Théâtre

  • J'ai toujours aimé le théâtre.
    Au lendemain de la guerre, j'ai découvert son pouvoir d'envoûtement du troisième balcon où se juchaient les étudiants.
    La jeunesse s'est enfuie, mais la passion est restée. Elle devait porter ses fruits. J'ai écrit en secret des pièces de théâtre. Nombre d'ébauches ont pris le chemin de la corbeille à papier, mais quelques-unes ont échappé à ces excès de dépit amoureux. Les voici réunies sous le titre optimiste de Théâtre I.
    Au lecteur d'être, par la grâce de l'imagination, le metteur en scène et l'acteur de ces pièces. Frappons les trois coups. Instant magique, le rideau se lève...R. B. 
    Né à Paris en 1928, Robert Badinter, avocat, fut ministre de la Justice (1981-1986), président du Conseil constitutionnel  (1986-1995) et sénateur (1996-2001).

  • L'Hôtel du Libre Echange, comédie en trois actes, doit toute sa force dramaturgiquee au lieu, un établissement dont l'honnêteté de façade va très vite se fissurer. Son enseigne, imaginée par Feydeau, n'est pas une allusion au négociant qu'il pourrait attirer (il faut se souvenir que l'expression d'Adam Smith, « free trade » passe au français vers les années 1860-70 et connaît une vogue immédiate). Non, l'hôtel sert aussi à abriter les couples illégitimes. A l'hôtel du Libre Echange vont donc se croiser de respectables bourgeois, maris et femmes, et leurs domestiques, selon des combinaisons et dans des situations qui n'étaient bien évidemment pas prévus. Monsieur Pinglet, entrepreneur, malheureux en ménage (son épouse, Angélique, n'est pas commode), fait la cour à Marcelle, la femme de son ami et collaborateur, l'architecte Paillardin. Celle-ci, qui se plaint du manque d'assiduité sexuelle de son époux, accepte un rendez-vous galant avec Pinglet à l'hôtel. Or Paillardin doit justement y passer la nuit, dans sa fonction d'expert auprès des tribunaux, pour vérifier si l'une de ses chambres est hantée ou non... La suite sera à la hauteur des quiproquos, des rencontres malencontreuses et de l'emberlificotement des situations. La pièce connut, lors de sa création en décembre 1894, un vif succès.

  • Une première image de L'Augmentation peut être fournie par ces casse-tête - type Tour de Hanoï, baguenaudiers, boîtes à secrets ou cubes de Varga - dont la solution implique des mouvements de plus en plus complexes (...).
    L'augmentation (incrementum) est aussi une figure de rhétorique, qui consiste à empiler des séries d'arguments pour emporter la conviction.
    Une augmentation est enfin, image banale du quotidien, ce que souhaite obtenir un employé quand il va trouver son chef de service.
    C'est au carrefour de ces trois acceptions, issues, l'une des mathématiques amusantes, l'autre de la rhétorique classique (...), la troisième de la vie quotidienne, que cette pièce a trouvé sa place.
    Bâtie autour de cinq personnages parcourant tour à tour le même itinéraire labyrinthique à la recherche d'une vérité qu'ils n'ont pas le droit de formuler (...), La Poche Parmentier n'est ni une pièce de théâtre, ni une pièce sur le théâtre, mais plutôt un jeu sur cette convention fragile et fascinante qui fait se rassembler pour une ou deux heures quelques spectateurs qui, sur l'espace faussé de la scène (ce lieu clos auquel il manquera toujours le quatrième mur), font comme s'il n'y avait personne en train de les regarder faire semblant de vivre.

  • Avec Feydeau, au début du XXe siècle, le vaudeville retrouve toute sa vigueur. Il s'emploie à mettre en musique, selon une mécanique implacable de rebondissements comiques et grinçants, la bêtise et la muflerie du ménage désaccordé. Dans Mais n'te promène donc pas toute nue !, Feydeau expose la joyeuse déconfiture du mariage, pour le plus grand bonheur du spectateur voyageur.

  • Paul Tacarel est un architecte qui a jugé judicieux de prendre pour cliente une jeune veuve, Mme Champbaudet, qui présente l'avantage d'être la voisine de sa maîtresse, Aglaé, femme mariée à un employé du télégraphe... La veuve a tôt fait de s'enticher du jeune homme, qui, au prétexte de construire un mausolée funéraire à son défunt époux, la visite avec assiduité. Tacarel ne fait que patienter chez elle, attendant le signal de sa maîtresse qui vit à l'étage au-dessus, pour la rejoindre, une fois son mari parti... Cette visite quotidienne, c'est sa station, « ... la station Champbaudet... Dix minutes d'arrêt ! », dit-il ironiquement. Pour communiquer avec Aglaé, il souffle dans une corne, sa maîtresse lui répond par des airs de piano. Voilà qui suffit à déranger la vie de l'immeuble et à créer un nombre faramineux de quiproquos...
     Avec la Station Champbaudet, comédie-vaudeville jouissive, Labiche n'est pas loin d'inventer le théâtre de l'absurde. Sa lecture seule suffit à déclencher l'hilarité.

