Le passeur

  • Alexandra David-Néel

    Joëlle Désiré-Marchand

    • Le passeur
    • 21 Avril 2016

    Le portrait de l'exploratrice Alexandra David-Néel, dont la vie et l'oeuvre continuent d'être sources d'inspiration pour nos contemporains.
    " Elle fait partie de ces héros qui donnent de la force et inspirent ceux qui veulent aller au bout de leurs rêves. "
    Marie-Madeleine Peyronnet
    En février 1924, Alexandra David-Néel pénétrait à Lhassa, au coeur du Tibet interdit, après une marche de quatre mois à travers de hautes montagnes puis des territoires non cartographiés que l'on croyait peuplés de cannibales. Accompagnée de son fils adoptif Aphur Yongden, elle vécut cette rude expérience en se faisant passer pour une Tibétaine, mendiant sa nourriture comme les pèlerins les plus pauvres du pays. Ce périple clandestin de 2 000 km, exploit sans précédent, la rendit célèbre dans le monde entier.
    Cette voyageuse intrépide présente bien d'autres facettes, moins connues : anarchiste dans sa jeunesse, féministe, bouddhiste bien avant l'arrivée du bouddhisme en Europe, franc-maçonne, cantatrice, journaliste... Esprit libre et douée d'un beau talent d'écriture, elle laissa une oeuvre sans cesse rééditée. Sa passion de l'Orient, dont elle fit connaître les coutumes et les religions, resta intacte jusqu'à sa mort à 101 ans.

  • Les nouveaux nomades

    Félix Marquardt

    • Le passeur
    • 13 Janvier 2022

    Une vision neuve et radicale du nomadisme et de la migration, à contre-courant des conceptions alarmistes actuelles. Une réflexion majeure pour notre temps.Dans notre conscience collective, le terme " migration " évoque presque exclusivement l'immigration : celle de l'ère postcoloniale, celle des pauvres hères que nous croisons aux feux rouges et dont nous avons peur, ou celle des réfugiés africains ou orientaux qui fuient " leur pays " sur des embarcations de fortune pour, selon nos sensibilités politiques, envahir " le nôtre " ou y trouver refuge.
    Nous nous trompons.
    Loin d'être anormal, l'acte de quitter le confort ou la dureté du familier est un acte fondateur de l'expérience humaine. Tant que l'on n'est pas parti, on ne sait pas vraiment qui l'on est. La démarche permet de s'émanciper et de croître, d'apprendre d'où l'on vient et ce vers quoi l'on veut tendre.
    Notre conception moderne du nomadisme, axée sur la mobilité, est une caricature. Le nomade ne peut pas être défini par son seul mouvement mais par son rapport au lieu, à son écosystème, à la nature, à sa communauté, aux autres et à lui-même.
    Quelque chose de fondamental s'est brisé en nous lorsque nous sommes passés d'une espèce massivement nomade à une espèce massivement sédentaire. Ce quelque chose est en train de nous dévorer.
    Saisir la dimension universelle, pluriverselle et épique de la migration, c'est comprendre que si " guerre des civilisations " il y a, ce n'est pas celle décrite par ceux qui voudraient en découdre mais la redite d'un conflit ancestral qui opposait déjà Caïn, le fratricide paysan sédentaire, à Abel, le berger nomade. C'est prendre conscience que nos instincts nomades et sédentaires sont non seulement réconciliables mais qu'en choisissant de ne pas les réconcilier nous courrons au suicide.
    Après des millénaires de sédentarisation, la crise existentielle que traverse l'humanité appelle à l'émergence d'une nouvelle métaphysique du mouvement, rendue plus urgente que jamais à l'heure du bouleversement climatique.
    Derrière la réflexion à laquelle nous convie Félix Marquardt, c'est une véritable éthique du nomadisme, basée sur l'ouverture à l'Altérité, qui se dessine.

  • La convergence des consciences

    Pierre Rabhi

    • Le passeur
    • 13 Octobre 2016

    Au fil des mots de sa vie, Pierre Rabhi nous éclaire sur les racines de son insurrection pour la construction d'une société écologique et humaine et sur sa conviction profonde que nous pouvons changer le monde. Un document exceptionnel.Figure du sage appelant à l' " insurrection des consciences " et au refus de toute aliénation consumériste, Pierre Rabhi est aujourd'hui le chantre de la sobriété librement consentie. Servis par un indéniable sens de la formule, ses appels à la modération et au respect de la terre emportent une adhésion considérable.
    Devenu un porte-parole de l'agroécologie pensée comme une éthique de vie mais aussi un philosophe du changement de paradigme, il ne s'était cependant jusqu'alors jamais exprimé sur nombre de sujets touchant autant à sa biographie, à son expérience qu'à son regard sur le monde et l'histoire. Nostalgie, peur et amour, violence, hospitalité et migration, libéralisme, démocratie et politique, Sahara, Europe et Israël, Krishnamurti, Albert Einstein et René Dumont, Shoah, guerre de 1914 et " Marseillaise ", OGM et privatisation du vivant figurent parmi les thèmes abordés " en toute liberté ".
    Cet abécédaire intime vient à point pour éclairer les racines de l'" insurrection " de Pierre Rabhi et de son intime conviction : en nous changeant nous-mêmes, nous pouvons changer le monde.

