Fayard

  • Idiss

    Robert Badinter

    J'ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss.
    Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des
    immigrés juifs de l'Empire russe venus à Paris avant 1914.
    Il est simplement le récit d'une destinée singulière à laquelle jai
    souvent rêvé.
    Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage
    d'amour de son petit-fils.

  • Devenir

    Michelle Obama

    "Il y a encore tant de choses que j'ignore au sujet de l'Amérique, de la vie, et de ce que l'avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m'a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m'ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l'histoire de notre pays. Même quand elle est loin d'être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l'auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. À vous de vous en emparer."
    Michelle Obama

  • «  Il a suffi d'un virus lointain pour que le cours du monde et de nos vies soit bouleversé. `'Vivre, ce n'est pas attendre que l'orage passe, c'est apprendre à danser sous la pluie'', disaient les Anciens. Je suis convaincu que plus rien ne sera comme avant et qu'il nous faut apprendre à développer nos ressources intérieures pour vivre le mieux possible dans un monde imprévisible. Puisse ce livre écrit dans l'urgence du temps apporter lumière et réconfort à tous ceux qui le liront.  »
    F. L.
     
     
    Dans un langage accessible à tous, Frédéric Lenoir nous propose un petit manuel de résilience qui aide à vivre dans des temps difficiles. Il convoque les neurosciences et la psychologie des profondeurs, mais aussi les grands philosophes du passé - du Bouddha à Nietzsche, en passant par Epictète, Montaigne ou Spinoza - qui nous disent comment développer la joie et la sérénité malgré l'adversité. Et si nous pouvions ainsi faire de cette crise une opportunité pour changer notre regard et nos comportements  ? Pour devenir davantage nous-mêmes et mieux nous relier aux autres et au monde  ?
     
    Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue et écrivain. Il est l'auteur de nombreux essais et romans vendus à plus de 7 millions d'exemplaires dans le monde.

  • Banni de la communauté juive à 23 ans pour hérésie, Baruch Spinoza décide de consacrer sa vie à la philosophie. Son objectif  ? Découvrir  un bien véritable qui lui  «  procurerait pour l'éternité la jouissance d'une joie suprême et incessante.  » Au cours des vingt années qui lui restent à vivre, Spinoza édifie une oeuvre révolutionnaire. Comment cet homme a-t-il pu, en plein XVIIe siècle, être le précurseur des Lumières et de nos démocraties modernes  ? Le pionnier d'une lecture historique et critique de la Bible  ? Le fondateur de la psychologie des profondeurs  ? L'initiateur de la philologie, de la sociologie, et de l'éthologie  ? Et surtout, l'inventeur d'une philosophie fondée sur le désir et la joie, qui bouleverse notre conception de Dieu, de la morale et du bonheur  ?  
    A bien des égards, Spinoza est non seulement très en avance sur son temps, mais aussi sur le nôtre.  C'est ce que j'appelle le «  miracle  » Spinoza.
    F.  L.

  • «  Nous ne traversons pas un moment de crise anodin, nous vivons un moment décisif pour l'avenir de l'humanité. Comment s'extraire d'une dynamique qui nous échappe et d'un système qui nous conduit dans une impasse ? Nous avons chacun éprouvé combien les résistances au changement - en nous, comme dans le monde politique et économique - sont grandes. Nous avons vu la beauté de notre planète, la richesse de l'humanité, et nous avons souffert de les voir saccagées.
    Pourtant, comme tant d'autres, nous refusons de nous résigner.
    Un autre monde est à notre portée. Un monde fondé sur l'humilité, la sobriété et le partage. Un monde où les joies profondes seraient plus désirées que les plaisirs éphémères. Un monde plus équitable, plus fraternel, davantage relié à la Terre. Ce monde n'est pas une utopie. Nous pouvons tous contribuer à le faire advenir.
    Mais cela ne sera possible que par une révolution des consciences.
    C'est à cette conversion de notre esprit et de nos modes de vie qu'aimerait contribuer modestement ce livre, fruit du partage de nos réflexions et de nos expériences.  »
     
    Nicolas Hulot et Frédéric Lenoir
     
    Nicolas Hulot a passé une partie de sa vie à voyager dans les zones les plus reculées du monde au fil de son émission télévisée Ushuaïa. Engagé depuis trente ans dans la protection de l'environnement, il fut ministre d'Etat de la Transition écologique et solidaire de mai 2017  à août 2018. Auteur de nombreux ouvrages, il a créé la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme.
     
