Plon (réédition numérique FeniXX)

  • Terrorisée, Ingrid gardait les yeux fermés. Une poutrelle lui sciait atrocement le ventre, ses jambes pendaient dans le vide, soixante mètres au-dessus du sol. La voix du bourreau lui parvint dure, tendue : - Rampe ! Sous ses paupières closes, Ingrid eut le sentiment que la Tour Eiffel était prise de folie et qu'elle tournait autour d'elle à une vitesse vertigineuse...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le 30 juin 1976... Il est 9 h 03, un fourgon postal pénètre dans l'Hôtel des Postes à Lille. Deux minutes plus tard, les employés, qui transportaient les sacs déchargés du fourgon sont agressés par quatre individus. Par une porte dérobée donnant sur une ruelle, les quatre bandits s'enfuient avec les sacs. Une estafette les attendait, elle démarre aussitôt. Il est 9 h 07. Le montant du butin s'élève à 11 680 000 francs. Ce sera le hold-up du siècle. À Paris, la Direction de l'O.C.R.B. (Office central pour la répression du banditisme) charge le commissaire Henri Chenu, chef de la PJ lyonnaise, de prendre l'affaire en main. Lyon est une petite piste, mais une piste tout de même. Le grand Chenu fait la grimace, il sait qu'à Lyon, tout est toujours plus compliqué qu'ailleurs. Après de multiples investigations, le commissaire Chenu acquiert la conviction qu'il s'agit bien d'une bande qui vit au-dessus de ses moyens réels, a un comportement étrange, une méfiance à toute épreuve : une bande qui va être baptisée : le gang des Lyonnais. Pour le démanteler, le commissaire Chenu et son équipe mettront trois années d'une obstination incroyable. Une véritable traque qui s'achèvera en un combat douteux.

  • Saluée par les flashes des journalistes et par un tonnerre d'applaudissements, Nadia exécuta une révérence parfaite sur le podium. Tendant son visage radieux vers la lumière, elle vit la main trop tard. Un liquide lui brûla atrocement les yeux. Du vitriol. Dans la salle, un parfum à base d'orange et de lavande se diffusait. Celui de la Dame en gris...

  • Cloé Larrieux n'avait plus qu'une faible lueur de conscience. Le cerveau embrumé, le corps abandonné, elle flottait à l'intérieur du caisson de relaxation, portée par le mélange de magnésium d'algues marines. Un merveilleux moment hors du monde... Dans l'obscurité, elle sentit une présence. Un homme. Qui avançait vers elle. Cloé sourit, et dans le noir, ses dents blanches luirent comme une menace.

  • Du canal en bas leur parvenait la musique stridente du Carnaval. Venise... devenue pour un jour le lupanar de l'Europe ! Il y eut un déclic, la ceinture desserra son étreinte et Marie-Claire fut inondée par les délices de sa liberté retrouvée. Brutalement, la main du prince s'enfourna dans son ventre. Elle se tendit, crucifiée sur le marbre.

  • Quand on passe la quarantaine au commissariat d'Argenteuil, on voit les choses en noir. Ce patelin, c'est la mort du métier de flic. Les crimes sont rares. Les beaux crimes qui sortent de l'ordinaire, pas les petites affaires d'Arabes assassinés, ou de gosses abattus en légitime défense. Heureusement pour le commissaire Paoletti et ses fidèles inspecteurs, le rabbin Elie Cohen vient de trouver une tête dans la synagogue. Et la patrouille ramasse un corps qui ne va pas avec. Le tranchant est aussi net qu'à La Roquette dans le temps. L'arme du crime est une guillotine. Une arme d'esthète. Et, c'est bien le plus surprenant, à douze kilomètres de la Porte de Clichy. Et pourtant, il faut peut-être aller jusque-là pour retrouver le climat drôle, émouvant et parfois violent, qui a fait le charme des films de Marcel Carné.

