Fayard/Mille et une nuits

  • De février 1903 à Noël 1908, Rainer Maria Rilke correspond avec le jeune Franz Xaver Kappus, et l'encourage dans sa vocation. Les Lettres à un jeune poète se signalent par une qualité toute particulière du ton, une intimité chaleureuse qui n'exclut ni le scrupule ni la rigueur. Une lucidité de philosophe y épouse sans cesse étroitement la sensibililté lyrique. Elles sont devenues l'un des textes les plus célèbres et les plus appréciés du grand poète.

  • Selon la formule de Pierre Desproges, on pourrait rire de tout, mais pas avec n'importe qui...
    En compagnie de Sébastien Bailly, on rit de la mort, de la maladie et du malheur. Ce mauvais esprit a recueilli, en près de 400 citations, le meilleur de l'humour noir, de Shakespeare à Guy Bedos, histoire de rire de mourir... ou de mourir de rire !
     


  • Texte intégral
    "Les images d'une vie, une adaptation cinématographique" de Marion Laine
    Postface de Jérôme VérainÉcrit de mars à août 1876, Un coeur simple est vraisemblablement l'un des chefs-d'oeuvre de Flaubert. Le conte marque le triomphe d'une sensibilité à laquelle le romancier donne enfin libre cours. Celui-ci expose le destin de la servante modèle de Mme Aubain, Félicité, animée par un désir d'amour qu'aucun malheur ne parviendra à éteindre.Le film Un coeur simple, réalisé par Marion Laine, est sorti au cinéma le 26 mars 2008, librement adapté du conte de Flaubert. Sandrine Bonnaire est Félicité, Marina Foïs, Mme Aubin

  • Entre 1766 et 1779, Bougainville, marin, découvreur, journaliste, explore et raconte le Monde. De cette relation de voyage, Diderot entend donner sens aux impressions prétendument brutes rapportées par le marin. La sexualité, l'autorité, l'organisation sociale, tout est prétexte au rire et à l'analyse savoureuse du plus prophète parmi les philosophes des Lumières.

  • « Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue. »
    Le Spleen de Paris, oeuvre majeure de Charles Baudelaire, se caractérise par une forme poétique alors singulière - la prose «  ouverte sur l'infini » - mêlant les genres et les points de vue (flâneur, philosophe, rêveur, moraliste). Il s'y révèle tout le sublime et le tragique de la vie urbaine.

  • Verlaine vit en lui "le plus beau" des "mauvais anges", Claudel "un mystique à l'état sauvage", Henry Miller "le rebelle incarné". Mallarmé, à propose de cette oeuvre fondatrice de notre modernité poétique, préféra évoquer l'éclat du "météore" : de fait, trois ans au plus séparent les vers de collège d'Arthur Rimbaud (1854-1891), écrits à seize ans, des poèmes qui précèdent Une saison en enfer. Dans cette édition intégrale, établie par Claude Jeancolas, les poèmes de Rimbaud sont présentés dans l'ordre - probable - de leur composition, et conformément à la graphie des manuscrits originaux.

  • Au travers de cette nouvelle, infime dans l'oeuvre immense de Balzac (1799-1850), c'est le mécanisme même de l'art qui pense sur lui-même qui est représenté. Frenhofer, peintre de génie, travaille depuis plus de dix ans à son grand oeuvre, sa « Belle Noiseuse», pour finalement aboutir à un tableau quasi nul.
    C'est bien du drame de la création qu'il est question ici, de l'indéfectible doute qui habite tout créateur et balaye toute plénitude.

  • Mille et une facéties, pensées et humeurs de Boris Vian, mille et une merveilleuses conneries que l'écrivain, chanteur, inventeur, musicien, poète, trompettiste a dites ou écrites, directement ou au travers de ses personnages.
    Une lecture jubilatoire et inépuisable, où s'expriment aussi bien la fantaisie que la sagacité de Boris Vian.

  • Né à Dublin en 1854, Oscar Wilde, esthète et dandy à l'esprit brillant, est l'auteur notamment du Portrait de Dorian Gray.
    Il meurt en 1900, déchu et ruiné, à Paris.
     
    Ses Aphorismes, joyeusement cyniques, disent tous les paradoxes d'un auteur de génie qui n'a rien perdu de son caractère scandaleux.
     