     
    Frédéric Lenoir est philosophe et sociologue, auteur de nombreux essais et romans traduits dans une vingtaine de langues. Il est notamment l'auteur des best-sellers  : Du Bonheur, un voyage philosophique  ; La Puissance de la joie, ou Le Miracle Spinoza, aux éditions Fayard. Il est cofondateur de la fondation SEVE (Savoir Etre et Vivre Ensemble) qui propose des ateliers de philosophie avec les enfants.

  • « Nous savons que l'Humanité fait face au plus grand défi de son histoire. Nous savons que les écosystèmes dont
    nous dépendons menacent de s'écrouler. Nous savons qu'il y a urgence. Le doute n'est plus d'actualité.
     
    Chaque jour, au coin de la rue ou à l'autre bout de la planète, un nouveau front s'ouvre. Partout, des femmes et
    des hommes ont décidé de se lever pour sauver ce qui peut encore l'être, ou pour poser les bases d'un nouveau monde. Qu'ils soient scientifiques, activistes, militaires, ou lanceurs d'alerte, ils mettent toutes leurs forces dans la bataille.
     
    Leur victoire sera la nôtre, leur défaite aussi. Allons renforcer leurs rangs. Unissons-nous pour faire basculer la balance du bon côté. Ensemble, nous pouvons remporter cette nouvelle guerre mondiale. »
     
    Auprès de celles et ceux qui s'engagent sur le front de l'environnement, Hugo Clément dessine une carte stratégique des actions à mener. La Terre restera-t-elle une planète habitable pour notre espèce ? Tel est l'enjeu de notre dernier combat.
     
    Hugo Clément est journaliste, engagé dans la défense de l'environnement. Il produit et anime la série documentaire Sur le Front
    (France Télévisions), et a publié Comment j'ai arrêté de manger les animaux (Seuil, 2019).

  • Pourquoi le 18 juin 1901 Picasso est-il « signalé comme anarchiste » à la Préfecture de police, quinze jours avant sa première exposition parisienne ? Pourquoi le 1er décembre 1914 près de sept cents peintures, dessins et autres oeuvres de sa période cubiste sont-ils séquestrés par le gouvernement français pour une période qui dure près de dix ans ? D'où vient l'absence presque totale de ses tableaux dans les collections publiques du pays jusqu'en 1947 ? Comment expliquer, enfin, que Picasso ne soit jamais devenu citoyen français ? Si l'oeuvre de l'artiste a suscité expositions, ouvrages et commentaires en progression exponentielle à la hauteur de son immense talent, la situation de Picasso « étranger » en France a paradoxalement été négligée. C'est cet angle inédit qui constitue l'objet de ce livre.
     
    Pour l'éclairer, il faut exhumer des strates de documents ensevelis, retrouver des fonds d'archives inexploités, en rouvrir, un à un, tous les cartons, déplier chacune des enveloppes, déchiffrer les différentes écritures manuscrites. Alors tout s'organise autrement et le statut de l'artiste se révèle beaucoup plus complexe qu'on ne l'imaginait.
     
    Un étranger nommé Picasso nous entraîne dans une enquête stupéfiante sur les pas de l'artiste surdoué, naviguant en grand stratège dans une France travaillée par ses propres tensions. On le voit imposer au monde son oeuvre magistrale, construire ses propres réseaux et devenir un puissant vecteur de modernisation du pays. Un modèle à contempler et peut-être à suivre.

  • La France de face Nouv.

    La France de face

    Anne Nivat

    Depuis son livre-enquête Dans quelle France on vit, Anne Nivat a continué de parcourir la France, rencontrer et écouter des centaines de personnes issues de générations, de parcours et de milieux différents. Des gens simples et remarquables.
     
    A Denain, Givors, Alès, dans la vallée du Diois, à Saint-Maixent-l'Ecole, Fégréac, Andernos-les-Bains ou Châlons-en-Champagne, elle a observé  La France de face. Ni de haut, ni d'en bas.
     
    Elle a vécu des scènes intimes, surprenantes, drôles, inquiétantes, obtenu des témoignages inattendus, émouvants, parfois dérangeants. Tous illustrent l'état de notre pays traversé par la défiance et les colères, mais aussi parcouru d'élans d'humanité.
     
    Au gré des pages se dessine une France à mille lieues de celle que nous croyons connaître, où  les préoccupations quotidiennes des Français sont très éloignées des sujets de la vie politique nationale.
     
