Actualités & Reportages

  • «  Je marche dans la rue en levant les yeux au ciel. Il paraît que c'est ultra-efficace pour éviter de pleurer. J'inspire à fond. J'écoute battre mon coeur. Je viens d'entrer dans un tunnel immense... C'est le début du grand huit. Il va falloir que je m'accroche. 
    Longtemps, je n'ai pas voulu voir, pas voulu savoir. J'étais dans le déni et la mauvaise foi. J'ai joué à merveille mon rôle d'actrice lumineuse, pétillante et légère. J'avais une double vie  : celle à laquelle je voulais croire, et l'autre, celle que je vivais vraiment...  Il m'aura fallu dix ans pour accepter la différence de ma fille. Dix ans de fuite, dix ans de combat.  Je ne m'attendais pas à un tel voyage. 
    Je voudrais aujourd'hui partager ce chemin de rires et de larmes, de colères, de doutes, de joies et d'amour. Parce que, si longue que puisse être la route, si gigantesques que soient les montagnes à franchir, nous avons tous le choix d'être heureux.  »

  • Pourquoi le 18 juin 1901 Picasso est-il « signalé comme anarchiste » à la Préfecture de police, quinze jours avant sa première exposition parisienne ? Pourquoi le 1er décembre 1914 près de sept cents peintures, dessins et autres oeuvres de sa période cubiste sont-ils séquestrés par le gouvernement français pour une période qui dure près de dix ans ? D'où vient l'absence presque totale de ses tableaux dans les collections publiques du pays jusqu'en 1947 ? Comment expliquer, enfin, que Picasso ne soit jamais devenu citoyen français ? Si l'oeuvre de l'artiste a suscité expositions, ouvrages et commentaires en progression exponentielle à la hauteur de son immense talent, la situation de Picasso « étranger » en France a paradoxalement été négligée. C'est cet angle inédit qui constitue l'objet de ce livre.
     
    Pour l'éclairer, il faut exhumer des strates de documents ensevelis, retrouver des fonds d'archives inexploités, en rouvrir, un à un, tous les cartons, déplier chacune des enveloppes, déchiffrer les différentes écritures manuscrites. Alors tout s'organise autrement et le statut de l'artiste se révèle beaucoup plus complexe qu'on ne l'imaginait.
     
    Un étranger nommé Picasso nous entraîne dans une enquête stupéfiante sur les pas de l'artiste surdoué, naviguant en grand stratège dans une France travaillée par ses propres tensions. On le voit imposer au monde son oeuvre magistrale, construire ses propres réseaux et devenir un puissant vecteur de modernisation du pays. Un modèle à contempler et peut-être à suivre.

  • «  À la fin d'une conférence, une femme d'une cinquantaine d'années se présente devant moi, visiblement émue, et me dit qu'elle a peur. "Peur pour samedi prochain." Son mari, Gilet jaune convaincu, prévoit d'aller manifester à Paris. Or l'unité de CRS à laquelle appartient son fils a été désignée pour y assurer le maintien de l'ordre. Ne vont-ils pas se retrouver face à face  ? Cette pensée la hante, comment ne pas la comprendre  ? À cet instant, j'ai ressenti le déchirement qui s'opère dans notre nation, l'impérieuse nécessité d'une véritable réconciliation nationale.  »
    Après ses deux premiers livres,  Servir  et  Qu'est-ce qu'un chef  ?, le général Pierre de Villiers a pris le temps d'une plongée passionnante dans la France, celle des Gilets jaunes, des habitants des villes et des banlieues. Il y a vu une nation profondément divisée et menacée par ses tensions internes, mais aussi par les ruptures d'un monde instable et dangereux. Il y a rencontré des femmes et des hommes entre angoisse et envie de s'en sortir. L'union nationale ne va plus de soi. Les Français ressentent à l'unisson qu'ils sont à un point de bascule, et que vient le moment du courage, d'un équilibre entre ceux qui exercent l'autorité et ceux qui doivent la respecter, entre humanité et fermeté, entre droits et devoirs.  C'est ainsi que nous pourrons nous réconcilier, au-delà de nos différences, sur le chemin de l'unité et de l'espérance. Il y a urgence.

  • Tout le monde savait. Tout le monde se doutait. Beaucoup de gens avaient leur petite idée de ce qui pouvait m'arriver dans l'intimité du foyer. Les coups, la violence banalisée, les humiliations quotidiennes... Tous les invariables de cette vie qui n'en est pas vraiment une. Un jour, pour qu'il ne nous tue pas, je l'ai tué.
     