  • Un retour critique sur le quinquennat d'Emmanuel Macron : la déception d'un penseur qui voyait en lui un véritable président philosophe.L'heure du bilan du quinquennat d'Emmanuel Macron a sonné. François Dosse avait soutenu le projet qu'il portait en 2017, discernant un prolongement politique de l'éthique du philosophe Paul Ricoeur (
    Le philosophe et le président, Ricoeur & Macron, Stock, 2017). Force est de constater que la politique menée a tourné le dos à l'ambition, préconisée par le philosophe, d'" une vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes ". Après s'être appuyé sur des idées fortes dans sa phase de conquête du pouvoir, Macron s'en est rapidement débarrassé dans son exercice.
    Dans cet essai, François Dosse passe en revue les grandes orientations du quinquennat du président Macron. S'il retrouve dans sa politique mémorielle et dans son européisme une cohérence avec ses sources d'inspiration, il en va tout autrement de sa pratique du pouvoir : privilégiant la verticalité, celle-ci aggrave la crise de notre démocratie, amplifie des inégalités déjà criantes, enferme notre pays dans ses frontières et ne parvient pas à répondre au défi écologique. La pandémie de Covid-19 a achevé de révéler les dysfonctionnements d'un pouvoir navigant à vue.
    Alors que cette crise en appelle impérieusement à un changement de cap, ce que nous propose le président à nouveau candidat n'est autre que de continuer à marcher... sans boussole.

  • Que serait devenue l'oeuvre de l'auteur du Grand Meaulnes si la guerre ne l'avait emporté en pleine gloire, à 28 ans ? Ce roman, même inachevé, répond en partie à la question.Que serait devenue l'oeuvre de l'auteur du
    Grand Meaulnes si la guerre ne l'avait emporté en pleine gloire, à 28 ans ? Ce roman, même inachevé, répond en partie à la question.
    Comme dans
    Le Grand Meaulnes, c'est sur le thème de la quête éperdue de la pureté qu'Alain-Fournier tend la trame de son écheveau. On y retrouve, transfigurés, les souvenirs et lieux d'enfance qui peuplent l'imaginaire du romancier, mais surtout et pour la première fois, les éléments de sa vie adulte cristallisés autour de Mirande où il fut en garnison. On y apprécie également le style, d'une pureté confondante.
    À celle qui lui inspira Yvonne de Galais dans
    Le Grand Meaulnes, la seule femme capable selon lui de lui apporter " la paix et le repos ", Alain-Fournier écrivait : " C'est à vous que j'aimerais raconter Colombe Blanchet. "

  • Matrix : en quête de nos futurs

    Stéphane Encel

    • Le passeur
    • 13 Janvier 2022

    Une analyse perspicace et captivante des enjeux contemporains à travers le prisme d'un grand classique de la science-fiction, dont le quatrième opus sort en décembre 2021.Trilogie fleuve de 400 minutes, aux budgets et recettes pharaoniques,
    Matrix est entré dans la culture populaire comme une référence incontournable pour plusieurs générations. Si bien que plus de 20 ans après le premier volet, le quatrième opus enflamme déjà toutes les imaginations.
    Si
    Matrix est une oeuvre qui, par sa profondeur et ses ambitions, dépasse le cadre des effets spéciaux novateurs, des combats superbement orchestrés et du souffle épique, c'est parce qu'elle est à la croisée de bien des chemins. Elle a clos un XXe siècle paroxysmique : la technologie triomphante s'est mise au service des plus grandes avancées sociétales comme des pires crimes de masse de l'histoire de l'humanité. Elle a accompagné l'ouverture d'un XXIe siècle plein de promesses scientifiques, mais surtout de doutes sur la survie même de l'humanité.
    Matrix se donne ainsi à lire, à interpréter, à analyser, en parallèle de la pensée de Baudrillard, Arendt, Bronner, et des classiques comme
    Blade Runner,
    Terminator,
    The Truman Show... Elle aide à comprendre notre monde, en quête de ses futurs possibles, et prouve qu'on ne peut plus aujourd'hui cloisonner les domaines de réflexions, entre Science, SF, philosophie, art ou histoire.
    Tout l'objet de cet essai, le premier du genre en français, est de penser au travers de Matrix un monde qui a radicalement changé en quelques décennies, en partant des concepts, notions ou personnages clés de l'oeuvre.
    Les innombrables passionnés de la trilogie y trouveront un nouveau terrain de réflexion, et tous ceux qui avaient aimé cette oeuvre pourront la redécouvrir différemment.

