Seghers

  • Les yeux d'Elsa

    Louis Aragon

    À la gloire de la femme aimée, Aragon, le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poèmes.
    " Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon coeur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent. " Pétrarque a chanté Laure, Ronsard Hélène, Lamartine Elvire, c'est à Elsa qu'Aragon donne ses poèmes qui sont au nombre des plus beaux chants d'amour qu'un poète ait écrits.
    La présente édition intègre la préface que Louis Aragon rédigea en février 1942, ainsi que trois textes en prose particulièrement éclairants : " La Leçon de Ribérac ", " La Rime en 1940 " et " Sur une définition de la poésie. " Enrichie d'une postface de Lionel Ray et de documents iconographiques rarement publiés, elle est une invitation à lire, ou relire, l'une des oeuvres majeures de la poésie française.

  • Ce volume rassemble la totalité des poèmes écrits par René Guy Cadou dans sa courte vie : il est mort en 1951 à l'âge de trente et un ans. Sa notoriété est attestée aujourd'hui par sa présence dans la plupart de la poésie française du XXe siècle ainsi que par les des anthologies travaux universitaires consacrés à son oeuvre, qui ne cessent de se multiplier.
    " Son oeuvre, écrivait Claude Roy à l'occasion de la première édition de ce volume, doit réconcilier avec la poésie un très vaste public. Elle est robuste et familière, ancrée dans la vie quotidienne la plus simple et la plus humainement banale - radieuse et altière cependant. René Guy Cadou donne dans chacun de ses poèmes une grande leçon, qu'on croit connaître et qu'il faut pourtant réapprendre : la poésie est la lumière de chaque jour pour qui sait ouvrir les yeux sur la vie réelle. "

  • " La grande liberté de la poésie de Cadou ne s'enferme pas dans ses propres mots. Ses dialogues de poète avec l'esprit du trobar, du romantisme allemand (Schubert, Hölderlin, Novalis), de Whitman, de ses frères en poésie, de Max Jacob surtout, ont permis une grande oeuvre lyrique. [...]
    Hélène ou le Règne végétal, livre lumineux, devient ainsi une cathédrale végétale. "
    Luc Vidal (extrait de la postface)
    Chant d'amour à une femme et exaltation de la nature, ce recueil de René Guy Cadou (1920-1951), parfaitement emblématique de l'École de Rochefort, apparaît aujourd'hui comme l'un des plus poignants de notre littérature.

  • Me voici Animal marin de la poésie Je sens gronder en moi la colère des foules Je sens vibrer en moi leur rage de vivre Tels sont les vers par lesquels débutait, en 1945, le premier recueil d'un jeune poète haïtien de langue française : René Depestre

  • "Certains poètes contemporains donnent l'impression de n'être que des cerveaux, de purs produits de matière grise tarabiscotée. Quelques mots sur une page, des collisions verbales aléatoires, un vague tropisme mallarméen, un culte du mot seul, une religion de la phrase pour elle-même, une manie du blanc et de l'espace, de quoi générer un autisme de bon aloi, et s'assurer qu'on ne sera pas lu, aimé, compris", écrit Michel Onfray dans la préface de ce recueil.

  • Par cette anthologie, Aragon intègre la famille des poètes qui ont chanté Paris et décide de sa filiation en donnant à relire, comme en surimpression, les tableaux parisiens de Baudelaire, les poèmes d´Apollinaire, le Paris de Francis Carco et de Robert Desnos, compagnon de route du surréalisme.Mais Paris est également le théâtre où se joue l'histoire d'un amour écrit aux portes de la légende: celui que le poète voue à Elsa, rencontrée en 1928. Il ne se contente pas de célébrer les endroits que le couple fréquentait: à travers Elsa, il retrouve l´empreinte affective que le temps a laissée sur les murs de la capitale. «En intitulant son recueil Il ne m'est Paris que d'Elsa, Aragon faisait plus que mettre en miroir deux mythes qui lui sont propres, il donnait une définition de lui-même et de son écriture. Tout comme Paris et le monde en général ne peuvent devenir sensibles au poète que par la médiation de l'Autre, le poème sur la ville découvre, dans la brèche qu'ouvre la voix d´autrui, la première césure qui donne naissance au chant. Poésie de la rencontre et du dialogue, la romance d´Aragon trouve dans Paris, ville d´histoire et de mots, plus qu´un écho, un interlocuteur.» (Sylvie Servoise, auteure de la postface)