    « Une seule chose au monde est pire que de savoir qu'on parle de vous, savoir qu'on ne parle pas de vous. »

  • Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir.
    Traduction en français moderne par Séverine Auffret

  • "J'aimerais mieux pas" répond invariablement Bartleby, simple scribe dans un bureau de Wall Street, quand on lui demande de faire quelque chose. L'étrange et inquiétante obstination qu'il met à refuser de travailler et même à sortir de l'étude reste incompréhensible au notaire qui se sent défié. Elle fait de Bartleby une figure émouvante et déconcertante, aussi insaisissable que la phrase qui le résume, interprétée comme la formule de la résistance passive. 
    Ce court chef-d'oeuvre d'Hermann Melville (1819-1891) exerce toujours une véritable fascination.

  • Baudelaire écrit en 1851 cette étude savante et voluptueuse sur l'alcool et le haschisch.
    Il révèle la puissance créatrice et la force destructrice, les illusions et les charmes sinistres de ces deux substances addictives, comparées comme moyens de multiplication de l'individualité.

  • Tour à tour poème, confession, essai, conte, préface, roman à suspense, "Les Paradis artificiels" concentrent tout le génie de celui qui ne "supportera la condition humaine qu'en se plaçant entre elle et lui l'écran ou le filtre de l'opium". Baudelaire naît en 1821, l'année où paraissent les "Confessions d'un mangeur d'opium" de Thomas de Quincey. Quarante ans plus tard, leurs oeuvres sont à jamais mêlées.

  • La légende fait de Modigliani un peintre maudit, pauvre, incompris, caractériel, ravagé par le tourment, l'alcool et les drogues. Un être désespéré qui se serait suicidé par négligence. 
    Pour la première fois, ses lettres se trouvent réunies. Les lire ensemble, les mettre en rapport permet de découvrir un autre Modigliani. Un artiste joyeux, travailleur, animé d'une discrète mais solide foi en ses moyens, qui sait qu'il trace sa voie, et que cette voie est nouvelle.

  • Quelle humiliation pour le major Kovaliov de voir son nez se pavaner dans un uniforme de conseiller d'Etat !
    Chef-d'oeuvre du réalisme fantastique, incroyable satire burlesque, Le Nez, paru en 1835, est pour Gogol, l'occasion de faire voler en éclats une société composée de pantins pour qui la fonction et l'uniforme sont le substitut universel de la vie.

  • Trouver les endroits les plus propices à la rencontre, feindre la passion, accentuer ses talents, conquérir mais aussi conserver, "L'Art d'aimer" est un véritable traité de la galanterie et de la stratégie amoureuse : écrit en 43 avant J.-C., il offre un tableau saisissant des moeurs romaines sous Auguste. C'est également pour Ovide l'occasion de scruter, en grand moraliste, les facettes de l'âme humaine.

  • L'Hôtel du Libre Echange, comédie en trois actes, doit toute sa force dramaturgiquee au lieu, un établissement dont l'honnêteté de façade va très vite se fissurer. Son enseigne, imaginée par Feydeau, n'est pas une allusion au négociant qu'il pourrait attirer (il faut se souvenir que l'expression d'Adam Smith, « free trade » passe au français vers les années 1860-70 et connaît une vogue immédiate). Non, l'hôtel sert aussi à abriter les couples illégitimes. A l'hôtel du Libre Echange vont donc se croiser de respectables bourgeois, maris et femmes, et leurs domestiques, selon des combinaisons et dans des situations qui n'étaient bien évidemment pas prévus. Monsieur Pinglet, entrepreneur, malheureux en ménage (son épouse, Angélique, n'est pas commode), fait la cour à Marcelle, la femme de son ami et collaborateur, l'architecte Paillardin. Celle-ci, qui se plaint du manque d'assiduité sexuelle de son époux, accepte un rendez-vous galant avec Pinglet à l'hôtel. Or Paillardin doit justement y passer la nuit, dans sa fonction d'expert auprès des tribunaux, pour vérifier si l'une de ses chambres est hantée ou non... La suite sera à la hauteur des quiproquos, des rencontres malencontreuses et de l'emberlificotement des situations. La pièce connut, lors de sa création en décembre 1894, un vif succès.

