Poésie

  • Le 20 janvier 2021, Amanda Gorman s'est adressée à des millions de personnes pour livrer un message de vérité et d'espoir.
     
    À vingt-deux ans, Amanda Gorman a déclamé l'un de ses poèmes, « La colline que nous gravissons », lors de la cérémonie d'investiture du président des
    États-Unis, Joe Biden. Son invitation vibrante à se tourner vers l'avenir avec courage et à oser agir a marqué l'Amérique et le monde.
    Son poème est publié, avec la traduction de l'artiste, autrice-compositrice et interprète Lous and the Yakuza, et précédé d'un avant-propos d'Oprah Winfrey.
     

  • De février 1903 à Noël 1908, Rainer Maria Rilke correspond avec le jeune Franz Xaver Kappus, et l'encourage dans sa vocation. Les Lettres à un jeune poète se signalent par une qualité toute particulière du ton, une intimité chaleureuse qui n'exclut ni le scrupule ni la rigueur. Une lucidité de philosophe y épouse sans cesse étroitement la sensibililté lyrique. Elles sont devenues l'un des textes les plus célèbres et les plus appréciés du grand poète.

  • « Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue. »
    Le Spleen de Paris, oeuvre majeure de Charles Baudelaire, se caractérise par une forme poétique alors singulière - la prose «  ouverte sur l'infini » - mêlant les genres et les points de vue (flâneur, philosophe, rêveur, moraliste). Il s'y révèle tout le sublime et le tragique de la vie urbaine.

  • Verlaine vit en lui "le plus beau" des "mauvais anges", Claudel "un mystique à l'état sauvage", Henry Miller "le rebelle incarné". Mallarmé, à propose de cette oeuvre fondatrice de notre modernité poétique, préféra évoquer l'éclat du "météore" : de fait, trois ans au plus séparent les vers de collège d'Arthur Rimbaud (1854-1891), écrits à seize ans, des poèmes qui précèdent Une saison en enfer. Dans cette édition intégrale, établie par Claude Jeancolas, les poèmes de Rimbaud sont présentés dans l'ordre - probable - de leur composition, et conformément à la graphie des manuscrits originaux.

  • Tour à tour poème, confession, essai, conte, préface, roman à suspense, "Les Paradis artificiels" concentrent tout le génie de celui qui ne "supportera la condition humaine qu'en se plaçant entre elle et lui l'écran ou le filtre de l'opium". Baudelaire naît en 1821, l'année où paraissent les "Confessions d'un mangeur d'opium" de Thomas de Quincey. Quarante ans plus tard, leurs oeuvres sont à jamais mêlées.

  • C'est l'une des lettres les plus célèbres de toute la tradition épistolaire occidentale. L'une des plus belles, l'une des plus essentielles aussi. On y a vu l'invention du paysage. Pétrarque, poète et ecclésiastique à la cour papale, a trente-deux ans en 1336 lorsqu'il rédige cette lettre à l'attention de son confesseur. Cela fait plus de dix ans qu'il vit à Avignon et que Laure l'a éconduit. Le mont Ventoux appartient au spectacle naturel de la région à laquelle Pétrarque est si attaché depuis son enfance. Pic d'une crise spirituelle, le récit de son ascension est celui d'une formidable expérience dont il découvre la portée allégorique. L'Ascension du mont Ventoux marque une conversion, la réconciliation de Pétrarque avec l'ordre du monde et la splendeur de Dieu.

  • « Vous êtes poète ? (...)
    - Poète, si c'est poète que d'avoir cherché l'art !
    - Vous avez cherché l'art ! Et l'avez-vous trouvé ?
    - Plût au ciel que l'art ne fût pas une chimère ! (...)
    Je le priai de m'apprendre à quel lunetier il devait sa découverte, l'art ayant été pour moi ce qu'est une aiguille dans une meule de foin...
    - J'avais résolu, dit-il, de chercher l'art comme au Moyen Âge les rose-croix cherchèrent la pierre philosophale ; l'art, cette pierre philosophale du XIX° siècle ! »
    Tenu par sa quête bien qu'atteint de tuberculose, Aloysius Bertrand n'aura pas réussi à achever à temps son chef-d'oeuvre, Gaspard de la nuit. Il meurt le 29 avril 1841 à Paris, dans le plus grand dénuement, seul et méconnu. Livre-joyau, d'inspiration médiévale et biblique, il suscita l'admiration de Charles Baudelaire.

  • Lorsqu'il achève Le Nuage en pantalon en 1915, Maïakovski vient d'avoir vingt-trois ans. Il se trouve au coeur de l'art moderne naissant, intimement lié à l'entreprise futuriste. De ce Nuage, né d'un dépit amoureux, Maïakowski dira : « Je le considère comme le catéchisme de l'art moderne : À bas votre amour, à bas votre art, à bas votre société, à bas votre religion - ce sont les quatre cris des quatres parties. »

  • Préférant les jouissances de l'éphémère aux vérités érigées en dogmes, Omar Khayyam était un homme qui regardait le ciel en face. Au lieu de gémir sur le sort de l'humanité, il ne voulut lui souhaiter que l'ivresse et l'amour. Haïssant l'esclavage de la pensée, ce poète, vivant il y a plus de mille ans en Perse, nous a légué ces Quatrains qui, aujourd'hui encore, résonnent comme un chant magnifique qui s'élève contre l'imposture religieuse et politique.

