Arts de l'image

  • Le 29 mai 1982, Romy Schneider s'est éteinte à l'âge de 43 ans. Que s'est-il passé la nuit de sa mort au 11, rue Barbet-de-Jouy, dans le VIIe arrondissement de Paris ?
    Icône du cinéma français à la photogénie incroyable, que sait-on vraiment de Romy, de ses bonheurs, mais aussi de ses chagrins et de ses blessures, notamment depuis la mort de son fils quelques mois plus tôt ?
    Sarah Briand a marché dans ses pas, du chalet de son enfance à Berchtesgaden en Allemagne, près du nid d'aigle d'Adolf Hitler, jusqu'à l'appartement parisien où
    elle a passé ses dernières heures, pour nous livrer une série d'instantanés de ces moments intimes.
    Un portrait nourri de témoignages inédits d'amis, de réalisateurs, ses partenaires de cinéma et parfois de vie, comme celui qui fut son époux, Daniel Biasini, le père
    de sa fille Sarah, ou encore Alain Delon, qui rend pour la première fois, à la femme qu'il a aimée, un hommage exceptionnel.

  • Sur un fil, entre deux immeubles, de l'aile d'un avion au toit d'une voiture ou d'un métro, Jean-Paul Belmondo a pris tous les risques. Des années plus tard, il en rit
    encore, l'oeil brillant. Ces éclats de rire tonitruants, il s'en est toujours servi pour garder ses secrets : sa vie, ses rencontres, sa famille, ses amours, ses joies immenses et ses peines les
    plus grandes.
    Jean-Paul Belmondo a aujourd'hui décidé de tout raconter. Son enfance marquée par la guerre, sa mère courage, l'atelier de son père, et ses premières amours.
    Il nous entraîne dans les pas dilettantes de son service militaire en Algérie. Il nous invite aux comptoirs de la rue Saint-Benoît, pour y faire les quatre cents coups
    avec ses copains de toujours, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Michel Beaune, Pierre Vernier, Charles Gérard. Jean-Paul Belmondo se raconte ici pour la première fois, nous livrant la certitude que, oui, mille vies valent mieux qu'une.

  • « J'ai passé une grande partie de ma vie sur des montagnes russes, à négocier d'impossibles virages, à escalader les hauteurs - triomphes immenses, joies et plaisirs - avant de plonger, éperdument, vers des abîmes de tragédie et de douleur. Mais c'est bien ce périple insensé qui m'a conduit vers cet endroit inattendu : un présent de bien-être, et, oserais-je le dire, de bonheur.
    Voila pourquoi je ne regrette rien du chemin que j'ai parcouru. »
     
    « La vie de Roman Polanski est un scénario extraordinaire qu'il faudrait filmer », Bernard Pivot, Apostrophes.

  • Au début du xxie  siècle, en France, il est des images filmées dont l'État interdit l'accès à une catégorie du public, les mineurs, parce que leurs effets sont jugés dangereux  : ce sont des images d'actes sexuels, des images d'actes violents, ou les deux. De quelle instance procèdent ces décisions  ? Selon quels critères  ? Avec quelles conséquences en cas de contestation de la décision du gouvernement, aussi bien par les artistes que par des associations de spectateurs au nom de la protection de la jeunesse et du respect de la dignité humaine  ?
     
    Arnaud Esquerre a assisté aux débats en huis clos des membres de la Commission de classification. Il analyse comment les commissaires interprètent et rendent un avis sur les films. Il se penche aussi sur la manière dont des décisions ministérielles délivrant des visas ont été remises en cause à plusieurs reprises depuis le film Baise-moi en 2000.
    Il peut sembler évident que la liberté d'expression en France, un État se présentant comme démocratique, ne cesse de s'étendre et que cette extension sera acquise pour toujours. Pourtant, en pénétrant dans les coulisses de la «  censure  » au cinéma telle qu'elle s'exerce aujourd'hui, ce que la lectrice ou le lecteur sont invités à découvrir, c'est pourquoi la liberté d'expression n'est jamais définitivement gagnée.
     
    Arnaud Esquerre est sociologue. Chargé de recherche au CNRS, il est directeur de l'Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS - EHESS, CNRS, Inserm, Paris 13). 

