Seghers

  • Les yeux d'Elsa

    Louis Aragon

    À la gloire de la femme aimée, Aragon, le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poèmes. " Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon coeur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent. " Pétrarque a chanté Laure, Ronsard Hélène, Lamartine Elvire, c'est à Elsa qu'Aragon donne ses poèmes qui sont au nombre des plus beaux chants d'amour qu'un poète ait écrits. La présente édition intègre la préface que Louis Aragon rédigea en février 1942, ainsi que trois textes en prose particulièrement éclairants : " La Leçon de Ribérac ", " La Rime en 1940 " et " Sur une définition de la poésie. " Enrichie d'une postface de Lionel Ray et de documents iconographiques rarement publiés, elle est une invitation à lire, ou relire, l'une des oeuvres majeures de la poésie française.


  • Obscure est la nuit du monde sans toi mon amour,
    et c'est à peine si j'aperçois l'origine, à peine si je comprends le langage,
    avec difficulté je déchiffre les feuilles des eucalyptus.

    P. N.
    Quarante ans après la disparition du Prix Nobel chilien, la fondation Pablo Neruda a exhumé, à l'issue d'un important travail de catalogage de ses archives, vingt et un poèmes demeurés jusqu'à ce jour inédits. Saluée dans le monde entier comme un événement littéraire de premier ordre, cette découverte consacre Pablo Neruda comme un poète inépuisable par l'ampleur, la force et la postérité de son oeuvre.
    À la lecture de ces textes écrits entre 1956 et 1973, chacun entendra résonner, par-delà le tombeau, la voix si puissante et familière de celui qui incarne à jamais une foi inébranlable en l'amour humain.

  • " La grande liberté de la poésie de Cadou ne s'enferme pas dans ses propres mots. Ses dialogues de poète avec l'esprit du trobar, du romantisme allemand (Schubert, Hölderlin, Novalis), de Whitman, de ses frères en poésie, de Max Jacob surtout, ont permis une grande oeuvre lyrique. [...]
    Hélène ou le Règne végétal, livre lumineux, devient ainsi une cathédrale végétale. "
    Luc Vidal (extrait de la postface)
    Chant d'amour à une femme et exaltation de la nature, ce recueil de René Guy Cadou (1920-1951), parfaitement emblématique de l'École de Rochefort, apparaît aujourd'hui comme l'un des plus poignants de notre littérature.

  • Avec Une vague de rêves, c'est un texte splendide tombé dans les oubliettes de l'histoire littéraire qui revoit le jour. Légèrement antérieure au Manifeste de Breton, et rédigée dans une langue qui est moins doctrinaire que la sienne, Une vague de rêves est l'un des textes fondateurs du surréalisme. Publié pour la première fois en octobre 1924 dans le numéro 2 de la revue Commerce que dirigeaient Paul Valéry, Léon-Paul Fargue et Valéry Larbaud, ce texte d'Aragon appartient de plein droit à l'aventure du surréalisme, ses expériences, sa théorisation et sa mise en oeuvre littéraire.Aragon y exprime la fascination que lui inspire l'univers du rêve, les " Rivieras de l'irréel ", les frissons du délire et l'écriture du désastre. Ce texte témoigne également d'une incapacité à supporter la contradiction entre son implication dans le mouvement surréaliste et l'aspiration à l'écriture romanesque. Les phrases qui " cognent à la vitre " du sommeil seront le point de départ des romans à venir.

  • "Il ne m'est Paris que d'Elsa": l'anthologie des plus beaux poèmes d'Aragon sur Paris...
    Par cette anthologie, Aragon intègre la famille des poètes qui ont chanté Paris et décide de sa filiation en donnant à relire, comme en surimpression, les tableaux parisiens de Baudelaire, les poèmes d'Apollinaire, le Paris de Francis Carco et de Robert Desnos, compagnon de route du surréalisme.Mais Paris est également le théâtre où se joue l'histoire d'un amour écrit aux portes de la légende: celui que le poète voue à Elsa, rencontrée en 1928. Il ne se contente pas de célébrer les endroits que le couple fréquentait: à travers Elsa, il retrouve l'empreinte affective que le temps a laissée sur les murs de la capitale. "En intitulant son recueil Il ne m'est Paris que d'Elsa, Aragon faisait plus que mettre en miroir deux mythes qui lui sont propres, il donnait une définition de lui-même et de son écriture. Tout comme Paris et le monde en général ne peuvent devenir sensibles au poète que par la médiation de l'Autre, le poème sur la ville découvre, dans la brèche qu'ouvre la voix d'autrui, la première césure qui donne naissance au chant. Poésie de la rencontre et du dialogue, la romance d'Aragon trouve dans Paris, ville d'histoire et de mots, plus qu'un écho, un interlocuteur." (Sylvie Servoise, auteure de la postface)