    Dans ce « road-movie » palpitant et empathique, Anne Nivat nous invite à plonger en nous-mêmes, sans hystérie, préjugé ou concession. Elle rappelle à quel point la démocratie se mérite. L'observer, y compris quand elle semble dysfonctionner, c'est aussi la choyer. 
     
     
    Anne Nivat est reporter de guerre indépendante. Après avoir couvert seule, des années durant, la Tchétchénie, l'Afghanistan, l'Irak et la Syrie, depuis une décennie elle porte son regard sur son propre pays. Elle est l'auteur de quatorze livres, dont Chienne de guerre, prix Albert-Londres 2000 (Fayard), Dans quelle France on vit (Fayard), Un continent derrière Poutine ? (Le Seuil), et de deux romans graphiques dont Dans la gueule du loup (Marabulles, 2021). 

  • Quelle France dans 10, 20, 50 ans ? Qu'est-ce que chacun de nous peut faire pour qu'elle soit, bien plus encore qu'aujourd'hui, un pays où ses habitants sont heureux, libres, paisibles, confiants, tolérants, pour que la France soit prospère, fière de son identité, ouverte au monde et donnant sa chance à chacun de ses habitants ?
    Pour y réfléchir, nous n'attendons pas grand-chose d'une campagne présidentielle qui s'annonce une fois de plus comme une confrontation de personnalités et non comme un débat sur des programmes et encore moins des projets. Surtout, il n'appartiendra pas seulement au prochain président de la République de mettre en oeuvre ces réformes, mais à chacun de nous.
    Aussi, nous, citoyens de bonne volonté, nourris de nos expériences les plus diverses, avons auditionné plus de 400 personnalités, parmi les plus qualifiées du pays, dans de très nombreux domaines. Nous en avons déduit 250 actions urgentes, parmi lesquelles 30 réformes majeures, en particulier dans le domaine de l'enfance, qui structure tous les autres.
    L'heure est à une mobilisation générale. Pour éviter le pire. Pour construire le meilleur. Ce livre vise à ouvrir ce débat, pour que réussisse la France.

  • Une terre promise

    Barack Obama

    Dans le premier volume de ses mémoires présidentiels, Barack Obama raconte l'histoire passionnante de son improbable odyssée, celle d'un jeune homme en quête d'identité devenu dirigeant du monde libre, retraçant de manière personnelle son éducation politique et les moments emblématiques du premier mandat de sa présidence - une période de transformations et de bouleversements profonds.
    Barack Obama nous invite à le suivre dans un incroyable voyage, de ses premiers pas sur la scène politique à sa victoire décisive aux primaires de l'Iowa, et jusqu'à la soirée historique du 4 novembre 2008, lorsqu'il fut élu 44e président des États-Unis, devenant ainsi le premier Afro-Américain à accéder à la fonction suprême.
    En revenant sur les grandes heures de sa présidence, il nous offre un point de vue unique sur l'exercice du pouvoir présidentiel, ainsi qu'un témoignage singulier sur les ressorts de la politique intérieure et de la diplomatie internationale. Il nous entraîne dans les coulisses de la Maison-Blanche, du Bureau ovale à la salle de crise, et aux quatre coins du monde, de Moscou à Pékin en passant par Le Caire. Il nous confie les réflexions qui l'ont occupé à certains moments cruciaux - la constitution de son gouvernement, la crise financière mondiale, le bras de fer avec Vladimir Poutine, la réforme du système de santé, les différends sur la stratégie militaire des États-Unis en Afghanistan, la réforme de Wall Street, le désastre provoqué par l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, et enfin l'opération commando qui a conduit à la mort d'Oussama Ben Laden.
    Une terre promise  est aussi un récit introspectif - l'histoire du pari qu'un homme a lancé à l'Histoire, d'un militant associatif dont la foi a été mise à l'épreuve sur la scène internationale. Barack Obama parle sans détour du défi colossal qu'il lui a fallu relever : être le premier candidat afro-américain à la présidence, incarner "l'espoir et le changement" aux yeux de toute une génération galvanisée par la promesse du renouveau, et devoir à chaque instant prendre des décisions d'une gravité exceptionnelle. Il évoque la façon dont sa vie à la Maison-Blanche a pu affecter sa femme et ses filles, et parle sans fard des moments où il s'est retrouvé en proie au doute et à la déception - sans pour autant renoncer à croire qu'en Amérique le progrès est toujours possible.
    Ce livre puissant et magnifiquement écrit est l'expression de la conviction profonde de Barack Obama : la démocratie n'est pas un don du ciel, mais un édifice fondé sur l'empathie et la compréhension mutuelle que nous bâtissons ensemble, jour après jour.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Demarty, Charles Recoursé et Nicolas Richard