    Depuis cette nuit-là, celle du 13 mars 2016, le sommeil ne m'a plus jamais trouvée.
     
    Je pense à mon procès. Ces cinq jours devant la cour d'assises de Chalon-sur-Saône, au cours desquels la société va me demander de raconter mon histoire. C'est encore un combat entre lui et moi.
     
    Est-il possible qu'on me comprenne ? Vais-je être écoutée, ou entendue ? Est-il encore capable de me faire du mal, de m'envoyer finir ma vie en prison ?
     
    Dès l'âge de douze ans, Valérie Bacot connaît la peur et l'emprise auprès de Daniel, son beau-père, son violeur, puis son mari et proxénète. Elle raconte ici sa vérité, celle de la tyrannie quotidienne et de l'abandon.

  • Saviez-vous que le « cinéma 3-D » existait dans les  années 1920 ? Connaissez-vous les vraies raisons qui  ont poussé les films à devenir parlants ? Illustrations  à  l'appui, ce livre fournit des clés d'analyse de près de  130 ans  d'histoire d'une industrie considérée à la fois  comme un art et comme un média.
    Dans un style simple et didactique, les auteurs donnent les repères essentiels du cinéma dans le monde,  des origines à nos jours, et abordent les dernières  découvertes et les cinématographies méconnues.  À quoi reconnaît-on un film expressionniste ? Comment  envisageait-on le montage dans les années 1900 ?  Et qu'est-ce qui change à l'arrivée du numérique ?
    Une synthèse remarquable, qui permettra au grand  public aussi bien qu'aux étudiants et aux cinéphiles de  comprendre ce qui se trame derrière le grand écran !
    Première parution : Pluriel, 2017.

  • Mai 2017  : quinze ans après son stage d'énarque au Nigeria, Emmanuel Macron est élu président de la République française. Il promet de faire souffler un vent nouveau sur les relations avec le continent africain. Fort de sa jeunesse et de son libéralisme, il dénonce une «  Françafrique  » postcoloniale dont il ne se sent pas comptable et mise sur les nouvelles générations pour réconcilier les mémoires des deux côtés de la Méditerranée.
    Mais il se heurte vite au réel. Les autocrates, à la longévité exceptionnelle, ne tardent pas à lui rappeler qu'ils sont les derniers des Mohicans à défendre les intérêts français, en Afrique comme dans les organisations internationales. Sur un continent mondialisé redevenu géostratégique, la France ne pèse guère plus que par son armée dans le Sahel et quelques empires économiques familiaux.
    Pour échapper à cette perte d'influence globale, Emmanuel Macron joue un joker inédit : «  l'Afrique  » en France. Il crée un Conseil présidentiel pour l'Afrique composé essentiellement de Français originaires du continent, dans le dessein de dépoussiérer la politique africaine de l'Hexagone.
    Au terme d'une enquête de deux ans auprès de multiples interlocuteurs, les auteurs dressent un constat implacable : malgré des succès, l'ardoise magique de la « génération Macron » n'a pu effacer d'un trait, plus d'un demi-siècle après les indépendances, des relations ambiguës. L'offensive de charme, notamment auprès des diasporas, du chef de l'État n'a pas réussi à convaincre l'électorat des banlieues, comme il l'admet dans une longue interview exclusive. Une épine dans le pied à l'approche de la présidentielle de 2022 ?
    Ou comment, par un singulier effet boomerang, Emmanuel Macron risque d'être piégé autant en France qu'en Afrique.
     
    Journaliste et spécialiste de l'Afrique, Antoine Glaser a été directeur de la rédaction d'Africa Intelligence. Il est notamment l'auteur de Comment la France a perdu l'Afrique (avec S. Smith, Calmann-Lévy, 2005) et, chez Fayard, de Nos chers espions en Afrique (avec T. Hofnung, 2018).
    Journaliste éditorialiste à L'Opinion, Pascal Airault a réalisé de nombreux reportages pour Jeune Afrique. Il est l'auteur de Françafrique. Opérations secrètes et affaires d'État (avec J.-P. Bat, Tallandier, 2016).

