Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • « Il est né à Bordeaux comme moi. Il a beau supprimer les points et les virgules, je reconnais cette plainte. J'ai été ce garçon qui remonte la rue Vital-Carles dans l'odeur du trottoir mouillé. Tant de douceur et de songe ne lui a servi de rien lorsque fut venu le temps des assassins. Il leur a été livré. Les nuits et les brouillards de Bordeaux annonçaient à Jean Cayrol une autre Nuit, un autre brouillard d'où il a resurgi par miracle, avec ce chant tragique sur les lèvres, et tous les corps crucifiés de ses camarades qu'il ne finira plus de porter et qui tiennent tous pour lui, désormais, sur la même croix. » François Mauriac

  • Un travailleur immigré, reclus dans une malle, noue une relation avec une femme rêvée à laquelle il livre son histoire intime et les souvenirs de son pays. Pour échapper à son fantasme qui l'isole, il décide de retourner vers le monde des vivants. Dans la rue, il subit la violence, la haine et le racisme mais rencontre aussi Gazelle, une jeune Palestinienne, qui l'aide à rompre avec sa solitude.

  • L'Arbre de vies, c'est d'abord le chêne qui arrête le regard d'Antoine : un chêne foudroyé, fendu mais reverdi, que son grand-père a imposé comme emblème de la vitalité. C'est aussi l'arbre généalogique, avec les rameaux des générations, le feuillage familial ; c'est encore l'espoir séculaire d'une forme de paradis. Un soir d'automne 1867, Antoine Couthon se rappelle l'après-midi de thermidor 1794 où il apprit la mort de son père (l'ami paralytique de Robespierre). Pendant la nuit, il revit - comme on dit - sa vie. Espace, temps, multipliés par les biais et les remous de la mémoire ; récit où l'histoire et l'imaginaire s'imbriquent. Le roman commence en Auvergne, par une partie de jeu de l'oie. Il gagne ensuite Paris, pour la Révolution ; la Russie, pour une campagne désastreuse ; l'Italie, pour y vieillir. Cependant, Antoine déchiffre peu à peu l'énigme qui veut qu'on soit l'enfant de son enfant. Il éprouve une sourde inquiétude. Qui suis-je ? grand-père, père, fils, petit-fils ? Peut-être chacune de ces figures simultanément car tout va très vite dans cette fabuleuse machinerie des temps entremêlés où l'homme apparaît comme une imprévisible mosaïque d'événements.

  • Le récit que vous allez lire est celui d'un double apprentissage : celui de la mort et de la solitude. En effet, Lucien Ganiayre, aujourd'hui disparu, est un auteur des plus singuliers. Peu après la fin de la dernière guerre, il devait écrire ce roman qu'on peut dire fantastique, encore qu'il s'agisse là, probablement, de l'un des derniers grands livres réalistes issus directement des conflits suscités par la guerre. Le thème en est simple : le personnage unique de « L'orage et la loutre », au hasard d'une chasse, se retrouve plongé dans un monde où le temps s'est arrêté : rien ne bouge, tout est figé, tout est en apparence de mort. Hommes et femmes sont immobilisés, dans leurs gestes les plus publics comme les plus intimes. Alors commence un très étrange périple à la recherche de l'enfance, à la recherche du contact vivant (la loutre est le seul animal mobile au milieu de cet effrayant arrêt général), à la recherche de la mer, à la recherche de tout ce qui pourrait enfin empêcher cet « orage » de se montrer sous son jour le plus fatal : l'impossibilité de toucher vraiment quelque chose qui ne soit pas promesse de mort. Cette tentative désespérée se montrera en fin de compte sous son jour le plus ambigu ; jusqu'au bout de sa quête, l'auteur - pardon, le personnage - n'aura d'autre ressource que de retrouver le temps qui passe, seule issue qui lui permette à son tour de mourir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les combats pour la liberté de la presse sont vieux comme le monde - comme la presse, en tout cas. Mais qu'est-ce que la liberté de la presse, sinon la liberté des propriétaires de journaux ? Et qu'est-ce qu'un propriétaire de journal, dans bien des cas, sinon le représentant d'un groupe d'affaires dont les intérêts ou les opinions peuvent différer, pour un temps, de ceux du pouvoir, mais dont les conflits avec le gouvernement n'intéressent pas forcément l'intérêt général ou les libertés publiques ? Au-delà de cette liberté abstraite aux yeux du plus grand nombre, il y a celle, plus concrète, qu'exercent ou que devraient exercer les journalistes - de la presse écrite, de la radio, de la télévision. Plus encore que de liberté, c'est de dignité qu'il s'agit alors. Tel est le sujet de ce livre de Jean Schwoebel, fondateur de la fédération des Sociétés de rédacteurs qui prétendent assainir la presse et les divers moyens d'information, en assurant à ceux qui la font un droit de regard et de contrôle sur l'entreprise. A un moment critique, l'action des rédacteurs du Monde a permis de sauvegarder l'indépendance et la qualité de ce journal ; les droits qui ont été reconnus depuis lors à leur Société, que préside l'auteur de ce livre, lui permettent de contribuer efficacement au maintien de cette indépendance. La dignité de la presse, c'est la dignité du public, des citoyens, la vôtre, qu'elle concerne : si le journaliste n'est pas toujours « l'instituteur des temps modernes » que déclarait être l'un d'eux, votre journal quotidien est votre fenêtre sur le monde. Ce livre s'efforce de montrer comment on peut en rendre la vitre plus claire...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Mortelle est une jeune femme énigmatique qui ne s'est jamais résolue à une société pseudo-égalitaire dans laquelle les individualités sont éliminées au profit de la collectivité ; écrire y est un crime, et Mortelle va tomber amoureuse du narrateur...