  • De Bob le flambeur au Cercle rouge en passant par Le Samouraï, les films de Jean-Pierre Melville sont entrés dans la mémoire collective. Plus de quarante ans après sa disparition, ils ont gardé toute leur modernité et continuent d'influencer des réalisateurs comme Quentin Tarantino ou les nouveaux maîtres du cinéma asiatique. Pourtant, Melville demeure une énigme. Il est vrai qu'il a soigneusement façonné son personnage pour mieux brouiller les pistes.
    Qui était donc cet homme qui se cachait derrière son Stetson, ses Ray-Ban et son imperméable mastic ?
    Dans cette première biographie, riche de documents inédits et de nombreux témoignages, Bertrand Tessier retrace les différentes facettes de sa personnalité : son engagement dans la Résistance, ses débuts de cinéaste à l'écart du système, son rôle de père spirituel de la Nouvelle Vague, sa fascination pour le milieu, son ascension irrésistible vers le succès, sa mort prématurée à 55 ans.
    On découvre un homme à la fois obsessionnel et perfectionniste, tyrannique et facétieux, intimidant et affectif, orgueilleux et vulnérable, parfois injuste, toujours passionné. Un bricoleur de génie qui possédait ses propres studios, comme un artisan a son propre atelier. Un franc-tireur qui a toujours refusé les compromis. Un « indépendant » avant l'heure. Bref : un homme libre.

  • Meurtrie à jamais par l'absence du père, qui ne la reconnaîtra jamais, la jeune Norma Jeane se sent inexorablement attirée par des hommes plus âgés. Elle va plus loin encore lorsqu'elle appelle ses trois maris « papa » ou accroche le portrait de Clark Gable dans sa chambre, image du père idéal, avec lequel elle partagera l'affiche, bien plus tard, dans The Misfits. Monteuse de métier, sa mère Gladys lui transmet le virus du cinéma. Instable et endettée, elle échoue à remplir son rôle maternel et la confie à d'autres. A son amie d'enfance, Grace, portée sur l'alcool, qui voit en la ravissante fillette une promesse de star, vivant à travers elle par procuration...A la merveilleuse tante Ana qui s'éteint trop tôt...Arrive le moment où Marylin, devenue adulte, se dégote quelques mères de substitution telle la sombre Paula Strasberg, l'un de ses « coach », avant de s'enliser dans une relation empoisonnée avec son psychanalyste Greenson. Le miroir implacable renvoie une double image, celle de Norma Jeane, enfant victime et bègue, qui de maux de ventres en avortements souffrira de ne jamais pouvoir enfanter, et celle de Marilyn Monroe, objet de désir et manipulatrice. En mettant en avant les failles d'une icône ô combien vulnérable, Claude Delay nous raconte à sa manière l'histoire de Marylin, entourée par d'autres géants, amis, amants, admirateurs ou destructeurs. D'Arthur Miller à Elia Kazan, de Gary Grant à DiMAggio, de Truman Capote à Marlon Brando, de Montand et Signoret à Billy Wilder ou Sinatra, tous traversèrent cette vie si brève.

  • Je me souviendrai de tout

    Guy Bedos

    Artiste engagé à la plume bien pendue, Guy Bedos évoque son passé, les hommes et femmes qu'il a eu la chance de croiser, de Jacques Prévert à Pierre Desproges en passant par Simone Signoret ou Coluche. Entre la vie qui le rassure et la mort qui le séduit, ce « suicidaire qui s'attarde » promène sa mélancolie et nous invite dans ses souvenirs. Il parle de l'amour, des femmes, de sa famille, de ses enfants avec qui il partage le goût de la scène et de l'écriture. Comme il l'a fait pendant un demi-siècle, il ne peut s'empêcher de passer au crible l'actualité avec un esprit décapant. Il s'en prend à tous, de la gauche de François Hollande à la droite de Nicolas Sarkozy, sans oublier la tribu Le Pen ... Dans ce livre fait d'émotion et d'humour, Guy Bedos évoque ses passions et nous communique son irrépressible envie de rire et de se moquer, y compris de lui-même. © Hélène Pambron