  • « Je ne suis ni philosophe, ni sociologue, ni capitaine d'industrie. Je suis un praticien de l'autorité qui s'est toujours efforcé de placer les relations humaines au coeur de son engagement au service de la France et de ses armées. Car l'autorité n'est pas spécifiquement militaire, c'est le lien fondamental de toute société humaine. Fort de ces convictions, je propose dans ce livre quelques jalons pragmatiques, simples et avérés pour sortir d'un mal-être sociétal croissant, diriger avec justesse et discernement. »
     
    Le général Pierre de Villiers signe un essai ambitieux sur l'ordre, remettant l'Homme au centre du système. Comme le ferait un officier, il indique au lecteur le cap qu'il faut tenir dans un monde complexe et sa méthode pour y agir utilement.
    Mêlant une réflexion puissante sur les problèmes profonds que traverse notre époque et des solutions efficaces, le général de Villiers met ici son expérience unique au service de tous.
     
     
    Après quarante-trois années d'une carrière militaire qui l'a conduit à devenir chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers est président d'une société de conseil en stratégie. Il a publié en 2017 Servir aux éditions Fayard.
     

  • Que s'est-il passé ? Pourquoi avons-nous immolé aussi vite nos libertés, au nom de la lutte contre le virus ? Nous avons renoncé à nous déplacer, à manifester, à nous exprimer, à nous cultiver, à travailler même. Nous avons placé la santé au-dessus de tout, et percevons aujourd'hui le prix à payer. Nous avons sacrifié à la vie biologique toutes les autres vies - économique, sociale, culturelle, sportive, amicale... - et découvrons désormais l'étendue des dégâts. Abandonnés à la « servitude volontaire », nous avons accepté les oukases du gouvernement, des médecins, de l'administration. Nous avons respecté les couvre-feux et rempli nos attestations. Nous avons surtout cédé à la peur, celle de la mort et celle du gendarme. Nous avons oublié que vivre, c'est prendre des risques.
    En notre obéissance au nouvel ordre sanitaire, dans un choix collectif, nous avons préféré la sécurité des vieux à l'avenir des jeunes. Humanisme ou aveuglement, cet arbitrage aux apparences altruistes dissimule la dictature d'une génération dorée, celle des « baby-boomers ». L'épidémie cache aussi une guerre des générations.
    Face à toutes ces petites tyrannies, nous ne nous sommes pas révoltés, nous n'avons presque pas résisté, nous avons à peine râlé. Le moment est donc venu de réfléchir.
    Christophe Barbier est journaliste politique. Ancien élève de l'École normale supérieure, il est nommé rédacteur en chef du service politique de L'Express, en 1996, puis directeur de la rédaction en 2006. Aujourd'hui éditorialiste politique pour BFMTV et Actu J, Christophe Barbier est par ailleurs comédien et critique dramatique.

  • Une personne, une voix  : la démocratie repose sur une promesse d'égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l'argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias  : depuis des décennies, le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés.
    Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l'état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives -  souvent infructueuses, mais toujours instructives  - de régulation des relations entre argent et politique.
    Aux États-Unis, où toute la régulation de la démocratie a été balayée par idéologie, le personnel politique ne répond plus qu'aux préférences des plus favorisés. En France, l'État a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser la plus grande partie de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot.
    Ces dérives ne viennent pas d'un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d'implication. La question du financement de la démocratie n'a jamais véritablement été posée  ; celle de la représentation des classes populaires doit l'être sur un mode plus radical. Pour sortir de l'impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée.
     
    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Université Harvard, Julia Cagé est professeure d'économie à Sciences Po Paris. Elle a publié Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie (Le Seuil, 2015).

  • Alors que s'achève une décennie scandée par de nombreux départs pour la Syrie et de multiples attentats, le djihadisme continue d'ensanglanter la France et de menacer l'avenir. Mais qui sont vraiment ceux qui ont consacré leur vie, et parfois leur mort, à cette cause ? Quel itinéraire les a conduits à cet engagement extrême ?
    À partir d'une enquête inédite par son ampleur rassemblant plus de 1 400 profils issus de quatre pays (France, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne), ce livre brosse le portrait d'une génération de militants : ces femmes et ces hommes européens, ces musulmans parfois convertis qui, de 2010 à 2019, ont choisi le djihadisme.
    Grâce à la profondeur de leurs données, Hakim El Karoui et Benjamin Hodayé dépassent les débats passionnés, souvent fondés sur des cas isolés. Ils étudient les parcours des djihadistes suivant trois axes : sociologique, puisque ces individus viennent presque tous des mêmes milieux sociaux, et que leurs failles personnelles peuvent les rendre vulnérables aux discours radicaux ; religieux et idéologique, pour décrypter les chemins spirituels qui peuvent mener au djihadisme, notamment via l'influence du salafisme ; militant, en reconstituant les réseaux à l'échelle locale, ce qui révèle la mécanique exacte du recrutement.
    Ainsi sont réunis les fils des parcours individuels, qui forment une toile inquiétante. Car le djihadisme n'a pas été vaincu. Ses racines sont toujours là, chaque attentat nous le rappelle douloureusement. Et l'analyse prospective présentée est alarmante, même si beaucoup de progrès ont déjà été faits. Reste désormais à prévenir ce phénomène et à désengager ses militants.
     