  • La Ménagerie de verre, Un tramway nommé Désir, La Chatte sur un toit brûlant... Tout le monde connaît l'oeuvre de dramaturge de Tennessee Williams, lyrique, exaltée, adaptée au grand écran avec la postérité que l'on sait. Pourtant, en privé, l'homme se définissait avant tout comme un poète, un poète inspiré de la lecture de Keats, Shakespeare, Rilke et Rimbaud. Lorsqu'il publia Dans l'hiver des villes, en 1956, sa célébrité en tant qu'auteur dramatique était déjà telle qu'elle ne pouvait qu'éclipser son oeuvre poétique.
    Aujourd'hui, trente ans après sa mort, on comprend combien sa poésie abreuve tout son travail d'écriture, destiné ou non à être mis en scène. On y reconnaît l'intensité de son expression, son sentiment de solitude, sa compassion. Mais, contrairement à son théâtre qui se voulait exempt de toute thématique ouvertement homosexuelle, son travail poétique lui offre la possibilité de tomber le masque, de faire le récit de ses expériences avec les hommes ou de dire son amour pour Frank Merlo, son compagnon de longue date.
    Publié en français en 1960 dans une édition très parcellaire, Dans l'hiver des villes reparaît enfin dans sa version intégrale, avec une nouvelle traduction, comme restauré à neuf, étincelant de beauté.
    Édition bilingue.

  • Tout au long de sa vie, au gré de ses amours parfois agitées, E. E. Cummings (1894-1962) a composé des poèmes érotiques. Il ne lui a pas été toujours facile de faire publier ses textes, comme la plupart de ceux réunis dans cette anthologie. Car, chez Cummings, la chair n'est pas triste. Érotisée, la langue suggère des étreintes, des ébats, des cris. Qu'elle évoque les prostituées fréquentées dans sa jeunesse ou qu'elle chante l'amour pour ses compagnes, la poésie de Cummings ne craint pas de heurter les conventions, aussi bien morales que formelles.

  • Un grand livre introuvable depuis près de vingt ans... Le Voyage de Hollande ne fait pas partie des livres les plus connus d'Aragon, mais n'en demeure pas moins une oeuvre majeure dans laquelle on retrouve les grandes thématiques du poète, la douleur d'aimer, le jeu, le miroir, le double, et une matière humaine d'une profondeur peu commune. Après avoir réédité Les Yeux d'Elsa et Il ne m'est Paris que d'Elsa, les Éditions Seghers devaient offrir une nouvelle vie à ce grand livre introuvable depuis près de vingt ans. Les poèmes qui composent ce recueil relatent moins le "voyage en Hollande" qu'ont effectué Louis et Elsa au cours de l'été 1963 qu'ils ne nous invitent à voyager dans un espace, réel ou onirique, qui fascinait déjà Baudelaire. "Le voyage de Hollande peut être voyage pictural ou exil puisque, après Descartes, plus d'un écrivain français a cherché refuge en ce pays", explique dans sa postface Michel Besnier. Poète courtois égaré au vingtième siècle, Aragon parle ici aussi de l'amour au passé. En 1963, le temps a fait son oeuvre ; bientôt les amants ne seront plus. Cette dimension temporelle explique la tonalité des poèmes sur lesquels se clôt le recueil.