  • Avec Une vague de rêves,c´est un texte splendide tombé dans les oubliettes de l´histoire littéraire qui revoit le jour. Légèrement antérieure au Manifeste de Breton, et rédigée dans une langue qui est moins doctrinaire que la sienne, Une vague de rêvesest l´un des textes fondateurs du surréalisme. Publié pour la première fois en octobre 1924 dans le numéro 2 de la revue Commerce que dirigeaient Paul Valéry, Léon-Paul Fargue et Valéry Larbaud, ce texte d´Aragon appartient de plein droit à l´aventure du surréalisme, ses expériences, sa théorisation et sa mise en oeuvre littéraire.Aragon y exprime la fascination que lui inspire l´univers du rêve, les " Rivieras de l´irréel ", les frissons du délire et l´écriture du désastre. Ce texte témoigne également d´une incapacitéà supporter la contradiction entre son implication dans le mouvement surréaliste et l´aspiration à l´écriture romanesque. Les phrases qui " cognent à la vitre " du sommeil seront le point de départ des romans à venir.

  • Ce volume rassemble deux recueils de Guillevic publiés par Pierre Seghers au début des années 1950 : Envie de vivre (1951) et Terre à bonheur (1952).
    De l'aveu même du poète, les textes qui composent cet ouvrage furent écrits " dans une période de créativité difficile ", dominée par le contexte très particulier de la guerre froide. Un demi-siècle plus tard, l'erreur serait de croire que ces poèmes empreints de militantisme n'ont plus rien à nous dire. Devant la menace d'un conflit planétaire, face au pessimisme de l'époque, Guillevic rappelle avec force, lyrisme et conviction, que la terre est faite pour que les hommes y vivent heureux ; qu'elle est faite pour le bonheur.
    Cette réédition inclut des manuscrits autographes inédits, inventoriés et mis au jour pour la première fois. Brouillons et variantes, ratures et biffures font entrer le lecteur dans l'atelier où l'oeuvre s'est élaborée, témoignant du travail par lequel l'artisan du langage donne corps à la poésie qui le traverse.

  • "Ces lettres de jeunesse éclairent de façon décisive la posture singulière d'Éluard, en prouvent la sincérité et la cohérence en en exposant la genèse. Il est émouvant certes, mais aussi intellectuellement passionnant de voir comment de quatorze à vingt-quatre ans le jeune Eugène Grindel apprend à vivre à l'exact confluent des forces les plus antagonistes : la maladie, la guerre d'une part ; l'amour, la poésie d'autre part. La morale positive, alpha et oméga de toute l'oeuvre d'Éluard, qui veut que l'on affronte et dépasse sans cesse les raisons incessantes du désespoir, ne relève pas de quelque spéculation naïve, d'un idéalisme adolescent exalté. Elle est née, chacune de ces lettres ici le prouve, de l'expérience objective, des réalités vécues contradictoirement par le jeune garçon." Jean-Pierre Siméon (extrait de la préface)

  • Le Voyage de Hollande ne fait pas partie des livres les plus connus d´Aragon, mais n´en demeure pas moins une oeuvre majeure dans laquelle on retrouve les grandes thématiques du poète, la douleur d´aimer, le jeu, le miroir, le double, et une matière humaine d´une profondeur peu commune. Après avoir rééditéLes Yeux d´Elsaet Il ne m´est Paris que d´Elsa,les Éditions Seghers devaient offrir une nouvelle vie à ce grand livre introuvable depuis près de vingt ans.

    Les poèmes qui composent ce recueil relatent moins le "voyage en Hollande" qu´ont effectué Louis et Elsa au cours de l´été 1963 qu´ils ne nous invitent à voyager dans un espace, réel ou onirique, qui fascinait déjà Baudelaire. "Le voyage de Hollande peut être voyage pictural ou exil puisque, après Descartes, plus d´un écrivain français a cherché refuge en ce pays", explique dans sa postface Michel Besnier.

    Poète courtois égaré au vingtième siècle, Aragon parle ici aussi de l´amour au passé. En 1963, le temps a fait son oeuvre ; bientôt les amants ne seront plus. Cette dimension temporelle explique la tonalité des poèmes sur lesquels se clôt le recueil.

