Généralités sur l'art

  • Elle a beau rester de marbre, sa vie est celle d'un personnage de roman aux mille rebondissements. Depuis son improbable découverte en 1820 par un paysan grec et un marin français en escale dans une île des Cyclades, Milo, la Vénus fascine. Elle a engendré toutes les convoitises. Symbole de la renaissance du Louvre après la défaite de Napoléon, elle a été au coeur de la compétition artistique entre grandes puissances. Mise à l'abri pendant la guerre de 1870, elle a échappé in extremis aux incendies de la Commune de Paris et survécu à deux exodes riches en péripéties pendant les conflits mondiaux. Le chef-d'oeuvre a enfin inspiré les plus grands artistes depuis 200 ans. Delacroix, Gautier, Rodin, Dali, Niki de Saint Phalle... Tous ceux qui ont croisé sa route ont été envoûtés par son charme mystérieux, autant que par l'énigme de sa création.
    Candice Nedelec nous propose d'embarquer pour l'inédite odyssée de celle qui est devenue une véritable icône.
     
    Auteure  :
    Candice Nedelec est chef du service politique du magazine Gala. Elle est l'auteure de plusieurs livres, dont Parce qu'elles viennent de loin (Fayard, 2019), Bernadette et Jacques (Stock, 2015) ou encore Les Macron (Fayard, 2017), coécrit avec Caroline Derrien.
    Elle a collaboré pour ce projet avec Ludovic Laugier, conservateur du patrimoine au département des antiquités grecques, étrusques et romaines du musée du Louvre.

  • L'inauguration, le 4 octobre 2019, dans les jardins des Champs Élysées à Paris, de la sculpture Bouquet of Tulips « offerte » par l'artiste américain Jeff Koons à la France en hommage aux victimes des attentats terroristes de 2015 a attisé des polémiques mêlant art, spéculation, décision politique et choix esthétiques.
    Les qualités esthétiques de ce monument ne sont pas l'objet de ce livre - bien que ces « tulipes » ressemblent plutôt à des objets sexuels qu'on n'a l'habitude ni de montrer ni de nommer.
    Il s'agit surtout d'analyser ce dont il est révélateur, la manière dont l'opération s'est déroulée, ce qu'elle nous apprend sur la politique culturelle et l'art contemporains, sur les modes de décision et les intérêts en jeu. Enfin, sur les conceptions actuelles de la ville et, pour le dire sans fard, son enlaidissement systématique.
    La question plus générale que pose l'affaire des « tulipes » est en effet celle de l'art dans la ville, celle de la touristification et enfin de l'enlaidissement au nom de la quête de la beauté, du bien-être et du confort. Nos villes (et tout particulièrement Paris) sont devenues des dépotoirs où se mêlent mobiliers urbains plus ou moins design, « oeuvres d'art », panneaux, équipements et aménagements en tous genres.
    Il est temps de réfléchir à ces enjeux, fût-ce de manière provocante.
    Yves Michaud, philosophe et critique d'art, a dirigé l'école des Beaux- Arts de Paris (1989-1997). Il a conçu et animé L'Université de tous les savoirs (2000-2013). Auteur, entre autres textes sur l'art, de La crise de l'art contemporain (1997) et de L'art à l'état gazeux (2003), il prépare actuellement la suite de ce livre qui portera sur l'esthétique des atmosphères.