  • Théatre

    Boris Vian

    Boris Vian naît le 10 mars 1920 à Villed'Avray. - Elevé dans le plus parfait mépris de la Trinité Sociale : Armée, Eglise, Argent" (Noël Arnaud), il passe son baccalauréat latin-grec à quinze ans. Il apprend la trompette. 1939 : le 6 novembre, il est admis, avec un rang moyen, à Centrale. 1943 . ingénieur à l'Association Française de Normalisation, Vian s'y distingue en établissant une "Norme des Injures", Il écrit "Troubles dans les andains" (qui ne paraîtront qu'en 1966) et "Vercoquin et le Plancton", texte que Jean Rostand fait lire à Queneau. Sartre, Camus, Prévert sont de ses amis. 1946: Vian entre à l'Office Professionnel du Papier et du Carton, et c'est la qu'il termine "l'Ecume des jours", puis "l'Automne à Pékin", Il publie, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, "J'irai cracher sur vos tombes". Gros succès (un demi-million d'exemplaires vendus), et scandale (le livre est interdit). 1947:Boris Vian renonce à son poste à l'Office. Il fait désormais figure de "roi" de Saint-Germain-des-Prés. Il joue au Tabou, puis publie "L'Ecume" et "L'Automne". C'est le temps des caves. Mais Vian se détachera bient6t d'un quartier qui lui doit sa légende. 1950 : représentation de "L'Equarrissage pour tous". Echec. 1950/1951 : Vian écrit l'Arrache coeur, que Gallimard refusera. "Découragé, harcelé ", écrit Noël Arnaud, Vian met un terme à sa carrière de romancier. Il abandonne la trompette. 1953 : Vian publie "L'Arrache coeur", avec un avant-propos de Queneau. 1955: entre ses diverses activités (trompette, littérature, bricolage d'envergure, économie, sciences, Journalisme), Boris compose des chansons (plus de 400), parmi lesquelles le Déserteur. 1959 : Boris Vian donne des signes d'extrême fatigue. Il meurt le 23 juin, à 39 ans, pendant la projection privée du film tiré de "J'irai cracher sur vos tombes".

  • Certains sujets exigent le théâtre. Il serait vain de les traiter autrement. Il y faut une confrontation physique du spectateur avec l'enjeu, faire vivre des dialogues, imaginer tout ce qui glisse entre les mots et qui leur donne leur sens. On doit y trouver tout ce qui fait la vie : les rires, les larmes, les silences, les balbutiements.J. A.

  • Que l'on s'attache à la jeune, fraîche et frivole archiduchesse d'Autriche donnée pour épouse au futur Louis XVI, à la reine insouciante et inconséquente ou à la victime d'un procès inique, Marie-Antoinette suscite l'attendrissement. C'est pourquoi beaucoup des travaux qui lui ont été consacrés sont fortement empreints d'émotion.
    On se saurait certes passer sous silence la fête perpétuelle que fut sa vie de reine, ni la tragédie que fut la fin de son existence, mais on ne doit pas pour autant négliger le poids spécifiquement historique de ses faits et gestes. L'échec de son mariage a-t-il eu un rôle aussi anodin qu'on a bien voulu le dire dans le comportement politique d'un roi peu sûr de lui? Les folles amitiés (masculines et féminines) entretenues par la reine n'ont-elles pas isolé la cour de l'opinion éclairée et du peuple ? L'affaire du collier ne fut-elle qu'une vulgaire histoire d'escroquerie sans conséquences ou a-t-elle choqué au point de discréditer davantage une monarchie déjà confrontée à de difficiles problèmes? Les pamphlets orduriers et calomnieux écrits sur Marie-Antoinette n'ont-ils pas puissamment fortifié un dégoût de plus en plus prononcé pour le régime et monté les esprits contre lui? Enfin, la docilité de cette princesse aux volontés de sa famille viennoise et son défaut d'intelligence politique n'ont-ils pas contribué à perdre le trône dans l'opinion?
    Il était nécessaire qu'on entreprît sur la dernière reine de France une biographie renseignée aux meilleures sources, ne négligeant ni la femme, à la fois séduisante et inquiétante, ni la reine dépourvue d'expérience qui, par la force des choses, se vit poussée à se mêler directement des affaires de l'Etat et multiplia les erreurs.
    Ingénieur de recherche au CNRS, Evelyne Lever est spécialiste de la fin du XVIIIe siècle et de la Révolution. Elle a déjà publié Louis XVI (Fayard, 1985) et Louis XVIII (Fayard, 1988).