  • Pour la première fois réunie en un seul volume, la correspondance de George Sand aux femmes qu'elle fréquenta, révélatrice de ses idées progressistes et de son féminisme avant l'heure.George Sand est sans conteste l'une des plus grandes épistolières francaises.
    Ce volume propose une vaste anthologie de lettres aux femmes qu'elle a connues ou qui l'ont accompagnée au long de sa vie.
    Ces lettres témoignent avec force combien l'écrivaine fut faconnée par les femmes importantes de sa vie, à commencer par sa mère, sa grand-mère et ses amies de pension. Elles détermineront sa vision de la famille et de la féminité, qu'elle développera plus tard dans ses romans.
    En plus de ces dernières et de diverses amies, on y trouve également ses trois correspondantes les plus fameuses : Marie d'Agoult, Pauline Viardot et la sulfureuse Marie Dorval, avec laquelle elle entretint peut-être une relation amoureuse. Celles-ci l'accompagneront de facon déterminante dans ses choix de vie comme dans ses idées, si libres, qui marqueront son oeuvre et sa vie.
    C'est donc l'être profond de George Sand qui se révèle à travers ses lettres, ce qu'il présente d'audacieux, d'original et de si ouvert.
    Apparaissent en pleine lumière la femme engagée, la femme de combat et la femme moderne qui inspireront dans son sillage toutes celles à venir.

  • Pendant sept ans, deux génies de la littérature, Flaubert et Maupassant, ont partagé une profonde amitié. Dans leur correspondance transparaît la bienveillance de l'aîné envers son cadet pour lequel il fut un véritable guide.Il existe une relation quasi filiale entre Flaubert et Maupassant. Le premier a 52 ans quand débute cette correspondance, le second 23 ans. Ils ne se quitteront plus jusqu'à la mort de Flaubert, en 1880. Ainsi, cette correspondance permet de suivre Flaubert dans les sept dernières années de sa vie et Maupassant dans ses sept premières années en littérature.
    Flaubert s'intéresse d'abord à lui parce qu'il est le neveu d'Alfred Le Poittevin, son ami d'enfance. De cette relation va naître une véritable amitié que traduit fidèlement ces lettres.
    Comme l'écrit la préfacière, " tous deux éprouvent du mépris pour la masse, l'esprit bourgeois, l'égalitarisme, le suffrage universel, la soutane ; et tous deux se délectent à la lecture des grands auteurs. La détestation de la médiocrité et l'amour de la littérature les réunissent ".
    Par certains côtés, Flaubert tient avec Maupassant le rôle que tenait George Sand avec lui, celui d'un " conseiller de vie " plus qu'un esthète. Cette correspondance est un morceau de vie partagé entre deux génies.

  • Je m'aperçois que je vous aime, heureusement que je suis vieux !

    ,

    • Le passeur
    • 4 Novembre 2021

    La correspondance entre deux géants des lettres révèle une relation complexe, un mélange d'admiration et d'agacement, entre ces deux personnalités à la fois si proches et si différentes." La grandeur de l'esprit n'a d'égale en vous que la grandeur du coeur. "
    (Hugo à George Sand).
    Exactement contemporains, George Sand et Victor Hugo, ces deux grands " monuments " littéraires de leur siècle, ne se sont pourtant jamais rencontrés.
    Alors que tout ce que le xixe siècle comptait de célébrités, tant dans le domaine artistique - musiciens, écrivains, peintres, comédiens - que dans le monde politique et journalistique, est un jour passé par Nohant, et que ces deux " monstres sacrés " fréquentaient les mêmes milieux à Paris, il fallut attendre 1856 et la publication des
    Contemplations pour qu'une relation épistolaire s'instaure entre eux.
    Pour autant, celle-ci ne déboucha jamais sur une vraie rencontre, même lorsque Hugo rentra d'exil.
    Sand resta toujours réticente face au génie du poète, comme en témoigne sa correspondance avant 1856. Leurs lettres ensuite dévoilèrent un curieux mélange d'admiration et d'agacement réciproques.
    Plusieurs textes annexes importants, tant de Hugo que de Sand (articles, discours, éloge funèbre de Sand par Hugo), viennent éclairer cette relation qu'on pourrait qualifier, sinon d'ambiguë, d'au moins complexe, entre ces deux personnalités à la fois si proches et si différents.

