Mémoire d'encrier

  • Abandon

    Joanna Pocock

    Traduit de l'anglais par Véronique Lessard et Marc Charron

    Résumé
    Alliant chronique, récit de soi et de la nature, Abandon raconte l'Amérique indomptée et ses paysages sauvages. À l'aube de la cinquantaine, Joanna Pocock quitte sa vie londonienne pour le Montana. Elle observe le territoire, découvre l'imaginaire frontalier de l'Ouest américain et ses extrêmes. Elle traverse les forêts et les montagnes, dialogue avec les rivières, les loups et les bisons, relate ses expériences : maternité, deuil, crise climatique, réensauvagement, écosexe... Consciente de ce que l'humanité perd dans sa relation avec la terre, elle se met à l'écoute de ces communautés qui disent la fragilité de ce que c'est que vivre. En restituant l'Amérique dans sa démesure, Abandonaide à respirer.

    Extrait
    Parfois, tout ce que nous pouvons faire, c'est nous abandonner à nos circonstances, à nos désirs et à nos peurs, à notre besoin d'évasion, à nos échecs, à notre douleur, à notre état sauvage intérieur, à notre domestication et, de ce fait même, à l'essence qui est au centre de notre être.

    Échos de presse
    Il a fallu une femme pour écrire ce livre. Une écriture qui dit : Je suis ici, à l'intérieur d'un corps, un corps qui change, en interaction avec le monde qui change.
    Irish Times

    Envoûtant et profondément émouvant, Abandon nous oblige à considérer notre place dans un monde qui a plus de passé que d'avenir.
    The Spectator

    Abandon est une contribution importante à la bibliothèque de la nature
    Chloe Aridjis

    L'auteure
    Née à Ottawa, Joanna Pocock vit à Londres, où elle enseigne la création littéraire. Abandon, son premier livre, est acclamé par la critique.

  • Après L'art presque perdu de ne rien faire, ce roman des idées, j'ai voulu réfléchir sur la lecture et l'écriture, deux activités qui enchantent mon esprit. J'ai écrit ce livre dans mon lit, entre trois et sept heures du matin. Au moment où la ville s'active, je me rendors. Voici quelques notes griffonnées en pyjama.

    1. Visez le coeur du lecteur, même si l'on sait que c'est avec sa tête qu'il lit.
    2. Écrire est d'abord une fête intime.
    3. Plus vous mettez de choses dans votre livre, moins on sentira votre présence.
    4. Une journée est parfaite quand on se met subitement à danser avec la chaise sur laquelle on s'était assis pour écrire.
    5. Les gens veulent toujours savoir d'où viennent toutes ces idées qu'ils voient dans les livres. Ça ne leur est jamais venu à l'esprit qu'elles viennent d'eux, mais sans cette modestie du lecteur il n'y aurait pas de littérature.
    6. Ouvrez n'importe quel livre de votre bibliothèque, prenez une seule phrase qui vous plaît, et mettez-la telle quelle dans votre livre. Cette opération s'appelle: faire payer les riches.
    7. Tout les problème vient du fait que l'écrivain soit devenu plus connu que le livre.
    8. N'espérez pas devenir un écrivain sans vanité, car ceux qui ont tenté le coup sont devenus, au mieux, des mystiques.
    9. Quand vous cherchez depuis un moment à décrire la pluie qui tombe, essayez:il pleut.
    10. Les livres ne se font par pas hasard, mais parce qu'il y a des lecteurs qui, du fond de leur chambre, les réclament en silence.

  • « Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. »

    Résumé
    "Je veux écrire à marée basse."

    Rien du tout, c'est l'espace où tout s'effondre, la forme, le genre, l'être. S'ouvre le trou noir, auquel il faut revenir pour naître. Ces fragments frôlent l'extinction, débordent, fuient, rejoignent la chute, les limites. Se mêlent et se contaminent générations, itinéraires, désirs. Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. L'écrit revendique sa survie, irrécupérable, jusqu'à la fin.

    Extrait
    Écoute : je ne cherche pas à rétablir, à déterrer les preuves, je ne cherche pas à me refaire une histoire pour revenir à quelconque origine. Je chante les mémoires minées, une dislocation désirante, je chante le coeur effondré des étoiles, l'horizon absolu d'un trou noir qui défigure l'espace-temps, je chante l'orgasme et la dépossession. Les glaciers fondent, relâchent des bactéries millénaires. À marée basse, on découvre les corps des noyés. Je veux écrire à marée basse.