  • " Le génie de Paul Éluard est d'avoir concentré, en quelques dizaines de pages, tous les ressorts du poétique en deçà et au-delà de sa définition fossilisée en vers comptés / rimés. [...] On trouve dans cet opus, apparent fourre-tout en vérité, n'en doutez pas, scrupuleusement composé, mieux que dans un austère traité académique, un répertoire dynamique des formes poétiques possibles, celles notamment qu'ont explorées les poètes des cinquante dernières années : vers libres, poème en prose, aphorisme, poésie sonore, poésie concrète, lettrisme, ready-made, accumulation, etc. On en tirera la meilleure des conclusions : la poésie n'est pas ceci ou cela, elle est ceci et cela, multiple, diverse, imprévisible. "
    Jean-Pierre Siméon (extrait de la préface)

  • « Être, à chaque mot, contemporain du premier homme : Adam des mots » : telle aurait pu être la devise de celui qui partagea sa vie entre son amour de l´écriture et sa passion des civilisations anciennes. Plus célèbre pour ses romans et ses récits de voyages, il a toutefois eu un véritable parcours poétique, plus discret mais issu de rencontres déterminantes, parmi lesquelles le surréalisme avec André Breton, la négritude avec Aimé Césaire, les grands classiques de la Grèce antique, avec la traduction de Sophocle ou d´Hérodote ou la peinture de Giorgio de Chirico. S´ajoute à cette liste celle des voyages, des traversées : Patmos, l´archipel des Cyclades, le Mont Athos, mais aussi la France, entre campagne et ville.
    Celui qui chemine au creux de cette anthologie le comprend aussitôt : le tempérament nomade de son auteur imprime à cette poésie le caractère de l´éphémère, du fugitif. Les figures mythologiques, qu´elles soient argonautes, centaures, néréides ou gorgones, affluent sous la bannière de l´Immémorial Orphée - figure éternelle du poète. La contemplation des paysages, qui offre au langage ses états singuliers, cède devant le récit épique des batailles de l´Aurige, ce conducteur de char dont on retrouva la statue à Delphes. Le cri d´Icare tombant dans la mer résonne comme le cri originel de tout être humain. Cette poésie se situe entre un monde de nature et un monde par-delà la nature, empreint de mythe. De chaque mot, de chaque image, se dégage une sagesse infinie, loin de la contingence des époques, légère comme le nuage et solide comme le minéral. Car les éléments - eau, vent, feu, terre - sont partout présents, seules forces à l´épreuve du temps. Ces poèmes apparaissent donc, selon les termes de l´auteur lui-même, « bucoliques, agraires, forestiers, telluriques, aériens, nébuleux ou céréaliers. » Ils font parvenir jusqu´à nous la voix tout à fait singulière d´un bel esprit, généreux et rêveur.
    Le livre paraîtra à l´occasion de la 13e édition du Printemps des poètes (7 au 21 mars 2011), dont le thème, fort opportun, est « Infinis paysages ».

  • "Par sa poétique double de l'automatisme puis du collage, L'Immaculée Conception concilie les deux grands modes d'écriture, issus des Illuminations de Rimbaud et des Poésies de Ducasse, qui déterminent la majestueuse révolution surréaliste telle que celle-ci se trouve illustrée dans l'un des plus grands livres qu'elle ait jamais produits.
    L'Immaculée Conception est ce livre. Son ambition est immense. Elle l'est à un tel point qu'aucun lecteur n'a pu en prendre encore la mesure. Il s'agit de tout faire tenir en l'espace des quelques pages fulgurantes qui donnent à cet ouvrage sa dimension d'encyclopédie poétique de poche, [...] denses au point de paraître inintelligibles, définitives comme si elles contenaient le dernier mot d'un oracle absolu s'exprimant en aphorismes sans appel." Philippe Forest (extrait de la préface)

  • Ce volume rassemble les poèmes de Paul Éluard dédiés à l'amour, écrits durant les dix dernières années de sa vie : Une longue réflexion amoureuse, Le Dur Désir de durer, Le temps déborde, Corps mémorable et Le Phénix.
    " C'est un livre incandescent, brûlant d'aimer, brûlé de désir, traquant la fl amme, s'il faut, au-delà de la mort [...] Un des opus sacrés de l'adolescence, [...] un bréviaire insolent où puiser, à chaque instant d'ombre et d'abandon, telle ou telle de ces formules dont la jeunesse a besoin pour oser le pas... " Jean-Pierre Siméon (extrait de la préface)

  • L'immaculee conception - ne 2021 Nouv.