  • Édition établie par Jean-Paul Morel Recueil inédit.
     Nicolas Poussin (1594-1665) est le premier peintre dont ait été conservée une correspondance aussi abondante : plus de deux cents lettres nous sont parvenues, échangées avec ses mécènes et amis, tant français qu'italiens.On y découvre un artiste, normand d'origine, ayant choisi de vivre en Italie, à Rome, soucieux de son indépendance, et de se préserver des intrigues de palais. Mais le peintre dut céder à l'invitation pressante du roi de France, Louis XIII, qui le rappelle à Paris, en 1640.C'est autour de son séjour parisien, de 1640 à 1642, que Jean-Paul Morel a construit ce choix de lettres. Ces écrits donnent à voir non seulement les activités du Premier Peintre du Roi, notamment sa décoration de la Grande Galerie du Louvre, mais aussi sa conception du travail, ses préoccupations esthétiques propres et ses désaccords avec les autres peintres et architectes de la Cour. On découvre un Poussin bien éloigné de l'image de l'artiste académique que l'on en voudrait faire, et qui nous attache par sa profondeur et sa liberté.

  • Le livre : C'est l'histoire inédite de Caroline, le dernier modèle d'Alberto Giacometti. Caroline fut une de ces filles de bar, prostituée au grand coeur, et figure du Montparnasse des années cinquante-soixante. C'est l'histoire d'un grand amour, un amour fou, un amour noir, qui dura six ans, jusqu'à la disparition du peintre en 1966.
    À travers un récit intense, et poétique, Franck Maubert, spécialiste d'art et romancier, restitue, de façon très réaliste, la relation entre l'artiste et son modèle, entre les amants, sur fond d'un monde trouble où se croisent le milieu et le milieu de l'art... L'auteur relate avec justesse et émotion sa rencontre avec Caroline dans son studio-vue sur mer, à Nice. Au fil du récit, le mécanisme du souvenir affleure par vagues et ainsi se découvre, avec une grande force émotive, le portrait d'une femme fragile et blessée, ainsi apparaît la face cachée de Giacometti, l'artiste le plus cher de tous les temps.

  • «  Le coeur de Camille abrite les battements d'une valse, on l'entend de loin son coeur, on le voit franchir un siècle, traverser les années, les guerres et les saisons, puis il s'approche de nous et s'invite dans ces pages  : on dirait qu'elle a quelque chose encore à nous dire, qu'elle n'a jamais su dire, qu'elle n'a jamais pu dire, ou alors ses mots ont été perdus, déchirés, brûlés, on ne sait pas, ceux qui restent ne suffisent pas, sa vie est toute trouée. Valse noire, de terre, de plâtre, de marbre, d'onyx ou de bronze, démarche trébuchante, valse brillante, valse folle, qui continue à faire entendre ses pas, ses tremblements, son pouls, sa grande énigme. Ce livre, je l'écris pour elle.  »
    Pour bâtir ce voyage vers Camille Claudel, Colette Fellous a multiplié les recherches, accédé aux archives, observé sans répit les oeuvres, convoqué les heures claires et les jours noirs. Un livre choral qui donne un nouvel éclairage au «  cas Camille  ».

  • Antonio Negri, Art et multitude Traduit de l'italien par Judith Revel, Nicolas Guilhot, Xavier Leconte et Nicole Sels. Où donc situer le beau dans le passage du moderne au postmoderne ? La question ne s'arrête pas à l'abstraction. Une mutation s'est opérée. Selon Antonio Negri, créer n'a plus aucun lien avec quelque Nature que ce soit, ce n'est pas non plus une sublimation, mais une démesure (« excédence ») qui découvre des formes instituées comme surplus de la production. Dans un monde global à tendance impériale, créer et générer deviennent des gestes de résistance, réinventant constamment des singularités (objets, signes) prises dans le commun : c'est la multitude.Antonio Negri, philosophe, essayiste et dramaturge, a participé aux luttes politiques et sociales des années 1960-70 en Europe. Longtemps professeur de sciences politiques à Paris, il est l'auteur de nombreux ouvrages de philosophie parmi lesquels Marx au-delà de Marx (Bourgois, 1979), L'Anomalie sauvage, Puissance et pouvoir chez Spinoza (PUF, 1982) et, en collaboration avec Michael Hardt, Empire (Exils, 2000). Trilogie de la différence (Stock, 2009) rassemble ses pièces Essaim (2004), L'Homme plié (2006) et Cithéron (2007).

