Langue française

  • Je traverse cette rue oui ou non? Est-ce que je suis absolument convaincu d'aimer la raclette? Est-ce que je pourrais me battre pour défendre le système de santé à Cuba? Albert est un indécis. Il hésite aussi bien devant un menu au restaurant que dans ses choix politiques. Il réfléchit avant, et après. Que va-t-il se passer si cette femme prononce devant moi le mot «bouche»? Pourquoi lui ai-je dit que j'étais pressé? Entre deux tours d'élections municipales, il rencontre trois jeunes femmes déterminées qui, tour à tour, vont le provoquer et l'aider à traverser la rue, à s'approcher un peu plus de lui-même.

  • Un groupe de Juifs riches et pauvres s'embarquent en 1942 à Marseille pour l'Amérique. Ce départ est pour la plupart un départ vers l'inconnu. Ils font escale à Casablanca dans un camp de réfugiés. Puis un second bateau les prend qui les emmène à New York. Séparés pendant la durée de la traversée, non seulement de la France, mais du monde, et réduits à eux-mêmes, privés du secours de leurs habitudes et de leurs attaches sociales, ils tenteront néanmoins de reconstituer très exactement, avec toutes ses erreurs et ses insuffisances, la société qui les a rejetés. Le livre de Claudine Hermann est fait des portraits et des actions des émigrants : la baronne Gunsberg, snob et égoïste, la sympathique famille Wormser, le peintre Koch qui meurt en arrivant à New York, le docteur Gles, psychiatre, et quelques jeunes gens. Tous ces personnages sont peints à petites touches, avec beaucoup de vérité et de finesse. L'art de Claudine Hermann fait que chacun, en raison des circonstances difficiles où il est plongé, en raison aussi des promiscuités, finit par révéler, bon gré mal gré, sa réalité profonde. En même temps qu'un roman très vivement et très intelligemment mené, Claudine Hermann a donné, avec l'Étoile de David, l'image de la sensibilité d'une certaine époque.

  • Le monde est fou. La seule sagesse est de chasser le plaisir dans les forêts de l'absurde, en attendant que la terre nous manque sous les pieds, pense Marc Lascaut. Seulement, on ne perd pas sur ordre le goût des grands sentiments périmés. Les hommes ont autant besoin d'aimer, de croire et d'agir que de respirer. D'où cette révolte sans cause qui pousse à être, par défi, encore plus fou que le monde. Mais une brume noie les bords du Rhin, en même temps que l'égoïsme sarcastique de Marc. Il rencontre Isolde, qui semblait l'attendre, et l'amour frappe comme la foudre. Il essaye de fuir, de se débattre contre cet amour absolu qui l'obligerait à accepter l'espoir, les responsabilités, le don de soi. Et chacun de ses efforts l'enfonce plus avant dans cette vieille évidence qu'il faut, pour sauver sa vie, accepter de la perdre. Comme les deux premiers romans de Gabriel Veraldi, Le Chasseur captif se passe sur deux plans étroitement mêlés ; celui des rapports entre l'homme et les mystères de son destin ; celui de l'aventure, de la satire et de la comédie quotidienne. Dans un style qui passe en jouant de l'humour glacé à la mélancolie, de la raillerie de soi-même à la passion, il raconte comment un grand amour bouscule toutes les prudences avec un aveuglement de force naturelle.

  • En cette année 1946, s'ouvre, dans la ville détruite de Nuremberg, le procès des principaux criminels nazis. Rachel, une jeune interprète juive, a peur de ce à quoi elle va être confrontée : les mots, les visages, les témoignages, qui rouvriront les blessures encore récentes...

  • La veille de sa communion, ou plutôt sa bar-mitsva, le jeune Simon, 13 ans, à Paris, appartenant à une famille de Tlemcen installée en France bien avant l'indépendance de l'Algérie, va s'interroger sur le fait d'être, ou ne pas être, juif.

