NENA

  • Le coran

    Anonyme

    • Nena
    • 4 Juillet 1905

    C'est vers l'an 610 de notre ère que Mahomet, retiré dans une grotte du mont Hira, a vécu la Révélation. L'archange Gabriel se manifeste à lui et lui ordonne de «réciter». De ce verbe vient le mot Coran, qui signifie «récitation», «lecture». La Parole de Dieu est «dictée» au Prophète en arabe, langue à la fois riche et complexe dont la musique et les sonorités font sens.
    La traduction de Jean Grosjean se distingue par le soin extrême apporté au style ainsi que par la fidélité au sens ; en outre, elle restitue le souffle poétique du Coran dans sa beauté sacrale.

  • Les grandes révolutions font l'histoire; les résistances conservatrices et les contre-révolutions ne font qu'en retarder le cours. La Révolution française a inventé la politique et la démocratie modernes, la Révolution russe a ouvert la voie à la transition socialiste, la Révolution chinoise a associé l'émancipation des peuples opprimés par l'impérialisme à leur engagement sur la voie du socialisme

  • Le capital t.1

    Karl Marx

    • Nena
    • 5 Juillet 1905

    OEuvre multidimentionnelle, Le Capital trouve des places diverses en librairie, suivant le penchant du libraire, l'air du temps ou les nécessités de la vente, entre les rayons économie, philosophie, histoire ou même sociologie.
    Son insertion dans le programme de l'agrégation de philosophie 2015 va régler la question chez les libraires universitaires.
    La plupart des éditions du livre 1 reprennent la traduction Joseph Roy, qui date de 1875 !
    Les éditeurs s'appuient sur une lettre où Marx fait l'éloge du traducteur, mais cette référence est unique. On trouve par contre plusieurs critiques acerbes où Marx se plaint que, même après sa révision, le résultat reste "saboté" (voir la préface de J.-P.
    Lefebvre et particulièrement, p. XL). L'édition de la Pleiade souffre des mêmes défauts que l'ensemble des volumes dirigés par Maximilien Rubel, des choix contestables de traduction, des coupes dans le texte...
    Notre édition est la seule (celle des PUF reproduit en semi poche le texte des ES) à présenter une édition moderne, scientifique de la quatrième édition allemande, qui bénéficie du travail de Marx juqu'à sa mort. Elle est reconnue comme la plus complète et la plus fidèle. On y trouve les préfaces et postfaces importantes de Marx et Engels, une introduction de J.-P. Lefebvre sur les conditions d'édition du Capital et sur les choix de traduction opérés, notamment la série des mots fondés sur le préfixe mehr, qui donne "survaleur" à la place de "plus-value", traduction aujourd'hui généralement acceptée.
    Nous publions une reproduction photonumérique de l'édition de 1982, corrigée de quelques coquilles, dans la collection Les essentielles, augmentant ainsi le corps des caractères et rendant plus lisible le texte, permettant aux étudiants de travailler dans de bonnes conditions sur un texte dont la réputation de difficulté n'est pas usurpée.

  • Il n'y a de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée. Le combat de la femme burkinabè rejoint le combat universel de toutes les femmes et, au-delà, le combat pour la réhabilitation totale de notre continent. La condition de la femme est le noud de toute la question humaine. Elle a un caractère universel. THOMAS SANKARA, 8 MARS 1987

  • Anthologie nègre

    Blaise Cendrars

    • Nena
    • 1 Février 2021

    Parue en 1921 dans un contexte d'engouement pour le continent noir commencé avec le cubisme et poursuivi avec le surréalisme, cette anthologie africaine est une collection de contes et proverbes que Blaise Cendrars a glanés au fil des lectures et reproduits « tels que les missionnaires et les explorateurs nous les ont rapportés en Europe (...) ». Légende cosmogonique fân où l'on voit l'arrogance du premier homme à l'égard de Nzamé le créateur : « Dieu, c'est Dieu/ L'homme c'est l'homme/ Chacun à la maison, chacun chez soi ! », ou encore, présence de la mort, selon la tradition hottentote, due à un lièvre qui aurait mal retransmis le message de la lune aux humains. On comprend aisément ce qui attire Blaise Cendrars : la vision poétique de l'univers, le sens de la palabre, la nervosité du rythme. L'auteur de Du monde entier révèle ici des points de contact avec l'Afrique et ses «601 langues et dialectes (...) des plus variés », dont les spécialistes, précise-t-il dans sa préface, sont « unanimes à louer la beauté et la puissance plastique »

  • Pour un monde multipolaire

    Samir Amin

    • Nena
    • 6 Juillet 1905

    Le choix du titre de cet ouvrage est par lui-même indicatif de la position politique de son auteur : oui, je souhaite la construction d'un monde multipolaire, ce qui implique évidemment la déroute du projet hégémoniste de Washington, qui s'est défini lui-même par « le contrôle militaire de la planète ».
    Je prétends donc, sans détour ni réserve, que ce projet est à la fois démesuré et de ce fait nécessairement criminel, qu'il engage le monde dans des guerres sans fin, mettant par là même un terme à tout espoir de progrès démocratique et social, dans les pays du Sud en particulier, mais également - même si cela est à un degré moins sévère en apparence - dans ceux du Nord.

