Sciences humaines & sociales

  • En finira-t-on jamais avec le prolétaire ? L'homme déraciné, aliéné, exploité, dont Marx annonçait la disparition dans la future cité communiste, hante toujours la société mondiale. L'homme dépossédé de lui-même, et au nom de qui toutes les révolutions du siècle ont eu lieu, n'a pas disparu, loin s'en faut. Il s'est multiplié au point que le monde entier - le tiers monde ! - se prolétarise sans cesse, au sens strict où l'entendait l'auteur du Capital. Jacques Ellul propose ici une analyse totalement subversive. D'une certaine manière, elle prend Marx au mot ! Le prolétariat, affirme-t-il, n'a pas été un produit du seul capitalisme, mais bien de la société industrielle elle-même. Ainsi, la révolution soviétique, la voie chinoise, tout comme l'évolution du tiers monde, aboutissent - au rebours de leurs intentions proclamées - à la création d'un immense prolétariat mondial. Toutes les révolutions ont échoué. Toutes, au-delà des discours et des idéologies, ont cédé à la fatalité industrielle et technicienne du capitalisme qu'elles entendaient combattre. Et pourtant, en ce début des années quatre-vingts, la première vraie révolution devient possible. Une extraordinaire conjonction de facteurs historiques - et technologiques - rend vraisemblable une rupture politique infiniment plus radicale que tout ce que les idéologies ont jusqu'alors envisagé. Pour quelles raisons ? À quelles conditions ? Serions-nous encore capables d'une véritable espérance révolutionnaire ?

  • Une biographie de ce logicien autrichien, né en 1889, mort en 1951, qui influença le mouvement appelé le Cercle de Vienne. Certaines de ses oeuvres furent découvertes après sa mort.

  • Les combats pour la liberté de la presse sont vieux comme le monde - comme la presse, en tout cas. Mais qu'est-ce que la liberté de la presse, sinon la liberté des propriétaires de journaux ? Et qu'est-ce qu'un propriétaire de journal, dans bien des cas, sinon le représentant d'un groupe d'affaires dont les intérêts ou les opinions peuvent différer, pour un temps, de ceux du pouvoir, mais dont les conflits avec le gouvernement n'intéressent pas forcément l'intérêt général ou les libertés publiques ? Au-delà de cette liberté abstraite aux yeux du plus grand nombre, il y a celle, plus concrète, qu'exercent ou que devraient exercer les journalistes - de la presse écrite, de la radio, de la télévision. Plus encore que de liberté, c'est de dignité qu'il s'agit alors. Tel est le sujet de ce livre de Jean Schwoebel, fondateur de la fédération des Sociétés de rédacteurs qui prétendent assainir la presse et les divers moyens d'information, en assurant à ceux qui la font un droit de regard et de contrôle sur l'entreprise. A un moment critique, l'action des rédacteurs du Monde a permis de sauvegarder l'indépendance et la qualité de ce journal ; les droits qui ont été reconnus depuis lors à leur Société, que préside l'auteur de ce livre, lui permettent de contribuer efficacement au maintien de cette indépendance. La dignité de la presse, c'est la dignité du public, des citoyens, la vôtre, qu'elle concerne : si le journaliste n'est pas toujours « l'instituteur des temps modernes » que déclarait être l'un d'eux, votre journal quotidien est votre fenêtre sur le monde. Ce livre s'efforce de montrer comment on peut en rendre la vitre plus claire...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un cerveau planétaire est en train de naître du gigantesque réseau des télécommunications qui réunit peu à peu les cerveaux des hommes, neurones de la Terre. Grâce à la télématique, aux satellites, aux fibres optiques, aux ordinateurs, nous construisons du dedans un cerveau aux dimensions du globe. Un organe sans formes réelles mais qui commence à penser et dont dépend notre avenir. S'appuyant sur des faits puisés dans l'actualité, Joël de Rosnay révèle un environnement aux multiples dimensions, où interagissent biologie, informatique et télécommunications, domaines appelés à bouleverser nos modes de pensée et le développement industriel de nos sociétés.

  • Le témoignage douloureux d'un officier des affaires algériennes dans le Sud oranais, en 1960, pendant dix-huit mois, témoignage également d'un chrétien meurtri. L'auteur est aujourd'hui curé à Paris.

  • Un essai sur cette nouvelle maladie des démocraties, la manipulation.