  • Deux histoires, une seule voix, à deux siècles de distance. La première est celle d'un garçon de dix-sept ans qui met ses Reebok pour aller courir, avale des gâteaux au chocolat pour éviter de réviser sa physique, pense à Florence qui lui envoie des lettres, a des problèmes sérieux avec son budget, sa mobylette, le cinéma, les ruses à utiliser pour échapper à ses parents. Bref, une vie ordinaire. Seulement, voilà, les apparences peuvent être trompeuses... La seconde histoire raconte les aventures de François de Maisonneuve qui part aux Amériques. Il y a un trésor dans l'air, des cartes en os de baleine, des cabarets enfumés, de sales bonshommes et la révolution américaine qui approche.

  • Un estaminet flamand tenu par la grosse Madame Janssens et sa fille Thérèse, le brave Michel Wattier qui y dort si bien mais perd ses pantoufles parisiennes sans arrêt et, au loin, les routes et les canaux du pays de Bruges... Et aussi Julma qui rie sans cesse en parlant du temps, et Laurence, toujours pas plus bavarde que dix ans auparavant...

  • Illustrée par Philippe Lorin, Gaston Bonheur nous livre ici une histoire pour enfants à partir de 9 ans : les aventures de Mario, Lina, et Monsieur Borelli les conduiront à découvrir une barque au nom de La Pompadour, un étrange moulin à vent, ou à parcourir les jardins de la reine...

  • On me demande de résumer en dix lignes un livre de deux cents pages et de dire quelles étaient mes intentions en l'écrivant : aucune intention mauvaise, bien sûr ! Mais, résumer en dix lignes le livre de ma vie ? Impossible ! Car c'est de ma vie qu'il s'agit ici, une vie de chien, comme on va voir. Comment j'ai eu l'idée d'écrire ? Ça, c'est plus simple à raconter. Un jour, j'ai lu dans le journal (mais pourquoi cet air étonné ? est-ce qu'un chien n'a pas le droit de lire le journal ?), j'ai lu dans le journal, dis-je, que le célèbre acteur Jean Marais avait accordé une interview à une journaliste suisse. Cette dame l'avait beaucoup admiré dans un film où le chien de l'acteur tenait un rôle aux côtés de son maître. - Aimez-vous les chiens ? demanda cette personne. - J'aime un chien, lui répondit l'acteur. Réponse sublime ! Sympathique jeune homme ! Nul mieux que moi ne pouvait le comprendre : je n'aime pas l'espèce humaine, j'aime une personne. Je décidai aussitôt d'écrire mes mémoires et de raconter l'histoire de la tendre affection que je porte à ma dame et qu'elle me rend bien, ai-je besoin de le dire ? Je prie mes lecteurs de me juger sur preuves et de me dire en toute sincérité s'ils ont jamais rencontré un chien plus doué que moi. Qu'on excuse mon enthousiasme ; c'est le tome I de mes Mémoires que je livre au public et je suis émerveillé de me voir sacré gentilhomme de lettres. Car je suis un gentilhomme, voyez plutôt...

  • On a rassemblé dans ce livre une vingtaine de contes extraits du « Trésor des Contes » d'Henri Pourrat. Tous, ils se passent au temps de Noël, ou se rattachent aux thèmes de cette saison. Une note succincte sur l'auteur est placée à la fin de l'ouvrage.

  • Cette chronique désenchantée relate l'expérience absurde et dérisoire de certains intellectuels de notre temps. Un jeune militant de gauche, qui a soutenu le F.N.L., poursuit ses études de lettres dans une petite ville du Midi. Rapidement déçu par la médiocrité ambiante, par son métier, il va tenter l'aventure à la Guadeloupe, au Cambodge : il s'imagine que l'existence pourrait enfin devenir intéressante à la faveur du dépaysement et de l'exotisme. Mais la réalité se dérobe toujours. La vie finira-t-elle par commencer ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Michel Déon, élu à l'Académie française où il succède à Jean Rostand, y est venu prendre séance le 22 février 1979 et a prononcé son discours de réception. Il a retracé la carrière à la fois scientifique, philosophique et littéraire de son prédécesseur. Félicien Marceau a répondu au romancier des Poneys sauvages.