  • Francis Bacon : « On ne sait pourquoi certaines choses vous touchent. C'est vrai, j'adore les rouges, les bleus, les jaunes, les gras. Nous sommes de la viande, n'est-ce pas ? Quand je vais chez le boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place des morceaux de viande. Et puis il y a un vers d'Eschyle qui hante mon esprit : "L'odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux." » « Francis Bacon, plus que tout autre artiste, incarnait la peinture. Mon travail de journaliste d'art, à L'Express, dans les années 1980, me permit d'envisager une rencontre avec lui. Je patientai longtemps avant notre premier rendez-vous. Trois ans. D'autres suivront. Je le rencontrai à Londres dans son atelier, 7 Reece Mews, South Kensington. Mon premier entretien, en 1982, donna lieu, peu à peu, au fil des ans, à des conversations et dialogues qui se sont poursuivis à Londres et à Paris. Ceux-ci se déroulaient en français, langue qu'il maîtrisait avec la rouerie d'un vieux dialecticien. Elles rassemblent la plupart des grands thèmes que Francis Bacon, opiniâtre, n'a cessé de ressasser sa vie durant : son travail, Picasso, Velasquez, Giacometti, ses amitiés, ses voyages, ses lectures, l'alcool... Parler l'amusait. Parler l'excitait. Parler était aussi un art pour lui. » F. M.

  • « Dans la nuit noire. En attendant de voir clair, je veux me traquer, me débattre [...]. Je ne voudrais coudre, piquer, tuer qu'avec l'extrême pointe. Le reste du corps, la suite, quelle perte de temps ! Ne voyager qu'à la proue de moi-même. » Élaboré en une dizaine d'années, Aveux non avenus est le livre majeur de Claude Cahun, poète, photographe et plasticienne surréaliste. Il s'agit de sa grande entreprise autobiographique qui met en jeu l'aventure inquiétante de vivre et la quête d'images diffractées de l'insaisissable identité. Organisé en courtes séquences cinématographiques, photographiques, le texte est un savant enregistrement et montage de fragments de moments vécus, de récits de rêves, de lettres, de fragments de journal intime, de morceaux de prose polémique, de considérations introspectives, spéculatives, de contes et de poèmes. Cahun est l'artiste fascinante qui explora toutes les limites des genres - sexuel, grammatical, littéraire, idéologique - avec une audace exemplaire et largement anticipatrice. Elle est l'alter ego féminin de Duchamp. Publié en 1930 aux Éditions du Carrefour, avec une préface de Pierre Mac Orlan, Aveux non avenus est un livre-objet. La maquette et les illustrations - dix magnifiques héliogravures, qui sont des chefs-d'oeuvre du photomontage surréaliste - ont été réalisées par Claude Cahun en collaboration avec sa compagne, Suzanne Malherbe. Nouvelle édition établie par François Leperlier.

  • De 1872 à sa mort, Vincent Van Gogh (1853-1890) ne cessera jamais de correspondre avec Théo, son frère cadet, Misère matérielle, déceptions affectives, vocation contrariée de prédicateur évangéliste, passion naissante pour le dessin, admiration pour Millet et Rubens, lecture enthousiaste de Dickens et Zola, enchantement des couleurs : rien, de la vie douloureuse et exaltée du peintre, n'est caché dans cette correspondance, en grande partie rédigée en français. Ses dernières lettres, écrites à Auvers-sur-Oise juste avant son suicide, constituent une sorte de journal de ses derniers mois de création, un véritable testament artistique. Et le plus émouvant des autoportraits.

