Éditions Prise de parole

  • Habile métissage entre l'«africanité» et la « canadianité », « Les morts ne sont pas morts » raconte le choc des cultures à travers le destin de Terama, un Africain à cheval sur deux mondes que tout sépare.

    Immigrant bien intégré au Canada, Terama trime dur pendant des années pour faire sa marque dans son pays d'accueil. Une nuit pareille aux autres, il entend la voix de Tongo, son père, qui l'interpelle d'outre-tombe. Ne croyant ni à Dieu ni à diable, Terama est persuadé qu'il est victime d'une hallucination ridicule. Il ignore la voix, qui revient pourtant incessamment. Jusqu'au jour où Terama admet l'inavouable, l'existence du culte primitif des ancêtres. Dans la chambre secrète qu'il aménage dans son logis à la manière des huttes votives, Terama renoue avec Tongo puis avec Makwaya.

    Au fil de ces palabres nocturnes, Terama se rapprochera de son pays et de sa culture d'origine et sera amené à faire des choix douloureux pour lui et sa famille. En bout de ligne, parviendra-t-il à se réconcilier avec cette conviction profonde que la mort est inévitablement dans la vie ?

  • Pendant la Première Guerre mondiale, le jeune Raoul Denonville trouve refuge dans la forêt entourant River Valley, dans le Moyen-Nord ontarien. Il y passera l'essentiel de sa vie à piéger des animaux sur sa ligne de trappe et à bûcher dans les camps, un dur quotidien auquel il se fait. Les villageois, occupés à mener leurs affaires dans cette région grouillante d'activité, respectent cet homme discret qui a choisi de vivre à l'écart, dans sa cabane au fond des bois.

    Seuls l'énergique père Bradley et le jeune Dr Patenaude connaissent le secret que Raoul porte en lui, secret qui sera révélé après sa mort. Et alors tous se demanderont comment cela avait été possible.

    Ce sympathique roman tiré d'un fait vécu possède la fluidité, les couleurs et les qualités qui ont fait des oeuvres de Doric Germain des incontournables du corpus scolaire franco-ontarien. Il ouvre une fenêtre sur la vie des trappeurs et des bûcherons dans la première moitié du siècle dernier et fait découvrir les habitants d'un village francophone prospère, véritable plaque tournante pour les travailleurs du bois et des mines situées plus au Nord.

  • Profitant d'une année sabbatique à Paris, Anne Grimm se consacre tout entière à l'écriture de ses mémoires. Mère, soeur, amante, professeure, femme, elle livre sans pudeur mais toujours en nuances un parcours singulier qui se déploie sur trois continents et trois mariages. Femme de tête et de coeur, elle raconte avec lucidité ses passions amoureuses - qu'elle poursuit jusqu'à en perdre la tête - et sa naissance à l'écriture.

    OEuvre protéiforme, ce premier roman de Marguerite Andersen annonce, dès sa parution en 1982, la trajectoire exceptionnelle d'une grande écrivaine.

  • Imaginez que la narratrice de ce roman aurait mille ans, qu'elle aurait engendré un ?ls qui aurait aujourd'hui près de cinq cents ans et que celui-ci, à son tour, ait donné naissance à une fille qui aurait plus de deux cents ans. Du Moyen Âge aux massacres des guerres coloniales du Nouveau Monde, d'Elvire à Hugues à Yukiko, mille ans d'histoire défilent au rythme du coeur. « La vie empruntée est un roman magnifique... » (Réginald Martel, « La Presse ».)

  • L'humour macabre et cinglant domine ce premier roman déroutant, surréaliste, aux dimensions mythiques. / Récit échevelé qui chevauche des mondes parallèles, «la Prison rose bonbon» entraîne l'anti-héros, Raymond Quatorze, dans une série d'aventures qui le mènent inexorablement au coeur de son propre délire. Ce jeune homme au passé chargé réussira-t-il la mission que lui ont confiée les enfants ailés bannis de Barnumbourg par leurs parents ? Raymond Quatorze les trahira-t-il, lui qui sème les cadavres sur sa route comme d'autres les bonnes actions ? Saura-t-il sauver Babeth, son grand amour ? / Sous ses apparences de roman policier, de roman d'aventures et de conte fantastique, le roman traduit le drame d'un homme pris dans l'étau de son corps, impuissant devant l'amour.