  • Écoutez ce texte : il vibre de l'indignation face aux iniquités, de l'aspiration à un monde plus juste pour son pays et son peuple. Il frémit de la douleur des séparations, de la crainte des lendemains. Il sourit du comique et de l'absurde de certaines situations. Il s'envole avec la confiance dans les êtres, avec la foi en des jours meilleurs, avec l'espoir d'une évolution des conditions sociales et de la condition de la femme africaine. Écoutez et comprenez un peu mieux. C'est une personne qui se raconte. Mais à travers Aïssatou, vous aurez un nouveau regard envers les réfugiés, leur énergie désespérée, leur foi en l'avenir et leur courage.

  • La littérature négro-africaine a une histoire bien distincte des autres domaines francophones. Elle commence dans les années 30 avec la parution de la Revue du Monde Noir, de Légitime Défense et de L'Étudiant Noir, dans ce creuset intellectuel parisien où se rencontrent les premiers poètes noirs d'Amérique, des Antilles et d'Afrique. Les plus connus sont Jean-Price Mars, René Maran, les poètes de la Renaissance noire (Mackay, Langston Hughes, Jean Toomer) et le trio Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Léon Damas. Le mouvement de la négritude va s'épanouir avec les revues Tropiques et Présence Africaine pour culminer avec les deux congrès axés sur les problèmes de la race, de la colonisation et de la culture (Paris 1956 et Rome 1959). Les ténors de cette riche période furent Alioune Diop fondateur de Présence Africaine et Cheikh Anta Diop pour l'Afrique, Aimé Césaire et Frantz Fanon pour les Antilles. Les indépendances africaines qui ont lieu entre 1959 et 1961 sont accompagnées d'une importante production théâtrale, tandis que le roman et la nouvelle deviennent le miroir éclaté des mille expériences des nouveaux États. C'est alors que sont publiés ceux qui deviendront les classiques de la prose franco- africaine : Mongo Beti, Birago Diop, Bernard Dadié, Sembène Ousmane, Abdoulaye Sadji, Djibril Tamsir Niane, Olympe B. Quenum, Cheikh Hamidou Kane. Après une période euphorique qui dure de 10 à 15 ans, viennent l'oil critique et la plume acerbe. À partir de 1985, les écrivains posent un regard lucide, tragique, voire cynique sur une réalité qui s'impose à l'encontre de tous leurs voux : les dérives politiques et sociales déstructurent peu à peu les sociétés du continent noir et provoquent dans maints pays les troubles graves que l'on sait. Paradoxalement la littérature semble bénéficier de ces perturbations parfois chaotiques, car l'écrivain en demeure le témoin privilégié, et nombre d'entre eux restent « en situation ». Mais, par ailleurs, ils se sont affranchis des contraintes tant d'écriture que d'idéologie, et c'est en toute liberté qu'ils se « situent » ou non face à la tourmente politique. Plusieurs noms émergent de cette production de plus en plus abondante : Ahmadou Kourouma (récent prix Renaudot), Sony Labou Tansi, Tchicaya U'Tamsi, Moussa Konaté, Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau, Daniel Maximin..., mais aussi Maryse Condé, Véronique Tadjo, Tanella Boni, Calixthe Beyala. Car les femmes africaines ont aussi pris la plume et font entendre leur différence. Cet ouvrage a repris, en les remaniant, les principaux chapitres d'une thèse notoire du même auteur (Université de Bruxelles, 1961). Ils ont été prolongés par une large fresque historique de cette littérature et de ses péripéties, depuis 1960 jusqu'à nos jours.