  • Vous avez les plus belles jambes du monde, vous serez ma femme ou
    ma maîtresse. Voilà ce qu'est devenu l'amour de ma vie. Moi, épouser
    un Juif, jamais ! Barbara juive ? Tais-toi donc mon garçon, elle est si
    gentille. Avec un instinct sûr, vous choisirez votre siège. Vous prenez
    votre petit déjeuner à la table de ce nazi ! Comme c'est gentil de me
    reconnaître, Jacques Lacan. It's no greek ! Madame, Madame, j'ai
    compris l'étymologie de con-cierge. À partir de combien de livres est-on
    cultivé ? Que pensez-vous de ce que vous voyez ? J'aime quand tu as le
    corps gai. Arrêtez de le regarder, laissez-le partir...
    Ces phrases font passer de l'anecdote à l'idée. Elles sont comme
    des noms propres qui titrent les souvenirs. Elles fabriquent une
    autobiographie philosophique, racontée à mon fils Victor et
    écrite avec lui. En les disant, je comprends pourquoi et comment
    elles m'ont fait vivre-et-penser. Si dures soient-elles parfois, elles
    donnent accès à la tonalité du bonheur.
     
    Un travail mère-fils qui fait redécouvrir Char, Heidegger, Lacan,
    la Grèce, l'Afrique du Sud, la Corse, les juifs, les cathos, des
    Hongrois, des Allemands... Avec Ulysse en figure de proue,
    l'homme d'Homère qui passe là où il n'y a pas de passage, entre
    Hélène qui ravit et Barbara bla-bla-bla.

  • « Existe-t-il une expérience plus désirable que celle de la joie ?Plus intense et plus profonde que le plaisir, plus concrète que le bonheur, la joie est la manifestation de notre puissance vitale. La joie ne se décrète pas, mais peut-on l'apprivoiser ? La provoquer ? La cultiver ?J'aimerais proposer ici une voie d'accomplissement de soi fondée sur la puissance de la joie. Une voie de libération et d'amour, aux antipodes du bonheur factice proposé par notre culture narcissique et consumériste, mais différente aussi des sagesses qui visent à l'ataraxie, c'est-à-dire à l'absence de souffrance et de trouble.Pour ma part, je préfère une sagesse de la joie, qui assume toutes les peines de l'existence. Qui les embrasse pour mieux les transfigurer. Sur les pas de Tchouang-tseu, de Jésus, de Spinoza et de Nietzsche, une sagesse fondée sur la puissance du désir et sur un consentement à la vie, à toute la vie......Pour trouver ou retrouver la joie parfaite, qui n'est autre que la joie de vivre. »
     Frédéric Lenoir 

  • «  Après une enquête planétaire, auprès des meilleures sources, souvent confidentielles, j'ai découvert bien des choses sur les causes et les conséquences de cette pandémie.
    Certains dirigeants, commettant des erreurs sincères ou mentant à leur peuple, ont, en imitant la Chine, conduit à la mort prématurée de plusieurs centaines de milliers de personnes et coûté plusieurs milliers de milliards à l'économie mondiale. Suivre à temps l'autre voie, celle de la Corée du Sud, aurait coûté beaucoup moins d'argent, épargné des milliers de vies et protégé des centaines de millions de travailleurs.
    De tout cela, et de bien d'autres choses que nous aura apprises cette pandémie, en bouleversant nos vies, il faut tirer les leçons. Pour se préparer à ce qui vient  : une crise économique, philosophique, idéologique, sociale, politique, écologique stupéfiante, presque inimaginable  ; plus grave en tout cas qu'aucune autre depuis deux siècles.
    Pour ne pas faire souffrir les enfants d'aujourd'hui de la pandémie à 10  ans, de la dictature à 20  ans et du désastre climatique à 30  ans, il faut passer au plus vite de l'économie de la survie à l'économie de la vie. Elle regroupe tous les secteurs qui se donnent pour mission la défense de la vie et dont on constate tous les jours, très pragmatiquement, l'importance vitale, comme  : la santé, la gestion des déchets, la distribution d'eau, le sport, l'alimentation, l'agriculture, l'éducation, l'énergie propre, le numérique, le logement, la culture, l'assurance.
    Parce qu'il n'y a pas de vie possible si on n'agit pas tout de suite, dans l'intérêt de toutes les vies, d'aujourd'hui et du futur. Si on ne comprend pas que seul le temps des hommes a de la valeur. Que de passionnants combats à mener  !  »
    J. A.