  • Une femme raconte, sous une forme romancée, ses souvenirs d'enfance et d'adolescence, alors qu'elle baignait tout entière dans les univers de ses trois « grands-pères ». Il y eut d'abord grand-père William, naturaliste et fervent amateur de musique, puis « papa » Henri, ce méridional artisan du bois par excellence et, enfin, grampa Davis, l'Écossais, cartographe devenu aquarelliste à la retraite. Du croisement de connaissances et d'influences, souvent contradictoires, de ces trois aïeuls, la jeune orpheline, Ariane, héritera d'une connivence profonde avec la vie. L'affection et la complicité que lui prodigueront ces « êtres penchés sur son enfance » lui permettront de s'accomplir en une jeune femme épanouie, « dépareillée ».
    Dans « Trois fois passera », Ariane nous invite à la suivre au fil des parcours qui jalonnent son enfance et à souligner, avec elle, la présence de ces trois hommes dans sa vie.

    Françoise Clément-Bowden signe, avec « Trois fois passera », un premier ouvrage élégant, rempli de vivacité, de poésie et d'une étonnante acuité mémorielle.

  • Pierre, un homme dans la jeune cinquantaine, travaille à la pige comme traducteur; il partage sa vie avec Odette. Ils ont élevé deux enfants, un garçon et une fille, qui ont quitté la maison. Le couple vit en retrait du monde, dans un espace aux limites du ciel et de la terre. Quand Pierre sort faire sa promenade quotidienne, il contourne les planètes, côtoie les étoiles.



    Dans cet espace sidéral, Pierre pourrait jouir d'une existence paisible, à l'écart de la vie grouillante et tumultueuse de ses semblables. Et pourtant... Son quotidien est perturbé par des apparitions, des mouvements insolites. Ainsi, un masque mi-fâché mi-souriant l'accueille le matin à son réveil du plafond de sa chambre; son ordinateur refuse de sauvegarder les mots de la traduction que Pierre y dépose; le timbre de la porte sonne, et il n'y a personne. Enfin, un enfant l'appelle, lui demande avec insistance s'il est le créateur du ciel et de la terre.



    Faut-il voir dans ces dérangements des hallucinations, les signes avant-coureurs d'une dépression, comme celle qui avait terrassé Pierre alors qu'il était jeune adulte? Ou bien l'univers est-il véritablement en train de se détraquer, la mécanique de se dérégler? Pierre serait alors le pantin d'un esprit malin, d'un monstre qui, à l'image d'un dieu tout-puissant, s'amuserait à ses dépens sans jamais se révéler à lui ou lui permettre de saisir les pourquoi de son existence.



    «Il lui semblait que l'univers avait des comptes à rendre. Qu'il était grand temps d'étaler les cartes sur table, de mettre fin à ce jeu de colin-maillard où l'humanité en est réduite à tout ignorer et à tout espérer. Oui, il était temps d'expliquer pourquoi les enfants pleurent, pourquoi les hommes tuent, pourquoi la terre tremble, pourquoi les oiseaux meurent en silence, pourquoi les planètes se dérèglent, pourquoi le cancer succède à l'orgasme et la mort à la vie.»



    Au coeur de ce roman qui oscille entre le philosophique et l'aventure fantastique, Maurice Henrie repose la question éternelle mais toujours si actuelle, du sens à donner à l'aventure humaine sur la terre.

  • Le roman « Noëlle à Cuba » de Pierre Karch est réédité dans la Bibliothèque canadienne-française (BCF), une collection qui rassemble les oeuvres marquantes de l'Acadie, de l'Ontario et de l'Ouest du Canada.



    Paru initialement en 1988, Noëlle à Cuba a été unanimement salué par la critique.



    Une vingtaine de touristes s'aventurent à Cuba - la perle des Antilles - pour Noël. Dans ce décor paradisiaque, certains cherchent l'amour, d'autres la fortune, la solitude ou le repos. Bercés par des moments de tendresse et portés par leurs péripéties quotidiennes - tant banales que tragiques - , c'est de lui qu'ils se souviendront surtout: Icare, l'ange, le révélateur des désirs, celui qui leur fera toucher la matière de leurs rêves.



    La nouvelle édition comprend une préface de Pierre Hébert, professeur de littérature à l'Université de Sherbrooke, une biobibliographie de l'auteur et un choix de jugements critiques. Et au préfacier d'affirmer:



    « [À] travers l'agenda des vies singulières, Pierre Karch livre une profonde et touchante méditation sur le voyage, l'art et la nature humaine. »

  • Pompier fragilisé par une blessure, Willy Graf tente de fuir son passé. Mais celui-ci le rattrape au fur et à mesure que des personnages s'immiscent dans sa vie. Il y a d'abord Sara, auteure d'un roman dont, curieusement, le personnage principal se nomme lui aussi Willy Graf. Sara crée des situations autour du Willy Graf fictif qui se produisent par la suite dans la vie du vrai Willy Graf. Puis survient Nina qui fait renaître une partie trouble de son passé. Partagé entre une réalité à laquelle il veut se dérober et une fiction étonnamment réelle qu'il récuse, Willy Graf se trouve parachuté dans un univers absurde, dérisoire, où il perd toute emprise sur son propre destin.