    Normalien, agrégé de géographie, ancien conseiller du Premier ministre (2002-2005), Hakim El Karoui est Senior Fellow de l'Institut Montaigne et est notamment l'auteur de Réinventer l'Occident (Flammarion, 2010), de L'Islam, une religion française (Gallimard, 2018) et des rapports « Un islam français est possible » (2016), « La Fabrique de l'islamisme » (2018) et « Les quartiers pauvres ont un avenir » (2020).
    Benjamin Hodayé est normalien et agrégé d'histoire. Ses recherches portent sur l'histoire du Maghreb contemporain et sur l'islam en France et en Europe. Il collabore avec l'Institut Montaigne depuis 2017.
    Ce travail a été rendu possible par l'Institut Montaigne.

  • À la fin d'une conversation qui roulait sur la « construction européenne », l'ancien ministre des Affaires étrangères du général De Gaulle, qui savait tout sur tout le monde, laissa tomber d'un air entendu : « Philippe, il vous suffira de tirer sur le fil du Mensonge et tout viendra... »
    Des décennies plus tard, en y consacrant un temps discret et beaucoup d'ardeur, bénéficiant par ailleurs de complicités au plus haut niveau des arcanes de l'Europe, Philippe de Villiers décide de tirer sur le fil.
    Alors tout est venu.
    Il a mené ses recherches jusqu'au bout du monde, à Stanford, à Berlin, à Moscou et partout où pouvaient se trouver des documents confidentiels récemment déclassifiés. Et les archives ont parlé. Elles ont livré des secrets dérangeants.
    L'envers de l'Europe est apparu. Ce n'est pas du tout ce qu'on nous avait dit.
    De ce travail d'enquête, Philippe de Villiers a fait un livre de révélations sur le grand Mensonge. Il a résolu de publier les preuves. Elles sont accablantes. Tout y passe : les Mémoires apocryphes, les dollars, la CIA, les agents, le passé qu'on efface, les allégeances qu'on dissimule, les hautes trahisons.
    Le récit est parfois glaçant. Mené au rythme d'une enquête haletante, il se lit comme un polar. On n'en ressort pas indemne. C'est la fin d'un mythe : ils travaillaient pour d'autres et savaient ce qu'ils faisaient, ils voulaient une Europe sans corps, sans tête et sans racines. Elle est sous nos yeux.

  • « Mon grand-père a fait rêver la planète. Il n'était pas né écologiste. Son cri d'alarme est venu des tripes, de ce qu'il a vu et ressenti en explorant le monde. C'est lui qui m'a appris à plonger dans la mer, quand j'avais neuf ans.
     
    Mon enfance à moi m'a fait respirer le poumon de la Terre. Depuis, je n'ai cessé de retourner en Amazonie. Auprès de ces tribus, au milieu de ces arbres majestueux, j'ai appris une leçon essentielle : il faut se souvenir de ce que c'est, survivre.
     
    J'aurais aimé poursuivre le dialogue avec mon grand-père, lui raconter ce que je fais. Cette continuité lui aurait donné de la joie. Car les temps ont changé et il y a urgence.
     
    Nous devons laisser la nature reprendre son souffle. Ma famille sonne l'alarme depuis trois générations. Il nous faut repartir des choses simples, de nos origines. Puis passer à l'action.
     
    Ce qui va déterminer ce changement, c'est de savoir si nous avons vraiment envie de vivre. »
     
    Céline Cousteau est militante écologiste et documentariste.

  • Le Japon vit depuis trente ans une crise économique et sociale multiforme. Sa dette publique est la plus élevée du monde. Les revenus stagnent, le taux de pauvreté est le double du nôtre, sa population diminue et vieillit massivement, sa jeunesse paraît démoralisée...
    Pourtant, le Japon se tient et se supporte fort bien lui-même. Il est dur et brutal sous certains aspects, mais le chômage y est inconnu, la délinquance négligeable et les services d'une qualité inimaginable. Ce qui divise les Français, à commencer par les religions et les médias, y conforte au contraire la cohésion nationale. Sportifs et célébrités en tous genres se doivent d'être exemplaires, sous peine d'être durement sanctionnés par l'opinion. Du haut en bas de la société, on s'excuse, souvent pour très peu et parfois pour beaucoup, et ce rituel qui, vu de chez nous, semble n'être que du théâtre a une réelle efficacité sur le moral de la communauté.
     