    " L'un des plus grands livres que la révolution surréaliste ait jamais produit. "
    La légende raconte que c'est afin de " tuer le temps " que Breton et Éluard se lancèrent, en août 1930, dans l'écriture de ce recueil intitulé, avec un sens aigu de la provocation,
    L'Immaculée Conception. " La connaissance parfaite que nous avions l'un de l'autre nous a facilité le travail, diront-ils plus tard. Mais elle nous incita surtout à l'organiser de telle façon qu'il s'en dégageât une philosophie poétique. " Dans ce recueil en prose, se trouve ainsi réunies les deux tendances qu'incarnent Breton et Eluard au sein même du mouvement surréaliste - le premier, ardent défenseur de l'écriture automatique la plus baroque, le second, plus incliné à une certaine transparence poétique, une évidence qui désarme le lecteur. Ici, leur volonté commune est affichée : à travers une parole radicalement nouvelle, ils entendent partir en quête de la Vérité même, le désir mystérieux qui sous-tend toute existence humaine. À noter trois pages mémorables en guise de Kama-Sutra littéraire et " Le Jugement originel ", renouant avec la forme proverbiale chère aux deux auteurs, qui incite à bannir toute tiédeur dans la vie comme dans l'art.

  • Il ne m'est paris que d'elsa - ne 2021 Nouv.

    À l'instar de Baudelaire ou d'Apollinaire, Aragon sera toujours l'un des plus grands poètes de Paris, comme en témoigne cette anthologie
    Des proses éblouissantes du
    Paysan de Paris à
    La Semaine sainte, des
    Beaux Quartiers à
    En étrange pays dans mon pays lui-même, Louis Aragon n'a cessé de célébrer une cité que ses amis surréalistes prenaient pour le décor de leurs rêves, un " Paris qui n'est Paris qu'arrachant ses pavés ". Il intègre ainsi la famille de tous ceux qui ont chanté la ville lumière et décide de sa filiation en donnant à relire, comme en surimpression, les tableaux parisiens de Baudelaire, les poèmes d'Apollinaire, le Paris de Francis Carco et de Robert Desnos. Mais Paris est également le théâtre où se joue l'histoire d'un amour écrit aux portes de la légende : celui que Louis voue à Elsa, rencontrée en 1928. Le poète ne se contente pas de célébrer les endroits que le couple fréquentait - à travers Elsa, il retrouve l'empreinte affective que le temps a laissée sur les murs de la capitale. Et lorsqu'Aragon écrit : " Arrachez-moi le coeur vous y verrez Paris ", nous comprenons, bien sûr : " Il ne m'est Paris que d'Elsa ".
    " Qui n'a pas vu le jour se lever sur la Seine
    Ignore ce que c'est que ce déchirement
    Quand prise sur le fait la nuit qui se dément
    Se défend se défait les yeux rouges obscène
    Et Notre-Dame sort des eaux comme un aimant "
    (" Le paysan de Paris chante ")

  • Derniers poemes d'amour - ne 2021 Nouv.

    " Un livre incandescent, brûlant d'aimer, brûlé de désir, traquant la flamme, s'il faut, au-delà de la mort... "
    Ce volume, devenu un classique incontournable de la poésie sentimentale et érotique, rassemble les poèmes de Paul Eluard dédiés à l'amour, écrits durant les dix dernières années de sa vie :
    Une longue réflexion amoureuse (1945),
    Le Dur Désir de durer (1946),
    Le temps déborde (1947),
    Corps mémorable (1948) et
    Le Phénix (1951). Moderne et lyrique, Eluard choisi le vers libre, exempt de toute ponctuation, pour chanter la femme divinisée et déclarer sa flamme à ses muses et compagnes, de Nusch à Dominique, en passant par Jacqueline. Comme le note Jean-Pierre Siméon dans la préface, Derniers poème d'amour est l'" un des opus sacrés de l'adolescence, un bréviaire insolent où puiser, à chaque instant d'ombre et d'abandon, telle ou telle de ces formules dont la jeunesse a besoin pour oser le pas... "
    " Même quand nous dormons nous veillons l'un sur l'autre
    Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d'un lac S
    ans rire et sans pleurer dure depuis toujours
    Un jour après un jour une nuit après nous "

  • La diane francaise - ne 2021 Nouv.