    Point de vue de l'auteure
    Ce livre marque un autre rapport au genre, à la forme, à l'écriture. Il y a quelque chose de beaucoup plus vulnérable, mais aussi de beaucoup plus risqué. Je ne me mesure pas à la certitude des formes. Je ne suis plus intéressée par les prothèses narratives, les personnages, les événements. Je veux retracer autre chose. Le mouvement d'effritement de la vie même. Je veux que mon écriture veille les nombreuses extinctions dont nous sommes témoins.

    L'auteure
    Née à Montréal, Olivia Tapiero fait partie des voix les plus assumées de sa génération. Écrivaine et traductrice, elle a publié chez Mémoire d'encrier en 2017 Phototaxie.

  • Je suis une maudite sauvagesse
    chronique d'An Antane Kapesh
    Édition bilingue innu-aïmun / français
    Édité et préfacé par Naomi Fontaine
    Traduit en français par José Mailhot

    Résumé
    Un classique. Dans Je suis une maudite Sauvagesse, An Antane Kapesh dresse un constat de la situation des Autochtones et plaide en leur faveur. Monologue inquiétant. Cri d'une Innue qui voit son peuple se laisser assimiler et sa culture se détériorer sous l'action du Blanc.

    Extrait de la préface de Naomi Fontaine
    « Elle était Innue. Elle était née dans la forêt, avait vécu jusqu'à l'âge adulte comme nomade. Et il y a eu la réserve, le pensionnat, la haine, le racisme comme un système, le vol de son territoire, le vol de son humanité. Lorsqu'elle écrit : Je suis une maudite Sauvagesse, ce n'est ni de la témérité ni de l'arrogance. Elle pèse le poids de ce regard porté sur elle, sans baisser les yeux. Car elle sait, ce que nous avons oublié, nous les héritiers du Nord, elle sait la valeur de sa culture. Elle n'est pas colonisée. Je n'avais jamais rien lu de tel avant. »

    L'auteure
    Née en 1926 dans le Grand Nord, la vie d'An Antane Kapesh bascule en 1953 lorsque le gouvernement déracine sa famille de ses terres. Commence alors son long combat pour la préservation des territoires, de la culture et de la langue des Innus. Ses livres Je suis une maudite Sauvagesse / Eukuan nin matshi-manitu innushueu (paru pour la première fois en 1976) et Qu'as-tu fait de mon pays ? / Tanite nene etutamin nitassi ? relatent sa vie et sa pensée sur l'histoire des Innus. Mère de huit enfants, elle décède à Sept-Îles en 2004. Gardienne de la pensée innue, elle est une source d'inspiration pour les écrivains autochtones.


    An Antane Kapesh : la première écrivaine innue

  • Résumé
    Un après-midi d'été, l'écrivain croise sur la rue Saint-Denis un jeune homme, Mongo, qui vient de débarquer à Montréal. Il lui rappelle cet autre jeune homme arrivé dans la même ville en 1976. Le même désarroi et la même détermination.
    Mongo demande : comment faire pour s'insérer dans cette nouvelle société ?
    Ils entrent dans un café et la conversation débute comme dans un roman de Diderot.
    C'est ce ton léger et grave que le lecteur reconnaît dès le début d'un livre de Laferrière:« Tout nouveau-né est un immigré qui doit apprendre pour survivre les codes sociaux. Une société ne livre ses mystères qu'à ceux qui cherchent à la comprendre, et personne n'échappe à cette règle implacable, qu'on soit du pays ou non.» Laferrière raconte ici quarante années de vie au Québec. Une longue lettre d'amour au Québec.

    Échos de presse
    Si le livre semble s'adresser d'abord à Mongo, puis au nouvel immigré au sens plus large, il se veut aussi un miroir offert aux québécois, à ceux que Dany désigne comme les natifs. C'est fait avec humour, et beaucoup d'amour.
    Danielle Laurin, Le Devoir

    Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo se décrit comme une lettre d'amour au Québec. Un livre dans lequel il mélange joyeusement les genres, lui qui se dit obsédé par l'idée d'ennuyer son lecteur. On y trouve un dialogue entre un homme qui connaît aujourd'hui le Québec de l'intérieur et un jeune immigrant, Mongo, qui veut bien sûr tout conquérir en une nuit (et plus particulièrement une jeune fille). Conversations interrompues par les notes, observations et chroniques à la radio de l'homme établi, le tout menant à une espèce de manuel expliquant comment infiltrer une nouvelle culture.
    Chantal Guy, La Presse +

