• Je suis la fille du baobab brûlé. Ceci n'est pas un poème. C'est l'arbre qui cherche son visage. Je suis à la fois l'arbre, la fille et la route. J'accompagne celle qui offre à la nuit sa fable et sa voix. Je voudrais aller jusqu'au bout sans connaître le chemin. Je trébuche, dérive et délire. Qu'importe. Un oiseau bat le tambour dans ma tête, une sorcière parle par ma bouche, ou un amour chagrin me tourmente. Tempête je m'appelle tourbillon. J'ai rendez-vous avec les ombres. J'ai rendez-vous avec la première étoile qui tombe. Poussent dans mon ventre des histoires qui recommencent à l'infini. Il y a toujours une vie à faire ou à refaire. On ne sait rien de ce qui ronge ou exalte. Je scelle mon alliance avec l'exil et la folie. Je suis la fille du baobab brûlé. Pour recouvrer mon visage, je dois confier mes secrets aux vents, abandonner à l'arbre mes promesses. Je ne connais ni l'appétit ni la prison de ce qu'on appelle vivre. Je ne songe qu'à marcher dans mes songes. Si je pleure c'est pour me rappeler que j'existe et que j'aime. Je ris trop fort, parle jusqu'à épuisement afin d'aller plus loin, avec la patience de la bergère et l'angoisse des marins. Je suis belle, flamboyante et insolente. J'ai dans une main le soleil et dans l'autre la terre. C'est ma manière de guetter l'éternité. J'ai des seins qui hument poésie et mort. Je suis la fille du baobab brûlé. Je quête terre d'accueil à parole d'aube. Je hurle. Je divague. Je swingue. N'écoutez pas ma voix. C'est mon âme qui craque. Le poème, ou ce qui reste de mon identité, demeure une vérité empêchée. Consumée. Je suis la fille du baobab brûlée.

  • Prix de la diversité Métropolis Bleu / Conseil des Arts de Montréal

    Un roman palestinien

    Avec Je suis Ariel Sharon, troisième roman d'un triptyque, l'auteure poursuit l'exploration des vies intimes des hommes, femmes et enfants pris dans la toile sanglante du conflit israélo-palestinien.

    Résumé
    Tel Aviv, 4 janvier 2006. Le premier ministre Ariel Sharon sombre dans le coma. Il demeure inconscient huit ans jusqu'à sa mort en 2014. Que se passe-t-il dans la tête de Sharon ? Le roman donne corps et voix à un choeur de femmes, Véra, Gali, Lily, Rita, qui le mettent face à ses horreurs et à son humanité. Elles le guident vers la lumière quand les ombres de la mort l'assaillent.
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    Extrait
    « M'en voudraient-elles si j'enlevais à chaque lettre de ton nom sa noirceur ? À chaque date de ton histoire, sa violence ? Si je t'enlevais la mort et te prêtais la vie ? M'en voudraient-elles si je me glissais là où elles t'ont vu nu ? Si je te débarrassais de toutes ces couches. Ta peau de guerrier, ton masque de politicien ? Ne reste que toi face à moi ? Que tu sois personne ? Que je sois
    personne ? Soyons personne. Soyons ensemble sans visage. Perdons-nous dans ce long sommeil. Dévoilons tous nos visages. Pose-moi la question : quel est ton nom ? Je nommerai toutes les femmes.
    Pose-toi la question : qui suis-je ? Toutes les femmes te répondraient. Leur voix
    est ma voix. »

    Pour l'auteure Yara El-Ghadban
    Les principaux récits autour de Sharon sont des récits fondamentalement
    politiques, militaires, masculins... Moi personnellement, je voulais, sans
    justifier et sans pardonner, tout simplement écrire la part humaine, la part
    féminine. Les premières choses qu'on élimine dans les guerres et les situations
    d'oppression sont l'humanité, l'intimité, la féminité... Aussi, moi-même je
    voulais comprendre. J'ai écrit ce roman pour moi, pour la femme palestinienne
    que je suis et qui est toujours perplexe face à la violence dont sont capables les
    humains...

    L'auteure
    Romancière et anthropologue palestinienne, Yara El-Ghadban vit et écrit à Montréal. Elle a publié les romans L'ombre de l'olivier (Mémoire d'encrier, 2011) et Le parfum de Nour (Mémoire d'encrier, 2015). Je suis Ariel Sharon est son troisième roman.

  • Huit femmes, universitaires et intellectuelles, ont engagé la réflexion
    autour de la Charte, de l'avenir de la société et du vivre-ensemble.
    Elles inventorient attitudes, postures, dérives et discours identitaires.
    Elles dénoncent l'exclusion, l'arrogance et la discrimination, en questionnant les privilèges juridiques et administratifs que
    revendiquerait un groupe social au détriment des autres. Cet ouvrage touche de près la peur qui travaille le Québec d'aujourd'hui, et l'incapacité de nommer la crise de valeurs qui fractionne plus qu'elle ne rassemble. Elles font acte de pensée, de compassion et de solidarité.
    Elles proposent ce « diagnostic des dérives politiques et sociales... et offrent en partage cette parole » qui a le mérite de s'indigner.

  • Une enfance palestinienne. Une voix se lève, convoquant la musique, la poésie, la guerre et la résistance. Yuryur aura bientôt dix ans. Née dans un pays de merveilles, bercée par les vagues du golf Arabo-persique, elle vit à Dubaï une enfance heureuse où se mélent le sel de la mer et la sauge du thé de Téta Hilweh, sa grand-mère, avec qui elle passe les étés au camps de réfugiés dans une Beyrouth que la guerre défigurera.

    Conte d'amour, rite de passage, récit de retrouvailles et d'adieux,liens brisés et renoués au coeur même des fissures. L'ombre de l'olivier dresse le portrait d'une Palestine qui fascine.

  • Les racistes n'ont jamais vu la mer Nouv.

    Résumé
    Parlons de racisme puisque le racisme concerne tout le monde. Les écrivains Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban invitent à prendre part à cette conversation délicate, mais combien nécessaire. Ni manifeste, ni manuel, ni acte d'accusation, Les racistes n'ont jamais vu la mer engage le dialogue sur nous-mêmes et sur les autres. Tout s'exprime librement, se confronte et se répond. Les mots. Les expériences. Les idées. Les émotions. Parlons de racisme puisqu'il faut dépasser le repli sur soi. Pour vivre ensemble, autrement.

    Les auteurs
    Poète, écrivain, essayiste, Rodney Saint-Éloi est l'auteur d'une quinzaine de titres de poésie, dont Nous ne trahirons pas le poème et autres recueils, anthologie de poésie parue aux éditions Points (2021). Il dirige la maison d'édition Mémoire d'encrier.

    Romancière et anthropologue, Yara El-Ghadban est l'auteure de trois romans, dont Je suis Ariel Sharon (2018). Elle dirige l'Espace de la diversité, organisme qui lutte contre le racisme et l'exclusion.

  • Arômes. Sensualité. Mystère. Le parfum de Nour raconte la fable de l'exil, de l'amour, de la guerre. Seule la passion sauvera Nour, Leila et Bennett des fantômes qui les tourmentent. Écriture d'une rare musicalité où se jouent l'audace et la tendresse. Ce roman évoque les déchirures qui grandissent l'existence.

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