  • Pour la première fois en poche, les mythiques lettres échangées entre Nietzsche et son confident, le compositeur Heinrich Kselitz surnommé Peter Gast. Une correspondance unique dans l'histoire de la philosophie." La vie sans musique est une erreur éreintante, une besogne, un exil. "
    Lettre de Nietzsche à Peter Gast.
    Les Lettres à Peter Gast, surnom donné par Nietzsche (1844-1900) au compositeur Heinrich Kselitz, à la fois secrétaire et confident de Nietzsche, dont il fera un véritable double, constituent une correspondance unique dans l'histoire de la philosophie. Et la plus importante que Nietzsche ait entretenue avec un ami.
    Au-delà de ses considérations sur la musique ; l'art majeur selon Nietzsche ;, ces lettres constituent un témoignage capital sur sa pensée, au moment de sa pleine maturité intellectuelle, entre 1876 et le 3 janvier 1889, jour du basculement du philosophe vers la folie.
    Elles attestent de son évolution et de ses différents jalons, depuis la rupture avec Wagner (
    Humain trop Humain) jusqu'à son ultime autobiographie (
    Ecce Homo), en passant par l'accomplissement du
    Gai savoir ou de
    Ainsi parlait Zarathoustra.
    Peter Gast est ainsi le témoin privilégié de la philosophie de Nietzsche : ces lettres en constituent le reflet en même temps que celui de la vie quotidienne du penseur allemand. Elles ont donc aussi valeur de journal.

  • La poésie sauvera le monde

    Jean-Pierre Siméon

    • Le passeur
    • 2 Mars 2017


    Cet essai incisif, au " parfum de résurrection ", rappelle que vivre en poète, c'est lutter pied à pied contre les forces qui poussent à l'exil pour habiter la vie entière. Pour une résurrection de la vie.

    Depuis les temps immémoriaux, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, orales ou écrites, il y eut des poètes au sein de la cité. Ils ont toujours fait entendre le diapason de la conscience humaine rendue à sa liberté insolvable, à son audace, à son exigence la plus haute.
    Quand on n'entend plus ce diapason, c'est bien la cacophonie qui règne, intellectuelle, spirituelle, morale : le symptôme d'un abandon, d'une lâcheté et, bientôt, d'une défaite.
    Pour Jean-Pierre Siméon, il est urgent de restituer à notre monde sans boussole la parole des poètes, rebelle à tous les ordres établis. Pas de malentendu : si la poésie n'est pas la panacée, si elle n'offre pas de solutions immédiates, elle n'en est pas moins indispensable, d'urgente nécessité même, parce que chaque poème est l'occasion, pour tous sans exception, de sortir du carcan des conformismes et consensus en tous genres, d'avoir accès à une langue insoumise qui libère les représentations du réel, bref, de trouver les voies d'une insurrection de la conscience.

  • Monty

    Dominique Dumond

    • Le passeur
    • 13 Janvier 2022

    Un livre touchant sur la relation entre un malvoyant et son chien guide, qui finissent peu à peu par s'identifier.Un sujet inédit traité avec finesse et légèreté et une grande sensibilité.Hervé perd la vue mais pas le moral, bien au contraire. Très en verve, car quand on est malvoyant " l'humour noir, ça s'impose ! ", il nous dévoile page à page le secret de sa vitalité : Monty, son chien guide qui à chaque instant lui ouvre la voie de l'invisible.
    Grâce à lui, il peut tout réapprendre, vivre autrement, redécouvrir avec enthousiasme ce qui fait le sel de la vie. Au fil du temps, il communique avec Monty, lit dans ses pensées et parvient à se faire comprendre de son chien sans même lui parler. Comment est-il possible d'arriver à un tel point d'intimité fusionnelle ?
    Dans ce récit léger et attachant, drôle et touchant, tout à la gloire des chiens guides qui redonnent la vie aux malvoyants, Hervé ne s'apitoie jamais sur son sort. Avec tendresse et fantaisie, émotion et authenticité, il nous invite à refaire avec lui ce beau chemin de vie... et d'amour.