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  • En 1945, l'issue de la Seconde Guerre mondiale impose une configuration géopolitique, en gestation depuis au moins la seconde moitié du XIXe siècle, mais qui aurait pu être différente si le vainqueur avait été autre (les puissances de l'Axe - Allemagne hitlérienne, Italie mussolinienne et Japon impérial - au lieu de la Grande Alliance - Royaume-Uni, Union soviétique, États-Unis). Le monde, soumis depuis les grandes découvertes aux puissances européennes, échappe à celles-ci. Il est désormais dominé par deux colosses, aux atouts bien différents : les États-Unis et l'Union soviétique. Or déjà, au-delà de cet équilibre bipolaire en formation à la fin des années 40, l'ébranlement mortel des empires coloniaux annonce le retour, comme acteurs de l'histoire, des peuples non européens.

  • Les Kéhayan ont dit la vérité, ils seront exécutés. Telle fut quasiment la sentence prononcée par le PCF après la publication de La rue du Prolétaire rouge. Dans Le tabouret de Piotr, à travers la cruelle anecdote des injures, des désaveux, du boycott, de l'intimidation, des menaces d'exclusion que suscita leur premier livre, Jean Kéhayan dénonce les mensonges sur lesquels repose le PCF et les méthodes d'un appareil coincé, selon lui, entre sa prétendue indépendance et son allégeance à l'URSS, entre un libéralisme de façade et une rigidité structurelle qui augure mal de sa capacité au changement.

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  • Avec ses 33 millions d'habitants et ses immenses richesses naturelles, l'Afrique du Sud dispose, pour son développement, d'atouts inégalés sur le continent noir. Le système d'apartheid, mis en oeuvre depuis 1948, a, au contraire, précipité le pays dans la crise. Le pouvoir exclusif de la minorité blanche et le système de lois - unique au monde - basé sur la ségrégation raciale suscitent une résistance de plus en plus vive de la part de la majorité noire. Depuis Sharpeville en 1960 ou Soweto en 1976, le gouvernement sud-africain n'hésite plus à faire usage de la force pour étouffer la révolte. Aujourd'hui, le pays de l'apartheid se retrouve plongé dans la violence, et le monde extérieur s'interroge sur ses possibilités d'intervention. Les racines historiques du conflit ; le système d'apartheid, ses rouages et son évolution ; la minorité blanche, ses dirigeants, ses atouts et ses divisions ; la majorité noire, l'histoire de la résistance, ses tendances rivales ; le contexte régional et international... voici quelques-unes des questions étudiées en détail ici. Les clés indispensables pour comprendre pourquoi, dans ce pays, menace de se produire, selon une mission d'enquête du Commonwealth, le plus grand bain de sang depuis la Seconde Guerre mondiale.

  • Si l'on veut ne pas trahir l'amour, rester fidèle au meilleur de lui-même, il faut savoir et accepter que la durée d'une relation est à l'inverse de son intensité. Le mariage, lui, prétend à la durée, privilégiant l'alliance plus que le sentiment. Or, l'alliance, c'est l'inscription sociale de l'infériorité des femmes ou plutôt le renoncement à leur intégrité. À cause de la Grande Peur : peut-être parce qu'ils sortent du ventre des femmes et que, de leurs ventres, ne peuvent sortir ni hommes ni femmes, les hommes ont peur que les femmes les dévorent, les mutilent, les mettent à mort. Ils ont peur de la jouissance de la femme qu'ils considèrent comme mortellement insatiable dès lors qu'elle n'est plus captive, mais libre ou libérée. Pour juguler la Grande Peur, toutes les sociétés ont mis au point des mécanismes qui divisent l'être des femmes en deux, répartissent le danger et permettent de le contrôler : d'un côté les mères et leurs assimilées, de l'autre côté les putains et leurs assimilées ; d'un côté la reproduction, de l'autre la jouissance. Ce mécanisme de coupure se reporte sur les enfants, la reproduction légale servant à trier les héritiers - ceux que l'on nomme légitimes - et ceux qui n'héritent pas - ceux que l'on nomme illégitimes. On peut alors comprendre le scandale des mères célibataires. Selon les époques, la division des femmes en deux est plus ou moins marquée : moins elle l'est, plus les femmes sont libres et plus les maternités hors mariage sont considérées comme normales et moins il y a de différence entre les héritiers et les bâtards. Il y a donc là un critère décisif d'évaluation des sociétés, qui explique sans doute que les mythes et la littérature ne cessent de porter une constante rumeur, celle d'une force fondatrice propre aux enfants illégitimes, la force de bâtardise.