  • Ce n'est pas si facile de refuser quand une femme vous offre sa tendresse. Surtout quand on rencontre une sublime menteuse et faiseuse d'embrouilles comme Jane Liverpool. Joe Caneloni, 38 ans et un passé à histoires, a mis les pieds dans un drôle de plat quand il s'est lancé à la poursuite de l'infidèle. Un plat qui a la forme d'un camion vert pomme, bourré d'une demi-tonne d'héroïne. Comment s'en sortir, quand on doit traverser l'immense sierra Madre avec ces messieurs de la mafia, les flics et le F.B.I. au derche ? Qu'allait donc faire la môme Jane dans cette magouille, sur cette route parsemée de cadavres ? Le piège se referme sur nos deux aventuriers. Quel est donc le maître du jeu à Golden City ? Les flics, les politiciens, le truand... ou la môme Jane ? Avec une complicité tendre et ironique pour ses personnages, Anna Karina se révèle la digne héritière des grands maîtres du roman policier américain.

  • Maryvonne Miquel a découvert, en Beaujolais, une vraie mine d'argent du XVe siècle, mise au jour par les chercheurs de la Sorbonne et du CNRS, au milieu des vignes, dans une vallée sinueuse. C'est la mine de Pampailly, que fouillent, dès 1444, des Allemands employés par Jacques Coeur, le grand financier du roi. Le maître de la mine, Hans Brohart, enjeu de la guerre des mines entre la Bourgogne et le royaume, a une femme jeune et belle... trop jeune et trop belle. C'est le point de départ d'une cavale amoureuse entre Eva Brohart et le jeune imagier Franz, qui nous conduit à descendre le Rhône avec les radeliers de Savoie, jusqu'aux États du pape, aux Salins de Provence, puis à naviguer sur les grandes galées en partance pour Venise et l'Orient. On retrouve dans le roman, les personnages familiers des deux précédents livres de Maryvonne Miquel : Copillon et Guillot, les Lorrains, et le Gascon Croquemaille, confrontés à de nouvelles aventures, en ce terrible XVe siècle où la guerre anglaise fait rage. Après Les groseilles de Vaudémont (années 1429-1431) et Les sabots de la Vierge (années 1433-1434), Maryvonne Miquel offre avec L'anneau de la colombe (année 1444) une véritable fresque du XVe siècle : les passions des hommes et des femmes de l'époque, les détails de leur vie quotidienne, la ronde des heures, au fil des saisons et des paysages, sont puissamment évoqués par cette romancière réaliste, reporter - au sens contemporain du terme - de l'époque qu'elle décrit.

  • Georges Blond fait revivre l'une des plus gigantesques et des plus effroyables expéditions maritimes de tous les temps. Parce qu'une reine a fait périr atrocement une autre reine, déclenchant l'une des guerres les plus insensées de l'Histoire, Philippe II d'Espagne, assuré de pouvoir envahir l'Angleterre, de l'asservir et de changer sa religion, lance sur la mer plus de 130 navires portant plus de 30 000 marins et soldats. L'Angleterre, malgré sa puissance navale et l'habileté de ses grands amiraux, tremble. L'Europe retient son souffle, devant ce face-à-face de deux géants. Le troisième combattant de cette épopée tragique, c'est la mer. Les tempêtes de la Manche et de la mer du Nord assaillent les orgueilleux galions espagnols. Elles aident les illustres Drake, Frobisher, Hawkins, et autres, à déployer leurs talents au cours de rudes batailles. Finalement, tout s'achève sans invasion, et sans conquête. Sur le chemin du retour, d'autres ennemis attendent les Espagnols : la soif, la faim, le scorbut, la dysenterie. Des bandits massacrent les naufragés sur les côtes de l'Irlande. Les marins et les soldats de l'Invincible Armada sont éprouvés jusqu'au désespoir. Et, des derniers navires, débarquent une armée de spectres... Georges Blond a eu l'heureuse idée de donner la parole à l'Escritor, toujours embarqué à bord du navire amiral. Chargé de tout voir, et de tout noter comme un reporter scrupuleux, il raconte en direct la réalité quotidienne de cet enfer, ses drames, ses révoltes, ses visions d'épouvante. Un grand livre d'aventure, haut en couleur, qui fera rêver et frémir tous ceux que passionnent la mer et l'Histoire.