  • La fin du monde, voilà le salut

    Arthur Schopenhauer

    • Le passeur
    • 7 Janvier 2021

    Un recueil d'entretiens avec Arthur Schopenhauer qui se livre sans filtre et se révèle enjoué et volontiers sarcastique nous permettant ainsi de découvrir sa personnalité insolite et souvent cocasse.Comme l'écrit Didier Raymond, spécialiste du philosophe allemand, dans la préface de ces
    Entretiens, " Schopenhauer affirme à de nombreuses reprises, notamment dans ses aphorismes sur la sagesse dans la vie, que l'oeuvre est inséparable de son sujet ". Pour lui, comme pour Nietzsche, qu'il influencera, une oeuvre est toujours par nature biographique. C'est pourquoi ces entretiens sont si importants, ils permettent d'appréhender l'homme Schopenhauer dans sa réalité.
    Il est rare qu'un aussi grand penseur se prête à de tels dialogues. La forme de l'entretien est un genre auquel Schopenhauer s'est adonné volontiers au cours de l'année 1858, deux ans avant sa mort, avec des personnes de tous horizons (enseignant, journaliste, politique, disciple...), alors qu'il est célébré dans toute l'Europe. Ainsi accède-t-on à la véritable personnalité du philosophe, à certains aspects de son caractère, insolites et étranges parfois.
    Sa misogynie, son pessimisme, son mépris de la science et de l'histoire se donnent libre cours dans des conversations à bâtons rompus et sans filtre. Elles permettent de découvrir un Schopenhauer enjoué et volontiers sarcastique que le sombre auteur du
    Monde comme volonté et comme représentation ne laissait pas pressentir.

  • La correspondance troublante et singulière de Baudelaire à sa mère." Je n'ai que ma plume et ma mère ", écrit Baudelaire à son tuteur le 5 mars 1852. Les rapports de Baudelaire à sa condition d'homme et de créateur sont étroitement liés à ceux, étranges et passionnels, qu'il entretint toute sa vie avec sa mère.
    Cette relation étroite est également due à sa condition financière : accumulant les dettes, toujours en manque d'argent, il se plaint en permanence à sa mère. D'ailleurs, il ne parle pour ainsi dire jamais de poésie ou d'art avec elle. Tout y est affaire de choses matérielles et de soucis intimes. Ce qui donne à ces lettres attachantes la vision d'un Baudelaire se débattant avec les problèmes du quotidien.
    Mais par-delà cette apparente trivialité, les formules assassines sur l'humanité et " l'ennui " qui toujours assaille le poète, se révèle aussi une relation terrible et ambigüe, voire sado-masochiste. On voit un génie implorer sa mère de le reconnaître et de l'aimer, alors qu'elle est persuadée qu'il gâche son existence. Cette obsession de gagner l'amour de cette femme adorée et haïe à la fois rend cette correspondance troublante singulière.

  • Mozart ou le silence : une folie d'allégresse

    Clément Rosset

    • Le passeur
    • 9 Septembre 2021

    Ce livre est un bijou d'intelligence et de subtile écoute de Mozart. Une invitation à sortir des sentiers battus et à laisser de côté les poncifs officiels pour, enfin, entrer dans la célébration du silence, jamais égalée, à laquelle nous convie l'oeuvre du compositeur.Dès la publication en 1960 de son premier livre, La philosophie tragique, Clément Rosset ne cessa plus d'écrire. Non seulement des livres de philosophie, mais aussi des récits, des pièces de théâtre, des essais sur ses artistes de prédilection. Parmi ces derniers, Mozart et le silence, devant être suivi de Note sur Jacques Offenbach, écrits en 1967 et 1970 respectivement, d'après la bibliographie que Clément Rosset établit lui-même vers 1970, préservée à la Bibliothèque Nationale.
    Partant essentiellement de l'opéra chez Mozart -; son genre préféré, crucial à sa compréhension -;, Clément Rosset démontre, à rebours des thèses musicologiques en vigueur, l'indifférence du génie autrichien à l'égard de la psychologie de ses livrets.
    À contre-sens des clichés en vigueur qui accordent un sens ou une intention aux airs sublimes de Don Giovanni, de Cosi fan Tutte ou des Noces de Figaro, l'auteur oppose une musique pure, finalement proche du silence et débarrassée de tout prétexte ou de toute arrière-pensée.
    À son retour du Canada, où l'essai sur Mozart fut rédigé, Rosset le propose à un éditeur qui le refuse, ainsi que d'autres manuscrits. Le texte reste alors inédit pendant une vingtaine d'années.
    Dans une série d'entretiens biographiques, Rosset raconte à ce sujet qu'au moment où il s'apprêtait à les mettre à la poubelle, il offrit quelques-uns de ces manuscrits à son ami Didier Raymond, estimant que ce dernier parviendrait probablement, de par son " entregent ", à les faire publier -; ce qui fut le cas du Mozart, qui voit le jour chez Mercure de France en 1990 sous le titre de : Mozart. Une folie de l'allégresse, signé donc Didier Raymond. Discrète et ironique vengeance : c'était l'éditeur qui avait refusé le texte quelque temps auparavant.
    Ce même livre fut réédité chez Le Passeur en 2013 sous le titre Le cas Mozart. Il est aujourd'hui présenté au public sous son titre original, rendant justice à son auteur à titre posthume.