  • La distance qui sépare les quartiers sensibles du reste de la ville élargit le fossé. Il ne s'agit pas de la distance géométrique qui, elle, grâce aux développements des transports collectifs a tendance à régresser et favoriser leur intégration physique. Il s'agit de la distance mentale, celle dont parlent les habitants. Progressivement, en effet, les quartiers sensibles sont devenus des ultimes refuges et, depuis une génération, la mise à distance des jeunes qui les habitent a nourri chez beaucoup une culture de rouilleur-de-pied-d'immeuble. Ils jouent et se jouent des distances. Tout ce qui n'est pas d'ici apparaît loin et finit même par être rejeté. Des bus sont caillassés, incendiés. Même les pompiers sont agressés. Quelles réponses sociales, quand on sait que la notion de sanction n'a plus prise sur certains jeunes dès lors qu'ils investissent en bande les espaces publics ? Leur distance vis-à-vis des règles de la société les place hors jeu. Dans les quartiers, on les appelle les gremlins ou la caillera (la racaille), au ministère de l'Intérieur, les sauvageons. Ils sont nés et ont grandi à distance de la ville, entre semblables, là où l'éloignement n'est pas un concept inconnu. Un essai utile aux débats d'actualité sur l'éloignement des jeunes délinquants, la proximité des services publics,

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La logique est implacable. Il y a dans la ténacité de Cavaillès quelque chose de terrifiant. C'est une figure unique. Un philosophe mathématicien bourré d'explosifs, un lucide téméraire, un résolu sans optimisme. Si ce n'est pas là un héros, qu'est-ce qu'un héros ?, déclarait en 1969 Georges Canguilhem sur les ondes de France-Culture. Ces mots suffisent pour justifier la réédition d'un livre paru en 1950 et devenu introuvable. Jean Cavaillès naît en 1903. À vingt ans, il est reçu premier à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Agrégé de philosophie en 1927, ses travaux, par la suite sur la logique et la théorie de la science, montrent un esprit attaché à la pensée pure. Puis, vient la guerre. Ce philosophe s'engage : chef de résistants, il monte en première ligne. Ce logicien dévoile sa morale : il prend les chemins les plus risqués, se fait poseur de bombes. Le dénouement tardera mais surviendra dans une France qui se libère : Jean Cavaillès tombe, exécuté par les Allemands, en janvier 1944. Aujourd'hui, le livre de Gabrielle Ferrières, qui raconte cette vie, nous dit tout simplement que les philosophes ont un visage et que la philosophie peut aussi se concevoir dans le risque, l'urgence, la Résistance.

  • J'agis et je porte des jugements sur les actions d'autrui. J'approuve et je désapprouve. Au nom de quoi ? Je choisis, je préfère. Par référence à quelles valeurs ? Je reste à l'écart ou je me joins à d'autres. À quels autres ? Au nom de quelles solidarités ? La politique n'est pas seulement le comment et le quand. C'est aussi le pourquoi. Pourquoi dira-t-on d'un régime qu'il est efficace ? Pourquoi acceptera-t-on ou rejettera-t-on la légitimité de tel ou tel pouvoir ? Pourquoi tel acte de violence sera-t-il un crime pour les uns, un exploit pour les autres ? La trahison passe pour un crime. Mais qu'est-ce qu'un traître ? Au nom de quoi les épurations ? La politique n'est pas tout, mais la politique est en tout. Dans le difficile rapport que chaque société, que chacun de nous établit entre les fins sociales et les fins privées. Dans la relation de toute collectivité avec son passé et dans les choix qu'elle fait entre la mémoire et l'oubli. Dans toute pédagogie, puisque toute influence se réfère à des valeurs qui doivent la justifier. Et c'est ainsi que tout naturellement, la recherche des pourquoi politiques conduit à l'interrogation sur les justifications ultimes, sur la façon dont chacun, le marxiste ou le chrétien - ou encore l'auteur -, fonde les valeurs qui donnent un sens à ses jugements et à ses actions.