  • Ces souvenirs ne sont pas venus selon un ordre chronologique comme le sont habituellement les Mémoires. Ils sont venus à ma rencontre selon l'inspiration, les circonstances. S'interpellant les uns les autres, certains en ont fait émerger d'autres de l'oubli.
    Ils témoignent que j'ai pu admirer inconditionnellement des hommes ou femmes qui furent à la fois mes héros et mes amis.
    Ils témoignent des dérives et des dégradations, mais aussi des grandeurs et des noblesses que les violents remous de l'Histoire ont entraînées chez tant de proches.
    Ils témoignent des illuminations qui m'ont révélé mes vérités  ; de mes émotions, de mes ferveurs, de mes douleurs, de mes bonheurs.
    Ils témoignent que je suis devenu tout ce que j'ai rencontré.
    Ils témoignent que le fils unique, orphelin de mère que j'étais, a trouvé dans sa vie des frères et des soeurs.
    Ils témoignent de mes résistances : sous l'Occupation, puis au cours des guerres d'Algérie, de Yougoslavie, du Moyen-Orient, et contre la montée de deux barbaries, l'une venue du fond des âges, de la haine, du mépris, du fanatisme, l'autre froide, voire glacée, du calcul et du profit, toutes deux désormais sans freins.
    Ces souvenirs témoignent enfin d'une extrême diversité de curiosités et d'intérêts, mais aussi d'une obsession essentielle, celle qu'exprimait Kant et qui n'a cessé de m'animer : Que puis-je savoir ? Que puis-je croire ? Que puis-je espérer ? Inséparable de la triple question : qu'est-ce que l'homme, la vie, l'univers ?
    Cette interrogation, je me suis donné le droit de la poursuivre toute ma vie.
     
      Edgar Morin
     
    Né en 1921, ancien résistant, sociologue et philosophe, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, Edgar Morin a conçu la «  pensée complexe  » dans son oeuvre maîtresse, La Méthode. Il est l'un des derniers intellectuels à avoir observé et vécu une grande partie du XXe siècle et les premières décennies du XXIe. Il est docteur honoris causa de trente-quatre universités à travers le monde.

  • Et après ?

    Hubert Védrine

    Pendant des années, nous sommes restés sourds face aux alertes annonçant une pandémie dévastatrice. Dans le chant des sirènes de la mondialisation elles étaient littéralement impensables. La propagation rapide de la Covid-19 a sonné brutalement l'heure des comptes.
    Dans la panique sanitaire et économique, la bataille de l'après a déjà commencé entre ceux qui veulent un retour à  «  la  normale  » et ceux qui appellent à un changement, relatif ou radical. Mais comment pourrait-on revenir à «  la  normale  », c'est-à-dire à la multidépendance, l'insécurité financière, l'irresponsabilité écologique  ?
    La question aujourd'hui est donc de savoir ce qui demeurera et ce qui doit être changé. Parviendrons-nous à éviter l'effondrement économique mondial sans sacrifier l'urgence vitale de l'écologisation ? Un système multilatéral international pourra-t-il être refondé, à commencer par un système d'alerte sanitaire  ? Comment nous extraire des dépendances de nos économies, si dangereuses et révélées par cette crise ? Comment allons-nous repenser le tourisme  ? Comment va-t-on gérer la réhabilitation de l'Etat-nation et la nouvelle demande d'Etat protecteur  ? Que faire au niveau français, au niveau européen  ?
    Dans cet essai vif et dense, Hubert Védrine se penche sans détour sur tous les débats qui vont forger l'après-pandémie mondiale.
    Pendant quatorze ans auprès de François Mitterrand à l'Elysée et cinq ans à la tête du Quai d'Orsay, Hubert Védrine voyage, écrit, enseigne et conseille.

  • Après l'assassinat de Samuel Paty, en octobre 2020,le ministre de l'Éducation nationale a demandé à Robert Badinter d'enregistrer une brève vidéo rendant hommage à ce professeur pour qu'elle soit diffusée à tous les élèves. L'ancien garde des Sceaux y a donné sa définition de la laïcité et de la République.
     