  • Goya

    Michel Del Castillo

    De sa naissance en 1746, en Aragon, jusqu'à sa mort en 1828, à Bordeaux, ce livre raconte les quatre-vingt-deux années de la vie d'un des plus grands peintres de notre temps.Faisant dès l'enfance connaissance avec Zapater qui deviendra son ami de coeur, Goya fait le voyage à Madrid espérant remporter un des concours. Il échoue deux fois, mais, habile stratège, va s'incruster dans la famille de son maître, un certain Bayeu, se fiançant avec sa soeur. Il part alors pour Rome, fait mousser son « succès » à l'Académie de Parme et présente sa candidature pour peindre l'un des choeurs de la basilique du Pilar. Sa carrière débute avec cette fresque... Une seconde période s'ouvre par son mariage et se poursuit à la Chartreuse de l'Aula Dei, puis dans d'autres églises aragonaises qu'il décore ; mais Bayeu l'appelle définitivement à Madrid qui devient sa seconde patrie. Il peint une trentaine de tableaux pour la Fabrique des Tapisseries. C'est le début de sa troisième carrière. Approchant de la quarantaine il réalise des chefs-d'oeuvre : L'Aveugle à la guitare ou La Vue de Madrid. Traversant une période de dépression, le peintre part rejoindre Don Luis, frère du roi.  Cette fois, c'est, pour Goya, la révélation. Commence la quatrième période de sa vie : il révèle son génie du portrait. Mais, foudroyé par une attaque qui le laisse sourd et diminué, il passe des mois au lit en proie à des visions sataniques. Vient la dernière période, celle de sa liberté intérieure, avec la publication des Caprices. Nommé peintre de la chambre du roi, cet homme  malade va connaître son triomphe. Cette biographie, doublée d'un essai littéraire, est aussi une véritable plongée dans l'Espagne du XVIIIe siècle. Michel del Castillo y fait revivre Goya dans son intimité d'artiste et cette Espagne qui coule dans ses veines. Né à Madrid, de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo a évoqué son enfance et son adolescence chaotiques dans nombre de ses livres. Membre de l'Académie royale de Belgique, de nombreux prix ont couronné son oeuvre. 

  • Michelangelo Merisi, dit Caravage, est l'une des figures majeures de l'art occidental. L'une des plus singulières aussi. D'abord par sa peinture qui fascine à travers sa technique, son utilisation dramatique de l'éclairage et de la couleur, et la force d'émotion qui s'en dégage. Ensuite par sa vie tumultueuse et sa personnalité hors du commun, dans cette période si tourmentée de la Réforme catholique et de la naissance de l'art baroque.
    Né à Milan dans une famille originaire de Caravaggio, liée à la prestigieuse dynastie des Sforza-Colonna, Caravage y travailla quatre ans au service de Simone Peterzano puis partit pour Rome où il fut engagé dans l'atelier du Cavalier d'Arpin. Grâce au cardinal del Monte, qui lui acheta ses premières toiles et l'hébergea dans son palais, il devint l'un des peintres les plus convoités de la Ville Eternelle.
    Mais cet homme fut aussi célèbre pour ses démêlés avec la justice. Son goût pour les nuits de Rome l'amena à en fréquenter les bas-fonds, avec la violence que cela impliquait. Plusieurs fois emprisonné, il dut s'exiler à Naples en 1606 après avoir commis un meurtre.
    Laurent Bolard nous raconte cette vie pittoresque et tourmentée, éminemment romanesque. Il s'attache à suivre pas à pas le parcours chaotique de l'artiste dans ses différents lieux de séjour et d'exil Milan, Rome, Naples, Malte, la Sicile et propose une passionnante lecture des peintures à travers les hypothèses et les analyses les plus récentes.
    Laurent Bolard est docteur en Histoire de l'Art moderne de l'Université de Paris-IV Sorbonne, spécialisé dans la peinture italienne de la Renaissance.