  • En 1920, les fantômes de la guerre s'estompent et Paris renoue avec les plaisirs. La liberté prend une allure de fête à laquelle Judith Fontange, en quittant sa trop sage province, a décidé de participer. Emportée dans le tourbillon des années folles, elle choisit le luxe et affiche son originalité en créant des bijoux de rêve. Parviendra-t-elle à s'imposer dans le monde magique et mystérieux des pierres précieuses ? D'Anvers, capitale du diamant, à l'Égypte où Howard Carter découvre le trésor de Toutânkhamon, elle poursuivra, accompagnée d'hommes auprès desquels elle cherchera l'amour, une quête tumultueuse, qui transformera la petite fille éblouie de ses débuts, en une femme conquérante et passionnée.

  • Géo plaqua sa formidable main sur la table de Ryard : - Je vais m'infiltrer dans la bande de Veslot. Pour ça, il faut que je sois traqué... Et le meilleur moyen, c'est de l'être en réalité... Laissez vos services me harceler, me persécuter. - Vous risquez gros, grogna le directeur de la Sûreté du Territoire. - C'est mon métier. - Drôle de métier... Drôles de méthodes.

  • La vie grise et monotone de Wayne cesse quand il débarque à Miami, tombe amoureux de Lisa, une jeune femme au sourire lumineux et désabusé, et découvre, dans la cocaïne, le ressort qui lui a toujours manqué. Quelques semaines plus tard, à la barre d'un grand voilier qu'il vient d'acheter, il part pour les Bahamas en compagnie de Lisa. C'est le début de ce qu'il croit être sa nouvelle vie. Un soir, il découvre, dissimulé derrière la cloison d'une cabine, un étrange journal de bord, un récit, celui d'une croisière, dont le sillage mène à une hallucinante découverte sur le tombant d'un récif : un sous-marin de poche, des noyés, et quatre sacs de toile grise supposés contenir 50 millions de dollars. Il y a plus. Un autre journal, terrifiant, pervers. Une confession. Celle de Shylock, un tueur à la personnalité dédoublée, dont les victimes sont retrouvées étrangement mutilées. Une vague de sang et de terreur est venue troubler le bleu de l'océan. Qui est Shylock ? Carlos Escalante, un Mexicain taciturne et dangereux ; Negru, un peintre surréaliste en vogue, au passé douteux ; Miller, un financier avide et sournois ? Mais Shylock existe-t-il vraiment ? Tandis que Wayne s'enfonce lentement dans le désarroi, pour Lisa c'est le début d'une recherche difficile dans ce qui deviendra, très vite, les dédales d'un labyrinthe où se croisent les ténèbres, l'imposture, et la mort.

  • Debout, le visage aussi inexpressif qu'un masque, se tenait une femme blonde. Un corset baleiné noir et lacé dans le dos la serrait à l'étouffer. Dans sa main droite, elle tenait un petit objet vert qui montait et descendait avec une précision diabolique vers l'homme, entravé sur un lit près d'elle. Un yoyo. Un simple yoyo. Avec quatre lames de rasoir collées à l'intérieur...

  • Le Scania d'Alfred Desiderio approchait la frontière italienne. Puissant et tranquille, semblable à des milliers d'autres camions. Mais sa remorque avait un double fond et dans l'habitacle minuscule, camouflé derrière des amoncellements de matériel hi-fi et vidéo, quatre filles endormies depuis le départ de Paris...