  • À l'instigation de ses amis d'al-Moujahir, Khalil Gibran (1883-1931) accepte de reprendre en volume les textes qu'il a donnés depuis une dizaine d'années au journal dans la rubrique « Larme et Sourire ».S'il a montré tant de réticence à voir publier Rires et Larmes(1914), son cinquième ouvrage, c'est que l'ensemble de ces fragments de vie relèvent d'un moi dont il vient de se défaire, en proie au doute, bercé entre adulation et lamentation. Avant de se lancer dans l'écriture de son grand cycle poétique, autour du Prophète, Gibran contemple le jeune homme qu'il a été, désormais « enseveli dans la vallée des rêves », mais dont il partage toujours la soif spirituelle.

  • Récit en vers traduit du russe par Hélène Henry Composé au bagne entre 1948 et 1952 ce long poème autobiographique constitue une étape essentielle dans l'édification de l'oeuvre en prose qu'entreprendra Soljénitsyne une fois libéré. À l'origine, la forme versifiée était destinée à favoriser la mémorisation : le texte sitôt composé était appris par coeur, puis détruit. Le poème suit le « chemin » emprunté par son jeune héros : son enfance à Rostov-sur-le-Don dans une famille pauvre et persécutée, sa « double foi », chrétienne par tradition familiale, communiste par éducation et conviction et, surtout, son engagement dans les combats de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'à son arrestation. Cette suite de portraits et de scènes décrivant une Russie stalinienne déchirée est aussi l'amorce de la quête historique, culturelle, morale, spirituelle que poursuivra, sa vie durant, l'auteur de l'Archipel du Goulag.
    Figure emblématique de la dissidence sous le régime soviétique, Prix Nobel de littérature en 1970, Alexandre Soljénitsyne (1918-2008) est l'auteur d'une oeuvre considérable, dont l'Archipel du Goulag écrit dans la clandestinité, tout comme ce Chemin des forçats composé durant ses années de bagne. Contraint de s'exiler vingt ans aux Etats-Unis, il y poursuivit son grand oeuvre sur la la genèse de la révolution d'Octobre, la Roue rouge. Il regagna sa Russie natale en 1994.

  • La voyance, la sensualité, la religion, la politique, l'enfance, l'errance, la liberté, le spectacle, la mythologie, l'ivresse... Rimbaud cherche un langage universel qui soit "de l'âme pour l'âme". La langue et les phrases s'accélèrent, se régénèrent, rutilent, s'enrichissent, explosent et lancent à la face du monde une poésie en révolution permanente.

  • La presqu'île, c'était une maison avec un grand jardin, orné d'un mimosa resplendissant  ; c'était un four électrique où cuisaient les cannellonis qui seraient ensuite vendus à la boutique  ; c'était ma grand-mère, bonne perdante au jeu de l'oie et turfiste chevronnée, à qui les gens du village demandaient des tuyaux et qui m'initiait patiemment aux mystères des cotes à trois contre un et des arrivées dans l'ordre.
    De la maison et du jardin  ; du visage, des gestes et des paroles de ma grand-mère, ma mémoire peut reconstituer chaque détail. C'est dans ce lieu et près de cette femme que mon esprit m'emporte lorsque mon corps est immobilisé sur un lit d'hôpital. Car comment remplacer la lumière blafarde des néons par le soleil aveuglant de la Méditerranée  ; où trouver la force de faire face aux aléas de la vie, sinon dans le souvenir des éblouissements de l'enfance  ? 

  • Jean de La Croix (1542-1591), compagnon de Thérèse d'Avila engagé avec elle dans la réforme de l'ordre du Carmel, compose une poésie incandescente qui chante la douleur et l'extase d'un "coeur d'amour tout ravagé" par la quête de Dieu. Sa poésie parle à tous et s'adresse aux profondeurs de l'âme. Elle porte à un degré d'extrême accomplissement "la plénitude d'un anéantissement" propre à l'expérience mystique.
    "Patron des poètes espagnols", Jean de La Croix a touché un public universel. Les poèmes ici présentés constituent l'intégralité de son oeuvre poétique.
    Nouvelle traduction de l'espagnol par
    Séverine Auffret

  • "Lampisteries" précédées des "Sept manifestes Dada" et quelques dessins de Francis Picabia : textes lus entre 1916 et 1920 lors de manifestations Dada dont la première eût lieu à Zürich -Salle Waag - le 14 juillet 1916.