  • Peintre colombienne renommée, Emma Reyes était également une conteuse hors pair. Encouragée à écrire par Gabriel García Márquez, elle fit de son enfance accidentée dans la Colombie des années vingt le plus étonnant des récits.
    Dans ces vingt-trois lettres inédites adressées à son ami Germán Arciniegas entre 1969 et 1997, Emma Reyes raconte à travers la lorgnette d'une petite fille à l'imagination fantasque les aventures terribles, cocasses, émouvantes qui ont jalonné son enfance.
    Fille illégitime, ses premières années furent cousues d'errances, de misère et de mauvais traitements. Jusqu'à son évasion rocambolesque du couvent où elle fut recueillie avec sa soeur, et dont elle sortit sans savoir lire ni écrire à l'âge de dix neuf ans.
    Sans détour ni pathos, dans une langue spontanée, éprise de rébellion, Emma Reyes livre des mémoires épistolaires hauts en couleur, qui tiennent à la fois de Márquez, Dickens et des grands récits de la littérature picaresque. Publié pour la première fois en 2012, Lettres de mon enfance est aujourd'hui un classique, traduit dans le monde entier.

  • La matière est la base de tout langage. Des matières et des objets, nous avons extrait et mis en mots ce que nous considérons comme leur être propre. Ce faisant, nous avons créé un monde parallèle avec tout ce qui existe à l'intérieur de nos têtes. Chaque changement extérieur dans le monde matériel suscite une réaction à l'intérieur de nos têtes, et ces changements peuvent être aussi ténus que la différence entre un sourire affectueux et un sourire condescendant. Ainsi, le monde matériel est rattaché à nos pensées et à nos émotions. Ce sont ces émotions qui nous incitent à agir et à modifier la matière, à faire des objets adaptés à nos desseins, et cela nous donne plus de pouvoir sur la nature et sur les autres. Changer la matière est devenu une spécificité humaine et nous avons créé des systèmes gigantesques dont la seule fonction est d'user autant de matière que possible. Ces systèmes qui, autour de nous, dominent tout et semblent parfois être notre seule raison d'exister ont transformé le monde matériellement et nous ont par conséquent façonnés nous-mêmes. L'économie et le fonctionnalisme sont les deux règles élémentaires que ces systèmes imposent aux formes et au sens. La rationalité des systèmes industriels produit un monde de formes simplifiées et appauvries. L'art et la sculpture en particulier sont parmi les rares productions humaines qui ne sont pas utilitaires et peuvent donc développer des formes nouvelles, lesquelles donnent à leur tour un langage nouveau, une pensée, voire une orientation nouvelle.

  • Interrogeant les fondements du concert dit « de musique classique », cet ouvrage propose une poétique née de la considération d'un tableau. L'enquête menée sur Le Concert de Nicolas de Staël peint à Antibes en 1955, y introduit une réflexion sur la nature du concert, sa fonction et l'initiative qui le fonde. Un temps marqué par le sceau de l'inachèvement et la disparition du peintre, l'ultime tableau de Nicolas de Staël vit aujourd'hui, sur les cimaises du Musée Picasso d'Antibes et dans de très nombreuses reproductions, indépendamment de la circonstance qui l'a vu naître. La genèse de cette toile, néanmoins, interroge d'autant plus qu'elle fut secrète, isolée, et rattachée à l'audition historiquement documentée de deux concerts du Domaine musical. Couleurs, formes, abstraction et figuration donnent alors corps à une interrogation plus vaste sur la définition même du concert : quel est le sujet de ce tableau, que signifie le mot concert ? Si les velléités de changement exprimées devant la réalité contemporaine du concert font l'objet d'une antienne consensuelle, l'absence de fondements théoriques reste flagrante. Changer quoi ? Changer en conservant quel socle et en balayant quels dévoiements ? Ce livre propose de s'attacher à une analyse du faire, refusant l'habitude prise de dissoudre le point de vue de la production dans celui de la réception et de résoudre la poétique dans l'esthétique.Docteure en littérature française de l'Université Paris-Sorbonne et licenciée en histoire de l'art, Sarah Barbedette est commissaire d'exposition et chargée de cours à la Sorbonne nouvelle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le commerce de l'art est aussi mystérieux que le geste de création lui-même. Plus encore quand il s'agit de l'art contemporain, pour lequel nous manque le recul de l'Histoire. Et pourtant les artistes sont aujourd'hui omniprésents : dans les médias et les modes de vie, au service des grandes marques, au coeur des convoitises des hyper riches. Qui décide du talent et de la valeur d'un artiste ? Qui sont les Cinq cents qui font et défont cotes et réputations ? Pourquoi l'art contemporain a-t-il mieux résisté à la crise que la Bourse ? Quelle est la nouvelle cartographie et le Bottin mondain de l'art ? Quelles en sont les règles ? Deux journalistes indépendantes et étrangères à ce milieu ont mené l'enquête pendant plus de deux ans, de Shanghaï à New York, rencontrant les collectionneurs, les conservateurs, les artistes qui comptent. Elles révèlent les chiffres, les réseaux, les codes de ce monde où le délit d'initiés est vivement recommandé, et entraînent le lecteur dans un récit prenant et riche en couleurs.