    Ces paroles ont inspiré une enseignante, Peggy Kilhoffer. En demandant à ses élèves de CM1-CM2 à Schiltigheim, en Alsace, de réfléchir à ces questions, en est sortie l'idée de cet Abécédaire républicain.
     
    Avec leurs dessins et leurs mots d'enfants, de « Accepter » à « Zèle », en passant par « Solidarité » ou « Garantir », ses élèves livrent une vision juste, vibrante, de la République et de ses valeurs. Un document émouvant et nécessaire alors que les sondages et les
    médias évoquent souvent une jeunesse déconnectée de ce qui forge notre identité commune. Le fac-similé de cet abécédaire est précédé du texte d'hommage
    de Robert Badinter, d'un avant-propos de sa main ainsi que d'une préface de Peggy Kilhoffer qui nous livre le récit de cette aventure.
     
    Peggy Kilhoffer est professeure à l'école Jean-Mermoz de Schiltigheim et formatrice dans l'académie de Strasbourg.
     
    Robert Badinter, avocat, fut ministre de la Justice (1981-1986) président du Conseil constitutionnel (1986-1995) et sénateur (1996-2001).

  • Qu'entendons-nous par « bonheur » ? Dépend-il de nos gènes, de la chance, de notre sensibilité ? Est-ce un état durable ou une suite de plaisirs fugaces ? N'est-il que subjectif ? Faut-il le rechercher ? Peut-on le cultiver ? Souffrance et bonheur peuvent-ils coexister ? Pour tenter de répondre à ces questions, Frédéric Lenoir propose un voyage philosophique, joyeux et plein de saveurs. Une promenade stimulante en compagnie des grands sages d'Orient et d'Occident.Où l'on traversera le jardin des plaisirs avec Epicure. Où l'on entendra raisonner le rire de Montaigne et de Tchouang-tseu. Où l'on croisera le sourire paisible du Bouddha et d'Epictète. Où l'on goûtera à la joie de Spinoza et d'Etty Hillesum. Un cheminement vivant, ponctué d'exemples concrets et des dernières découvertes des neurosciences, pour nous aider à vivre mieux.

  •   Quel roman que celui de la longue relation - trois siècles - qui tant de fois attira, unit, opposa, réconcilia la Russie et la France  !
    La Russie, État-continent qui s'étend en Europe et en Asie, s'est toujours revendiqué puissance européenne. Et l'Europe, pour la Russie, fut d'abord et toujours la France. Celle de Louis XIV, des Lumières, de la Révolution et de l'Empire, des idées, de la langue, de la culture, de la liberté et de la puissance. Durant trois siècles, cette France a fasciné tous les souverains Romanov, acharnés à s'en faire reconnaître, accepter, aimer, à se voir accorder le statut de puissance égale de la France.
    La France y opposa durablement méfiance et hostilité, voyant dans la Russie un pays attardé, barbare, étranger à l'Europe et dangereux, avant de s'y allier lorsque le puissant Empire allemand lui imposa ce tournant. Durant trois siècles, la relation heurtée de ces deux pays a constitué une part essentielle de l'histoire européenne avant de sombrer dans le grand cataclysme de la Première Guerre mondiale.
    Cet ouvrage reconstitue cette longue relation franco-russe, il a aussi pour but d'en rechercher les constantes et peut-être un éclairage pour un présent inquiétant et difficile.

  • L'oeuvre de Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski hante la conscience européenne et mondiale depuis un siècle et demi (Nietzsche, Proust, Kafka, Nabokov, Berdiaev, Chestov, Soljénitsyne, Sarraute, Sollers, Visconti, Bresson, Kurosawa, Wajda et bien d'autres) et continue à fasciner le marketing hyperconnecté (16 versions en chinois de Crime et Châtiment). Le livre de Julia Kristeva dévoile la surprenante actualité du «  grand Russe  », génie aussi tourmenté que prophétique.
      «  Partout et en toutes choses, je vivais jusqu'à l'ultime limite, et j'ai passé ma vie à la franchir  », écrit-il à son ami le poète A. Maïkov en 1867. Il l'a fait, porté par sa foi orthodoxe dans le Verbe incarné, en réinventant ce pari sur la puissance de la parole et du récit qu'est le roman polyphonique  : pour braver le nihilisme et son double, l'intégrisme, qui gangrènent le monde sans Dieu et avec lui.
      Ses personnages extravagants, oscillant entre monstruosité pathétique et insignifiance d' «  insectes  », pressentaient déjà la matrice carcérale de l'univers totalitaire qui se révéla dans la Shoah et le Goulag, et qui menace aujourd'hui par l'omniprésence de la technique.
      Vibrante osmose et vigilance tonique, l'oratorio de Julia Kristeva décrypte un Dostoïevski total et neuf, galvanisé par le langage. L'homme et l'oeuvre s'introduisent dans le troisième millénaire, où, enfin, «  tout est permis  ». Et les anxiétés des internautes rejoignent les sous-sols des démons dostoïevskiens.
     