    On peut y voir le résultat d'un formatage omniprésent dès la petite enfance, dont le conformisme tue le dynamisme, la créativité et les rêves. Mais on peut aussi penser que la manière dont le Japon échappe aux fractures qui stressent la France, et à certains des maux qui pourrissent la vie des Français, vaut d'être regardée de plus près. Quitte à ce que les leçons que peut donner le Japon semblent attentatoires à ce qui est politiquement (et autrement) «  correct  ».
     
     
    Jean-Marie Bouissou est normalien, agrégé d'histoire. Après avoir vécu quinze ans au Japon, il a été directeur de recherche et enseignant à Sciences Po (1990-2016) dont il est aujourd'hui le représentant à Tokyo. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur le Japon. Parmi les plus récents  , Géopolitique du Japon (2014) et Manga. Histoire et univers de la bande dessinée japonaise (quatrième édition, 2018).
     

  • Que mange-t-on quand on ouvre une boîte de concentré, verse du ketchup dans son assiette ou entame une pizza  ? Des tomates d'industrie. Transformées en usine, conditionnées en barils de concentré, elles circulent d'un continent à l'autre. Toute l'humanité en consomme, pourtant personne n'en a vu.
    Où, comment et par qui ces tomates sont-elles cultivées et récoltées  ?
    Durant deux ans, des confins de la Chine à l'Italie, de la Californie au Ghana, Jean-Baptiste Malet a mené une enquête inédite et originale. Il a rencontré traders, cueilleurs, entrepreneurs, paysans, généticiens, fabricants de machine, et même un «  général  »  chinois.
    Des ghettos où la main-d'oeuvre des récoltes est engagée parmi les migrants aux conserveries qui coupent du concentré incomestible avec des additifs suspects, il a remonté une filière opaque et très lucrative, qui attise les convoitises  : les mafias s'intéressent aussi à la sauce tomate.
    L'Empire de l'or rouge nous raconte le capitalisme mondialisé. Il est le roman d'une marchandise universelle.

  • « Voilà plus de vingt ans que, chercheur, écologue de la santé, je me bats pour que nous prenions conscience de former un tout avec la nature. La préserver, c'est préserver notre humanité, et notre santé.
    Voilà plus de vingt ans que je me heurte à des murs du côté des sphères politique et scientifique, toutes deux sourdes à mes alertes répétées contre les épidémies qui nous menacent.
    J'ai voulu m'éloigner du monde occidental, pour retrouver l'authenticité d'une nature longtemps préservée en Asie du Sud-Est... Mais là encore, la modernité devenue folle m'a rattrapé !
    Pour satisfaire nos marchés dévorateurs, ces pays se sont eux aussi lancés dans une course destructrice au productivisme, à la déforestation, aux pesticides.
    Comme je le prédisais, les hommes ont fini par créer les conditions d'émergence d'une nouvelle peste : le coronavirus.
    Et qui accusons-nous ? Les animaux sauvages ! La chauvesouris ! Le pangolin !
    Mais qui a poussé la chauve-souris, réservoir de virus, à quitter sa forêt pour venir souiller nos productions agricoles et répandre la peste moderne ?
    Nous.
    Il est temps d'en finir avec le massacre de la faune sauvage, et de renouer avec notre vraie nature. »
     
    Serge Morand est écologue de la santé, directeur de recherche au CNRS et au Cirad et enseignant à la Faculté de médecine tropicale de Bangkok, en Thaïlande.

  • 4 août 2020, 18 h 07.Le coeur de Beyrouth a explosé. Et nos coeurs avec.
    Tous les Libanais ont été choqués. Certains ont perdu des proches, d'autres, nombreux, leur maison, mais pas leur courage.Trente-cinq  personnalités  -  artistes et écrivains libanais et français - ont accepté de raconter leur Beyrouth et le lien intime qu'elles entretiennent avec cette ville, qui ne laisse pas indifférent lorsqu'on a la chance de la connaître. En un mot, l'âme de Beyrouth, capitale aux multiples facettes.Aujourd'hui, Beyrouth a besoin de nous, besoin de vous.Pour que Beyrouth, tel le phénix,  renaisse une nouvelle fois de ses cendres.  Sous la direction de Sarah BriandDeux euros par ouvrage sont reversés à l'association OffreJoie,
    qui travaille à la reconstruction de la ville
    et panse les traumatismes de ses habitants.