    À Mongo qui s'engouffre dans nos petits matins glacés, en émergeant de son deux et demie, Dany Laferrière demande : « Qui t'avait promis le paradis ? » L'exil transformera le nouveau venu. Les vieux enfants du sol à son contact également. D'autres écrivains d'ailleurs mêleront leurs souvenirs aux découvertes. D'autres émigrés se briseront les ailes sur des murs d'étrangeté, de nouvelles unions mélangeront leurs racines. Reste à se souhaiter d'offrir à tout le monde une langue vibrante pour mieux se parler.
    Odile Tremblay, Le Devoir

    Un livre plein de tendresse
    Marie-Louise Arsenault, Radi0-Canada/Plus on est de fous, plus on lit

    Au jeune Mongo, Laferrière raconte quarante années de vie. Une longue lettre d'amour au Québec. On retrouve avec plaisir le ton à la fois léger et sérieux de cet écrivain d'exception, son amour pour le Québec et pour la vie, son humour fin, sa sensibilité et la qualité du regard qu'il porte sur l'humain.
    Marie-France Bornais, Journal de Montréal

    L'auteur
    Dany Laferrière, né le 13 avril 1953 à Port-au-Prince en Haïti, reçoit le prix Médicis en 2009 pour L'Énigme du retour. Il est élu à l'Académie française en 2013. Il a publié chez Mémoire d'encrier Les années 80 dans ma vieille Ford (2005), Tout bouge autour de moi (2011), Journal d'un écrivain en pyjama (2013) et Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo (2015).

  • "Je rêve d'un seul récit
    qui dicterait sans faute
    toute une vie vécue"
    Joséphine Bacon

    "L'avenir est un pays imprévisible
    il n'aura pas la mémoire de nos limites"
    José Acquelin

  • Ceci n'est pas un paradis se situe aux frontières du récit de voyage, de la nouvelle et de la chronique intimiste. Ces récits qui mêlent cultures et territoires s'enracinent dans ce qu'il y a de plus touchant en l'humain : la générosité, la force et le courage. Se dessine également en arrière-plan l'image d'une
    Égypte en mouvement.

  • De si jolies petites plages est un récit-reportage écrit sur les premières vagues de boat-people haïtiens, qui ont atterri sur les côtes de Floride. Récits, témoignage, entretiens... On y voit l'engagement et le flair d'un écrivain respectueux de la réalité et des gens, qui documente sur le terrain pour découvrir le vrai visage de ces migrants nus, qui ont tout abandonné pour un autre destin. L'auteur Jean-Claude Charles nous dit que «De si jolies petites plages peut être lu comme un roman, parfois comme de la poésie, il y a du théâtre aussi...»
    Jean-Claude Charles a investigué sur le sujet de mars 1980 à août 1982. Sur une tonalité blues, qui fait la marque de cet écrivain, cette enquête rebelle, brutale, saccadée, épouse les aspérités d'une réalité qui dure. Grâce à l'analyse pertinente de Jean-Claude Charles, on comprend que les Haïtiens sont «les seuls boat-people du monde à se réfugier dans les bras des responsables directs de leur malheur» ! Les gardes états-uniens les prennent pour des enfants fautifs qu'il faut encadrer et punir au besoin. Les camps ne se trouvent pas tous aux États-Unis, certains Haïtiens échouent aux Bahamas, à Fox Hill, où la prison centrale de Nassau les attend. Les plus chanceux finiront dans le bush, au sud de New-Providence, un bidonville à l'image de la Saline de Port-au-Prince. La même misère, mais... ailleurs. Mais c'est encore pire pour ceux qui atterrissent à Porto Rico et découvrent le célèbre Fort-Allen: «Bienvenidos. Centro de Educación y Trabajo». De la peur à la révolte, c'est le désir d'évasion à n'importe quel prix qui domine. Les Haïtiens n'en finissent pas de fuir, peu importe la destination finale, même l'enfer... Et l'enfer est toujours au rendez-vous. Un livre combien actuel qui fait comprendre la situation des migrants d'aujourd'hui.