    SARA : À Pékin, dans l'Illinois, Willy Graf rencontre une femme qui va bouleverser sa vie : elle s'appelle Nina Bishop.

    WILLY: Nina ?

    SARA: Nina Bishop.

    Willy est pris d'un malaise, comme un éclair de douleur qui lui traverse la colonne vertébrale.

    WILLY : Elle est venue ?

    SARA : Il y a trois semaines.

    Temps.

    WILLY : Elle m'a retrouvé ! Il ne fallait pas. (Sara fait un mouvement vers lui.) Laissez-moi. Ne me touchez pas. Laissez-moi partir.



    La pièce Willy Graf a été créée par le Théâtre de la Vieille 17 à Ottawa et le théâtre l'Escaouette à Moncton en janvier 2004.

  • Teta, une Africaine immigrée au Canada, espère se guérir de sa folie en racontant sa vie au père Robert. Mère de trois garçons, elle confie à ce vieux missionnaire qu'elle a rencontré en Afrique, son enfance, ses exils, le meurtre de son mari et sa fuite vers le Canada. Cette terre d'exil représente le paradis terrestre pour de nombreux Africains. Mais est-ce que ce pays qui devait être un endroit si merveilleux pour les réfugiés, le sera pour cette femme monoparentale? Pourra-t-elle, un jour, se libérer du souvenir des atrocités qu'elle a vécues pour enfin mener une vie calme et connaître la paix de l'âme ?

  • «Jean Marc Dalpé réussit à concilier recherche formelle, poésie et langue parlée (...) La violence de ce monde est traduite avec une vivacité exceptionnelle qui met en jeu une émotion vive allant jusqu'au désespoir ». ( Jury, prix du Gouverneur général.) / L'histoire de Marie est celle d'un drame qui lentement nous est révélé à travers la narration de trois différents personnages qui l'ont connue et aimée. Passion, désir, trahison, abandon sont autant d'éléments qui composent ce roman aux accents lyriques et violents dont la langue et le style témoignent admirablement. Roman incendiaire, polyphonie de voix emmêlées et entêtées, ce vent qui éparpille n'épargne rien ni personne, pas plus ses personnages que son lecteur : car l'histoire de Marie appartient à l'inconscient collectif autant qu'à la passion singulière ; c'est une histoire qui remue nos émotions comme notre mémoire. « Un vent se lève qui éparpille » est le premier roman de Jean Marc Dalpé.

  • La « petite crapaude », c'est Gabrielle, seize ans. Enfant « surprise » et assez peu désirée, elle affiche depuis toujours une détermination de fer. Avec sa bande de copains, elle sera traquée par des malfaiteurs pour une question de billets de banque et de sacs de poudre, volés, puis volatilisés. Dans cette aventure rocambolesque, la vie de chacun sera mise à prix et leur amitié éprouvée. Un récit trépidant, attendrissant, aussi frais que la jeunesse et tout aussi surprenant qu'elle. « Petite Crapaude! » a remporté le prix Trillium et le prix le Droit.

  • Un étranger, charmeur, s'invite à votre table. Lentement il entreprend de se raconter, voire de se confesser. Plus il s'insinue dans votre intimité, plus votre inconfort grandit. À mesure qu'il gagne du terrain, le danger s'installe mais à votre insu. Vers quels sommets de l'horreur vous entraîne cette conversation galante ?

    D'une plume aussi serrée que juste, Maurice Henrie tisse un filet de séduction. Le protagoniste est élégant, cultivé et décidément inquiétant... « Le balcon dans le ciel » a remporté le prix Trillium et le prix Ottawa-Carleton en 1996, ainsi que le grand prix du salon du livre de Toronto en 1995.

  • « Parallèles », relate la vie de deux écrivaines, celle de l'auteure et de son amie Lucienne Lacasse-Lovsted emportée par le cancer en 1999. Heureux mélange de faits fictifs et réels, « Parallèles » témoigne d'une profonde amitié qui se dévoile avec tendresse, franchise et amour.

    Deux femmes, deux vies fascinantes, vécues en parallèle. Chez l'une, citadine européenne, le dépouillement volontaire et le refus des conventions. Chez l'autre, villageoise du Québec, l'enfermement, le refoulement, presque l'immobilité. Deux femmes d'une même génération que tout sépare et qui se retrouvent à travers l'écriture et l'amitié.