  • Machiavel (1469-1527) ne mérite sans doute pas son adjectif. Son pragmatisme, qui fut souvent jugé comme l'expression d'un cynisme, s'explique surtout par la situation d'une Italie déchirée par ses querelles, et mise en coupe réglée par l'Espagne et la France.
    Ce noble florentin chercha à analyser lucidement une réalité désastreuse, et à y porter remède : c'est pourquoi la qualité cardinale du Prince idéal dont il dressa le portrait était de ne jamais se laisser dominer par les circonstances.
    Le Prince constitue la première expression de l'esprit national transalpin, la première tentative d'une réflexion politique autonome, et l'un des chefs-d'oeuvre de la prose italienne.

  • La fabrication du mythe Céline, qui s'est nourrie de toutes les lectures d'allégeance et de célébration, a fait oublier les lectures à rebours. Par un curieux retournement, le scandale aujourd'hui, ce serait d'oser rappeler les enjeux historiques et politiques d'une oeuvre pourtant tellement ancrée dans l'histoire. Cela fut fait dès 1938 par H.-E Kaminski, Juif allemand en exil, qui livre avec ce texte antidote, la première analyse lucide de celui qui "voulait être le plus nazi des collaborateurs".

  • Avant de condamner les principes du plaisir, qui gouvernerait le monde, il faut lire Epicure (341-270 avant Jésus-Christ), en particulier son éloge du bonheur. Un texte fondamental d'une grande modernité, écrit par un vieux sage.

  • Le Paradoxe sur le comédien est l'un des dialogues les plus célèbres - et les plus controversés - de Denis Diderot (1713-1784). Prenant à rebours l'idée d'une "sensibilité" particulière des comédiens, il y soutient que l'acteur doit maîtriser avec sang-froid tous les éléments de son jeu. Loin de ressentir les passions du personnage qu'il incarne, il crée une sorte de double idéal : "Un mannequin l'enveloppe."
    Diderot élargit le propos à la morale (une émotion ne se communique aux autres que si nous la "jouons"), à la politique (les rois et les magistrats doivent sacrifier à une mise en scène pour convaincre), à l'esthétique (la vraisemblance procède de la réalité, mais en s'opposant à elle), à la philosophie du langage (les mots sont par eux-mêmes ambigus, et le sens leur est donné par les gestes dont on les accompagne).

  • Pourquoi l'interdit? Pourquoi les lois? Qu'est-ce que l'Etat? Comment séparer le juste de l'injuste? Etat, Religion, Révolution, Progrès, ces artifices sont emportés dans le déchaînement du Management scientifique promis à la terre entière. La peur de penser en dehors des consignes a fait de la liberté une prison. Philosophe, historien du droit et des institutions, Pierre Legendre explique avec lucidité comment l'homme raisonnable organise le monde pour tenter d'échapper à l'abîme de son origine introuvable, ce mur de nuit auquel il s'adosse.

  • C'est l'une des lettres les plus célèbres de toute la tradition épistolaire occidentale. L'une des plus belles, l'une des plus essentielles aussi. On y a vu l'invention du paysage. Pétrarque, poète et ecclésiastique à la cour papale, a trente-deux ans en 1336 lorsqu'il rédige cette lettre à l'attention de son confesseur. Cela fait plus de dix ans qu'il vit à Avignon et que Laure l'a éconduit. Le mont Ventoux appartient au spectacle naturel de la région à laquelle Pétrarque est si attaché depuis son enfance. Pic d'une crise spirituelle, le récit de son ascension est celui d'une formidable expérience dont il découvre la portée allégorique. L'Ascension du mont Ventoux marque une conversion, la réconciliation de Pétrarque avec l'ordre du monde et la splendeur de Dieu.

  • Karl Marx (1818-1883) rédige sa Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel après avoir fui la censure pratiquée en Prusse dans le Paris bouillonnant de la monarchie de Juillet. En 1844, il fait paraître son Introduction en revue. Dès les premières lignes, il mène tambour battant sa critique des régimes réactionnaires en Allemagne et s'attaque à la question politique de la religion : « Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. » Sa qualification d'« opium du peuple » marque les esprits et passera à la postérité. 
    Le jeune Marx opère sa mue : sa critique radicale de la religion est la première pierre de sa lutte politique, contre l'exploitation de l'homme par l'homme, vers la Révolution.

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