  • En perdant la Prairie, l'Amérique a trouvé son roman et perdu son idéal. Paradoxe puritain dont naît la littérature et meurt le libéralisme américain. Sur ce thème de l'innocence perdue, le Nouveau-Monde s'est donné une épopée que lui envie l'Ancien : le roman américain, qui est moins une esthétique qu'une protestation des remords et des espoirs d'une nation jamais satisfaite de sa liberté ni de ses dieux. Cette anatomie du roman américain n'est pas seulement une étude littéraire, mais une recherche des faits sociaux, politiques et psychologiques qui expliquent l'évolution du roman américain de Cooper à Updike, de Mark Twain à Truman Capote. Avant d'étudier séparément les quinze plus grands romanciers américains, Jacques Cabau essaie dans une première partie de saisir le fil d'Ariane qui conduit des westerns de Cooper aux exquises raretés de Salinger. Sur la piste du roman américain, l'auteur ne néglige ni romans policiers, ni best-sellers, ni science-fiction, pour mieux faire comprendre comment le roman américain est la voix d'un peuple tout entier, et comment la crise du libéralisme américain faillit, entre 1930 et 1960, entraîner dans une même catastrophe le pays de la liberté et son roman. Au terme de cet essai, la révolution d'hier, celle d'Hemingway et de Dos Passos, paraîtra peut-être moins radicale que celle d'aujourd'hui. En pleine crise, le roman américain contemporain, de Norman Mailer à John Updike et de Bellow à Salinger, ouvre de nouvelles perspectives où l'esthétisme et la psychanalyse, le mysticisme et les drogues hallucinogènes partent à la conquête d'une nouvelle Prairie.

  • Nous sommes plus de 50 millions de Français. Comment fonctionne la « Société » complexe que nous formons ? Quel avenir commun va naître de nos activités dispersées ? À ces questions, la collection « Société » apporte une réponse. Les meilleurs experts - et les plus divers - font ici le point de ce qu'ils savent, de ce qu'il faut savoir. Dans la collection « Société », les experts s'adressent aux citoyens. Thomas Robert Malthus (1766-1834) est avec Keynes. Marx et quelques autres, l'un des économistes dont la pensée radicale n'a jamais perdu de son actualité. Depuis L'essai sur le principe de population, il n'est plus possible d'ignorer les liens - plus ou moins étroits ou modifiables - qui unissent l'effectif de la population au volume des ressources disponibles. Et toute la réflexion moderne sur le sous-développement, l'équilibre démographique, les maladies de la croissance, etc. rencontre nécessairement - que ce soit pour le nier ou le repenser - le pessimisme tragique de Malthus.

  • Les grandes manoeuvres de l'opium. La drogue est, comme l'uranium ou le pétrole, marquée du sceau des intérêts d'État. Dans les pays victimes de la toxicomanie, réprimer l'abus des stupéfiants est une mesure d'assainissement social. Dans les pays où l'on cultive l'opium, la lutte contre cette production peut prendre l'allure d'une attaque contre le niveau de vie de larges couches de la population. Une partie serrée se joue entre les uns et les autres, dans les couloirs des chancelleries et des organisations internationales comme dans les villages de la jungle, les casernes et les bouges des grandes villes. Catherine Lamour et Michel R. Lamberti s'y sont rendus : ils décrivent et expliquent ce qu'ils ont vu à Genève et à New York aussi bien qu'en Thaïlande, en Birmanie, en Turquie et en d'autres lieux moins connus.

  • Une métaphore puissante, signifiante à l'excès - un système solaire - commande la course de Nietzsche comme de Platon, ordonne la pensée de la naissance et du déclin, programme le lever de Zarathoustra. D'une telle héliologie, Platon, Hegel, Nietzsche sont les moments majeurs. Et parce qu'un soleil décrit révolutions et orbites, dans un mouvement renversant, parce qu'un soleil toujours chasse l'autre et prend sa relève, parce que la clarté de midi équivaut à la nuit pure, c'est la double question, philosophique, du renversement de Platon et du rapport à Hegel que l'on voudrait poser en déclinant ces versions du soleil. Le travail où cette recherche s'effectue, se propose comme une « description » de Nietzsche. Description nécessairement orientée selon un axe double : d'une part, dresser - au sein d'une théorie du système signifiant explicitement articulée dès la Naissance de la Tragédie - un exact inventaire des règles et limites imposées au texte par la langue naturelle, et par la métaphysique (platonicienne) qui la soutient ; mais, d'autre part, il aura suffi d'éveiller ainsi la puissance rhétorique et métaphorique de la langue, pour que le texte de Nietzsche se trouve affecté d'une lecture instable, libérant et déployant les figures qui l'occupent et l'écrivent. Figures dont l'analyse emprunte inévitablement à Freud ses concepts et ses opérations.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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