    Essayiste, romancière, psychanalyste, Julia Kristeva, docteur honoris causa de nombreuses universités, dont l'oeuvre est traduite dans beaucoup de pays - et intégralement aux Etats-Unis - a reçu en 2004 le prix Holberg, équivalent du Nobel pour les sciences humaines.

  • Souvent, on parle nourriture, cuisine, restauration. On débat des produits, du bio, du durable. On commente, on critique, on félicite les cuisiniers. Parfois, on les interroge. La télévision a trouvé un filon en mettant la gastronomie au coeur de ses programmes, alternant cuisiniers et pâtissiers, amateurs et professionnels.
    Paul Bocuse avait réussi à faire sortir les chefs de leur cuisine. Ils sont maintenant devenus les héros et les hérauts de la culture gastronomique française. On les note, on les classe, on les étoile. On parle beaucoup d'eux. Quand on les interroge, c'est plus souvent sur leurs recettes que sur leur vie. 
    Cinquante-neuf cuisiniers, parfois accompagnés de leur muse ou de leur alter ego, ont bien voulu utiliser un temps d'incertitude, de doute et de crise pour se confier sur leur parcours, leur évolution, leurs projections.
    Avec Alain Bauer, ils se sont livrés comme jamais au regard bienveillant, mais interrogateur, d'un client qui «  sait manger  », sans pour autant s'imaginer cuisinier. Un gastronome critique qui, parallèlement à son parcours académique, a pu les fréquenter, créer des liens amicaux, obtenir leur confiance dans cet exercice inédit de «  confessions gastronomiques ».
     
    Voici le premier panorama du paysage gastronomique français de l'«  après  », une vision optimiste de lendemains mieux cuisinés.

  • « J'ai écrit mon journal à partir de 11 ans, adressé à Munkey, mon confident, ce singe en peluche, gagné dans une tombola. Il a dormi à mes côtés, il a partagé ma vie avec John, Serge, Jacques, il a été le témoin de toutes les joies et toutes les tristesses. Devant la dévastation de mes enfants, j'ai déposé Munkey dans les bras de Serge dans le cercueil où il reposait, tel un pharaon. Mon singe pour le protéger dans l'après-vie.
    En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. Les journaux sont forcément injustes, on montre ses cartes, il y a des versions de tout, mais là, il n'y a que la mienne. J'ai pris comme principe de ne rien arranger, et croyez-moi, j'aurais préféré avoir
    des réactions plus sages que celles que j'ai eues... ».
    On croyait tout connaître de Jane Birkin, tant elle fait partie de notre histoire depuis cinquante ans, jusqu'à ce livre qui nous fait vivre une époque flamboyante, du Swinging London au Saint-Germain-des-Prés des années 70, et donne à lire le quotidien d'une grande amoureuse, désopilante et fantasque, et d'une artiste exceptionnelle.
    Un journal à la fois intime et universel.
     

