Gallimard Jeunesse (réédition numérique FeniXX)

  • En cette année 1946 s'ouvre, dans la ville détruite de Nuremberg, le procès des principaux criminels nazis. Rachel, une jeune interprète juive, s'apprête à affronter les mots, les visages, les témoignages insoutenables qui rouvriront des blessures encore récentes. Elle ignore qu'elle va rencontrer son destin. Il s'appelle Boris et il est officier de l'armée Rouge. Dans les bras l'un de l'autre, ils essaient d'oublier qu'ils sont à la fois des symboles et des victimes. Sourds et aveugles à l'Histoire qui broie les êtres, ils veulent de toutes leurs forces essayer de croire en leur avenir...

  • Rollo, écrivain en panne, a trouvé refuge dans une vallée perdue de la campagne française. Son unique désir : faire enfin cracher à son Olivetti le roman à succès qui le remettra en selle. Mais d'étranges phénomènes se produisent dans ce village oublié : la peur règne ; un illuminé, le comte Alexandre de Lazan, prédit l'Apocalypse et la fin du monde, ce qui lui permet de maintenir la communauté sous sa domination. Mais où est la réalité ? Qui dit vrai ? Rollo ? Le comte ? Le psychiatre dont les inquiétants rapports ponctuent le récit ? Et si tout cela n'était qu'un rêve ?

  • Je traverse cette rue oui ou non? Est-ce que je suis absolument convaincu d'aimer la raclette? Est-ce que je pourrais me battre pour défendre le système de santé à Cuba? Albert est un indécis. Il hésite aussi bien devant un menu au restaurant que dans ses choix politiques. Il réfléchit avant, et après. Que va-t-il se passer si cette femme prononce devant moi le mot «bouche»? Pourquoi lui ai-je dit que j'étais pressé? Entre deux tours d'élections municipales, il rencontre trois jeunes femmes déterminées qui, tour à tour, vont le provoquer et l'aider à traverser la rue, à s'approcher un peu plus de lui-même.

  • Comme au billard. Deux billes blanches et une rouge. Les deux billes blanches : le flic et l'assassin. Le jeu : qu'elles se rencontrent. Mais, pour cela, la première bille blanche a besoin de la rouge. Et cette bille rouge, c'est la victime. Valentine avait le bras dans le plâtre, Mamounette écrivait des haïkaï, Robin s'inquiétait pour les Dupondt. Et moi je partais à la recherche de la vérité... entre les murs de l'hôpital Boucicaut... entre la solitude d'un homme et son chat... et en rebondissant sur un ancien casse de bijouterie qui datait de treize ans avec, sous les yeux, le costard pied-de-poule d'un vieux truand ringard et ses chaussures en croco.

  • Philémon Frigo, alias Patate Fragile, n'est pas né sous une bonne étoile. La preuve ? Alors qu'il rêve d'écrire des romans palpitants, le voici contraint de vendre une cargaison de mauvais polars aux pensionnaires de l'Hôtel du Lac, un camp de vacances très chic. Et pourtant... le jour de son arrivée, un moniteur de voile est retrouvé mort. Assassiné ? Philémon n'ose croire à sa chance : il tient enfin le sujet de son futur roman ! Mais on découvre bientôt un deuxième cadavre, puis un troisième. Qui fredonne une comptine, avant chaque meurtre, d'une voix aiguë et railleuse ? Qui est l'auteur des mystérieuses lettres que le lecteur découvre au fil du récit ? Qui se prête à cet enfantillage... diabolique ?

  • Mai 1965. Dans le jardin d'une maison de la banlieue parisienne, le Hardy cingle vers le Canada, toutes voiles dehors. À son bord, deux explorateurs d'une dizaine d'années, Sam et le Gros Jo, s'apprêtent à débarquer sur une terre hostile. À l'autre bout du jardin, le père de Sam, astronome au Bureau des Longitudes, a aménagé une caravane dans laquelle il joue, en secret de sa famille, à la Loterie nationale. C'est là aussi qu'il travaille au grand projet de sa vie : le lancement en France d'un Loto sur le modèle du Loto allemand. Que sortira-t-il de cette caravane et des dossiers de M. Arnaut ? Des millions ? Une nouvelle vie ? Dans un temple découvert lors de leurs explorations, Sam et Jo se mettent à invoquer les dieux pour que M. Arnaut gagne le gros lot et que le rêve soit, enfin, plus fort que la réalité...

  • Depuis hier, je suis une héroïne de roman. Dans le lointain, je perçois le bruit du rasoir électrique de Mathieu. Je vais patiemment attendre qu'il ait fini de se raser avant de me jeter sous la douche. Je dois respecter le programme que je me suis fixé hier. Je dois être irréprochable. Quand, dans vingt ans, maman découvrira, par hasard, la vérité au détour d'une conversation, elle devra tomber des nues.