  • Les murs de la chambre étaient capitonnés comme la porte. Il y avait des doubles vitres à la fenêtre. - Du dehors on entend rien de ce qui se passe ici, expliqua Marc Loiseau, en décrochant une cravache. A poil et vite ! La secrétaire se déshabilla en tremblant. Elle ne pouvait pas se permettre de désobéir à monsieur Loiseau. C'était son patron.

  • Le célèbre chef d'orchestre tressaillit violemment au moment où Estelle poussa son long gémissement, de plaisir. Il ferma les yeux, submergé par une excitation sauvage. Cette voix de femme, chantant, modulaire son désir, le plongeait dans une ivresse inouïe. C'était celle qu'il cherchait depuis des années, celle dont il avait tant besoin pour composer sa grande Symphonie Érotique. Le musicien fixa longuement Estelle à travers la glace sans tain. Elle était en sa possession, à tout jamais...

  • Ses yeux ne s'allumaient que pour deux choses. Le meurtre. Et l'amour. Le prisonnier avança la bouche vers les lèvres gonflées de Jane et ses mains se mirent à pétrir le corps souple et tiède qui se laissait faire avec un total abandon. Il était qu'aucune violence ne lui tirerait le moindre mot. Le gardien, témoin paralysé de la scène, le savait mieux que quiconque.

  • Marie de Malortie quitte le domaine familial, en Normandie, pour accompagner son père qui participe, comme la plupart des représentants de la noblesse, aux états généraux à Versailles. Malgré elle, Marie se trouve plongée dans un climat d'intrigues. La décomposition de la monarchie, les hésitations du roi, la montée en puissance de Robespierre, extraordinaire tribun, sont décrits de façon saisissante. Alors que la situation empire à travers le royaume, où des bandes armées, poussées par la famine, terrorisent les campagnes, les Malortie restés fidèles à la monarchie, vont être mêlés à la fuite du roi à Varennes. Pour Marie et les siens, tout bascule soudain avec la rapidité des grandes tragédies. Complots, vengeances, exaspérations, tournent à la frénésie sanguinaire et la jeune femme, dont le coeur hésite entre deux hommes, connaîtra la mort, avant même d'avoir découvert l'amour. Grand roman historique, La cocarde noire a le charme d'un roman d'aventures.

  • Jamais elle n'aurait imaginé se voir accueillir par un quadragénaire déculotté. Surtout par quelqu'un d'aussi timide et complexé que son voisin. Elle rit et s'avança, tranquille. - Alors pépé, fit-elle en se cambrant, c'était donc ça. Je vous fais peur ? C'était juste ce qu'il ne fallait pas dire et elle le comprit instantanément.

  • La fille l'avait repéré au Papagayo sur le port de Saint-Tropez. Elle était maintenant sous lui, totalement offerte. Il enfouit son visage dans son cou. Et aussitôt le délire de ses sens repartit. L'odeur féminine, la sueur et le parfum mélangés... La chimie précise qui affolait toujours Errol Gimondi.

  • Ling, cambrée, la poitrine fabuleuse, n'avait plus sur elle qu'un collier de jade lourd enroulé plusieurs fois. Elle dénoua son chignon et se mit à aller et venir devant Boris. Soudain, une silhouette surgit en pleine lumiere. C'était l'homme à l'oeil de verre.

  • Seule différence avec les cocktails et soirées habituels donnés sur l'Atalante, les couples étaient tous composés du même sexe, les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes et, chaque fois, celui ou celle qui tenait le rôle de « l'épouse » était dans une tenue à la limite de l'indécence.

  • Sur l'écran se déroulait la séquence filmée à peine un quart d'heure plus tôt. Devant l'unique spectateur, athlète, aux cheveux de lin, Marie-Martine Parker et Tagore se livraient, en gros plan, à une scène d'amour démente. Philippe Delvau faisait partie d'une catégorie très spéciale de voyeurs...

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