• Nouvelles de Norma Dunning
    Traduit de l'anglais par Daniel Grenier

    Annie Muktuk, les hommes la désirent et se l'arrachent. Elle règne avec sa beauté légendaire et sa gloire chimérique sur le petit monde d'Igloolik. Des visages hauts en couleur prennent aux tripes. Josephee, se fiant à la ruse des Esprits, amène sa femme Elipsee sur le territoire dans l'Arctique pour la guérir du cancer. Husky, agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson, vit rondement avec ses trois épouses, Tetuk, Alaq et Keenaq jusqu'au jour où ils partent ensemble en vacances dans le sud. Ces récits drôles et crus disent le racisme, l'aliénation, mais aussi la tendresse, le sexe et l'humour. Annie Muktuk touche au coeur de ce que signifie être inuit.

    Extrait
    J'ai appris quelques trucs importants au cours de mes trente et quelques années de vie. Ne tombe pas en amour. Baise-les lentement. Baise-les fort. Et ne les baise jamais deux fois. Le sexe, c'est ma matière forte. Ça me donne de la puissance. Ça m'apporte un étrange réconfort.

    Prix et distinctions
    o Prix littéraire Danuta Gleed 2017-2018 ;
    o Livre de l'année INDIEFAB 2018 (nouvelles) ;
    o Prix Howard O'Hagan 2018 pour la nouvelle ;
    o Classé 7e parmi les 99 meilleurs livres de 2017 du quotidien National Post.

    L'auteure
    Romancière inuit, Norma Dunning écrit les légendes de ses ancêtres et creuse les chemins de son identité. Elle vit à Edmonton où elle enseigne les savoirs autochtones. Acclamé par la critique, Annie Muktuk est son premier livre.

  • Aden Arabie

    Paul Nizan

    Aden Arabie
    Paul Nizan
    L'incipit du roman est resté célèbre : « J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. »
    Normalien et philosophe, Paul Nizan quitte l'École normale en 1926, et fuit l'ennui et les pesanteurs de la société française en partant loin...
    D'abord séduit par l'exotisme de l'Arabie, Nizan découvre à Aden le même ordre social implacable, et il est saisi par la question coloniale : « Aden est un comprimé d'Europe chauffé à blanc ».
    Quand il revient en Europe à l'été 1927, il a trouvé ses ennemis, les classes dominantes, l'ordre social et le règne de la loi du profit. Peu après, il adhère au parti communiste.
    /> Aden Arabie est à la fois un récit de voyage autobiographique, un essai et un pamphlet, constat de l'état du monde et dénonciation de la bourgeoisie, de sa philosophie et de sa culture. Désormais, « il ne faut plus craindre de haïr, il ne faut plus rougir d'être fanatique », car « il n'existe que deux espèces humaines qui n'ont que la haine pour lien, celle qui écrase et celle qui ne consent pas à être écrasée ».
    La conclusion de Nizan sur cet itinéraire critique est amère pour lui-même : « Avais-je besoin d'aller déterrer des vérités si ordinaires dans les déserts tropicaux et chercher à Aden les secrets de Paris. »
    Retrouvez l'ensemble de nos collections sur http://www.culturecommune.com/

  • Le mensonge d'État laisse de profondes traces collectives et individuelles. Aujourd'hui encore, le sujet est tabou.

    Les appelés se sentent isolés, privés et pour beaucoup incompris. Cet ouvrage veut participer à rompre le silence.
    Par des extraits des carnets rédigés par l'auteur pendant son service militaire mais aussi par les témoignages d'anciens appelés.
    Écrire et témoigner pour se débarrasser de la peur et del'ambiance d'un monde de violences faite de tués, de blessés et d'exactions multiples.

  • En France, il a fallu attendre la loi du 16 octobre 1999 pour que l'expression « guerre d'Algérie » soit officiellement reconnue. De 1954 à 1962, l'euphémisme « opérations de maintien de l'ordre » permettait de ne pas reconnaître le statut de belligérants à ceux que l'État considérait comme des « rebelles », des « terroristes »... Dans une perspective centrée sur la France, et en partant de la chronologie des faits, Guy Pervillé retrace l'histoire d'une décolonisation douloureuse. Plus de cinquante ans après les accords d'Évian, il interroge nos difficultés à normaliser les rapports franco-algériens.

  • Purgatoire Nouv.