  • Dès sa plus tendre enfance, Andréanne se verra bousculée et battue par son père alcoolique et elle sera mal défendue par sa mère soumise. Très tôt écartelée entre l'amertume du passé et la crainte de l'avenir, elle s'engagera dans une fuite où l'alcool et la drogue seront ses seuls alliés. Éventuellement, elle se donnera les moyens de sortir de cet enfer et prendra en mains ses responsabilités et son destin.

  • Martine, adolescente, habite un village qu'elle souhaite plus que tout délaisser pour la grande ville. Elle sent que si elle ne s'évade pas, sa vie sera sans envergure et désespérément prévisible, ce qu'elle refuse de tout son être. Mais avec l'arrivée de Nadine, citadine charmeuse, dégourdie et audacieuse, débute une amitié envoûtante et troublante. Elle inclut forcément Antoine, l'ami et complice de Martine depuis l'enfance. L'inévitable arrive : Nadine ensorcelle le bel Antoine et Martine est ballottée par ses réactions vives et confuses.

    Ce projet a été réalisé grâce au soutien financier d'Ontario Créatif

  • Un fait divers de la petite histoire d'Ottawa connaît dans ce roman une suite imaginée.

    En 1929, Louis Mathias Auger, jeune et fier député fédéral du comté de Prescott, est accusé d'avoir violé Laurence Martel, une jeune femme de 17 ans venue demander son aide pour obtenir un emploi dans la fonction publique. Après pas moins de cinq procès, Auger est innocenté du viol, mais condamné pour séduction et incarcéré pour deux ans.

    Qu'advient-il de Louis et de Laurence après ce drame ? Les historiens n'en savent rien. Mais c'est ici que Marguerite Andersen s'approprie l'histoire. Nous saurons comment chacun a pu refaire sa vie, en puisant dans son nouvel état « déchu » les forces du dépassement de soi.

    Ce riche portrait psychologique est aussi un riche portrait d'époque où revivent les ambiances des années trente en des lieux divers : Hawkesbury, Ottawa, Kingston, Toronto, Montréal, Paris, Londres, Berlin, et Biddeford Pool, en Nouvelle-Angleterre.

  • En juin 2002, après treize ans de résidence à Toronto, Béatrice quitte la métropole pour retourner dans sa ville natale. Tout au long du trajet qui la ramène à Québec, elle se remémore les épisodes marquants et bouleversants qui ont façonné sa vie depuis son diagnostic de séropositivité en 1994 : sa rupture avec Peter, son amitié forte et durable avec Philippe, son engagement à défendre la cause des personnes qui vivent avec le VIH, sa solitude, ses angoisses et ses espoirs aussi...

    À travers son cheminement, le quotidien d'un groupe de personnes - principalement des femmes - atteintes du VIH est révélé, de même que les réalités singulières auxquelles elles sont confrontées. Le récit s'inscrit dans une époque précise - de 1994 à 2003 - et charnière pour les personnes séropositives et sidéennes qui correspond à l'arrivée des premiers traitements efficaces. Debout en clair-obscur, c'est aussi le témoignage d'une évolution sur le plan des connaissances du sida, du traitement de cette maladie et de la lente mais nécessaire transformation de l'attitude des gens face à celle-ci.

  • Après le succès retentissant des «Litanies de l'Île-aux-Chiens» - qui les ont fait apprécier -, Françoise Enguehard nous ramène, une fois de plus, aux îles Saint-Pierre-et-Miquelon. «L'archipel du docteur Thomas», son deuxième roman, s'ouvre sur la découverte d'une collection impressionnante de photographies datant du début du XXe siècle. Deux complices, un architecte et une jeune étudiante, entreprennent le beau labeur de faire connaître et valoir cette collection de photos. Celle-ci constitue non seulement un témoignage unique de la vie à l'époque à l'île, mais elle est une porte d'entrée sur la vie et la carrière du mystérieux docteur Thomas.

    Une écriture poétique, envoûtante. Et une manière de parler des îles qui exerce encore une fois son pouvoir d'attraction.

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    EXTRAIT:

    «Devant lui, au ras des vagues qui murmuraient leur mélancolie sans fin, il apercevait la lueur du phare de l'île Verte, devinait la faible lumière d'un village de la côte de Terre-Neuve et, dans cette lente renaissance de son corps aux axes de la terre, il lui semblait aborder au premier jour du monde.