  • Dominique Brunet est une belle et ardente jeune femme. Par son intelligence, son autorité, son habileté aux affaires, elle a fait du petit journal « La Presse », dont elle est secrétaire générale, un quotidien régional à fort tirage. Aussi considère-t-elle ce journal comme sa chose. Elle y règne en maîtresse ; rien ne se fait sans son accord ; les typos et les rotativistes l'aiment, les rédacteurs la craignent, le conseil d'administration la respecte. Mais le destin des créateurs est souvent d'être dépassés par leur création. « La Presse » est devenue un journal trop important pour se passer de rédacteur en chef. On donne ce poste à un M. Romain, venu tout exprès de Paris. L'antagonisme entre Romain et Dominique éclate. Il se marquera par une série de drames. Dominique est une femme forte, mais ses désirs, ses passions, ses fureurs la dominent. Romain lui oppose une douceur inflexible. Lequel d'entre eux triomphera ? Réussira-t-il à lui enlever, en même temps que le journal, l'être qu'elle aime ? Mais on n'abat pas ainsi les vrais créateurs, car leur création n'est jamais finie.

  • Que l'on y parvienne par le chemin des Ruches, par les Trois-Vieilles-Bornes, ou par celui de la Mandragore, on trouve, au Royaume de Mirlitontaine, des collines, des toits pressés, des ruelles aux lanternes et une rivière en ceinture de laque verte, des mystères et des aventures que vous narrent ces jolis contes...

  • Ce recueil forme suite à "Éveils", un précédent ouvrage de Jean Schlumberger : feuilles d'agenda éparses, impressions vécues, commentaires qu'il eut l'envie de jeter sur papier... Moments vivants, conversations, portraits font ainsi ressurgir des voix du passé qui nous deviennent étrangement présentes.

  • Le nommé Paul-Pierre Songe a une curieuse expérience de la métempsychose. Son âme se souvient d'avoir été celle du maréchal Bazaine. Bazaine est évidemment beaucoup plus consistant que Paul-Pierre Songe, employé dans une fabrique de nouilles. Aussi l'envahit-il constamment en se substituant à lui. Cela mène Songe à tuer un homme en duel ; au cours d'une. manifestation fasciste, il fait acclamer Bazaine qui garda son armée pour écraser la Commune. Tel est le début d'une longue suite d'aventures, que Robert Soulat raconte avec beaucoup d'éclat, de mouvement et de poésie. La « période Bazaine » de la vie de Songe se terminera par un amour touchant et tragique. Songe, à son terme, se trouvera débarrassé de l'âme encombrante du sinistre héros de Sedan. Bazaine parti, c'est une autre âme, non moins historique, que Songe sent s'agiter en lui : celle de Paul de Gondi, cardinal de Retz. Celte personnalité inattendue fera de lui un conspirateur de haut vol et, pendant 24 heures, une sorte de maître occulte de la France. Arrêté, condamné à mort, puis gracié et envoyé dans un asile de fous, Paul-Pierre Songe n'a pas grand mal à s'évader. Mais ses réincarnations, alors, se multiplient : à travers lui, les personnages les plus divers « se souviennent » de leur vie ancienne. Une femme qu'il aime trouvera le moyen de l'emmener dans une obscurité propice à l'oubli. Un nommé Songe est un roman picaresque, une épopée burlesque, où le sérieux et le bouffon se mêlent, où l'invention n'est jamais à court, où, enfin, les idées abondent. Paul-Pierre Songe, à la fois très fou et très sage, avec ses âmes « ondoyantes et diverses », sa difficulté d'être, se présente, de temps à autres, comme le Don Quichotte de notre époque.

  • Le présent ouvrage nous propose de découvrir le discours de réception à l'Académie française de Jean Delay, le jeudi 21 janvier 1960 ; ce discours est suivi de la réponse qui lui fut faite par Monsieur Pasteur Vallery-Radot.