  • Et si les bouleversements écologiques en cours altéraient notre bien-être et notre santé ?  La pandémie de coronavirus a surgi alors que les nouvelles inquiétantes sur l'état de notre planète émanent régulièrement des travaux des scientifiques. Angoisse, insomnie, découragement ou sentiment d'impuissance et de perte de sens... les troubles qui découlent de cette conscience d'un monde à l'avenir incertain et menacé sont autant de marqueurs de l'éco-anxiété, ou solastalgie.
    Ce concept novateur fait référence aux émotions et aux questionnements que provoque en nous la destruction chronique de notre environnement. Alice Desbiolles, médecin de santé publique et épidémiologiste, propose de décrypter les mécanismes psychologiques et socio-culturels qui sous-tendent l'éco-anxiété : quels en sont les ressorts et les manifestations ? Comment en sortir ?
    Invitation à repenser nos manières d'être, ce livre expose avec lucidité et sensibilité les moyens de vaincre la résignation qui nous guette. Il donne des clés pour passer de la déploration à l'action. Le défi est là : se rappeler que, face à la crise écologique, nous pouvons toujours prendre des décisions avisées.
     
    Alice Desbiolles est médecin. Son parcours l'a amenée à travailler à l'hôpital, au sein d'organismes gouvernementaux de santé publique, au ministère de la Santé, à l'Institut Pasteur, et à participer à des missions sanitaires internationales. Elle est l'une des premières professionnelles de santé à avoir popularisé et porté médiatiquement l'éco-anxiété et les conséquences sanitaires du réchauffement climatique.

  • « À quel moment est-ce arrivé ? À quel moment au juste nos "technos", ces fameuses têtes bien faites, ont perdu le sens de l'État, pour se transformer en cost-killers gérant notre pays avec la poésie d'un fichier Excel et la vision d'un lapin nain ?
    À force de coupes budgétaires, ils fracturent la France, opposant villes et campagnes, banlieues et provinces qui, chaque jour, meurent de voir les services publics fermer, les trains passer sans s'arrêter, et souffrent du même abandon de l'État.
    Ils mettent à genoux nos hospitaliers, nos infirmiers, nos professeurs, nos policiers, nos pompiers... Ces fantassins de la République qui en font toujours plus, avec toujours moins de moyens.
    Ils sont incapables de préserver notre héritage qu'ils préfèrent brader.
    La France est à l'os et pendant ce temps, ils engloutissent un "pognon de dingue" dans des métastases bureaucratiques qui prolifèrent sans cesse. Des usines à gaz toujours plus inventives, toujours plus coupées du terrain pour nous engluer sous la paperasserie.
    La vérité, c'est que cette caste n'a plus d'ambition pour la France.
    Si seulement elle pouvait voir ce pays comme nous le voyons. L'aimer comme nous l'aimons. Nous faire confiance et libérer les talents et les forces vives qui y fourmillent.
    Alors la France retrouverait enfin son rang et sa fierté. »
     
    Depuis quinze ans, Isabelle Saporta enquête sur la France, parcourt ses territoires et révèle les dessous opaques de l'agro-industrie, des lobbies, des grands vignobles ou encore l'absurdité des normes administratives, dans ses best-sellers : Le Livre noir de l'agriculture, Vino Business, Foutez-nous la paix !. Ses combats l'ont menée à s'engager en politique et cette expérience lui a appris de l'intérieur comment fonctionnait le système. Rendez-nous la France ! est la somme de ce travail de terrain, le cri de colère d'une citoyenne engagée et la nouvelle enquête d'une journaliste courageuse.

  • L'ère du clash

    Christian Salmon

    Un ouragan emporte nos sociétés hyperconnectées et hypermédiatisées. Le vent a tourné, nous l'éprouvons tous fortement.
    L'époque n'est plus tout à fait, ou seulement, à la manipulation et au formatage des esprits, comme encore au milieu des années 2000, quand régnait sur le discours médiatico-politique le storytelling.
    L'explosion du Web, l'éclosion des premiers réseaux sociaux créaient l'environnement favorable à la production et à la diffusion d'histoires. Or, de même que l'inflation ruine la confiance dans la monnaie, l'inflation des stories a érodé la confiance dans les récits. Le triomphe de l'art de raconter des histoires, mis au service des acteurs politiques, aura entraîné, de manière fulgurante, le discrédit de la parole publique. Cette défiance est aujourd'hui revendiquée par les hommes politiques eux-mêmes.
    Christian Salmon nous montre les logiques qui nous ont conduits à la confusion actuelle.
    Dans le brouhaha des réseaux et la brutalisation des échanges, la story n'est plus la clé pour se distinguer. La conquête de l'attention, comme celle du pouvoir, passe désormais par l'affrontement, la rupture, la casse des «  vérités  ». Désormais, viralité et rivalité vont de pair, virulence et violence, clash et guerre des récits. Fini le storytelling  ? Bienvenue dans l'ère du clash !
     