  • Quel usage faire du monde ? Jean-Claude Charles, errant aux pieds poudrés, propose dans ses récits de voyage un monde sans visa où la liberté de circuler et d'imaginer est le seul guide. Éloge du vagabondage, de l'errance et de la lecture. « Comment se balader... sans donner des nouvelles de l'état du monde, petits romans, petits portraits, choses vues et entendues, traversées d'histoires, se balader n'importe où, le nez en l'air, renifler l'air du temps [...] prendre le pouls d'une humanité qui se débat, mesurer des climats, engranger des fictions minuscules... »

  • Frankétienne habite Port-au-Prince, ville orpheline, dit-on, d'espoirs et de songes. Parfois, au fond de la nuit, sur les collines, résonnent de mystérieuses voix. Quand ce ne sont pas des djinns, les habitants croient que c'est la voix de Frankétienne serpentant les montagnes, hurlant dans les plaines un chant de vie plus puissant que la mort. Et dans ces périmètres carrés acculés à la dépendance, à la bêtise et au cynisme urbanistique, Frankétienne entretient seul une poétique, une vision et un art qui n'est que son chant chaotique et fragmenté. Écrire! Oui, nous dit-il: «Écrire est mon ultime oasis dans l'incendie de mes déserts. Mon dernier port d'attache sur les rives tourmentées de ce continent fabuleux qu'est la vie. Mon rapjazz de folie.»
    Rapjazz est le livre d'un visionnaire. L'écrivain dépasse ainsi les formes sensibles et les langues (créole/français). La communication est cet acte absolu, cette relation organique avec les genres, les êtres, les choses et l'univers afin que s'actualisent tous les possibles, en nous et pour nous. Particules étranges et éblouissantes que sont ces étincelles de vérité, d'amour et de beauté qui nous font revenir à l'évidence ou à la question: Que serait Port-au-Prince sans Frankétienne?
    Rodney Saint-Éloi

  • uvre a caractère autobiographique; Les échos de la mémoire. Une enfance palestinienne a Jerusalem évoque, avec l'occupation britannique en toile de fond, de multiples souvenirs; campe d'intimes portraits de famille et nous ramène sur des lieux d'enchantement et de rébellion. Cet ouvrage, véritable lettre d'amour a Jérusalem, pose un regard singulier sur la ville. C'était avant le déracinement des Palestiniens de 1948, ou se côtoyaient harmonieusement toutes les confessions. C'était avant la tempête politique.

  • Ce livre foisonnant et passionnant associe scènes de vie, rencontres et parcours de créateurs. La quête de repères dans une ville meurtrie par le séisme : un passage saisissant au «Club des Jeunes du monde» via Gary Victor; l'atelier d'écriture de Lyonel Trouillot; un échange sur la condition homosexuelle dans la capitale avec le vidéaste Maksaens Denis; un portrait de la grande dame de la danse haïtienne, Viviane Gauthier, 97 ans; une visite chez l'homme-cri Frankétienne; des conversations avec les sculpteurs de la Grand-Rue; la poésie chantée, de Georges Castera à James Noël, par Wooly Saint Louis Jean; le théâtre courant les rues; la vie du livre avec Emmelie Prophète.
    Dans Chérir Port-au-Prince, Valérie Marin La Meslée partage la vision d'un monde où la beauté a, comme partout, droit de cité, salue le courage, la dignité des Haïtiens, et leur art de s'élever au-dessus du bourbier quotidien par la création.

  • Hommage d'un fils à son père, La force de marcher raconte la vie de Tobasonakwut, chef Anishinaabe de la nation Ojibwé. Survivant des pensionnats autochtones, grand chef et défenseur des droits civiques, il a mené, malgré le cancer qui le rongeait, une entreprise de réconciliation qui demeure l'un de ses plus importants legs. Ce récit témoigne du combat et des chemins de résistance des Premières Nations du Canada.

  • Quelques mois après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti. le Programme des Nations unies pour le développement coordone une grande partie des activités d'enlèvement des débris dans une capitale encore traumatisée par la catastrophe. Des milliers de gens vont s'engager dans cette tâche colossale. Il s'agit pour ces femmes et ces hommes de redonner vie à leurs quartier ravagés, d'essayer de rallumer une flamme que les soubresauts de la terre ont éteinte. Pour que ne soit pas perdue la mémoire de cette lutte, Gary Victor a écrit Collier de débris pour, nous dit-il, «dialoguer avec les sans-voix, assister à la transmutation des débris, entendre battre les coeur des femmes et des hommes qui, dans l'anonymat, redessinaient la nouvelle configuration de la ville dans le flanc des montagnes, dans le creux des ravins, dans ces lieux où les bien-pensants n'osent pas s'aventurer, poutant pas trop loin des hautes murailles barbelées de leurs demeures.»