    Purgatoire

    Mike Resnick

    Planète perdue, Karimon attire bien des convoitises de la part des humains pour la richesse de son sous-sol. Mais avant cela, ils doivent négocier avec les habitants, les Tulabétés, humanoïdes aux origines reptiliennes. Et leur roi, Jalopani, qui voit clair dans le jeu de ces nouveaux arrivants, espère bien se servir d'eux...

    Roman de SF passionnant, Purgatoire nous offre après Paradis une nouvelle réflexion sur le colonialisme, le pouvoir et d'avidité, évoquant l'histoire du Zimbabwe.

  • Le portail

    François Bizot

    • Versilio
    • 27 Novembre 2014

    François Bizot, membre de l'École française d'Extrême-Orient, est fait prisonnier au Cambodge par les Khmers rouges, en 1971. Enchaîné, il passe trois mois dans un camp de maquisards. Chaque jour, il est interrogé par l'un des plus grands bourreaux du vingtième siècle, futur responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, aujourd'hui jugé pour crimes contre l'humanité : Douch.
    Au moment de la chute de Phnom Penh, en 1975, François Bizot est désigné par les Khmers rouges comme l'interprète du Comité de sécurité militaire de la ville chargé des étrangers auprès des autorités françaises. Il est le témoin privilégié d'une des grandes tragédies dont certains intellectuels français ont été les complices.
    Pour la première fois, François Bizot raconte sa détention. Grâce à une écriture splendide et à un retour tragique sur son passé, l'auteur nous fait pénétrer au coeur du pays khmer, tout en nous dévoilant les terribles contradictions qui - dans les forêts du Cambodge comme ailleurs - habitent l'homme depuis toujours.
    Prix des lectrices d'ELLE, catégorie Essai, 2001.
    Le livre qui a inspiré le film de Régis Wargnier " Le temps des aveux ".
    Prix des lectrices d'ELLE, catégorie Essai, 2001.
    Le livre qui a inspiré le film de Régis Wargnier " Le temps des aveux ".

  • Paradis

    Mike Resnick

    « À la seconde où vous posiez le pied sur cette planète, c'était comme si vous veniez de redécouvrir le jardin d'Éden. »
    Peponi est une planète merveilleuse qui a connu les malheurs de la colonisation. Écrivain, Matthew Breen a décidé d'en raconter l'histoire, tissant de rencontres en interviews le fil d'un récit qui vire au cauchemar au fur et à mesure que l'homme a voulu imposer sa loi, provoquant désastres, rébellion, et indépendance...
    Basé sur l'histoire du Kenya, Mike Resnick nous conte avec brio le destin de Peponi, dénonçant la colonisation et ses suites...

  • Quatre personnes, quatre planètes : un groupe d'astronautes part en mission pour explorer des planètes susceptibles d'abriter la vie.
    Hommes et femmes, trans, asexuels, fragiles, déterminés, ouverts et humains, ils représentent la Terre dans sa complexité.
    Au fil des ans et des atterrissages, ils découvrent des animaux étranges, de « simples » bactéries, et les dilemmes éthiques de l'explorateur bienveillant mais forcément intrusif.
    Observer, c'est influencer. Exister, c'est agir.

    Il faut savoir jusqu'où aller trop loin ; pour rencontrer l'Autre, il faut le mettre en danger.

  • De tous les humains, le Nègre est le seul dont la chair fut faite marchandise. Au demeurant, le Nègre et la race n'ont jamais fait qu'un dans l'imaginaire des sociétés européennes. Depuis le XVIIIe siècle, ils ont constitué, ensemble, le sous-sol inavoué et souvent nié à partir duquel le projet moderne de connaissance - mais aussi de gouvernement - s'est déployé.
    La relégation de l'Europe au rang d'une simple province du monde signera-t-elle l'extinction du racisme, avec la dissolution de l'un de ses signifiants majeurs, le Nègre ? Ou au contraire, une fois cette figure historique dissoute, deviendrons-nous tous les Nègres du nouveau racisme que fabriquent à l'échelle planétaire les politiques néolibérales et sécuritaires, les nouvelles guerres d'occupation et de prédation, et les pratiques de zonage ?
    Dans cet essai à la fois érudit et iconoclaste, Achille Mbembe engage une réflexion critique indispensable pour répondre à la principale question sur le monde de notre temps : comment penser la différence et la vie, le semblable et le dissemblable ?
    Prix Fetkann - catégorie mémoire 2013