  • "Chez le Boulinier du boulevard Jourdan (Paris, 14e arrondissement), j'ai trouvé en solde un vieux guide Leguèbe des films (Omnibus, 2000). Il y a 22 000 films dedans. L'ancienne propriétaire du livre - une certaine Marité, son prénom étant inscrit sur la page de garde - en avait coché un quart d'entre eux, sans doute ceux qu'elle avait vus. Je me suis rendu compte qu'on avait vu en gros les mêmes. Elle doit avoir mon âge ou un peu plus, car dans son choix il y a pas mal de films américains des années 1940 ou 1950 que j'étais trop jeune pour connaître. Peut-être est-elle décédée. Quand quelqu'un meurt, les héritiers se débarrassent en premier de ses livres. Cette Marité et moi, on avait donc dans la tête les mêmes visages, les mêmes paysages, les mêmes histoires découvertes au cinéma. Cela fait de nous, en quelque sorte, des parents. Comme le sont par exemple tous les chrétiens. Le cinéma n'est-il pas une messe ? Il y a des séances tous les jours et toutes les heures, dans les églises des Champs-Élysées et du Quartier latin. Le cinéma est aussi, après le roman, le second miroir que l'on promène le long du chemin de Stendhal, dont les livres ont fait d'excellents films qu'il n'a pas vus. Premières séances rassemble 438 critiques de films qui, avec leur idéologie en bandoulière, m'ont montré le monde de 2000 à 2009. "P. B.

  • «Merci à TF1 de m'avoir offert ces deux décennies magnifiques. C'est un métier magique et c'est un bonheur de l'avoir exercé ici. Je suis sûr qu'on se reverra très vite. Soyez aussi heureux que cela est possible. Et, comme on dit en Bretagne, À Dieu vat!»
    20h35, 10 juillet 2008,conclusion du journal de 20 heures de TF1.
    Pendant vingt et un ans, Patrick Poivre d'Arvor a conclu son journal télévisé par: «À demain!» Désormais, la grand-messe du 20 heures sans «PPDA» ne sera plus jamais la même.
    Pourquoi TF1 s'est-elle séparée de son présentateur vedette? Comment la rupture a-t-elle été annoncée, vécue, jugée par le principal intéressé et par les téléspectateurs?
    Au terme de cet été où il a remis ses pas dans les traces séculaires des pèlerins de Compostelle, celui que près de dix millions de Français regardaient chaque soir sur le petit écran raconte ici son chemin de liberté.

  • Envoyé spécial

    Aymeric Caron

    « J'ai passé cinq semaines à Bagdad en 2003 en tant que reporter au moment de la guerre d'Irak, la troisième pour le pays en moins de vingt-cinq ans. J'avais atterri en mars dans une dictature dirigée par Saddam Hussein et moins d'un mois et demi plus tard, en avril, j'ai quitté un protectorat américain aux mains des sbires de George W. Bush. » Dans ce témoignage, Aymeric Caron tient à faire partager les coulisses, les hors-champs, les nuances et certains de ses questionnements. Comment réussir à informer malgré les contraintes du régime despotique de Saddam Hussein ? Et, a contrario, comment lutter contre la machine de désinformation américaine ? Au-delà du regard porté sur le conflit irakien, cet ouvrage se veut également une réflexion sur le métier de reporter.

  • "La lecture des gazettes est la prière du matin des réalistes », disait Hegel, le philosophe à cause duquel mon fils aîné (26 ans) renonça à la philosophie pour vendre des cigarettes électroniques. Il y a eu beaucoup de jours dans ma vie où je me suis levé exprès à l'aube pour acheter les journaux, même quand il n'y avait aucun texte sur moi ou de moi dedans. J'ai publié mon premier article (dans Le Quotidien de Paris) l'année où j'ai publié mon premier roman (au Seuil) : 1974. J'ai toujours fait attention à ce que j'écrivais dans la presse, parce que je lisais la presse avec attention. J'ai écrit dans presque tous les journaux que je lisais, donc dans presque tous les journaux. Cela a formé, avec le temps, une sorte de journal extime dans lequel le plus clair et le plus sombre de ma vie sont conservés. Peut-être me suis-je davantage confessé, au sens chrétien comme au sens sadien du terme, dans les quotidiens et les hebdos de mon pays que je ne l'ai fait dans mes romans de moeurs exotiques et aventureuses. Mes vieux papiers couvre les années 1980 et 1990 que j'ai traversées, pour mes patrons de l'époque - Roger Thérond de Paris-Match, Bernard Chapuis de Vogue Hommes, François Cérésa de Télé Obs, Jean-Edern Hallier de L'Idiot international, etc. -, avec la curiosité ardente et parfois avinée et la méchante désinvolture propres à beaucoup de jeunes écrivains de l'époque, quand la morale était encore dans les chaussures et que seules deux choses nous indignaient : le manque d'esprit et l'absence de coeur." PB