  • Théâtre
    1993-1999
    Virginité
    On a retrouvé Papa
    Capitaine Bringuier
    Famines
    Le Jubilé d'Agathe
    Nulle part au monde
    Vivarium
    Le Murmure des vagues

  • PERSONNAGES
    CHARLES QUINT, 58 ans, empereur d'Occident, retiré au couvent de Yuste depuis son abdication, trois ans plus tôt.
    JUANA, 22 ans, une des deux filles de Charles, veuve de Jean. roi du Portugal, remplacé sur ce trône par Catalina, soeur de Charles Quint ; régente d'Espagne depuis deux ans au nom de son frère aîné, Philippe II, resté à Bruxelles.
    FERNANDO BORGIA DE REGLA, 52 ans, moine hiéronymite, nouveau supérieur du couvent de Yuste, nommé après la mort mystérieuse de son prédécesseur.
    GUILLAUME VAN MALE, 37 ans, diplomate et intellectuel flamand, conseiller de Charles depuis douze ans.
    GERONIMO, un page de 11 ans, venu d'Allemagne, d'origine inconnue.
    FIGURANTS : des moines, un vieux valet indien d'Amérique, muet et manchot.
    /> LIEU
    Le couvent hiéronymite de Yuste, près de Jarandilla, en Estrémadure (Espagne).
    DATELundi 19 septembre 1558, de l'aube au crépuscule.
    Les personnages ont tous existé. Ils étaient tous là, ce jour-là, et parlaient entre eux le français.
    Pour le reste..

  • « C'est moi le patron, que ce soit clair !
    Je suis le plus grand président qui ait jamais existé.
    Que ce soit clair entre nous !
    Je ne suis à la botte de personne...
    Je ne suis pas dépendant de ma femme !
    Je m'en fiche !
    Je m'en fous !
    Je m'en tape !
    Je m'en frappe !
    Je m'en cloque le coquillard, de ma femme !
    Tu m'entends ? »
    Une vie de Château, avec...
    Un chef d'Etat hyperactif, infantile, présomptueux et amoureux...
    Une femme de président qui n'est jamais là où on l'attend et qui rêve de prendre le thé à Buckingham Palace...
    Un jeune animateur radio membre d'une minorité visible...
    Un Premier ministre qui bégaye à force d'annoncer que le
    pouvoir va droit dans le mur.
    Jean-Louis Bauer est auteur dramatique. Michel Couvelard est scénariste et réalisateur.

  • Le samedi 12 novembre 1938 au matin, à Berlin, deux jours après la sanglante Nuit de cristal, les principaux dirigeants nazis se réunissent secrètement, sous la direction de Goering. Himmler, Heydrich, Goering, Funk, Daluege sont là, entres autres. Hitler, resté à Munich, suit la réunion minute par minute. C'est de ce conseil des ministres surréaliste, grotesque, monstrueux, où se mêlent les détails les plus sordides et les envolées les plus barbares, où se révèlent les haines opposant les nazis les uns aux autres, qu'est sortie la décision d'en finir physiquement avec les Juifs. Bien avant la réunion dans une villa du lac de Wannsee, le 20 janvier 1942. Sans que rien ne soit jamais dit explicitement. Jacques Attali reconstitue ici minutieusement, avec l'aide d'archives récemment retrouvées en Allemagne, les dialogues hallucinants de cette réunion au sommet où fut conçue la pire décision jamais prise par un groupe d'hommes : l'extermination d'un peuple.

  • Des voix parlent toutes seules à l'intérieur de moi.
    Serait-ce la folie ?
    Non, me dites-vous.
    C'est quoi alors ?
    Ce qu'on appelle le théâtre !
    La parole venue du tréfonds qui cherche à rejoindre
    le secret des autres - pour faire choeur...
    Oui, coeur !
    Théâtre I
    En scène pour l'entracte
    Le divan terrible
    C'était un adieu !
    Tu fumes trop Milady !
    Voyage éclair au Paradis
    Hors d'ici
    Qui trompe qui ?
    Une épingle dans une botte de cuir
    Les sujets du bac
    Avant de passer à autre chose
    Pourquoi faire simple quan on peut faire compliqué
    Giboulées
    Confidence pour confidence
    Fais pas ton cinéma
    Tu te fais vieux, ma chérie...
    Oh non pas toi !
    La route lumineuse !
    La femme quittée
    L'après-Jacques
    Tous les petits oiseaux sont devenus des anges
    Mon amour
    Pas libre !
    Un aller simple pour Carcassonne
    La spikanaliste
    Oh ! là, là !
    Ecoutez, Bernard Pivot
    L'art de la fugue

  • Des voix parlent toutes seules à l'intérieur de moi.
    Serait-ce la folie ?
    Non, me dites-vous.
    C'est quoi alors ?
    Ce qu'on appelle le théâtre !
    La parole venue du tréfonds qui cherche à rejoindre
    le secret des autres - pour faire choeur...
    Oui, coeur !
    Théâtre II
    Combien de femmes pour faire un homme ?
    Vénus en Balance
    Le P-DG et son chômeur
    Sang pour sang
    Et si ça s'arrêtait ?
    Un soir aux urgences
    "Tu es libre, mon fils !"
    Oh les reproches !
    Faut voir
    L'Autre Femme

  • La Décapitée: courte féerie-ballet destinée à être mise en musique, mais qui ne fut pas représentée.L'Enfant et les sortilèges: fantaisie lyrique mise en musique par Ravel et dont Colette avait écrit le texte pendant la Première Guerre mondiale. L'ouvrage, difficile à mettre en scène, fut créé en 1925 à Monte Carlo.

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