Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • Seigneurs, vous plaît-il d'entendre un beau conte d'amour et de mort ? Sombre invite, formulée du plus ancien Moyen Age et d'où surgit la figure pâle de Tristan. En elle se trouvent liés amour et mort, désir de vivre et de disparaître, courtoisie et violence, fidélité et trahison... Le mythe venu de loin n'en finit pas de nous parler. Mais pour l'entendre, encore faut-il traduire la rude syntaxe et le lexique étrange de l'ancienne langue. Richard Robert fait davantage. Il déplie soigneusement toutes les composantes de la légende, en rassemble aussi les fragments éparpillés pour en saisir les prolongements dans la littérature et le monde d'aujourd'hui.

  • Depuis les Grecs la philosophie est étonnement... mais depuis Descartes tout concourt à nous faire oublier notre étonnement devant le monde. L'invisible profondeur du visible, sa richesse et ses couleurs ne sont-elles pas du coup devenues plus sensibles au peintre qu'au philosophe ? Pour ce qui devait être son dernier été, face à la Montagne Sainte-Victoire, Merleau-Ponty réinterroge le visible, le corps et le monde. Le style des Premières leçons, clair, explicatif, ne veut céder en rien à celui des résumés succédanés. Accompagnant la lecture sans la remplacer, les Premières leçons fournissent les outils nécessaires à une compréhension intime et à une exploration modulable.

  • Monument poétique, les Châtiments y Mais si les Châtiments sont une violente diatribe contre le sacre de Napoléon III, ils sont aussi l'espace d'un sacre du poète. La poésie est l'autre grand empire du recueil. A l'Empereur, Hugo oppose le poète, dont il définit tout à la fois la position (l'exil), la fonction (dénoncer et éclairer) et la mission prophétique. Ces Premières leçons sont une lecture claire et détaillée des principales thématiques du recueil de Hugo. Elles en proposent un résumé et un commentaire, appuyés sur une présentation historique du Second Empire, indispensable à la compréhension des Châtiments. Des microlectures viennent compléter cette analyse. Ainsi ces Premières leçons sur les Châtiments s'adressent tant aux élèves préparant le baccalauréat qu'aux étudiants des premiers cycles universitaires. Elles les invitent à découvrir un texte phare de l'engagement politique.

  • Dans le cycle de la malédiction des Atrides, Giraudoux apporte une variante capitale : Electre ignore presque jusqu'à la fin de la pièce que sa mère, aidée de son amant, a assassiné son père le roi Agamemnon à son retour de la Guerre de Troie. Il en résulte une enquête policière, à la manière des tragédies grecques, doublée d'une quête intérieure. Sous une apparence moderne brillante et provocante, Giraudoux est revenu avec une extrême rigueur aux sources de la tragédie, resserrant les structures et les unités, concentrant l'intérêt, peuplant l'univers héroïque de signes mystérieux et annonciateurs. Il a enfin concentré, en un seul, tous les grands mythes tragiques de malédictions, confirmant, selon la formule de Cocteau, la vision grandiose de l'Éternel Retour des « grandes histoires du coeur ».

  • Conçue originellement comme une nouvelle, La Chute que Camus publie en 1956, est la dernière oeuvre romanesque de l'écrivain, mort accidentellement le 4 janvier 1960, en laissant inachevé le manuscrit du roman auquel il travaillait pendant la dernière année de sa vie. Le Premier Homme devait constituer le deuxième volet du diptyque commence avec le monologue de Clamence. « Une seule vérité en tout cas, dans ce jeu de glaces étudié : la douleur, et ce qu'elle promet », écrivait Camus dans le « prière d'insérer » de La Chute. Pour aider la lecture de ce texte difficile, nourri de références littéraires et religieuses, ces « premières leçons » guideront efficacement le lecteur dans les méandres du récit, et l'aideront à comprendre les enjeux de cette confession savamment calculée ainsi que les propos souvent énigmatiques du « juge-pénitent ». En analysant la genèse, la structure et les soubassements de ce récit profondément ironique, dans lequel Camus ne cesse de brouiller les pistes, cette étude facilite l'accès à une oeuvre ambiguë et en propose une interprétation fondée, sans dogmatisme, sur le questionnement du texte et de ses procédés.

  • A travers ses Confessions, Jean-Jacques Rousseau se lance, annonce-t-il, dans « une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et n'aura point d'imitateur ». Pour outrancière qu'elle puisse paraître, cette déclaration est à prendre au pied de la lettre : Rousseau est bien le premier à écrire sur soi en se fixant pour dessein de se « rendre transparent » à autrui. Il innove également, dans les quatre premiers livres de son ouvrage, en accordant à l'enfance une importance qu'elle n'avait pas en son siècle et dont il n'est pas assuré que le nôtre ait pris toute la mesure. Cette mise à nu de son intimité n'est pas sans poser des problèmes que Rousseau n'élude jamais. La difficulté du projet fait de l'oeuvre un acte de courage et de lucidité.

  • Hegel est suspect dès qu'il parle d'histoire. N'est-ce pas lui, ce penseur totalitaire d'une histoire déjà finie, qui aurait culminé avec lui et ce, accessoirement, dans les discutables effluves d'une Prusse réactionnaire ? N'est-ce pas lui qui aurait escamoté, par la magie d'un monisme spiritualiste nébuleux, le mal dans l'histoire, renvoyé en pertes et profits de l'histoire universelle ? Au-delà de ses points de passages rituels (l'idéalisme, la ruse de la raison), qui en font un des textes les plus utilisés des études philosophiques, la Raison dans l'Histoire revêt, de par ces soupçons, une actualité toujours plus grande, ce qui n'est pas le plus mince paradoxe d'un texte réputé pour avoir voulu clore l'histoire. Ces Premières leçons accompagnent, sans la remplacer, la lecture du texte : elles fournissent les clés d'une compréhension intime et d'une exploration modulable. François Cavallier est agrégé de philosophie.

  • Le Phédon est le dialogue charnière de l'oeuvre platonicienne. Avant lui, Platon se montre un fidèle disciple de Socrate. Mais, après la mort du maître, il entame un long périple autour de la Méditerranée, qui s'achève par trois années d'études auprès des pythagoriciens. Sous cette influence, il bâtit son propre système et, de retour à Athènes, il fonde l'Académie ; il rend alors public son enseignement par ce dialogue, étonnant traité de la destinée humaine, qui n'est rien d'autre que le manifeste de la nouvelle philosophie.

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