  • Le Soudan n'existe plus. Le divorce a été prononcé, le pays séparé en deux. Et ces deux Soudans font partie de ces pays coincés entre la géographie de la guerre et de la faim. Si les médias nous ont appris un ensemble de mots comme séparation du Sud-Soudan, crimes de
    guerre, crimes contre l'humanité, génocide au Darfour, nous sommes encore loin de comprendre ces réalités complexes.
    Pour l'histoire, Guillaume Lavallée propose ce témoignage éclairant sur les derniers jours de ce géant d'Afrique.

  • Soigner est une variation du verbe aimer. Il faut aimer nos patients.
    On espère d'un chirurgien qu'il opère bien. Jusqu'à ce qu'un robot le remplace. Du psychiatre, on attend savoir et écoute.
    Une machine peut prescrire des pilules mieux que lui, mais ne peut aimer mieux que lui. La médecine exige techniques
    et connaissances, mais cela ne suffit pas, particulièrement en psychiatrie, où la relation est le coeur et le noeud.
    Nous sommes encore des humains.

  • Résumé
    Une femme perd sa voix. Elle écrit pour reprendre possession de son corps abîmé. Elle chemine ainsi, s'ancre par l'écriture dans sa voix intime, qui résonne avec d'autres silences et paysages de terre, d'eau... La guérison est amorcée avec cette symphonie de voix. Une multitude de visages, de corps et de voix se tissent et se racontent à travers les routes qui n'en finissent pas. Ce livre est un grand silence, une halte entre nous et le vivant ; un bruissement qui dit la relation, la tendresse, l'existence, d'où la musique des mers, des fleuves et des forêts.

    Extrait
    « Après m'être amarrée à ce lac, après avoir tissé des liens avec autrui sur la base de cet espace partagé, j'ai fini par lui accorder une place privilégiée parmi les lieux du monde. D'où me vient ce désir de retourner au lac Marie-Le Franc chaque année en y amenant à chaque fois des personnes différentes, des gens du Québec, de France, de Belgique ? À l'été ou à l'automne, suivant un rythme régulier, la marée dépose au bord du lac des gens d'ici et d'ailleurs. J'ai la nette impression que tout cela dépasse de loin ma propre volonté et que l'endroit lui-même est désormais soumis au mouvement du ressac. Le lac s'est ouvert au vent du large, il est devenu dans mon esprit un lac transatlantique. »

    Point de vue de l'auteure
    Tisser les voix répond au mouvement général qui traverse le livre. Quand j'ai perdu la voix, je me suis mise à écrire, mais aussi à écouter davantage. J'ai fait plus de place à la parole des autres. Quand je tisse les voix, la mienne se fonde dans un ensemble, elle va à la rencontre des autres, c'est ce mouvement qui me permet d'avancer.
    Quand la voix se brise, quand elle s'absente, il faut tout reconstruire, cela ne peut se faire que dans l'intimité. Apprivoiser le silence.

    L'auteure
    Originaire de Bretagne, Rachel Bouvet a émigré au Québec après un séjour en Égypte. Sa fascination pour le désert, la mer et la forêt l'a poussée vers la géopoétique. Professeure au département d'études littéraires à l'UQÀM, elle a publié des essais et des récits.

  • Sérieusement, Georges, il faut nous démerder pour puiser en nous cet élan qui nous fera rebondir d'un bloc et sortir du marasme.
    Sinon, dans quelques années, c'est le chef Tourbillon et son marassa, Avril L'Intelligent, ou même le président Tèt Kale et peut-être les Duvalier, père et fils, échappés de leur sépulture, qui viendront nous poser la même question : qu'est-ce que nous avons fait de leur pays ?
    Hommage à l'écrivain Georges Anglade emporté par le séisme du 12 janvier 2010. Après le désastre, que reste-t-il? Verly Dabel écrit au disparu, raconte la tragédie de cette île clouée au pilori de la
    misère et de la magouille politique. Sur fond de banqueroute se profilent l'impuissance de l'État, la morgue des ONG et la défaite de la communauté internationale. Perce pourtant l'humour de la lodyans, ce petit rire haïtien, manière d'affronter les dangers et de forger l'espoir.