  • Depuis 1950 la Côte d'ivoire connaît une croissance économique exceptionnelle dont le taux, de l'ordre de 8 % par an, situe ce pays dans le peloton d'avant-garde du Tiers Monde. Au cours de cette période de vingt années, le développement rapide du capitalisme a façonné une économie et une société nouvelles : dans les campagnes méridionales, la création d'une économie de plantation a permis la constitution d'une bourgeoisie rurale ivoirienne; et, à Abidjan, un ensemble industriel léger a permis la création d'une structure urbaine moderne et prospère. Cependant, on ne saurait parler du développement d'un capitalisme ivoirien urbain : en 1970 comme en 1950, la part du secteur étranger représente la moitié environ des revenus non agricoles. La Côte d'ivoire, qui a parcouru en vingt ans un chemin très comparable à celui que d'autres pays africains avaient suivi plus tôt et plus lentement, fournit un beau cas d'étude de « croissance sans développement », c'est-à-dire d'une croissance engendrée et entretenue de l'extérieur, sans que les structures mises en place permettent d'envisager un passage automatique à l'étape ultérieure du développement national autocentré, mû par son dynamisme propre. L' « ivoirisation » des secteurs contrôlés par le capital étranger fournirait-elle à la Côte d'ivoire un second souffle, lui évitant le blocage de sa croissance ? Encore faudrait-il que des industries de base puissent être créées, en accord avec les autres pays de l'Ouest africain, que les structures sociales des zones de plantation n'empêchent pas l'intensification de la production, et que les campagnes du nord, qui n'ont pas été touchées par le développement, puissent à leur tour faire un bond en avant.

  • Ouvrage des Nouvelles Editions Numériques Africaines en coédition avec NENA
    La publication en français, aujourd'hui, d'un livre dont une bonne partie de la matière (la seconde partie) fait référence à des débats au sein du mouvement communiste égyptien qui remontent aux années 1950 pourrait paraître n'intéresser que les historiens de l'Égypte et/ou du communisme. Mais non. Ce livre n'a pas été conçu dans l'esprit d'ouvrir des documents d'archives, même si on considère importants ceux qui ont été réunis ici. Il interpelle l'acteur politique militant d'aujourd'hui en Égypte et ailleurs dans le monde entier; tous ceux qui par le monde (en l'occurrence lecteurs francophones) s'intéressent à l'avenir de ce pays. L'Égypte est depuis 2011 fréquemment à la « Une » des informations internationales. Mais il s'agit le plus souvent de désinformation. Le retour sur ces débats anciens ne concerne pas seulement les archivistes et les historiens. Il questionne les forces sociales, politiques et idéologiques en mouvement à l'heure actuelle en Égypte, depuis 2011. Les mêmes questions qui avaient été posées il y a 70 ans émergent à nouveau. Des réponses analogues à celles qui leur avaient été données dans le passé réapparaissent en filigrane. Ainsi, ni Moubarak ni Morsi n'ont été éliminés par l'armée. Ils ont été abattus par la colère populaire : des manifestations rassemblant quinze millions de citoyens contre Moubarak, trente contre Morsi... Ces réflexions permettront au lecteur d'être mieux armé pour aborder la lecture de l'histoire concrète de l'Egypte contemporaine.

  • Dans ce livre, l'auteur fait le point sur plusieurs années de ses recherches afin de restituer aux générations futures les fruits de sa quête sur la politique nationale et internationale. De Modibo Keïta à A.T.T., de Léopold Sédar Senghor à Jean-Paul II, de Baréma Bocoum à Alioune Blondin Bèye, à travers quelques extraits de discours, d'interventions et d'interviews, l'auteur a su créer des éclairages historiques pour tout observateur-analyste de la scène nationale africaine et internationale du Mali.

  • Tout commence par le voyage au cours duquel Satourou quitte son pays natal. Un véhicule bondé s'éloigne. Comme dans une expérience initiatique, c'est vers d'autres terres, vers d'autres cieux que le monde et les hommes se dévoileront désormais. Au fil du parcours, s'accomplit en même temps une séparation imaginaire : Satourou abandonne ses anciens à l'abondance. Comme des milliers de ses compatriotes, elle fuit la rareté, la sécheresse, la pauvreté et la misère. En réalité, Satourou va être confrontée aux réalités les plus brutales de son pays. Une rencontre avec une sorte de « guide providentiel », Taha, lui ouvrira les portes d'un nouvel univers. La misère des femmes dont les époux avaient émigré se révèle. Entre les femmes et ces hommes, le désamour prévaut. Les rapports humains sont ravagés. L'érosion des rapports humains est catastrophique. Que faire dans une telle situation ? Il ne semble y avoir nulle solution. Satourou peut-elle envisager un autre avenir ? À l'enfer succèdent imparablement les déceptions. Le désert s'instille partout, impitoyable. Des préjugés tenaces prédominent. Et pourtant, Awa Thiam atteste qu'un trajet exprimant le désir d'un monde de liberté est possible.