  • Pour l'éternité

    Robert Sarah

    «  Il nous faut regarder la vérité en face : le sacerdoce semble vaciller. Certains prêtres ressemblent à des matelots dont le navire serait violemment secoué par l'ouragan. Ils tournoient et titubent. Comment ne pas s'interroger à la lecture de certains récits d'abus sur des enfants ? Comment ne pas douter ? Le sacerdoce, son statut, sa mission, son autorité ont été mis au service du pire. Le sacerdoce a été instrumentalisé pour cacher, voiler et même justifier la profanation de l'innocence des enfants. L'autorité épiscopale a parfois été utilisée pour pervertir et même briser la générosité de ceux qui voulaient se consacrer à Dieu. La recherche de la gloire mondaine, du pouvoir, des honneurs, des plaisirs terrestres et de l'argent s'est infiltrée dans le coeur de prêtres, d'évêques et de cardinaux. Comment pouvons-nous supporter de tels faits sans trembler, sans pleurer, sans nous remettre en cause  ?
      Nous ne pouvons pas faire comme si tout cela n'était rien. Comme si tout cela n'était qu'un accident de parcours. Il nous faut regarder le mal en face. Pourquoi tant de corruption, de dévoiement et de perversion ? Il est légitime que l'on nous demande des comptes.
      Il est légitime que le monde nous dise : "Vous êtes comme les pharisiens, vous dites et ne faites pas" (cf. Mt 23, 3). Le peuple de Dieu regarde ses prêtres avec suspicion. Les incroyants les méprisent et s'en méfient.  »
     
      À partir de la méditation des textes d'Augustin, de Jean Chrysostome, de Grégoire le Grand, de Bernard de Clairvaux, de Catherine de Sienne, de John Henry Newman, de Pie XII, de Georges Bernanos, de Jean-Marie Lustiger, de Jean-Paul II, de Benoît XVI et du Pape François, le cardinal Sarah souhaite apporter des réponses concrètes à la crise sans précédent que traverse l'Église catholique.

  • Des Etats-Unis à la France en passant par l'Italie et le Royaume-Uni, partout les cadeaux fiscaux en faveur des plus riches se multiplient au même rythme que les coupes budgétaires pour les plus pauvres. Une minorité d'individus, s'accaparant déjà une importante partie des richesses, semble tout mettre en oeuvre pour en récupérer encore plus. De l'autre côté, la majorité de la population subit la dégradation des services publics, les fins de mois difficiles, la précarité et le manque d'espérance.
    Des gilets jaunes aux banlieusards en passant par les cadres et les agriculteurs, cette majorité délaissée est multiple, et sa division est largement instrumentalisée par la minorité dominante et les partis politiques qui veulent s'assurer une base électorale. La lutte des classes a laissé place à une lutte entre pauvres. Et le système, intrinsèquement inégalitaire et destructeur pour la planète, ne tient qu'à ces dissensions.
    Pour sortir de l'impasse, il faut que les différentes catégories que forment « les délaissés » se constituent en une classe majoritaire à même de soutenir une lutte commune : celle d'en finir avec le modèle économique actuel pour proposer un autre projet répondant aux urgences sociale et écologique.
     
    Membre des économistes atterrés, docteur en économie de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Thomas Porcher est professeur associé à la Paris School of Business. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et de publications dans des revues académiques internationales. Son dernier livre, Traité d'économie hérétique (Fayard, 2018), s'est écoulé à plus de 50 000 exemplaires.

  • En 1974, alors qu'il est au pénitencier de Robben Island, Nelson Mandela rédige clandestinement des " souvenirs ". C'est ce texte, sorti en fraude, qu'il retrouvera lors de sa libération en 1990, après plus de vingt-sept ans de détention, et qu'il reprendra pour en faire Un long chemin vers la liberté.
    Nelson Mandela raconte comment le petit campagnard, né en 1918 au Transkei, dans la famille royale des Thembus, va ouvrir le premier cabinet d'avocats noirs d'Afrique du Sud et devenir un des principaux responsables de l'ANC. Ce récit mêle les souvenirs personnels, voire intimes, aux analyses de la situation en afrique du Sud et aux descriptions des luttes et des combats contre la domination blanche et l'apartheid. L'enfance et les rites d'initiation, la fuite à Johannesburg, le travail dans les mines et les études de droit, le premier mariage et le divorce, puis le second mariage avec Winnie, la découverte du nationalisme africain, les Campagnes de défi, la clandestinité, la lutte armée et la prison.
    Commencent alors les longues années de travail forcé - treize ans dans une carrière de chaux -, d'attente, mais aussi d'espoir et de luttes. Dans les années 80, le régime d'apartheid bousculé à l'intérieur par la résistance noire, étranglé par les sanctions économiques, n'aura d'autre issue que la négociation. Nelson Mandela, qui est devenu un mythe, sera l'homme clef pour sortir son pays de l'impasse où l'ont enfermé quarante années d'apartheid.
    Un long chemin vers la liberté est le récit d'une vie exemplaire entièrement consacrée à l'affirmation de la dignité de l'homme. C'est aussi un document exceptionnel sur un des bouleversements majeurs de cette fin de XXe siècle.

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