  • Une déclaration d'amour au fleuve Saint-Laurent.
    Le Saint-Laurent a fait de nous ce que nous sommes. Aveuglés l'hiver, apaisés l'été par sa lumière. Peuple avec les humeurs du fleuve à sa fenêtre. Peuple en dents de scie telle une tempête sur la pointe extrême d'Anticosti, des vagues déchaînées sur les côtes de Mont-Louis ou de Sept-Îles. Peuple prompt aux réjouissances, passant de candeur à nostalgie comme une mer étale succède aux grains et aux blizzards. Fleuve fou au goût de liberté. Fleuve amer. Fleuve inlassable. L'immense chemin d'eau, qui s'évase en cornemuse, a accompagné nos victoires et nos défaites et tracé son lit dans nos imaginaires, nos âmes et notre être collectif.

  • Récits, fictions, chroniques, témoignages, scènes de vie, photos, portraits, essais, poèmes... Cet ouvrage, façonné sous la plume d'une cinquantaine d'écrivains, constitue le premier face-à-face littéraire des deux peuples francophones d'Amérique. De Montréal à Port-au-Prince,
    corps et voix disent le monde, voyage lumineux à l'intérieur du pays tant
    rêvé. Les compagnons des Amériques chantent ces temps nouveaux sous le regard bienveillant de Gaston Miron et de Jacques Roumain, ces capitaines d'espérance que la mer a séparés puis réunis. Québécois et Haïtiens se regardent, se parlent et dansent ensemble une gigue sous la tonnelle d'une histoire commune. Pour avoir enfin la réponse à la question À quoi sert la littérature ?, lisez Bonjour voisine.

  • C'est ainsi que ma vie s'est déroulée, d'une vague à l'autre, d'un pays à l'autre ; elle a dérivé selon les courants, les vents et les humeurs. J'ai le sentiment d'avoir d'abord écrit la terre avec mes pas, en me laissant guider par une boussole intérieure.
    Quel usage peut-on faire du monde ? Naviguer de rive en rive, serrer
    l'Autre dans ses bras et sur son coeur : être dans cette altérité grandissant au hasard des voyages et des continents qui séduisent et qui forment notre humanité. Initier la relation. Nourrir la rencontre.
    Féconder la terre. De la Bretagne à l'Égypte, du Maroc à l'Espagne, de l'Afrique du Nord au Québec, les identités se font et se défont.
    Rachel Bouvet donne le ton, trace une route d'eau, de terre et de mots.
    Elle emprunte au passage quelques figures de l'Orient et du monde arabe.
    Elle indique sa manière de cheminer dans ce vaste monde. Quelques questions essentielles surgissent : À quel territoire appartient-on aujourd'hui ? Comment refuser cette géographie déchirée qui condamne à l'exclusion et au racisme ? Quel héritage assumeront les enfants
    issus de ces pérégrinations ?

  • Les thèmes récurrents des discours et essais de Jidi Majia portent sur la poésie et son rôle social et spirituel. Ils abordent l'appartenance à une tradition et une culture, et son inscription dans la modernité. On y retrouve aussi des essais sur les écrivains qui ont influencé son travail (Leopardi, Lu Xun, Pouchkine, Ai Qing). Jidi Majia fait l'éloge de la diversité culturelle et environnementale, tandis qu'il exprime son inquiétude quant aux conséquences du processus de destruction de notre ère. Au nom de la terre et de la vie a reçu la mention China Classics International, qui est une marque de distinction décernée par la State Administration of Press and Publication (SAPP), un organisme du gouvernement chinois. Celui-ci classe les ouvrages sélectionnés comme faisant partie des classiques qui font rayonner la culture et la littérature de la Chine à l'étranger.

  • Chanteur de charme de renom, Joe Jack partage l'histoire de sa vie dans cet ouvrage bouleversant. Entre les lignes, on comprend qu'il ne faut jamais baisser les bras et toujours prendre les choses du bon côté, en dépit des préjugés et des mauvais coups. En persévérant, la lumière finit par briller. «Aveugle, malgré toutes les embûches, j'ai pu réaliser mes rêves.» L'aveugle aux mille destins est une tranche de vie haïtienne, un témoignage fait de dignité et de courage, une manière de résister et d'inventer l'espoir pour que demain soit un nouveau jour.

  • Un homme brandit la cocarde de la révolution comme un dernier espoir terrible et profond en l'homme. Ce journal est un manuel d'hygiène révolutionnaire. Gérald Bloncourt ne cesse de le marteler dans ce qui deviendra un véritable manifeste pour celles et ceux qui luttent :
    o Apprendre à rester debout pour ne pas faillir.
    o Ensemble, nous avons le pouvoir de changer les choses.
    o Osons : rêvons...!
    o La révolution est nécessaire et légitime.

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