    Christian Salmon est écrivain. En 2007 il publiait Storytelling : la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte), lançant un mot qui entrerait dans le dictionnaire en 2018. Il est l'auteur de plusieurs essais littéraires. En 2017, il a publié un roman, Le Projet Blumkine.
     

  • "Allons-nous tous être emportés par les bouleversements que nous, humains, avons générés sans en mesurer les conséquences  ?
    Ou bien, à l'inverse, nos successeurs ici-bas seront-ils des surhommes, des demi-dieux, à la fois omnipotents et sages  ?
     
    La nouveauté est qu'il ne s'agit pas d'un fantasme de science-fiction de plus.  Ce dilemme est bien réel. Notre XXIe siècle marque une charnière dans la longue histoire de notre espèce.
     
    L'enquête effectuée pour ce livre m'a fait comprendre les arguments des optimistes et des pessimistes. Or chacun d'entre eux a des arguments convaincants.  
     
    Nous avons urgemment besoin d'une vision à plus long terme au moment où nous fonçons ensemble vers un futur opaque dont nos phares n'éclairent pas la route.
     
    Je donne aussi la parole à des penseurs de tous horizons, qui explorent, chacun à leur manière, cet avenir commun. "
    J-L S-S

  • Nietzsche parlait des rapports de l'homme avec la Méditerranée comme d'une « foi dans le Sud ». Avec le livre de Predrag Matvejevitch, cette foi s'est dotée d'un bréviaire. Chant d'amour, cet essai mêle les genres, l'érudition et l'imagination, le savoir et le souvenir, la rigueur scientifique et le souffle épique. Comme pour un concerto, l'auteur mène en trois temps. Le Bréviaire proprement dit énonce les thèmes dans une fluidité musicale : villes, ports, îles, vagues, vents, courants, terroirs, moeurs, langages, peuples... Les Cartes sont plus discursives et analytiques. Le Glossaire, lui, reprend les thèmes pour les commenter et citer les références. Tour à tour archiviste et pèlerin passionné, Predrag Matvejevitch redevient alors poète pour nous rappeler que cette mer qu'il chante, c'est aussi la sienne, et la nôtre.
    « Un livre génial et inattendu, foudroyant et fascinant, riche d'intelligence et de poésie, dans lequel se mêlent précision scientifique et épiphanie. » 
    Claudio Magris 
    Predrag Matvejevitch (1932-2017), écrivain croate, est l'un des plus éminents essayistes du monde slave. Il a occupé de nombreuses chaires à Paris, Rome, Louvain et Zagreb.

  • 11 mai 2020. Le commissaire Visser-Bourdon prend son service et se demande à quoi va ressembler ce premier «  jour d'après  ». À 52 ans, dont trente de carrière dans la police, il n'aurait jamais imaginé devenir un jour l'un des gardiens de cette France confinée par nécessité. Il repense aux deux mois qui viennent de s'écouler, aux contrôles d'attestation parfois houleux, au dénuement des collègues sur la voie publique, sans gants ni masque. Aux nuits à essuyer des tirs de mortiers de feux d'artifice dans les cités de l'Essonne, au trafic de drogue qui se réorganise en livraison à domicile.
    Le commissaire a tenu le cap. C'est un homme de terrain, un pragmatique. C'est d'ailleurs ce qui a fait sa force quand il a géré la «  Jungle  » de Calais et ses 10  000 migrants. Toujours aux côtés de ses hommes, quitte à prendre des coups dans les moments difficiles, il est écouté et respecté. Patrick Visser-Bourdon, marié et père de trois enfants, est à la fois un homme de poigne et de dialogue, sans illusion et lucide, quelqu'un à qui on ne la fait pas, passé par l'antiterrorisme, les «  stups  », le SRPJ de Versailles. Le commissaire sait que la vie est faite de zones de gris, à l'heure où chacun voudrait imposer ses certitudes. Bienvenue dans sa vie de flic.
     