  • Lorsque Paul Le Goff rencontre Jeanne, il est question des professeurs de marxisme, des boutiques d'Oxford Street, des théoriciens de la lutte armée, de Buffet-Bontemps, de la folie, des moules farcies en cocotte, de Herbart, de mai 1944, de l'agressivité, de « Louis Lambert », d'Aragon, de Brest, de « Johnny Guitare », des files d'attente à la cinémathèque, du savon, de soutiens-gorge, du journal télévisé, du petit chaperon rouge, de l'occupation, des Juifs, de Libertad, des « décombres », d'un vibromasseur, d'homosexualité, d'appartements à louer, d'Amsterdam, des putes, de Jeanne d'Arc, de l'émotion, de la Résistance, d'Israël, du communisme et du plaisir. Lorsque Paul Le Goff rencontre Marie, il est question de Marseille, de théâtre, de Guitry, des pieds et paquets, de l'amour dans une baignoire, du phallus, d'Artaud, du parti communiste, de « Fureur apache », d'une manchette sur la nuque, de « La Marseillaise », du sport, de la gauche, du viol, du père, de Marivaux, de livres volés, de Schwob, de l'absence de slip, d'ex-maos, de la maîtrise de soi-même, de l'avarice, de La Cadière, d'insultes, de la bourride, de Porquerolles, de la télévision, de Cioran, de l'argent, des Arméniens, du poker, d'un braquage, des « Nuits de Monsieur M. », de la Corse, de la guerre d'Espagne, des enfants, de « Lucien Leuwen », du Cap d'Antibes, d'un frère, de l'anchoïade, de de Gaulle, du caca, de l'égoïsme et du plaisir. Lorsque Paul Le Goff revoit Anne, il est question de Jeanne et Marie.

  • David Gregorievitch Eisenberg a mis 50 ans avant de revenir à Kiev... 50 ans qui le séparent du massacre de Babi Yar dont il est un des rares rescapés. David raconte. Il a 15 ans. Avec tout les Juifs de la ville, il est convoqué près du cimetière. Il n'a rien à craindre. Il donne ses papiers, il se déshabille... et c'est l'horreur : courir nu vers les mitrailleuses qui fauchent femmes, enfants, vieillards. David tombe dans la fosse, blessé. Deux jours à survivre parmi les morts. Se sauver. Se réfugier chez son ancienne concierge et rester deux années enfermé dans un appartement avant d'être dénoncé. Il a 17 ans et il se retrouve dans la cellule des condamnés à mort... David raconte simplement, tout simplement, par petites touches, avec humour parfois, l'horreur. Un témoignage afin que la mémoire ne soit pas vaine.

  • Comment, débarqué à Veracruz sur les traces d'Hernán Cortés, dont le nom - et ce n'est nullement un hasard ! - assone avec le mien, je me lançai à la conquête du Mexique ; comment j'échouai à une table du café-salon « le Regis » où, dans la grande opérette suscitée autour de moi par le choeur des mariachis, je m'enivrai avec Violeta, « fille du port », cousine lointaine de la Traviata ; comment, acteur inconscient d'une étrange représentation théâtrale, je m'égarai avec mon héroïne dans un univers de décors, de cartes postales, de stéréotypes flamboyants et, sous l'effet des champignons hallucinogènes, je devais voir surgir, des coulisses de mon esprit, dans une immense éruption onirique, les images primaires, les archétypes fondamentaux qui en forment l'armature. Sans doute ma « maladie » date-t-elle de cette époque : cette continuelle impression que le sol glisse sous mes pas, le sens sous mes mots, que les continents désancrés ne cessent de dériver... l'Asie, l'Afrique, l'Amérique où l'on a cru me rencontrer. Mais c'est peut-être simplement le fantôme, l'ombre, la doublure de Morgan Sportes qu'on a ainsi croisés : 36 ans, journaliste à éclipses, écrivain par accès et par excès.