  • Un monde plus large

    Henry David Thoreau

    • Le passeur
    • 15 Avril 2021

    La totalité des essais écrits durant toute sa vie par Henry David Thoreau, publié en français pour la première fois.Le présent volume regroupe la totalité des essais écrits durant toute sa vie par Henry David Thoreau (1817-1862), l'auteur de
    Walden et de
    La Désobéissance civile.
    Au total, près de quarante textes, dont dix sont traduits et présentés pour la première en français. Du premier rédigé à vingt ans jusqu'au dernier, révisé sur son lit de mort, toutes les thématiques chères à Thoreau s'y retrouvent. Leur ordonnancement chronologique permet de suivre le fil de sa pensée, son évolution, ses bifurcations, et ses engagements. À côté de ses essais célébrant différents aspects de cette Nature qu'il n'a cessé d'arpenter, on trouve des textes qui sont de véritables bréviaires de sa philosophie vécue sans concession, et des brûlots politiques qui, bien qu'inscrits dans un contexte historique particulier, n'en continuent pas moins de résonner jusqu'à nous. Car c'est le propre de Thoreau de transcender ce qu'il vit à un instant pour lui donner une dimension plus ample qui trouve des échos avec nos propres interrogations. Ce que dénonce ou célèbre Thoreau nous parle plus que jamais : le temps pour soi, la simplicité volontaire, l'attention à la nature, l'hégémonie de la valeur travail, la soumission à l'argent, la désobéissance civile, le recours à la violence pour une cause que l'on croit juste...
    À côté des deux seuls livres qu'il a publiés de son vivant et de son immense journal, ces essais constituent l'autre chef-d'oeuvre de Henry David Thoreau, son indispensable complément, son précieux prolongement, qui fait de son auteur notre contemporain.

  • Du piano aux étoiles

    Jean-Pierre Luminet

    • Le passeur
    • 7 Octobre 2021

    Jean-Pierre Luminet, célèbre astrophysicien, est un mélomane invétéré depuis toujours et également pianiste. Il retrace son parcours étonnant dans lequel son exploration musicale lui a permis de côtoyer de prestigieuses figures (Gérard Grisey, Hèctor Parra ou encore Henri Dutilleux).Depuis son enfance Jean-Pierre Luminet cultive avec passion des activités de musicien, de mélomane et de pianiste, qu'au fil des ans il a progressivement mêlées à ses activités d'astrophysicien de réputation mondiale, à la recherche de l'harmonie secrète de l'univers.
    Il retrace ici son étonnant parcours qui l'a conduit à rencontrer de nombreuses figures de la musique contemporaine dont il retrace les portraits. On y croise de prestigieuses figures comme Gérard Grisey et Hèctor Parra, avec lequel il a développé de fructueuses collaborations, Henri Dutilleux, André Boucourechliev ou encore Régis Campo, mais aussi d'attachants créateurs moins connus comme Arthur Petronio, Tristan Clais, Thérèse Brenet, Karol Beffa et quelques autres. L'auteur nous parle aussi de ses compositeurs classiques favoris, de son intérêt pour le jazz, de ses concerts les plus mémorables, et réserve un chapitre spécial à Franz Liszt, qui l'accompagne depuis toujours.

  • Un manuel de pratique citoyenne à l'usage de tous pour des temps obscurs. En appelant au retour de la raison bien ordonnée, les auteurs proposent de réfléchir aux thèmes majeurs de notre société.Le
    Guide des perplexes et des égarés propose de renouer avec la raison en débusquant les paradoxes qui se dissimulent dans les questions épineuses de la société telles que la communication, l'islamisme, le complotisme, la religion dans la cité, l'abstentionnisme, la Justice, l'élite, les discriminations, le patriarcat, le sanitaire, l'écologie, la démocratie et l'humanisme en ce siècle, et qui les rendent finalement indécidables.
    Les sonneurs de tocsin sont aujourd'hui légion. Ils dénoncent les périls et convoquent les affects, nous sommant de nous indigner à tout propos, ils ne s'adressent qu'aux émotions et non à l'intelligence. L'
    homo sapiens, qui était surtout
    rationalis, est en effet devenu l'
    homo emoticus. Ainsi les problématiques d'aujourd'hui sont désormais des cactus qu'il ne sait plus trop comment saisir sans qu'elles deviennent des choses qui fâchent.
    Le
    Guide des perplexes et des égarés aspire à remettre de l'ordre dans les esprits bringuebalés par des informations multiples et de tous types.
    Ce vadémécum est indispensable en un moment où les choix d'avenir qui se présentent aux citoyens français sont cruciaux et nécessitent - pour agir en toute rationalité - d'avoir des idées claires, de décrypter les discours et de faire le tri des promesses et des perspectives raisonnables et accessibles.
    Un glossaire final permet avec humour de revenir à l'essentiel.