    Patrick Visser-Bourdon est commissaire dans l'Essonne, en banlieue parisienne. Passé par le SRPJ de Versailles, l'antiterrorisme au 36 quai des Orfèvres et la brigade des stupéfiants, il a également été en poste à Calais pendant plus d'un an, où il a piloté le démantèlement de la Jungle fin 2016.
    Journaliste, Jean-Marie Godard est rédacteur en chef du pôle «  sécurité globale  » de l'agence AEF info, après avoir été reporter au bureau français de l'agence Associated Press, puis collaborateur des magazines Society et Marianne. Il est l'auteur de Paroles de flics (2018) et Bienvenue aux urgences (2019), aux Éditions Fayard.
     

  • Imaginez une ville entièrement digitalisée à l'aide de systèmes intelligents de surveillance vidéo, de contrôles automatisés de la consommation d'énergie et de la pollution, d'un réseau Internet à haut débit et de véhicules autonomes, au service de la décision publique et du bien-être de la population. Nous y sommes bientôt, grâce à l'intelligence artificielle (IA).
    Ce livre, après en avoir brossé l'histoire, parcourt ses développements actuels et futurs, dans un état des lieux mondial fascinant. Bien loin des robots rebelles que la science-fiction imagine, les cas présentés sont à la fois bénéfiques et proches de nous  : la suggestion de films de Netflix, les chatbots commerciaux et les assistants virtuels augmentant notre confort  ; demain les imprimantes 4D, les exosquelettes et les organes créés ex nihilo.
    Karim Massimov, fort de son expertise internationale, trace un modèle de développement global, durable, souhaitable, et révèle l'essence même des technologies numériques, altruistes et créatrices d'opportunités.
    Si l'IA a le potentiel de résoudre des problèmes qui touchent l'humanité entière, elle pourrait également conduire à l'anéantissement. D'où cette vigilance  : il faut accompagner la marche du progrès scientifique, tout en construisant dès à présent les outils permettant de se protéger contre les risques liés à la technologie, en commençant par établir un arsenal juridique à un niveau international.
    Le règne de l'IA a déjà commencé. Il améliorera le monde et ce, plus rapidement qu'on ne le pense.
     
     
    Karim Massimov a été Premier ministre et ministre de l'Économie du Kazakhstan. Docteur en économie, polyglotte, il a aussi travaillé dans la banque. Son action en tant que fonctionnaire a été déterminante dans le développement de la capitale Noursoultan (ancienne Astana), ville dynamique, innovante et tournée vers l'avenir.

  • Ouvrage de référence et de combat d'une grande économiste, L'État entrepreneur est un appel à modifier notre façon de parler de l'État et de son rôle dans l'économie.
    Contre un certain discours de dénigrement de l'action étatique et les politiques d'austérité budgétaire particulièrement prégnantes depuis 2008, Mariana Mazzucato montre que, de l'iPhone à l'industrie pharmaceutique, ce sont souvent les fonds publics qui apportent une stratégie à long terme. Les « innovateurs de génie » sont d'abord des bénéficiaires privilégiés des investissements publics dans la recherche fondamentale et le développement des nouvelles technologies, alors qu'ils réclament toujours plus d'avantages fiscaux et moins de contraintes administratives.
    Pour que l'innovation ne soit pas laissée aux seuls acteurs du secteur privé, nous avons besoin de mieux comprendre comment transformer l'État en moteur principal d'une croissance tirée par l'investissement, capable de s'attaquer aux grands défis de notre époque, depuis le changement climatique jusqu'à la santé de demain, en passant par la maîtrise de la révolution numérique.
    Ce livre qui repense la vocation du capitalisme moderne a connu un immense retentissement et a déjà fait l'objet de 17 traductions à travers le monde.
     
     
    Lauréate du Prix Léontieff 2018 pour l'avancement des limites de la pensée économique, Mariana Mazzucato est professeur d'économie de l'innovation et de l'utilité publique à l'University College valo­risation des biens publics à l'University College London (UCL), où elle a fondé et dirige l'Institut pour l'Innovation & l'Intérêt général (IIPP). L'État entrepreneur, distingué par plusieurs prix, analyse le rôle critique de l'État dans le pilotage de la croissance. Dans The Value of Everything (2018), elle expose pourquoi et comment c'est la création de valeur qui doit être récompensée plutôt que son extraction. Mariana Mazzucato conseille des responsables politiques dans divers pays sur les questions liées à la croissance inclusive et durable tirée par l'innovation. Elle a remporté en 2019 le Prix Madame de Staël des Académies euro­péennes pour les valeurs culturelles et le Prix John Von Neumann en 2020. En 2019, le magazine Wired l'a nommée dans sa liste des « vingt-cinq penseurs internationaux les plus importants sur la technologie ».

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