quoi il n'a jamais cru (Dieu, les vertus du capitalisme et de l'économie libérale), ses désillusions face à ce qu'il croyait - particulièrement, il a cherché vainement, jusqu'à présent, un socialisme à visage humain qui se soit maintenu au pouvoir. D'où une critique précise, même si en sympathie, de la Chine et de Cuba, une condamnation du système économique en U.R.S.S. Mais aussi ce livre est un livre d'avenir. D'abord cri d'alarme devant ce qui risque de se passer - René Dumont, qui fut candidat aux élections présidentielles de 1974 sur ce thème, expose les risques dénoncés par les écologistes. Mais il apporte aussi un certain nombre de suggestions pour éviter les drames futurs, arrêter le gaspillage, l'exploitation anarchique et impitoyable du Tiers Monde, qui ne fait aujourd'hui que développer son sous-développement, limiter la consommation inutile et outrageuse envers les pays pauvres, cesser de croire que le déséquilibre pourra se maintenir, et que les ressources de la planète sont inépuisables, stopper l'explosion démographique. Un livre sur l'avenir à partir d'une expérience solide et précise du passé et du présent.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Notre monde est menacé sur tous les fronts. Et l'économie de profit, loin de freiner les gaspillages, la pollution, les armements, la surpopulation, les inégalités sociales, les encourage ou, pire, n'arrive plus à les contrôler. Les Etats démunis ne sont plus les seules victimes de ces dérèglements : les pays riches ont aussi leur quart monde. La pauvreté n'a pas de frontière, pas plus que l'air, la terre, l'eau et le vent n'ont de patrie. Tchernobyl, le krach boursier d'octobre noir, les invasions de sauterelles ou d'algues nous démontrent qu'il n'est pas de catastrophe locale qui n'ait de répercussion planétaire.
    René Dumont fait aujourd'hui le bilan, exemples et chiffres à l'appui, des menaces qui pèsent sur la planète. Il donne aussi quelques conseils, ponctuels ou plus généraux, pour juguler un trop prévisible cataclysme. Et surtout, il encourage les hommes, les nations, à être responsables et solidaires de leur environnement. Ce n'est plus l'utopie ou la mort, mais le réalisme ou la mort.

  • Face aux innombrables échecs des divers socialismes - de l'U.R.S.S. à l'Éthiopie, en passant par Cuba et le Viêt Nam - et face aux faillites économiques de la plupart des États du tiers monde, le succès de Taïwan ne pouvait laisser insensible René Dumont. Avec sa collaboratrice, Charlotte Paquet, il a enquêté sur place, visitant de nombreuses installations agricoles et industrielles, et rencontrant de nombreux Taïwanais - de l'expert financier à la paysanne travaillant son jardin. Leur constat est clair et net : un sans faute économique. Voilà, en effet, un petit État insulaire, avec une forte densité de population qui, de la colonisation japonaise des années trente à aujourd'hui, est passé du sous-développement au développement. La clé de voûte de cet édifice ? La réforme agraire. Une réforme agraire facilitant le travail pour chacun, la mécanisation de l'agriculture, la diversification des cultures, l'exportation des biens alimentaires, le financement de l'industrie. Une réforme agraire déclenchant en cascade toute une série de modifications économiques et sociales, dont la plus spectaculaire est la réduction des inégalités sociales ! Taïwan maîtrise sa croissance démographique (inférieure à 2 % par an), alphabétise sa population, répand ses biens de consommation sur son marché intérieur, et les exporte en grande quantité... Taïwan, un modèle ? Non, car cette réussite a un prix : un travail acharné pour toute la population et un fascisme mou gérant la société. Libertés démocratiques surveillées, anticommunisme exacerbé, libéralisme économique excessif, Taïwan ne peut constituer un quelconque modèle. Mais, incontestablement, de nombreuses leçons doivent être tirées de cette expérience singulière. Elles sont à méditer aussi bien en Amérique latine qu'en Afrique.

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