  • Qui sera couronné meilleur détective du monde et empochera les quatre cent mille francs-or légués par feu le baron de Mâchefeuille ? Le jury réuni pour en décider, dans le château du défunt, rassemble le gratin international de l'enquête privée. Huit limiers, également imbus de leur personne et aussi teigneux les uns que les autres, chacun d'eux intimement persuadé de mériter seul la palme... et le magot. Le brigadier Pascalin, que les dernières volontés du baron ont placé en observateur de ce panier de crabes, espère que l'élection ne traînera pas. Hélas, voici que des crimes énigmatiques déciment le jury. Le brigadier part à la pêche à la ligne, les survivants s'observent avec méfiance... Où se cache le meilleur détective du monde ?

  • Au fond de la galerie, l'écran rouge attend. Un rouge menaçant, envoûtant. Un rouge guet-apens. Impossible de ne pas l'acheter, de ne pas emporter la toile pour la contempler à loisir, toutes portes fermées... Mais attention ! Ce tableau possède d'étranges pouvoirs...

  • Cela fait deux cents ans que le grand cerf albinos trompe les chasseurs, deux cents ans qu'il apparaît, de loin en loin, au bord de l'étang de Soulas. Toune, elle, ne l'a jamais vu. Mais ce dimanche ne ressemblera à aucun autre...

  • Le grand-père de Victor, Felicio Fernando, surnommé Féfer, bourru, élégant, fascinant, ne mourra jamais... et pourtant il se fait vieux. Une nuit, à travers les marais, il conduit son petit-fils au coeur de ses souvenirs. Le sable a recouvert les manèges, les roses trémières ont envahi les baraques foraines. Calé dans une nacelle de la grande roue, Victor ferme les yeux. Féfer avait quinze ans. Du passé resurgissent Giant le nain londonien, Oui-Non le fakir philosophe, Rêve la femme sans corps, Archibald le peintre forain, M. Éclat le projectionniste, Lilas la gentille allumeuse qui sent la vanille. Et surtout Marine, la princesse du grand carrousel que Féfer a peint aux couleurs de la mer. Au matin, le grand-père s'est éteint. Mais, dans le coeur de Victor, les lumières de la fête à Féfer ne cesseront jamais de briller.

  • Georges Grandin était du genre méticuleux. Avant de se mettre au lit, il avait préparé ses affaires de cycliste pour le lendemain. Il n'avait pas non plus oublié d'avancer ses pendules pour les mettre à l'heure d'été. Et puis il s'était fait tuer dans la nuit, dans son salon et dans son pyjama. Pour l'inspecteur Yann Gray, cette enquête avait des relents d'amitié amère, des odeurs de guidoline et des allures de dérailleur...

  • Luigi, stupéfait, voit apparaître sur le mur de sa chambre deux yeux bleus... vivants. Il se met aussitôt à peindre des fresques destinées à plaire à ces yeux mystérieux. Une petite fille qui souhaite ardemment gagner le gros lot de la loterie organisée par l'épicier du village, fabrique un faux billet gagnant. Un agrégatif de philo, surnommé Phédon, régale l'inspecteur d'un sandwich à la ciguë. Antoine et le clown Glouglou se livrent à un drôle de marché noir... Poésie, fantaisie, humour parfois féroce : onze nouvelles où quotidien et fantastique font bon ménage.

  • À la mort du vieux Piérel, le petit Romain a hérité de la photographie d'une ville, Drêve, qui n'existe nulle part sur terre. Il grandit, mais le mystère de Drêve ne cesse de le hanter. Un jour, un phénomène inexplicable l'arrache à notre monde et le précipite dans une vallée hors du temps, où se dresse la mystérieuse cité. Là, Romain découvre, à sa grande stupeur, qu'il a un passé, des amis fidèles, un adversaire résolu en la personne du chevalier Mérol ! Et, surtout, que l'éblouissante et énigmatique Demoiselle aurait été sa compagne en des temps qu'il ignore...

  • Victor, le héros du Carrousel des mers, a quinze ans. Les marais de Saintonge, berceau de ses souvenirs d'enfance, deviennent trop petits pour un adolescent en mal d'aventure. Ce sera Paris et le café montmartrois de Mme Lutte, le Café de la Lune. Un client de passage conduira Victor vers le chapiteau d'un cirque tsigane planté dans un terrain vague. Un cirque pas comme les autres où la lune est aussi à l'honneur, la lune qui fait la part belle à la musique, à la poésie et à l'amour... Victor s'en montrera-t-il digne ?

  • Les copains qui y figuraient me venaient presque tous de l'enfance. Leurs adresses, périmées, dessinaient dans mon esprit le plan d'une ville disparue. Le second répertoire cachait des amis de caverne, de catacombes ; des personnages dont la voix, au bout du fil, sentait l'alcool. Je portais le troisième sur mon coeur, et tâtais souvent la poche de ma veste pour m'assurer qu'il était bien là. Il me servait en cas d'urgence, lorsque les voitures, au milieu des carrefours, me cernaient. Sur le dernier enfin, je n'acceptais que des êtres élus, pour qui j'eusse été prêt à mourir sur-le-champ. Ainsi, je me croyais paré.