    La diane francaise - ne 2021

    Louis Aragon

    • Seghers
    • 2 Septembre 2021

    Des poèmes qui symbolisent la résistance littéraire en France.
    " La rose et le réséda ", " Il n'y a pas d'amour heureux ", " Ballade de celui qui chanta dans les supplices ", les poèmes ici rassemblés ne sont pas seulement devenus des classiques incontournables de la poésie française du XXe siècle, ils sont aussi le chant des années les plus sombres de notre histoire. C'est d'un pays prisonnier que la voix d'Aragon sonne la diane, roulement de tambour destiné à réveiller la patrie endormie. Le poète parle comme Charles d'Orléans, comme Hugo, comme Péguy. Son chant est celui d'une France éternelle, blessée. Plein de colère et d'amour, de tendresse et de révolte, il s'élève au coeur de Brocéliande et par-delà les quais de la Seine pour apporter aux hommes l'espérance de la victoire. Cette édition rassemble deux recueils,
    La Diane française et
    En étrange pays dans mon pays lui-même, qui furent d'abord publiés séparément par Pierre Seghers.
    " Trouver des mots à l'échelle du vent
    Trouver des mots qui pratiquent des brèches
    Dans le sommeil comme au soleil levant
    Des mots qui soient à nos soifs une eau fraîche "
    (" Je ne connais pas cet homme ")

  • Après Les Yeux d´Elsa, Il ne m´est Paris que d´Elsa et Le Voyage de Hollande, les Éditions Seghers rééditent le grand recueil de résistance de Louis Aragon. Cet ouvrage rassemble en réalité deux recueils qui furent d´abord publiés séparément par Pierre Seghers en 1946 : La Diane française et En étrange pays dans mon pays lui-même.
    Composés entre 1941 et 1944, ces poèmes sont indissociables des circonstances dans lesquelles ils furent écrits, publiés et diffusés. En effet, si certains ont été édités légalement, d´autres échappent à la censure de Vichy en paraissant dans des revues clandestines, sous des pseudonymes (François la Colère ou Jacques Destaing).
    Avec ce recueil, le poète bat la " diane " et tente de réveiller les Français endormis, comme l´avait fait avant lui Victor Hugo dans Les Châtiments. Il prend également appui sur une tradition remontant aux troubadours de langue d´oc, qui faisaient alterner le parler clair, destiné aux témoins des événements, et le parler clos, réservé aux initiés. Dans l´un et l´autre cas, Aragon veut convaincre ses compatriotes d´entrer dans une lutte commune et juste qui mobilise " toute sa lyre ".

  • Seigneur

    Genevieve Huttin

    • Seghers
    • 25 Octobre 2018

    De l'impossible profération où longtemps il se plaint, résonnent les mots dans l'air tiède. C'est un hymne très lent et très ample, tu t'en souviens pour t'en être laissé agiter, pénétrer. Mais les nuances de ses mots, de ses gestes t'échappent. Aussi la beauté, la grandeur de ses intentions se perdent. Dans leurs terminaisons tu flottes, comme un pan libre de voile.
    Ad te clamo,
    Vers toi Seigneur je crie...
    Te verrais-je marcher, venir à moi,
    répondre à mes caresses, je deviendrais tranquille...

    Entre les arbres de ses thèmes, tu cherches, tu veux un cours puissant, un ample mouvement de passage. Un mince fil de ta bouche, et les cailloux remontent vers tes lèvres, mais cette fin ne lui est pas encore assez violente...

  • Avec ses mouvements politiques, ses avant-gardes littéraires et artistiques, le XXe siècle a été pour les poètes un extraordinaire terrain de jeu, ou de bataille. Qu'en est-il aujourd'hui de notre XXIe siècle débutant ? Dans un panorama éclairant, Jean-Luc Maxence trace avec enthousiasme le portrait d'une discipline qui, à l'écart de la fureur médiatique, se réinvente encore et toujours. Car, en plus des grands courants du passé, il faut désormais compter avec de nouvelles formes, sonores, digitales ou jaculatoires, qui, à l'heure d'Internet, bouleversent les points de repère du lecteur. Aussi ce livre a-t-il l'ambition d'offrir un regard critique et, grâce à de nouvelles balises, de dessiner une carte du tendre de la poésie contemporaine, distinguant les écoles, les tendances, jusqu'à deviner ou pressentir quels sont ceux et celles qui deviendront les chantres de la poésie de demain.

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