  • Depuis une petite vingtaine d'années, je sévis en dernière page de Libération. J'y écris des portraits personnels de personnages singuliers, connus ou inconnus. Mais, j'ai beau faire, j'ai beau dire, on me parle en priorité de mes portraits d'actrices. Les hommes hésitent entre envie goguenarde et ricanements égrillards. Les femmes scrutent à la loupe emballements et atermoiements. Il y a quelque temps, fatigué d'être résumé à cette activité pulsionnelle, pour ne pas dire libidineuse, las d'être réduit à ce que certaines bonnes camarades appelaient mes « papiers hormonaux », j'ai décidé d'arrêter. Fini, terminé. Promis, juré, je ne signerais plus le portrait d'une seule fille de pellicule. J'ai tenu parole une bonne année. Personne n'a rien remarqué. Et chacun me parlait encore et toujours de ces portraits de comédiennes et de mannequins que je n'écrivais plus. Je m'y suis donc remis. Et voilà comment les caricatures ont la vie sauve, comment elles ont la vie dure. Et voilà pourquoi il faut bien accepter d'en livrer les pièces à conviction. Qui lira, verra...

  • Brèves de vies

    Michel Denisot

    Depuis son enfance à Châteauroux jusqu'aux marches de Cannes, Michel Denisot a traversé les décennies à un rythme effréné, mêlant son destin à celui des médias.
    De la Tchétchénie aux tribunes du PSG en passant par Dharamsala et les États-Unis, de la boxe au cinéma en passant par la politique et le foot, la vie de Michel Denisot donne le tournis. À ses côtés, on pénètre dans les arcanes d'univers totalement différents, on rencontre en toute intimité les plus grandes stars - Mike Tyson, le dalaï-lama, Serge Gainsbourg, Marlon Brando ou Jacques Chrirac. On croise des personnages excentriques, charismatiques, surprenants, on assiste aux conversations des chefs d'État, on profite d'histoires croustillantes qui nous rendent familières les célébrités approchées par l'auteur.Michel Denisot nous livre, en passeur d'époques, des bribes de vies qui sont autant de séquences aussi improbables que jouissives. Journaliste et producteur de télévision, Michel Denisot est aujourd'hui directeur de la rédaction de l'édition française de Vanity Fair.

  • « Une pluie battante. Pas de place pour la voiture. Alain a du mal à respirer. À marcher. Je le laisse seul devant l'hôpital le temps de me garer et je vois sa silhouette si mince passer la grille... C'est un cauchemar, Alain, mon Alain... J'éclate en sanglots. Ce n'est pas vrai, ce n'est pas lui, ce n'est pas moi. » Nadine Trintignant et Alain Corneau ont vécu ensemble pendant trente-sept ans. Ils étaient cinéastes tous les deux. Et quand Alain est tombé malade, Nadine aurait aimé que ce ne soit qu'un film. Mais elle comprit au contraire que pendant trente-sept ans le monde avait fait de la figuration, et que sa seule réalité, c'était lui. Lui qu'elle était en train de perdre, lui qu'elle a perdu. Aucune image jamais ne parviendra à exprimer ce deuil. Seuls les mots peuvent y prétendre.

  • Dans le climat xénophobe des années cinquante, j'ai 
    décidé - de retour en France - de ne jamais raconter mon 
    passé, et notamment ces années roumaines qui ont coïncidé 
    avec le triomphe d'un régime communiste qui fascinait à
     l'époque nos intellectuels. Les uns n'aimaient guère les gens 
    venus d'ailleurs, tandis que les autres n'acceptaient pas qu'on
     ait pu quitter ce nouveau modèle de société décrété idyllique. 
    J'avais par conséquent décidé de me taire et de refuser 
    une image et une mentalité d'étranger. Mon objectif était deressembler aux millions de Dupont qui m'entouraient sans
     proclamer ma différence, ni croire naïvement que ma mission 
    consistait à changer la société ou encore à bouleverser les 
    moeurs. »Henry Chapier éditorialiste polémique du journal Combat 
    /> et critique de cinéma virulent des années 60, rejoint en 1974 
    le Quotidien de Paris de Philippe Tesson et devient rédacteuren-
     chef des pages « Culture ». Dans les années 80, il est l'un 
    des rédacteurs-en-chef du journal télévisé « Soir 3 » avant de 
    créer « le Divan d'Henry Chapier » devenu depuis une émission 
    culte. Aujourd'hui Président de la Maison Européenne 
    de la Photographie et chroniqueur Culture et Cinéma sur 
    Radio Nova, il décide de revenir sur son parcours.