  • Dans l'élan de ses vingt-cinq ans, Paul VerLaine publie en 1869 les Fêtes galantes. En vingt-deux tableaux, dans te cadre badin d'un XVIIIe siècle recréé, il avoue son impérieux besoin de sentiments sincères et partagés, et cède à La sensualité des jeux amoureux. Ses poèmes résonnent de sa musique légère, entre fièvre et frivolité. Qui pourrait rester insensible à tant d'émotions, murmurées sur le ton de la confidence?

  • L'école est ce lieu de sécurité, d'épanouissement, d'ouverture à la vie où peuvent s'effacer les injustices sociales, les blessures familiales. Pour mener cette mission, l'école s'est organisée solidement face aux pressions extérieures : c'est une institution. Parfois, tel ou tel représentant de l'école bascule dans l'innommable ; alors, l'institution oublie sa mission pour se crisper. D'institution, elle sombre dans la bureaucratie. Ce livre raconte une histoire vraie, une histoire qui doit alerter les parents, les éducateurs, les enseignants, sans pour autant les faire tomber dans la suspicion systématique. C'est pour cela que la deuxième partie de l'ouvrage, volontairement très documentaire, donne les éléments nécessaires pour que la raison l'emporte sur l'émotion. Mais l'émotion subsiste et elle est légitime car l'atteinte de l'enfant en son intimité, là même où il devrait trouver une protection absolue, est insupportable. Défense de l'enfance, défense de la famille, ce récit est aussi une défense de l'école qui n'aurait rien à gagner à nier la vérité aussi douloureuse soit-elle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'auteur du "Prophète", oeuvre traduite dans le monde entier, n'est pas l'homme d'un seul livre. "Le Fou", écrit en anglais et publié en 1918, est une excellente introduction à la pensée de l'un des plus dignes représentants de la littérature proche-orientale. Figure récurrente de la littérature arabe, "Le Fou" permet à Gibran de porter un regard pur et détaché sur les vicissitudes du monde. C'est à travers les oeuvres de William Blake, de Rodin, de Nietzche, que s'est forgée la pensée de cet auteur universel.

  • " Les amoureuses ne parlent pas, du moins ce qu'on appelle parler; elles murmurent, roucoulent, chantonnent, inventent, créent, s'épanouissent.
    Pour elles, le langage est une source de plaisirs, un lac de caresses où elles puisent indéfiniment de quoi ravir _ croient-elles _ leur amant.
    Toutes les amoureuses ont ce don _ ce travers! _ de confier à n'importe quel vocable la charge extrême de clamer leur amour. "
    M.C.

  • 1871, c'est l'année où Rimbaud, adolescent de dix-sept ans, fugue une nouvelle fois et part rejoindre Verlaine dans un Paris en pleine insurrection. Avec lui, il fréquente les cénacles littéraires et participe en particulier aux séances du Cercle zutiste, en 1871 et 1872. En compagnie d'artistes blagueurs et bohèmes, le jeune poète insolent s'adonne avec une aisance époustouflante au pastiche,. à la raillerie et à la blague de potache qui n'épargnent aucun des poétes reconnus.
    À travers les 22 pièces qu'il a laissées dans l'Album zutique, on découvre un Rimbaud provocateur et ludique.

  • Paul Verlaine (1844-1896) commença très tôt à mener une
    « délictueuse et criminelle sorte de vie » qui le conduisit à maintes reprises en prison : Mes prisons recense de manière chronologique toutes ses expériences cellulaires, de sa première mise au cachot pour une conjugaison latine mal apprise à ses arrestations pour trouble sur la voie publique, en passant par son incarcération à Mons après avoir tiré sur son ami Arthur Rimbaud. Loin de la légende qu'il a forgé du « poète maudit », il acquiesce au sort qui lui est réservé. Homme emporté et passionné, souvent ivre, il trouve en ses réclusions un havre où Il peut se consacrer à l'écriture.

  • Lignes de fuite est un recueil de trente poésies, entre rock et rap, à lire à haute voix, à chantonner comme les poèmes de Prévert ou de Jim Morrison. Sur un tempo binaire, Serge Raffy traverse les champs éternels de la douleur humaine, avec une lucidité glaciale et sensuelle. Séparations, pertes, délestages des amours impossibles, la poésie reste une plongée en apnée dans les eaux troubles de la conscience des hommes.
    Dans la tourmente des cybermondes, l'homme, fondamentalement, ne change pas. II traîne en lui les mêmes terreurs, les mêmes « lignes de fuite », Alors, pour ne pas sombrer dans le néant, il se raccroche à ses territoires indicibles, en forme de refuge, « là où la vipère tremble »...

  • «Ali-Ahmed avec sa nouvelle amie. Ils passent devant un lac.
    - Tiens, regarde les larmes que tu as versées pour la précédente.
    Ali-Ahmed s?approche du bord, enlève une chaussure, une chaussette, puis y trempe un pied.
    - Brr? c?est froid.
    Il se déshabille complètement et plonge à l?eau. Il fait quelques brasses.
    - A la réflexion, c?est bon. Tu viens ?
    Il sourit.
    Alors son amie se met à pleurer et à ses pieds se forme une mare qui devient bientôt un lac.»

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