  • « Il y a deux sortes de peinture : la peinture bien couillarde, la mienne, et celle des ottres. »
    Peintre inclassable, Paul Cézanne (1839-1906) est un provocateur qui a du « temmpérammennte ». Longtemps refusé aux Salons officiels, ce misanthrope s'en prend aux critiques, à ses confrères et cherche à se démarquer des courants, tant réaliste qu'impressionniste ou néo-impressionniste dans lesquels on voudrait l'enfermer. Dans ces propos choisis, surgit un Cézanne « brut de brut » qui parle avec l'accent du Midi et critique vertement la peinture et les institutions de son époque.

  • Fondée en 1919 en Allemagne, à Weimar, l'école pionnière du Bauhaus accueillit jusqu'au début des années 1930 une communauté bouillonnante d'artistes. C'est en côtoyant pendant de nombreuses années Josef et Anni Albers, le seul couple parmi les résidents du Bauhaus, que Nicholas Fox Weber a pu pénétrer les secrets de cette petite « bande » et, surtout, les ressorts de leur activité créatrice. Dans cette extraordinaire biographie de groupe, on rencontre Walter Gropius, le fondateur de l'école, architecte qui, très tôt, chercha à rationaliser le design, mais aussi amant ardent d'Alma Mahler, femme fatale alors mariée au compositeur Gustav Mahler ; Paul Klee, l'observateur fumant sa pipe, qui invente des recettes de cuisine avec la même spontanéité et le même sens des proportions qu'il crée ses tableaux ; Wassily Kandinsky, le pionnier de la peinture abstraite né en Russie, qui, dans ses peintures vivantes, utilise des couleurs éclatantes en raison de l'effet « sonore » qu'elles produisent ; Ludwig Mies van der Rohe, impérieux, souvent cassant, qui devient le dernier directeur du Bauhaus, jusqu'à la fermeture de l'école par la Gestapo en 1933.
    En nous entraînant dans l'intimité de la vie et de l'oeuvre de ces grands artistes, Weber réalise un portrait de groupe magistral où transparaît toute la passion avec laquelle ils ont, finalement, réussi à révolutionner l'art et l'architecture.
     

  • "Au musée, voir en même temps les objets là où ils sont, et là où ils ne sont plus, c'est-à-dire dans les régions où ils ont été pris. Jouir de la beauté et du savoir accumulés dans nos villes pendant des siècles, mais en jouir en toute connaissance de cause, en ayant à l'esprit les conditions de collecte des objets dans des contextes économiques, militaires, épistémologiques asymétriques. Rendre visibles, pour mieux les maîtriser, les contradictions internes et les tensions flagrantes qui travaillent l'idée même de musée depuis son origine. Prêter beaucoup d'attention, dans ce contexte, aux regards et aux voix des dépossédés."B. S.

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