Arts et spectacles

  • Cinéma

    Tanguy Viel

    • Minuit
    • 5 Avril 2018

    Celui qui se présente ici comme narrateur en est donc réduit à parler d'un film, d'un seul film, du même film qu'il a vu des dizaines et des dizaines de fois. Toute remarque, tout commentaire, il les a notés, consignés dans un cahier, jour après jour. Son existence est minée par le film. Ses goûts et ses jugements, il les doit au film. Ses amis comme ses ennemis, il les doit à l'opinion qu'ils se sont faite sur le film. À vrai dire, sa vie ne tient qu'à un film.

    « Évidemment, Cinéma est un roman, et l'on se doute qu'il ne s'agit pas de parler d'un film, de discourir sur un film. Il s'agirait plutôt d'une tentative renversée d'adaptation, au sens où ce mot est employé lorsqu'un cinéaste s'empare d'un livre, un livre qui le hanterait au point qu'il lui faille aussi en finir avec cette fascination, s'en débarrasser en tâchant d'en percer le mystère. En finir, en somme, à la manière du limier attaché aux basques de l'assassin, avec ce rapport d'admiration-répulsion que les meilleurs détectives de la littérature policière entretiennent toujours avec l'homme qu'ils chassent pour le rabattre vers le lecteur jusqu'à l'hallali final. » (Bertrand Leclair, Les Inrockuptibles)

    Cinéma est paru en 1999. Dans cette édition, le roman est suivi de Hitchcock, par exemple, un texte initialement paru chez Naïve en 2010.

  • « Les déchirures de l'aube », est à la fois, un roman, une étude de moeurs et une énigme policière. Les personnages, brossés à la manière des peintres ou des poètes, évoluent dans les champs, les maisons, les ruelles, les cafés, ou lors de la « Foire aux fleurs », en cette vie quotidienne d'un village, avec ses potins, ses intrigues, voire ses... crimes. Les héros, du poète Gustin, dont les textes clôturent la plupart des chapitres, en passant par les principaux personnages tels Leblanc, l'inspecteur Claude, Delphine, Dupré, sont bien campés dans leur vie, leurs travers, leurs habitudes, où le pittoresque rejoint le réalisme. L'écriture est originale, riche, pulpeuse, épicée, drôle. Chaque lecteur, outre un intérêt grandissant au fil des pages, y reconnaîtra en ses souvenirs, l'image d'un ami, d'un voisin, d'un parent, tous issus de la terre, de la montagne, quelle que soit sa province d'origine.

  • "Aujourd'hui, j'ai rencontré un homme. "Rencontré" est beaucoup dire, car nous n'avons échangé que quelques phrases des plus banales. De lui, je ne connais que son nom de famille, Puyvalador. Je sais aussi qu'il est herboriste. Ce qui me trouble, c'est le désir qu'il a réveillé en moi. Cela fait un an que je n'ai rien ressenti pour un homme, depuis que j'ai rompu avec Gaspard dans des circonstances tragiques et honteuses. Désirer de nouveau un homme me semblait impossible. Et pourtant, depuis cet après-midi, cet inconnu a pris possession de mes pensées. Je ne songe qu'à le revoir."

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