  • Un jeune homme hérite d'une immense fortune. Il la cache et veut imaginer ce qu'on peut faire avec de l'argent. Cela peut-il l'aider à se faire aimer de son amie, Ida, désinvolte, libre, qui raconte avec qui elle couche et comment ? Yves admire Ida, son aisance, et voudrait lui plaire pour de bon. Il l'invite en vacances à Sanary. Mais Ida est insaisissable, provocante, et lorsqu'elle lui demande à son tour de la rejoindre, il sent qu'il va refuser. Yves a-t-il vraiment fait un héritage ? Tout cela n'est-il pas un rêve d'angoisse et d'été, et aussi d'érotisme ? De qui se moque Ida ? D'elle-même, de ses amants, de l'argent, du monde fragile et consommateur où nous vivons ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Faisant retraite au Mont Athos, Angelo, vieux et fatigué, revoit sa vie. Il pense à ses parents, à sa vocation de médecin, à son irrésistible penchant pour les garçons qu'il a parfois combattus et auxquels il s'est parfois abandonné avec bonheur. Une langue dense, riche en images frappantes, communique au lecteur la passion contenue dans ce récit qui, bien plus qu'une confession, est la recherche pathétique de la vérité de toute vie.

  • Drôle de rencontre entre deux mondes : que peuvent avoir en commun les pensionnaires d'une maison de retraite et deux jeunes de banlieue? Et pourtant... Ce jour-là, après un «casse» minable et raté, Julien et Manu, poursuivis par les gendarmes, ont cru malin de venir se planquer dans la maison des vieux, au risque d'en terroriser les occupants. Pas pour longtemps. Mais ces vieux et ces vieilles qui vivaient à l'écart, les voilà qui débarquent en ville, histoire d'en apprendre davantage sur ces deux gamins. Pas si simple de s'y retrouver dans ce monde qu'ils ont quitté, pour certains, depuis longtemps! De café en squatt, de juge en éducateurs, ils essaient de comprendre, ils posent des questions souvent gênantes, ils se révoltent contre leurs propres règles de vie, contre les habitudes qu'on leur a imposées. Quand ils apprennent que les deux garçons ont été jetés en prison, à seize ans, ils vont remuer ciel et terre pour les aider... On dit des vieux qu'ils ne peuvent plus faire grand-chose, mais qu'ils possèdent la sagesse. Ceux-là vont découvrir que l'expérience ne les a pas rendus plus sages. Avec jubilation, ils vont croire à nouveau que tout leur est permis.

  • L'Ogre capitaine est inspiré d'un fait divers publié par le Times en 1982. C'est l'histoire de Pham, un enfant des bords de la mer de Chine, confronté à la tourmente continue qui secoue l'Asie du Sud-Est depuis plus de trente ans. Voici d'abord Pham sur une jonque, il fuit parce que sa mère est morte, qu'il ne sait pas où est son père et qu'il n'y a pas un seul enfant de son quartier qui lui donnerait du riz s'il avait faim. Sur le bateau, il rencontre une femme extraordinaire : Mémé Kong... Un récit inoubliable, bouleversant, aux antipodes des documentaires didactiques sur la faim et la misère. Elisabeth D. invente des personnages à la fois précis et symboliques, et combine à la fois le conte, et le récit moderne.

  • Pierre-André s'ennuie à Maussane, la vaste propriété de son père. Celui-ci court le monde pour négocier les contestables produits pharmaceutiques de sa fabrication mais surtout pour tricher au jeu et prendre du bon temps. Le jeune garçon, ébloui par les récits de ce géant séducteur, roublard et généreux, rêve de l'accompagner. Il arrive que les rêves se réalisent : celui-là va durer dix ans. Escortés d'Antonin, leur ombrageux factotum, le père et le fils vont vivre ensemble mille aventures picaresques. Ils connaîtront la vie luxueuse des grands hôtels, des désastres financiers, des déménagements à la cloche de bois, des nuits d'amour, des jours de chance et d'autres de désespoir...

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