  • Marx s'était proposé de traiter de l'économie capitaliste mondiale dans un volume VI du Capital, qui n'a jamais vu le jour. De ce fait, les marxismes historiques, largement confinés dans l'exégèse des écrits de Marx, ont éliminé de leur programme la réflexion, pourtant indispensable, sur la mondialisation de la loi de la valeur. Samir Amin tente dans cet ouvrage de combler cette lacune et propose une analyse de la transformation de la loi de la valeur en loi de la valeur mondialisée. Il dégage ainsi les fondements théoriques de la polarisation produite par l'expansion mondialisée de la domination du capital. Cette édition est augmentée d'un texte théorique concernant la relation entre valeur et prix, deux concepts que Marx distingue alors que l'économie bourgeoise les confond. Cette relation avait été analysée par Marx dans les conditions du capitalisme de l'époque. Avec l'évolution de celui-ci, devenant capitalisme des monopoles (aujourd'hui des monopoles généralisés), la relation subît elle-même des transformations majeures. L'analyse du « surplus », un concept nouveau nécessaire pour restituer toute sa place à la rente des monopoles, comme celle de la hiérarchisation des salaires, détachée de toute référence aux coûts de formation, permettent de conceptualiser ces transformations et de mesurer leurs effets sur la reproduction du système économique et social contemporain. Le marxisme vivant rompt avec la tradition qui le réduit à l'exégèse des textes de Marx.

  • La poésie de Babacar Sall s'ancre dans les terres meurtries du Sahel, là où une terrible sécheresse fige les espoirs des hommes, assiège les corps, rompt les équilibres sociaux. Déchiffrant le silence des mots, le poète peut remonter à rebours le cours des saisons. Le poète découvre les limites de l'univers dans lequel le poème germe. Le soleil ressemble parfois à un mirage. Le poète ne peut le révérer indéfiniment. Ici, le soleil est comme la révélation d'une ambiguïté généralisée. Le poète parvient cependant à saisir et à recréer la possibilité d'une quête et d'un renouvellement. Le poème peut naître, même si telle aube ou telle autre est douloureuse. Le poème est et sera, chaque fois, accomplissement d'un sursaut. Les voix de l'aube peuvent advenir lorsque le poète épie lui-même l'apparition du jour, la plume à la main.

  • La critique du roman africain d'expression française a pendant longtemps mis l'accent sur le caractère générique, pluriel et totalisant de cette nouvelle et jeune tradition littéraire et poétique. Cependant, après plusieurs décennies d'existence et une production très respectable, le roman africain francophone mérite un deuxième souffle, ceci, sur le plan de la critique littéraire. Ainsi, le présent ouvrage doit être apprécié dans le contexte d'un nouvel outillage de critique littéraire qui privilégie l'approche régionale et nationale des ouvres romanesques d'Afrique francophone. Sont d'abord passés en revue certains concepts ayant trait à l'idée de nation, l'État-nation, le nationalisme moderne, l'ethnicité et, enfin, le métissage aussi bien biologique que culturel. Ces concepts sont explicités à l'aune du roman sénégalais.

  • La Francophonie à l'estomac n'est guère un pamphlet de plus sur cet enjeu géoculturel planétaire qu'est la Francophonie. Cet essai incisif bouleverse la perspective sur le rôle et la place de la langue française. Dans ce livre stimulant, Hédi Bouraoui ouvre pour une Francophonie « plurielle ». Loin des propos convenus, loin des poncifs éculés qui ponctuent le discours dominant mais -archaïque- sur la réalité de millions de Francophones de la planète. Ce livre, solidement argumenté, exprime ce sentiment diffus que partagent aujourd'hui nombre de créateurs et acteurs de la langue française. La Francophonie à l'estomac propose des pistes originales et un projet francophone « moderne, absolument moderne », pour tous les « parlants français ». Sans distinctions. Sans discrimination.

  • L'auteur livre avec La Malédiction une écriture de la souffrance et de la passion. Cette réédition du premier roman de Ngandu est l'occasion de redécouvrir son oeuvre multiple et variée, car elle dit avec violence les ruptures majeures qui bouleversent le continent africain et dont son pays, le Congo, est le condensé des iniquités inexpugnables.