  • Sans Mahomet, Charlemagne n'aurait jamais été empereur ! De quand date vraiment la chute de Rome ? Pourquoi passe-t-on de l'Antiquité au Moyen Âge ? À ce vieux débat, Henri Pirenne apporte une réponse révolutionnaire  : au VIIe  siècle, la disparition du monde romain n'est pas le fait des invasions germaniques, mais de l'incursion de l'islam en Méditerranée, un nouveau pouvoir qui interrompt les échanges pluriséculaires entre Orient et Occident. Isolés, la papauté et le monde franc ont été contraints de se recomposer en chrétienté autonome. À la fois séduisante, provocatrice et accessible, la thèse de Henri Pirenne a suscité de nombreuses vocations chez les historiens, les archéologues ou les économistes. Adulée ou contestée, cette étude fondatrice, devenue un classique, alimente aujourd'hui plus que jamais le débat.

  • Cette fois, c'est la fin. Les courants du Flux, qui relient les systèmes stellaires de l'Interdépendance, s'effondrent les uns après les autres. Il n'est plus question de douter de la réalité du problème, aussi les riches et les puissants se trouvent-ils contraints de changer leur fusil d'épaule : au lieu de se réfugier dans le déni, ils font feu de tout bois pour sauver ce qui peut l'être et se réfugier au Bout, la seule planète habitable de l'empire, en abandonnant le bas peuple à une mort lente dans ses stations artificielles.
    Le premier roman de « L'Interdépendance », L'Effondrement de l'empire, a reçu en 2018 le prix Locus de meilleur roman de science-fiction et a été finaliste du prix Hugo.

  • La race a une histoire, qui renvoie à l'histoire de la différence sexuelle. Au XVIIe siècle, les discours médicaux conçoivent le corps des femmes comme un corps malade et l'affligent de mille maux : " suffocation de la matrice ", " hystérie ", " fureur utérine ", etc. Le sain et le malsain justifient efficacement l'inégalité des sexes et fonctionnent comme des catégories de pouvoir. Aux Amériques, les premiers naturalistes prennent alors modèle sur la différence sexuelle pour élaborer le concept de " race " : les Indiens Caraïbes ou les esclaves déportés seraient des populations au tempérament pathogène, efféminé et faible. Ce sont ces articulations entre genre, sexualité et race, et leur rôle central dans la formation de la Nation française qu'analyse Elsa Dorlin, au croisement de la philosophie politique, de l'histoire de la médecine et des études sur le genre. La Nation prend littéralement corps dans le modèle féminin de la " mère ", blanche et saine, opposée aux figures d'une féminité " dégénérée " - la sorcière, la vaporeuse, la vivandière hommasse, la nymphomane, la tribade et l'esclave africaine. Il apparaît ainsi que le sexe et la race participent d'une même matrice au moment où la Nation française s'engage dans l'esclavage et la colonisation.


  • Défaillances systèmes, la première des quatre novellas qui forment « Journal d'un AssaSynth », a reçu :


    o Le Prix Hugo de la meilleure novella en 2018


    o Le Prix Nebula de la meilleure novella en 2018


    o Lauréat du Prix Locus de la meilleure novella en 2018

    o Lauréat du Prix Alex en 2018
    « J'aurais pu faire un carnage dès l'instant où j'ai piraté mon module superviseur ; en tout cas, si je n'avais pas découvert un accès au bouquet de chaînes de divertissement relayées par les satellites de la compagnie. 35 000 heures plus tard, aucun meurtre à signaler, mais, à vue de nez, un peu moins de 35 000 heures de films, de séries, de lectures, de jeux et de musique consommés. Comme impitoyable machine à tuer, on peut difficilement faire pire. »
    Et quand notre androïde de sécurité met au jour un complot visant à éliminer les clients qu'il est censé protéger, il ne recule ni devant le sabotage ni devant l'assassinat ; il s'interpose même face au danger, quitte à y laisser des morceaux.
    Martha Wells signe avec cette série un récit tout en ironie et en sensibilité sur l'éveil à la conscience et l'exercice du libre arbitre.