  • J'ai débranché

    Thierry Crouzet

    Au début, vous regardiez vos mails une ou deux fois par jour. Combien de fois aujourd'hui ? Ne vous est-il jamais arrivé de consulter vos messages, puis de les consulter à nouveau cinq minutes plus tard comme si votre vie en dépendait ? Parfois ne cherchez-vous pas votre mobile avec plus de fébrilité que les clés de chez vous ? Êtes-vous sûr de ne pas être accro à internet ? Cet outil inventé pour nous aider à mieux communiquer n'est-il pas en train de faire de nous des esclaves ? Épuisé par quinze ans d'hyperactivité en ligne, Thierry Crouzet, gourou des réseaux sociaux, entame une cure de désintoxication. Il prévient ses milliers d'amis Facebook et Twitter qu'il les quitte durant six mois. Il disparaît du Net pour se sevrer. Au fil des jours, il nous raconte avec humour et cynisme ses crises de manque, puis comment il se reconstruit. Le récit souvent drôle de cette expérience se lit comme un roman où alternent les anecdotes et les interrogations philosophiques. Et si, en fin de compte, il existait un art de vivre au temps d'internet ?

  • Les auteurs dressent un constat sans concession de l'état de leur métier de journaliste et de son devenir. Sur la forme le métier semble en crise, partagé entre une élite qui truste les places disponibles à la télévision et la grande majorité qui tente de percer ou de se maintenir dans le métier. Sur le fond les auteurs s'interrogent sur la fonction de leur profession au sein de la société et sur son évolution par rapport à la formidable croissance des médias et des contenus qu'ils véhiculent. Doit-on continuer à privilégier l'émotion au détriment de l'information ? Le journaliste est-il toujours au service de l'information et de ses auditeurs ou se sert-il de sa fonction pour s'assurer une position sociale bien en vue ?
    Autant de questions qui soulèvent les difficultés de la mutation du métier de journaliste face à la croissance du « média-monde ».

  • La cinéphilie fut une passion française, dévorante et exigeante. Voir des films par centaines, seul ou en bande, mais aussi en discuter, écrire, rencontrer les réalisateurs, fonder des revues, animer des ciné-clubs, se réunir, se combattre : c'est ainsi qu'à Paris, entre la Libération et 1968, les grands cinéastes du XXe siècle connurent la gloire. La cinéphilie a en effet, pour une bonne part, « fabriqué » Alfred Hitchcock, Howard Hawks, Roberto Rossellini, Jean Renoir et autres cinéastes, les plaçant au rang d'auteurs et d'intellectuels qui, à l'instar d'Aragon, de Picasso ou de John Cage, ont fait la culture du XXe siècle.
    Mais qui étaient ces cinéphiles ? Antoine de Baecque trace ici les portraits de ces jeunes « mordus du cinéma » devenus critiques, cinéastes eux-mêmes, écrivains et journalistes : André Bazin, Eric Rohmer, Henri Langlois, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, Claude Chabrol, Serge Daney, notamment. Il saisit ces grandes figures dans leur vie, leurs passions et leurs combats, au-delà même du cinéma et de son histoire : ces cinéphiles, influencés par le surréalisme, l'existentialisme, la littérature, le structuralisme, posent en effet un regard différent sur les idées, les arts et les grands débats des années cinquante et soixante.
    Fondé sur le dépouillement d'archives privées, de trésors cinématographiques (les fonds Truffaut, Bazin, Sadoul, Langlois), et de revues fondatrices (L'Ecran français, les Cahiers du cinéma, Positif, Les Lettres françaises), cet essai reconstitue l'épaisseur des contextes intellectuels et politiques, et propose, à travers une douzaine de portraits de cinéphiles, de groupes, de revues et d'auteurs, la première synthèse sur la cinéphilie française en son âge d'or. Une manière d'ouvrir et d'illustrer, et avec quel brio, une autre histoire culturelle de notre temps.
    Antoine de Baecque est historien et critique de cinéma. Il a été rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, a conçu un musée du Cinéma pour la Cinémathèque française, et dirige actuellement les pages Culture de Libération. Il a publié une histoire des Cahiers du cinéma (1991), des essais sur Andréi Tarkovski (1989), Manoel de Oliveira (1996), La Nouvelle Vague (1998), ainsi qu'une biographie de François Truffaut (1996, avec Serge Toubiana). Il est également historien de la culture des Lumières et de la Révolution française.