  • Je viens des pays pauvres. J'ai vécu. Je n'ai peur de rien. Je suis rentré clandestinement en France et j'ai été arrêté par les flics. J'ai eu du bol soit dit en passant. J'ai pu leur filer entre les doigts. Aujourd'hui, je suis dans un pays où tout le monde peut venir. Sans distinction de races ni de religions. Un pays sans contours. Sans frontières. Le pays de tous les hommes. Moi qui n'ai rien choisi ni rien décidé, j'ai voulu écrire pour dire ce que je pense de la vie et des charters, de la politique mesquine des ministres et des experts, et de notre présence sur terre. Notre présence à nous, les hommes, nous, bâtisseurs de murailles et de frontières, nous, créateurs d'exclusions.

  • La dernière fois qu'ils se sont vus, il a ramassé des capitules de bardane et il les a lancés sur elle et elle a dit pas sur les cheveux, sois gentil, surtout pas sur les cheveux, ça colle comme une teigne ces machins - là, impossible de s'en défaire. Il ne lui en a pas lancé sur les cheveux. Il riait... Il ne savait pas encore que les rêves durent seulement aussi longtemps que dure la nuit. Et qu'au lever du jour, c'est autre chose qui vient. Quelque chose comme la bardane par exemple.

  • Elle n'a pas encore choisi de vivre. Elle a peur de la solitude, de l'ennui, des amours déçues. Alors elle part, confronter le monde extérieur, embrasser les confins guerriers du monde - Liban, Algérie, Rwanda, Soudan : au milieu des conflits du Sud, elle comprend la part belle des choses, le désir acharné de vivre. En route, ils lui ont été transmis, elle les transmet à son tour. Entre carnet de bord et journal intime, Dominique Sigaud oppose la violence du réel à l'âpreté de l'expérience intérieure, sous une plume acérée, à bout portant.

  • Angelo Maillart, à treize ans, quitte ses parents pour entrer dans un internat. Après son récent retour du Maroc, l'adolescent vit cette séparation comme un autre arrachement. D'autant plus que son séjour en pension commence par une mise en quarantaine. En effet, Angelo a refusé de se soumettre au rituel du bizutage... Il lui faut aussi relever les défis narquois lancés par Benoît Fargue, le meilleur élève de la classe. Mais Angelo rencontre, un jour, Marcel Pierre. Marcel a combattu dans les tranchées durant la guerre de 14-18 et en a ramené un roman intitulé Des ombres dans la boue. Ses confidences passionnées fascinent Angelo, qui apprend auprès du vieil homme que, grâce à l'écriture, on peut retenir le temps, changer la nuit en jour et le chagrin en joie...

  • À travers le prisme des verres épais qui la protègent du monde, Nina peut évoquer le fantôme de son grand-père et lui parler. Le jour où ses lunettes se cassent, elle a recours à Ma' Solena, la magicienne. Le voyage sur le continent, pour les réparer, va devenir le prétexte d'une étrange et fabuleuse initiation... Nara, une adolescente violemment marquée par la guerre, fuit Beyrouth. Dans la maison de sa grand-mère, elle va réapprendre la vie, le rythme des saisons, l'amour... Vera est la proie de rêves intenses, envoûtants, qui l'intriguent et l'émerveillent ; mais un jour, elle croise un jeune joueur de flûte et s'aperçoit que, victime des sortilèges de l'île qu'elle habite depuis peu, elle est devenue invisible... Trois récits sensibles et poétiques, qui cernent avec subtilité les émois et les découvertes de l'adolescence.

  • Ses mains coupées, tombées sur ses genoux, en un geste grotesque de prière, le sang jaillissant à jets irréguliers, ses yeux s'agrandiraient à n'en plus finir, sa bouche hurlerait des paroles noires, on en finirait enfin avec le silence, les voix douces et les pas glissés, avec les éloges et les parures, on pourrait déchirer les fleurs et mordre la terre, et refuser... Jeanne, Louise : deux petites filles liées par une enfance secrète et violente, depuis le jour où un vagabond a saccagé le palais qu'elles avaient bâti autour d'une carcasse de cheval, dans un terrain vague en lisière de Paris. De récit en récit, à voix alternées, le destin de ces deux femmes se dessine, se tresse, se déchire à la vie de tous les jours, à la vie rêvée, à l'implacable réalité. Un style extrêmement serré, dense, qui traduit une violence sourde et contenue, celle des sentiments de Jeanne et Louise.

  • Un vétérinaire troué de trois balles de 6,35, voilà qui me promettait d'étonnantes rencontres... Avec un lézard vert du Nil et un mandarin jaune, mais aussi avec des amateurs de piafs, des fans de siffleurs, tout un petit monde qui gravite entre le quai de la Mégisserie et le marché aux oiseaux du dimanche, dans l'île de la Cité. J'étais amoureux de Soledad, pour qui j'ai loupé un pain de poisson aux champignons - c'est dire ! Valentine exposait des peintures contemporaines à faire pisser de peur le lézard Zazard, et Robin récoltait de mauvaises notes en géo parce qu'il plaçait la place Rouge au Cap-Vert. Mamounette, au sommet de sa forme, se lançait dans une nouvelle interprétation des prédictions de Nostradamus. Ça promettait. Ce serait aussi une histoire de coeur. D'humain comme de piaf.

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