  • Réunies pour la première fois sous cette forme, les lettres entre Bouilhet et Flaubert dévoilent une relation artistique et amicale singulière entre ces deux hommes de lettres devenus comme des frères.Louis Bouilhet fut le complice, le frère élu de Flaubert, celui avec lequel il pouvait partager ce goût de la farce tonitruante, dans la plus pure tradition rabelaisienne. Il fut aussi son éminence grise, ce compagnon d'écriture qui entretint Flaubert dans une exigence littéraire soutenue, et c'est lui qui lui souffla l'idée de Madame Bovary. Leur correspondance croisée, publiée ici pour la première fois, se fait l'écho de cette connivence à la fois potache et hautement littéraire. Drôles, féroces, tonitruantes, brillantes, ces lettres portent la marque d'une de ces rares amitiés littéraires qui en font les héritiers de La Boétie et Montaigne, dans un registre plus facétieux, Bouilhet étant le témoin privilégié du gueuloir du Croisset. Elles permettent aussi de redécouvrir également l'oeuvre du " pauvre Bouilhet ", auquel Flaubert resta fidèle même après sa disparition prématurée. C'est indéniablement l'une des correspondances de Flaubert parmi les plus vivantes, les plus complices et les plus entraînantes.

  • Entre la Russie et la France, deux géants de la littérature échangent actualités de la vie littéraire, tourments d'écriture, mais surtout nouent une chaleureuse amitié.Il lui reste dix-sept ans à vivre lorsque Flaubert rencontre le plus français des écrivains russes, Ivan Tourgueniev. Leur première lettre date de 1863, et cette correspondance exceptionnelle durera jusqu'aux derniers jours de Flaubert.
    Exceptionnelle, en effet, parce que c'est un document irremplaçable sur le laboratoire intérieur de chacun des deux auteurs : ils livrent leurs doutes, leurs difficultés, les affres qu'ils traversent. Sans filtre ni prévention, car chacun sait que l'autre est un frère d'encre et de plume.
    C'est aussi un irremplaçable miroir de la vie intellectuelle, culturelle et politique : on voit défiler, peints et croqués avec une force de trait stupéfiante, les grands personnages de l'époque.
    Enfin, c'est le livre d'une amitié : les deux géants des Lettres correspondent, au sens le plus plein du terme. Ils échangent, se confient, s'épaulent et se critiquent. Ils nouent ensemble le plus subtil et plus exigeant des signes de ponctuation : le trait d'union.

  • En 200 questions, ce guide objectif et complet expose avec clarté les origines, l'histoire, les textes, les croyances et les pratiques religieuses des trois monothéismes. Il en montre les similitudes et les divergences, sans éviter les sujets tabous.Pourquoi un juif se couvre-t-il dans une synagogue alors qu'un chrétien se découvre dans une église ? Pourquoi juifs et musulmans ont-ils interdiction de consommer du porc ? Sur quels principes reposent la circoncision et le baptême ? Quelles différences entre Halakha, droit canon et charia ? La kabbale est-elle une secte ? Où se trouve l'arche de Noé ? La charité serait-elle l'apanage du christianisme ? Homme et femme ont-ils une âme ? Le plaisir sexuel est-il sacré ?
    En répondant de façon objective et neutre à près de 200 questions essentielles, Isabelle Lévy explique avec clarté les origines, l'histoire, les dogmes, les croyances, les rites, les pratiques des trois religions monothéistes, et en expose avec clarté les convergences et les divergences. Elle aborde également de nombreux thèmes en résonance avec l'actualité, tels l'euthanasie, l'interruption de grossesse ou le don d'organes.
    Remontant aux sources des traditions religieuses et s'appuyant sur de nombreux entretiens avec des spécialistes des trois religions, elle démontre que juifs, chrétiens et musulmans partagent aussi des valeurs communes.