  • Quelques « moments » de la vie d'un travailleur immigré. Medhi rentre chez lui après une journée de travail sur un chantier. Dans l'autobus qui le ramène, un incident survient, dont il est, scandaleusement, la victime. On le revoit ensuite dans le cadre lamentable de la « cité de transit » où il réside en compagnie d'autres manoeuvres nord-africains. On le retrouve enfin dans un prétoire où il est étrangement « jugé » par de curieux personnages. Le racisme quotidien, les conditions d'existence des travailleurs immigrés, la justice qui leur est faite, tels sont les thèmes de ce court récit. Un témoignage violent, d'abord. Mais aussi un texte littéraire, organisé selon un dispositif narratif précis et efficace.

  • Il s'agirait du recensement méthodique d'un passé que la mémoire, le temps, la rumeur publique et le goût de l'affabulation auraient déformé. Il s'agirait de s'assurer de ce passé, de l'établir, de l'accréditer. Mais à peine le récit commence-t-il à prendre quelque solidité, de curieux retournements - feintes, ironie ou blocages -, viennent l'assaillir et le démanteler. Et celui qui l'énonçait, fuyant une identité fallacieuse, imposée de l'extérieur, s'efface sous le déferlement des questions étrangères. Dans le vide ainsi laissé, une autre voix reprend, qui à son tour invente un partenaire chargé de la réplique et condition de ce dialogue angoissé qui ne dit rien finalement, qu'une tension, une terreur et une attirance vers le moment où la vérité parle et fonde la légende : la mort, qui seule transforme les masques en visages.

  • Un enfant prisonnier de sa mère, au coeur d'un domaine bruissant d'eaux sauvages (Le torrent) ; un instant de tendresse dérisoire, qui change à jamais la vie sage d'une ouvrière-tricoteuse (La robe corail) ; l'exode vécu comme une fête par une petite serveuse, enfin libre au milieu des dangers (Le printemps de Catherine) ; la visite quotidienne d'un homme frustré à sa soeur, qu'il espère chaque jour trouver morte (La maison de l'esplanade)... Si divers que soient les paysages, les milieux, les situations, ces nouvelles d'Anne Hébert sont toutes tendues par une même force : celle de la passion (amour ou haine) qui saisit l'être dans les premiers temps de son existence, qui ne pourra être "dite" parce que la famille, la société ou la solitude refusent cette parole, et qui ne se délivrera d'elle-même que dans la mort - meurtre ou suicide. On retrouvera, à la mesure de ces thèmes, les qualités que "Les chambres de bois" et les "Poèmes" avaient révélées : sens concret de l'instant, vigueur et brièveté de l'écriture, saveur terrienne des images et des mots.

  • « C'était un jour de septembre 1951, vers la fin de la matinée. Sur le trottoir de la rue de Rivoli, le long des arcades entre le Louvre et la Concorde, je vis s'avancer à ma rencontre deux femmes de haute taille. Le visage de l'une, soudain, happa mon regard. Ce visage ? Mais oui : c'était bien elle ! Pas de lunettes, pas de chapeau protecteur, les cheveux sur les épaules, en grandes mèches claires, un regard marin. Déjà, je devais me retourner pour la voir. Et moi qui n'ai jamais osé suivre une femme dans la rue, enviant l'audace des héros de Morand et de Drieu, je lui emboîtai le pas le long des allées des Tuileries... » Il m'aura fallu un demi-siècle pour oser l'interpeller, comme je le fais ici... J. L.

  • La propriété la plus troublante de la vie est sans doute le renouvellement continu de ses formes. Son caractère d'innovation permanente est au coeur des problèmes scientifiques, philosophiques et moraux, que pose la biologie moderne. C'est dire l'importance d'une réflexion générale sur les mécanismes de cette innovation. Innovation dans les structures biologiques elles-mêmes d'abord. Innovation, bientôt, par la sexualité qui transforme les comportements et l'organisation sociale des espèces ; à travers l'histoire naturelle de la sexualité, souvent pittoresque, qui nous est contée ici, se présente une véritable "évolution buissonnière". Innovation, enfin, dans les sociétés humaines, sur la base de mécanismes nouveaux de stockage et de réemploi de l'information. A ce niveau, son analyse conduit l'auteur à nous présenter sa propre position dans le grand débat d'aujourd'hui, sur l'importance des contraintes biologiques dans les comportements humains. Dans un style vif et allègre, se trouvent ici liées indissolublement information scientifique et réflexion philosophique.

  • Le témoignage douloureux d'un officier des affaires algériennes dans le Sud oranais, en 1960, pendant dix-huit mois, témoignage également d'un chrétien meurtri. L'auteur est aujourd'hui curé à Paris.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • De sa naissance en février 1812, près de Portsmouth, à son décès en juin 1870, qui fut Charles Dickens : sa vie, sa famille, les caractéristiques de son oeuvre à l'aune des épisodes de sa vie. L'ouvrage d'un passionné qui cherche aussi à répondre à cette question : Dickens était-il un "progressiste" ou un "conservateur" ? Un ouvrage illustré de nombreux clichés d'époque.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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