  • Début des années 1960. Des filles se rencontrent à Paris dans l'agence de mannequins de Catherine Harlé : Nico, Anita Pallenberg, Amanda Lear, Anna Karina... Libres, extravagantes, gonflées, elles font les beaux jours et les belles nuits de la Rive gauche et croisent d'autres beautés : Zouzou, Caroline de Bendern, Tina Aumont, Marie France, Valérie Lagrange, Deborah Dixon... Plus qu'une bande, ces femmes incarnent un état d'esprit, une allure, et vont influencer profondément leurs amants, des figures du rock : Brian Jones, Keith Richards, David Bowie, parmi d'autres.
    Peindre l'existence de ces véritables stars, c'est remonter le fil qui relie la mode de Carnaby Street à celle du boulevard Saint-Germain. C'est s'inviter à des parties hallucinantes, des deux côtés du Channel. C'est entrevoir, à travers ces égéries touche-à-tout, ce qui rapproche le monde des Rolling Stones de l'univers de Philippe Garrel. C'est ressusciter les figures légendaires de Donald Cammell, dont l'appartement de Montparnasse fut le haut lieu de l'axe Paris-Londres, et de Talitha Getty, dont le palais de Marrakech fut le théâtre d'orgies mémorables.
    Suivre la destinée de ces femmes exceptionnelles, c'est dessiner une certaine idée des années 1960 avec tempêtes sexuelles, rafales de Stratocasters et déferlements de « poudre ». Mais confesser aujourd'hui les acteurs essentiels d'une époque dingue, c'est aussi, pour l'auteur, trouver la confirmation qu'on écrit pour conjurer ses propres fantômes.
    Fabrice Gaignault est l'auteur de La Chasse à l'âme aux éditions de la Table Ronde. Il est rédacteur en chef culture à Marie-Claire.

  • Radio

    Dominique Jameux

    Radio, musique, parole.
    C'était aujourd'hui. La musique classique devait se faire toute petite. Jimi Hendrix était mobilisé pour venir en aide à Roland de Lassus. Le ton copain, bien dégagé derrière les micros, allait enfin combler le gouffre entre Grande Musique et petits auditeurs. A gauche, déferlement d'une parole déboutonnée ; à droite, robinet à musique. L'avenir était pour hier.
    A moins que... Une nouvelle radio pour la musique ? C'est demain. La radio est un art du futur. La parole y sera toujours davantage la bienvenue, car la demande de lien l'emporte déjà sur celle de flux. L'auditeur est plus alerte qu'il ne le croit lui-même. Il a envie d'un savoir : gai. D'une ouverture au cinéma sans images, tellement congru à la radio. Ou à la littérature, puisque la musique raconte aussi. Ou à la peinture, car elle dessine tout autant. Et de
    musique plus secrète enfin, comme d'une parole pour lui seul. Une radio pour accorder son droit au temps d'écouter, et même d'entendre. Pour estimer que Mozart ou Bartók sont une parade contre l'inanité ambiante. Pour tenir à
    manifester envers tant de beauté du passé sa « gratitude ». Pour croire, finalement, qu'une telle Considération de la musique n'est pas Inactuelle.
    DJ
    Dominique Jameux (1939) est musicologue, auteur (Richard Strauss, Alban Berg, Pierre Boulez, L'Ecole de Vienne...), journaliste, conférencier, scénariste TV. Producteur sur France Culture et surtout France Musique de 1972 à 2008.

  • C'est au balcon d'un appartement d'Oran que tout a commencé. Encore enfant, Jean Benguigui regarde passer les voitures des vedettes venues de Paris et, entre deux pitreries, rêve du monde des artistes. À l'âge de dix-sept ans, il est envoyé en France pour échapper à la guerre et à la pression montante de l'OAS. Jean rejoint la famille des acteurs qui, au premier ou au second plan, font les grandes heures de la scène et du cinéma français. Il fréquente Chéreau, de Broca, Deneuve, Noiret, Chabrol, Depardieu. Avec la « bande à Ruquier », il révèle une personnalité chaleureuse donnant la réplique aux hommes politiques et aux humoristes.
    Dans ce livre, tout en tendresse, il revient sur les riches heures de sa vie, celles où son destin a basculé. Plus qu'une histoire, c'est une ode à l'amitié, à l'amour et à l'humour.Jean Benguigui a mené sa carrière d'acteur en jouant au théâtre (Brecht, Feydeau ou plus récemment Labiche), tout en multipliant les rôles à la télévision et au cinéma : de Buffet froid de Blier au Grand Pardon d'Arcady.

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