  • La dédicace placée au seuil du recueil comme épitaphe annonce le ton et l'inspiration de ces poèmes nés du vide ressenti à cause de la perte cruelle d'êtres chers. En effet, chaque poème de ce recueil est comme des gouttes de larmes noires versées sur le linceul de la page blanche. C'est d'abord la mort de la mère qui fait couler ces mots de tendre douleur que le poète veut partager avec tous les êtres qui ont eu la même souffrance : « Ton caveau est fermé/Ton âme a traversé la frontière/Tu es sous la terre/Mes larmes ont écourté leur exil/Voici leur fleuve en ébullition/Pour saluer ton départ La même complainte douloureuse sera chantée pour pleurer la mort du frère et celle du père. L'auteur de ce recueil a réussi la grande prouesse poétique -celle de Baudelaire- consistant à tirer du « mal », c'est-à-dire de la douleur, des poèmes frais et embaumés comme des « fleurs » : « Tout est souvenir Tout est pleur Tout est larme/Tout est vide Tout est désert Tout est cactus/Le destin a son drapeau qui flotte » Un recueil de poèmes tristes et beaux qui soulagent la douleur des endeuillés grâce à la magie du verbe.

  • Sur les villes d'Éburnie, l'inquiétude a pris les habits du cauchemar : une main obscure éteint la lampe des lucioles et prend la vie des enfants. Si l'enfant qui perd un père ou une mère devient un orphelin, aucun mot n'a encore pu porter la peine de ceux qui perdent un enfant. L'impossibilité de nommer le drame dit la béance de la blessure tout en éveillant les hommes à la défense des bourgeons en péril. À mots clairs et indignés, ce texte grave de Josué Guébo rappelle au bon souvenir de l'homme que la marche de l'histoire est de tout temps, celle des enfants et non nécessairement celle des « politiques/ Aux bustes dressés / À justesse inverse /De leur vertu ». À l'heure de la biologie structurale, des reconstructions bioniques ou des robots humanoïdes, le fait reste invariable et implacable : « L'enfant qui disparaît est une lettre d'alphabet / Qui va les routes / Emportant sur ses épaules la tirelire du sens ». C'est finalement à un humanisme universel que convoquent ces vers, dressés contre les calculs éborgnés, les mutilations physiques et les amputations du sens.

  • La jeune Liselotte Mannon Tlanexpili découvre dans l'Atlas l'histoire d'un pays dénommé le Sinueux ou « Le Grand Semblant ». Son désir de le visiter s'accomplit alors dans un rêve entraînant d'où surgit un univers étrange et pourtant si proche de maints pays africains. Au Sinueux en effet, tout n'est que brillance de surface depuis le jour où, promettant monts et merveilles. Parfait Leurre (nom très symbolique) s'institue « Père de la Nation », et plonge progressivement le pays dans le désastre : mensonge électoral avec droit de vote aux morts, généralisation de la pensée unique, assèchement des caisses de l'État, corruption, alcool, sexe, amours contre-nature, invasion des confréries religieuses. Face aux grondements de la rue, le chef de l'État s'enferme dans une interminable lune de miel avec la belle Mirabella, Baron Perruchot étant là pour masquer ses multiples absences à coups de mensonges médiatiques et d'autres thuriféraires pour appliquer les recettes habituelles : rite expiatoire des arrestations, dons offerts par la première dame, forums et discours qui occultent les questions essentielles. Heureusement qu'en sortant de son rêve, Liselotte apprend qu'il reste « une carte à jouer ». Laquelle ? En somme, un très beau roman où délectation poétique et conscience de justice se côtoient et nous invitent instamment à inventer l'avenir.

  • La question foncière est au coeur des enjeux de développement en Guinée. Elle provoque des conflits liés aux problèmes politique, identitaire, statutaire, de succession et de transmission d'héritage. La pression du marché sur les terres, des occupations anarchiques du domaine public et privé de l'État, de contentieux fonciers récurrents devant les tribunaux... ébranlent constamment la société guinéenne. Ces pratiques et comportements nécessitent pourtant aujourd'hui une politique stricte en termes d'aménagement du territoire et de sécurisation foncière. Les problèmes fonciers guinéens sont analysés dans cet ouvrage à partir des concepts de « patrimoine », de « commun » et de « propriété ». Il s'agit d'une démarche processuelle qui met l'accent sur les « mutations patrimoniales » en suivant, dans le temps et dans l'espace, l'évolution successive des attributions et des affectations foncières en Guinée. Pour l'auteur, une politique foncière efficace et sécurisée devrait tenir compte de la diversité des situations locales dans un processus de planification spatiale anticipant l'occupation anarchique. Cet ouvrage est l'aboutissement de plusieurs années de recherche socio-anthropologique et d'enquêtes de terrain. Une bonne partie des sources et matériaux exploités ont été recueillis sur le terrain et analysés en relation avec les réformes foncières successives intervenues en Guinée avant et après la période coloniale; processus que l'auteur a directement et localement observé dans la plaine de Timbi-Madina au Fouta Djalon.

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