  • Il faut que je vous apprenne jusqu'à mes songes ; correspondance

    Jean de La Fontaine

    • Le passeur
    • 7 Janvier 2021

    Pour la première fois réunies dans un recueil, les lettres de La Fontaine nous permettent de découvrir une autre facette du célèbre auteur des Fables. Cette correspondance oubliée constitue un véritable trésor où le style virtuose de La Fontaine fait des merveilles.Depuis quatre cents ans, les Fables de La Fontaine émerveillent. D'éminents spécialistes les analysent en tout sens. Mais qui était vraiment La Fontaine ? Nous ne connaissons pas toutes les facettes du génie champenois. Il manque un éclairage plus personnel, des traits intimes précieusement révélés.
    Les quelques lettres qui nous restent de lui, moins d'une cinquantaine, sont éclairantes. Elles fourmillent de détails cocasses que l'on découvre dans celles adressées à son épouse lorsqu'il partit en aventure jusqu'à... Limoges, ou encore à son ami Maucroix au seuil de sa vie, à son mécène Fouquet si cruellement frappé par Louis XIV, au prince de Conti, au duc de Vendôme ou à son oncle Jannart.
    La Fontaine ne dissimulait rien, ni ses peurs, ni ses doutes, ni sa paresse savamment entretenue, ni ses amours plus platoniques que réelles.
    Ces lettres, si peu connues, sont un chemin que nous faisons à côté de lui : il nous parle à coeur ouvert, à travers ses amis, avec la même grâce, la même virtuosité de style qu'il développe dans ses extraordinaires fables.

  • Et pourquoi moi je dois parler comme toi ?

    Anouk Grinberg

    • Le passeur
    • 15 Octobre 2020

    Anouk Grinberg propose une constellation de textes d'art brut, des bijoux d'inventivité et de liberté.Anouk Grinberg compose un recueil de textes d'art brut. Les mots de ceux considérés comme fous ou idiots et malmenés par la société sont libres, emplis de joies pures, de rage, de couleurs, de désirs. L'enfance est partout, le réel n'est pas si réel, ils dialoguent avec les esprits et parlent couramment la langue du chaos. Il s'agit bien de littérature alors qu'aucun d'eux n'était cultivé, et ne prétendait faire de l'art.
    Presque tous ces auteurs ont écrit pour qu'on les libère, presque tous l'ont fait pour rien et pour personne, car leurs lettres n'ont pas été lues, pas transmises aux destinataires. Les familles avaient le dégout de leur fou, et les médecins rangeaient dans des tiroirs ces missives qui dérangeaient. Ils ont eu la pulsion d'écrire, comme on a la pulsion de la vie. Ils se fichaient d'écrire " comme il faut " ; ils obéissaient à d'autres lois, inventaient des langues pour se tenir au plus près d'eux-mêmes.
    Avec les écrits bruts, on est à la source de pourquoi l'écriture vient, pour faire monter la vie, pour s'ébrouer du malheur et en faire des feux de camps, pour faire vivre l'esprit.
    Ces êtres à fleur de peau parlent de nous, et parlent dans des langues qui méritent une vraie place dans la littérature, pas seulement celle des fous. Ils ont inspiré les surréalistes et bien d'autres encore dont quelques poèmes parsèment ce livre.

  • Inventer sa vie

    Jean-Louis Etienne

    • Le passeur
    • 22 Septembre 2016

    Dans un abécédaire intime, Jean-Louis Étienne, célèbre pour ses expéditions en Arctique et en Antarctique, se livre comme il ne l'avait jamais fait, avec sincérité, profondeur et humour.
    Médecin, homme de terrain, conférencier, écrivain, passeur entre les différents champs d'investigation scientifiques, Jean-Louis Étienne est un explorateur singulier, un infatigable éveilleur de consciences au défi écologique que pose à l'humanité le réchauffement climatique.
    Dans cet abécédaire, à partir des " mots de sa vie ", Jean-Louis Étienne se raconte comme il ne l'avait jamais fait. L'enfance, la timidité et la dyslexie, l'appel irrésistible de la vie au grand dehors, les personnes qui l'inspirent, mais aussi les voitures, les souvenirs, les oiseaux, les enfants, les émotions, l'amitié, l'amour - et de nombreuses histoires inattendues. Sous diverses formes, il nous dévoile les grandes lignes de force de son existence, d'une persévérance et d'une humanité exceptionnelles. Ce veilleur écologique élabore ici une sagesse en route, celle du voyageur qui avance dans un pays où il n'existe pas de chemins tracés. Il cherche la voie, il trouve un passage, en marche vers son " pôle intérieur ".
    Avec beaucoup de modestie et de simplicité, Jean-Louis Étienne nous rappelle notre capacité à la liberté et à l'action. Une sagesse acquise pour soi mais exercée loyalement sur cette terre et envers les hommes.

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