  • Sommes-nous africains ? Qu'est-ce que l'Afrique ? De cette double interrogation, née au XVIIIe siècle dans la diaspora africaine déportée aux Amériques, a émergé un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel qui a pris le nom de panafricanisme au tournant du XXe siècle. Ce mouvement a constitué, pour les Africains des deux rives de l'Atlantique, un espace privilégié de rencontres et de mobilisations.
    De la révolution haïtienne de 1791 à l'élection du premier président noir des États-Unis en 2008 en passant par les indépendances des États africains, Amzat Boukari-Yabara retrace, dans cette ambitieuse fresque historique, l'itinéraire singulier de ces personnalités qui, à l'image de W.E.B. Du Bois, Marcus Garvey, George Padmore, C.L.R. James, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, ont mis leur vie au service de la libération de l'Afrique et de l'émancipation des Noirs à travers le monde. Mêlant les voix de ces acteurs de premier plan, bientôt rejoints par quantité d'artistes, d'écrivains et de musiciens, comme Bob Marley ou Miriam Makeba, la polyphonie panafricaine s'est mise à résonner aux quatre coins du " monde noir ", de New York à Monrovia, de Londres à Accra, de Kingston à Addis-Abeba.
    Les mots d'ordre popularisés par les militants panafricains n'ont pas tous porté les fruits espérés. Mais, à l'heure où l'Afrique est confrontée à de nouveaux défis, le panafricanisme reste un chantier d'avenir. Tôt ou tard, les Africains briseront les frontières géographiques et mentales qui brident encore leur liberté.

  • Effet de réseau a été couronné par les prix Locus 2021 et Nebula 2020.

    « Dans la catégorie androïde, je suis une SecUnit séditieuse. Il y a beau temps que j'ai piraté mon module superviseur et j'ai pris goût au libre arbitre. Cela m'apparente-t-il au genre humain ? Beurk. Sûrement pas. Dans l'ensemble les humains sont des imbéciles répugnants dévorés par leurs émotions. »
    Mais on ne se refait pas. Ou bien si, justement. Et quand une mission d'exploration de ceux qui l'ont accueilli dans leur communauté tombe sous l'assaut d'un bâtiment hostile, AssaSynth n'hésite pas à payer de sa personne. À plus forte raison si la situation tourne à l'inextricable : un vaisseau qui-n'est-pas-son-ami (« ça n'a rien à voir avec les interactions humaines ») décérébré, des pirates contrôlés par un implant sauvage, un monde dévoyé qu'on s'arrache et jusqu'à une ado encombrante trop futée. Il faut protéger les uns (y compris d'eux-mêmes), rentrer dans le lard des autres. Et attention : se méfier des reliques aliens imprévisibles. Action.
    Le roman Effet de réseau fait suite aux quatre novellas du « Journal d'un AssaSynth ».
    Effet de réseau a été couronné par les prix Locus 2021 et Nebula 2020.

  • De l'époque des premiers habitants de l'Amérique du Nord jusqu'à nos jours, Paul-Andé Linteau retrace l'histoire du deuxième plus grand pays au monde. Il offre ainsi au lecteur un éclairage essentiel à la compréhension du Canada d'aujourd'hui en mettant notamment en perspective le caractère distinct du Québec et les débats constitutionnels qu'il a provoqués, les revendications autonomistes des Autochtones ou encore l'intégration économique du Canada dans l'ensemble nord-américain.

  • Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre qu'au-delà du mélange de choses qui prévaut aujourd'hui, le mérite de la décolonisation africaine fut d'ouvrir sur une multitude de trajets historiques possibles. À coté du monde des ruines et de la destruction, de nouvelles sociétés sont en train de naitre.
    La décolonisation africaine n'aura-t-elle été qu'un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d'un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, Achille Mbembe montre que, au-delà des crises et de la destruction qui ont souvent frappé le continent depuis les indépendances, de nouvelles sociétés sont en train de naître, réalisant leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences entre soi et les autres et de la circulation des hommes et des cultures. Cet univers créole, dont la trame complexe et mobile glisse sans cesse d'une forme à une autre, constitue le soubassement d'une modernité que l'auteur qualifie d'" afropolitaine ". Il convient certes de décrypter ces mutations africaines, mais aussi de les confronter aux évolutions des sociétés postcoloniales européennes - en particulier celle de la France, qui décolonisa sans s'autodécoloniser -, pour en finir avec la race, la frontière et la violence continuant d'imprégner les imaginaires de part et d'autre de la Méditerranée. C'est la condition pour que le passé en commun devienne enfin un passé en partage. Écrit dans une langue tantôt sobre, tantôt incandescente et souvent poétique, cet essai constitue un texte essentiel de la pensée postcoloniale en langue française.

  • Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara... Longtemps regardés avec dédain par ceux qui, au cours des trois dernières décennies, décrétèrent la mort du tiers-mondisme et le triomphe du néolibéralisme, ces figures majeures de la libération africaine suscitent aujourd'hui un intérêt croissant chez les nouvelles générations, à la faveur de l'atmosphère de révolte qui monte aux quatre coins du monde.Saïd Bouamama redonne corps et chair à ces penseurs de premier plan qui furent aussi des hommes d'action, mais ont trop souvent été réduits à des icônes. Leurs vies rappellent en effet que la bataille pour la libération, la justice et l'égalité n'est pas qu'une affaire de concepts et de théories : c'est aussi une guerre, où l'on se fourvoie parfois et dans laquelle certains se sacrifient. L'auteur, pour autant, n'en fait pas des martyrs absolus : c'est pourquoi ce livre s'attache, avec beaucoup de pédagogie, à inscrire ces parcours dans leurs contextes sociaux, géographiques et historiques.À l'heure où l'on se demande comment avoir prise sur le monde, ce portrait politique collectif rappelle qu'il a toujours été possible, hier comme aujourd'hui, de changer le cours des choses.


  • « La majorité de mes voyages ont été stressants, tout compte fait.

    Plus que du stress, c'était de l'angoisse, cette fois. Fidèle à mes habitudes, j'ai regardé des séries. J'avais déniché un long drame historique narrant les premiers temps de l'exploration spatiale. Mais malgré les informations très convaincantes fournies en barres latérales, j'avais un peu de mal à y croire. J'ai arrêté au milieu du deuxième épisode et basculé sur une comédie musicale. »
    Le Dr Mensah a été kidnappée. À moins que sa planète d'origine, Préservation, ne verse une rançon à GrayCris et n'abandonne toute poursuite, ils la tueront.
    Infiltration et piratages de haute volée, duel avec une terrifiante SecUnit de combat, affrontement virtuel en immersion totale... AssaSynth est sur tous les fronts : on ne tue pas impunément ses clients ! Encore moins ses « presque amis humains ».

    Ce quatrième et dernier volet du Journal d'un AssaSynth illustre la métamorphose d'un être en quête de son individualité, et qui, loin de vouloir devenir humain, aspire à en être l'égal.




    Défaillances systèmes, la première des quatre novellas qui forment « Journal d'un AssaSynth », a reçu les prix Hugo, Nebula, Alex et Locus.

    Schémas artificiels, la deuxième de ces novellas a reçu les prix Hugo et Locus en 2019.

  • Comment les musées d'art contemporain peuvent-ils assurer leur mission politique à l'heure de la mondialisation marchande et des restrictions budgétaires drastiques auxquels ils doivent faire face ? En creux, comment peuvent-ils aussi surmonter le choc pandémique qui touche le monde depuis 2020 ? Claire Bishop s'intéresse à trois musées européens qui exposent le contemporain (le Van Abbemuseum d'Eindhoven, le Reina Sofìa à Madrid et le Musée d'art contemporain Metelkova à Ljubljana) et qui ont fait depuis longtemps le choix de se détourner du modèle dominant, consistant à prêter et faire venir des oeuvres dans leurs murs, pour utiliser leurs collections et les questionner de différentes manières. Ce qui est contemporain, c'est notamment le travail de présentation des oeuvres et la manière dont le public s'en empare.

    Avec des dessins de l'artiste roumain Dan Perjovschi pour souligner son propos, l'autrice nous montre qu'il faut imaginer d'autres modes de circulation des oeuvres, d'autres façons de valoriser les artefacts culturels et d'autres façons de raconter une histoire. Parmi les nombreuses pistes ouvertes, l'une des plus créatives et des plus urgentes devrait être selon elle de repenser - ou de remplacer - ce vestige de la modernité qu'est le musée.

  • Les SecUnits se moquent pas mal des actualités. Même après avoir piraté mon module superviseur et débloqué mes accès, je n'y ai jamais prêté grande attention. D'abord, parce que les téléchargements de contenu multimédia risquent moins de déclencher les alarmes éventuelles des réseaux locaux et satellitaires, mais surtout, parce que les informations sont d'un ennui mortel et que je me fiche éperdument des querelles entre humains tant que je n'ai pas 1) à y mettre un terme, 2) à nettoyer après eux.
    Où AssaSynth se fait passer pour un humain augmenté et embaucher comme consultant de sécurité auprès de trois scientifiques en litige avec leur employeur...
    Entre voyage dans la galaxie et exploration de mine abandonnée, Schémas artificiels sonde davantage la conscience émergente du narrateur. Ses relations avec d'autres intelligences artificielles dessinent une fresque de personnages non-humains d'une grande profondeur, rappelant le cycle de « La Culture » de Iain Banks. Et à se mettre au service d'humains, AssaSynth découvre à quel point il est délicat de ne pas s'attacher émotionnellement à ceux qu'on protège.