  • 1911-1920 : la métamorphose d'Eugène Grindel en Paul Eluard. Annotées et enrichies d'un appareil critique, ces lettres de jeunesse nous plongent aux racines mêmes de l'oeuvre du poète..."Ces lettres de jeunesse éclairent de façon décisive la posture singulière d'Éluard, en prouvent la sincérité et la cohérence en en exposant la genèse. Il est émouvant certes, mais aussi intellectuellement passionnant de voir comment de quatorze à vingt-quatre ans le jeune Eugène Grindel apprend à vivre à l'exact confluent des forces les plus antagonistes : la maladie, la guerre d'une part ; l'amour, la poésie d'autre part. La morale positive, alpha et oméga de toute l'oeuvre d'Éluard, qui veut que l'on affronte et dépasse sans cesse les raisons incessantes du désespoir, ne relève pas de quelque spéculation naïve, d'un idéalisme adolescent exalté. Elle est née, chacune de ces lettres ici le prouve, de l'expérience objective, des réalités vécues contradictoirement par le jeune garçon."
    Jean-Pierre Siméon (extrait de la préface)

  • " Par sa poétique double de l'automatisme puis du collage, L'Immaculée Conception concilie les deux grands modes d'écriture, issus des Illuminations de Rimbaud et des Poésies de Ducasse, qui déterminent la majestueuse révolution surréaliste telle que celleci se trouve illustrée dans l'un des plus grands livres qu'elle ait jamais produits.L'Immaculée Conception est ce livre. Son ambition est immense. Elle l'est à un tel point qu'aucun lecteur n'a pu en prendre encore la mesure. Il s'agit de tout faire tenir en l'espace des quelques pages fulgurantes qui donnent à cet ouvrage sa dimension d'encyclopédie poétique de poche, [...] denses au point de paraître inintelligibles, défi nitives comme si elles contenaient le dernier mot d'un oracle absolu s'exprimant en aphorismes sans appel. " Philippe Forest (extrait de la préface)

  • Ce volume rassemble les poèmes de Paul Éluard dédiés à l'amour, écrits durant les dix dernières années de sa vie : Une longue réflexion amoureuse, Le Dur Désir de durer, Le temps déborde, Corps mémorable et Le Phénix. " C'est un livre incandescent, brûlant d'aimer, brûlé de désir, traquant la fl amme, s'il faut, au-delà de la mort [...] Un des opus sacrés de l'adolescence, [...] un bréviaire insolent où puiser, à chaque instant d'ombre et d'abandon, telle ou telle de ces formules dont la jeunesse a besoin pour oser le pas... " Jean-Pierre Siméon (extrait de la préface)


  • Une réédition exceptionnelle incluant des manuscrits autographes inédits mis à disposition par la succession Guillevic.

    Ce volume rassemble deux recueils de Guillevic publiés par Pierre Seghers au début des années 1950 : Envie de vivre (1951) et Terre à bonheur (1952).
    De l'aveu même du poète, les textes qui composent cet ouvrage furent écrits " dans une période de créativité difficile ", dominée par le contexte très particulier de la guerre froide. Un demi-siècle plus tard, l'erreur serait de croire que ces poèmes empreints de militantisme n'ont plus rien à nous dire. Devant la menace d'un conflit planétaire, face au pessimisme de l'époque, Guillevic rappelle avec force, lyrisme et conviction, que la terre est faite pour que les hommes y vivent heureux ; qu'elle est faite pour le bonheur.
    Cette réédition inclut des manuscrits autographes inédits, inventoriés et mis au jour pour la première fois. Brouillons et variantes, ratures et biffures font entrer le lecteur dans l'atelier où l'oeuvre s'est élaborée, témoignant du travail par lequel l'artisan du langage donne corps à la poésie qui le traverse.

  • " La rose et le réséda ", " Il n'y a pas d'amour heureux ", " Ballade de celui qui chanta dans les supplices ", les poèmes ici rassemblés ne sont pas seulement devenus, en un demi-siècle, des classiques de la poésie contemporaine : ils sont aussi le chant des années les plus sombres de notre histoire et le chant de l'espoir. C'est d'une France prisonnière que la voix d'Aragon sonne la diane, roulement de tambour destiné à réveiller la patrie endormie. Le poète parle comme Charles d'Orléans, comme Hugo, comme Péguy. Son chant est celui d'une France éternelle, blessée. Fait de colère et d'amour, de tendresse et de révolte, il s'élève au coeur de Brocéliande comme aux quais de la Seine pour apporter aux hommes l'espérance de la victoire. La présente édition rassemble deux recueils qui furent d'abord publiés séparément aux Editions Seghers : La Diane française et En étrange pays dans mon pays lui-même. Enrichie d'une postface inédite de Jacques Perrin, elle est une invitation à lire, avec une curiosité renouvelée, l'une des oeuvres majeures de la poésie française

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