    Au bout d'un moment, il fermait les yeux, enfonçait les doigts dans le sable fin - froid en surface mais qui cachait encore, dès qu'il creusait un peu, la délicieuse chaleur du soleil de l'après-midi -, et, dans le contraste étonnant qui s'imprimait au creux de sa main, il ressentait jusqu'au plus profond de lui son attachement à ce coin du monde. Le jour pouvait se lever, le soleil briller, il pouvait lui, rester là, partir, revenir dans cent ans, dans mille ans, la chaleur contenue dans ces grains de sable l'attendrait, fidèle et indifférente à la fois.»

  • L'oeuvre de Daniel Poliquin s'impose actuellement comme l'une des plus remarquées au Québec et au Canada. Signe du haut profil de l'auteur, la liste impressionnante des prix littéraires remportés, la traduction systématique de ses romans vers l'anglais et, en 2006, la consécration de son oeuvre dans le cadre d'un colloque universitaire.

    «Lire Poliquin» réunit les articles des treize chercheurs réputés qui ont participé à ce colloque, dont François Paré, Robert Yergeau, Lucie Hotte, Jean Morency et François Ouellet, le directeur de cet ouvrage. Entre autres, ils ont scruté le fonctionnement narratif des textes, abordé la construction identitaire des personnages et examiné l'attention accordée à l'oeuvre au Québec. L'ouvrage contient également l'allocution prononcée par Daniel Poliquin lui-même lors de la rencontre et un état des recherches sur l'oeuvre de Poliquin.

  • Marc Bérard, à dix-sept ans, doit tout quitter. Il doit laisser derrière lui les rues pavées, les arcades de jeu, le confort matériel de la vie en ville pour rejoindre son oncle, un guide de chasse, dans la grande forêt d'épinettes du Nord. Un endroit sauvage, peu habité, totalement à l'opposé de ce qu'il a toujours connu. Tout d'abord inquiet, décontenancé, Marc Bérard apprendra rapidement à se mesurer à son nouvel environnement. À en apprécier la rigueur et la beauté, et à faire face aux dangers constants qui le menacent. Surtout, à se fier à ses propres ressources, condition essentielle à la survie dans la forêt boréale.

  • Lors d'une courte visite chez ses parents, la narratrice s'aperçoit que quelque chose cloche dans la tête de sa mère. Maman, comme elle l'appelle tout simplement, ne va pas très bien : elle oublie, elle confond, elle se répète. Une série de signes troublants lui font penser que Maman souffre de la maladie d'Alzheimer. / C'est alors qu'elle entreprend de noter les derniers moments de la vie de sa mère. Moments partagés au cours des voyages réguliers qu'elle fera en Alsace pour retrouver ses parents vieillissants, mais aussi moments du souvenir : souvenirs de son enfance et de son adolescence, des couleurs, des odeurs et des coutumes de son coin de pays natal si différent de son pays d'adoption, le Canada, souvenirs émaillés de la langue si particulière à cet endroit. Au fur et à mesure de ses visites, la narratrice se sentira de plus en plus désemparée de voir ses parents, et surtout sa mère, ainsi vieillir et mourir sans elle. / «La petite musique du clown» livre le récit simple et touchant d'un amour maternel, celui d'une fille pour sa mère dont le fil du temps l'a séparée, mais qui sera amenée à la retrouver, fragile, vulnérable, dans le temps qui s'achève.

  • Ils sont quatre jeunes gens de la première génération à naître et à grandir dans ce rude pays qu'est le Nouvel-Ontario. Ils arrivent à maturité pendant la dépression des années 30, une conjoncture économique peu propice à la réalisation de leurs rêves. Dont le plus important, de bâtir un pays. Rose-Délima, surtout, se désespère : elle aime Donald Stewart malgré tout ce qui oppose alors les Canadiens français et les Canadiens anglais. Les liens de l'amour seront-ils plus forts que le conflit des cultures?

    Initialement publié en 1983 aux Quinze, puis repris par Prise de parole en 1986, ce roman historique est le deuxième tome de la trilogie Les Chroniques du Nouvel-Ontario.

  • Le grand livre, il y a 40 ans, c'était l'amitié partagée entre Gaston Tremblay et le regretté André Paiement, une amitié consignée dans un cahier personnel nourri par les deux. «Le grand livre», en 2012, c'est une autofiction qui raconte un moment déterminant dans la vie de deux jeunes adolescents, à une époque charnière - la fin des années soixante - dans l'histoire du Nouvel-Ontario. Albert et Paul-André ont grandi à un coin de rue l'un de l'autre, dans le petit village de Sturgeon Falls. Si leur première rencontre remonte à la tendre enfance, alors qu'ils jouaient dans le carré

    de sable, leur amitié s'est véritablement déployée à l'hiver 1967, alors qu'ils se sont accompagnés au moment du délicat passage à l'âge adulte.

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