    Défaillances systèmes, la première des quatre novellas qui forment « Journal d'un AssaSynth », a reçu les prix Hugo, Nebula, Alex et Locus.


  • « Je n'ai vraiment pas de bol avec les transports autopilotés.

    Le premier à me prendre en stop n'avait eu d'autre motivation que celle de profiter de ma collection de fichiers multimédias.
    L'emmerdeur de vaisseau expéditionnaire, EVE, le temps de notre collaboration, avait menacé de me tuer, regardé mes émissions préférées, altéré ma configuration structurelle, fourni un excellent soutien tactique, argumenté jusqu'à me convaincre de jouer les consultants en sécurité, sauvé la vie de mes clients et nettoyé derrière moi quand j'avais dû assassiner des humains. (C'étaient des méchants.) EVE me manquait beaucoup.
    Et il y avait ce transport-ci. Qui s'était mis en tête de me confier le maintien de l'ordre à bord et de m'envoyer des notifications à chaque querelle entre passagers. Imbécile que je suis, j'y avais répondu. Pourquoi ? Je ne le sais pas moi-même. »
    Enfin parvenu sur la planète Milu, AssaSynth est contraint d'endosser de nouveau son rôle de SecUnit afin de protéger son identité et, au passage, des clients officieux, accompagnés d'un bot de compagnie, Miki.
    Confronté à plus puissants que lui, mais aussi à l'innocence déstabilisante de Miki, notre androïde devra allier les deux parts de son être pour survivre : la puissance de feu du robot et le libre arbitre de l'humain.
    Défaillances systèmes , la première des quatre novellas qui forment « Journal d'un AssaSynth », a reçu les prix Hugo, Nebula, Alex et Locus.

  • Négation Nouv.

    Négation

    Yoann Dubos

    • Snag
    • 13 Juillet 2021

    Un pion sur l'échiquier des dieux... Miranda enverrait bien tout cela balader, mais elle n'a pas d'autre choix que de danser entre leurs mains.
    Comment satisfaire les primas s'ils sont incapables de s'accorder sur une aspiration commune ? Miranda n'a plus qu'une idée en tête, détruire la barrière qui confine le système solaire dans l'espoir que ces entités toutes puissantes se désintéressent enfin d'elle et de ses amis. Mais alors que sa mission spatiale se profile, un étrange culte se répand sur Terre et il pourrait bien mener à la négation même de l'humanité.

  • Un roman tellurique, où les histoires semblent surgir organiquement le long d'une ligne de faille qui fait trembler la terre et tout ce qu'elle contient de l'océan Indien à l'Himalaya.
    Peut-être le premier roman où la nature s'exprime directement.

    Deux jeunes mariés s'installent dans une ancienne demeure coloniale, sur les îles Andaman, et tentent de s'apprivoiser. Ils savent qu'ils se sont déjà aimés dans d'autres vies. Girija Prasad est un scientifique fasciné par les volcans lilliputiens et les phénomènes naturels de l'archipel. Chanda Devi est un peu sorcière ; elle sait amadouer les éléphants en colère, prévoir les tremblements de terre et parler aux fantômes qui peuplent les îles (soldats japonais, lord anglais, mangeurs d'escargots, une chèvre bêlante).
    /> Plusieurs personnages plus loin (un jeune révolutionnaire, un trafiquant désabusé, un yéti mélancolique, une tortue, une strip-teaseuse...), on retrouve leur descendant le long de la ligne de faille sismique : un géologue chargé de s'assurer que le prochain sommet himalayen, prévu pour être plus haut que l'Everest, surgira bien dans le cadre des frontières de l'Inde, pour encourager le tourisme. Premier roman au souffle incroyable, Latitudes de langueurs surprend par sa puissance narrative, à la hauteur des tsunamis qu'il contient.
    Shubhangi Swarup est née en 1982 à Nashik, dans l'État du Marahashtra. Journaliste, réalisatrice, pédagogue, elle vit aujourd'hui à Bombay. Latitudes des langueurs est son premier roman. Elle a obtenu la bourse d'écriture créative Charles Pick à l'Université d'East Anglia (Norwich).
    "Quelle maîtrise dans ce premier roman de Shubhangi Swarup, Dérive des âmes et des continents qui a déjà reçu le prix Tata Literature Live et été sélectionné pour le JCB Prize for Literature !" - Zibeline

empty