Sciences humaines & sociales

  • Souvenirs de la Kolyma

    Varlam Chalamov

    • Editions verdier
    • 10 Février 2022

    «En quelle langue parler au lecteur?» Souvenirs de la Kolyma est un cycle de textes écrits par Varlam Chalamov dans les années soixante-dix, soit une vingtaine d'années après sa libération des camps et son retour. Ils sont complétés par des évocations de ses contemporains, écrivains ou poètes, comme Pasternak, ainsi que par une étrange liste de 1961 qui énumère avec une sécheresse poignante ce qu'il a «vu et compris dans les camps». Ces souvenirs, comme les Récits de la Kolyma, transmettent la réalité par fragments et s'interrogent avant tout sur ce que peut la langue et ce qu'est la mémoire. «J'essaierai de restituer la suite de mes sensations je ne vois que ce moyen de préserver l'authenticité de la narration. Tout le reste (pensées, paroles, descriptions de paysages, citations, raisonnements, scènes de la vie courante) ne sera pas suffisamment vrai. Et pourtant je voudrais que ce soit la vérité de ce jour-là, la vérité d'il y a vingt ans, et non la vérité de mon actuelle appréhension du monde.» Avec Souvenirs de la Kolyma, la collection «Slovo» poursuit le travail d'édition complète des oeuvres en prose de Varlam Chalamov, auteur fondamental du vingtième siècle, désormais reconnu comme un des grands écrivains non seulement de l'histoire des camps, mais surtout de la littérature mondiale.

  • Le semeur d'yeux : sentiers de Varlam Chalamov

    Luba Jurgenson

    • Editions verdier
    • 10 Février 2022

    Ce livre est le fruit d'une longue expérience: celle de la lecture de Varlam Chalamov, écrivain majeur du vingtième siècle qui fut aussi témoin d'une de ses réalités les plus sombres: le Goulag. Témoignage? uvre d'art? Chalamov semble répondre par une formule fulgurante: «Ce qui devient grand dans l'art c'est ce qui, au fond, pourrait se passer d'art.» Saisir un tel acte de création dans son émergence est l'ambition de cet ouvrage qui n'élude pas la dimension subjective des interprétations proposées. Les «clefs» offertes par Chalamov n'ouvrent pas tout, pas tout de suite. Aussi cette lecture suit-elle les sentiers tortueux par lesquels l'oeuvre s'est construite. Elle épouse les détours, les va-et-vient d'une pensée à la chronologie bouleversée, au gré d'une mémoire fragmentée, censurée; celle des camps.

  • Siderer, considerer

    Marielle Macé

    • Editions verdier
    • 24 Août 2017

    Peut-on échapper à ce mélange de colère et de mélancolie et à son effet de paralysie sidérante que suscitent en nous le sort des migrants et le traitement réservé à cette humanité précaire?? S'appuyant sur diverses expériences et sur une analyse nourrie de ses lectures, Marielle Macé tente d'opérer un retournement. Elle oppose à la sidération la considération, qui n'exclut pas la compassion. Tout en approfondissant le sens de ce mot, elle nous invite à risquer d'autres formes d'écriture politique de l'hospitalité.

  • La mort à vif ; essai sur Paul de Tarse

    René Lévy

    • Editions verdier
    • 12 Mars 2020

    Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul?; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. À Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante?; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source?; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.

  • Relire la Révolution

    Jean-Claude Milner

    • Editions verdier
    • 3 Octobre 2016

    On recommence de s'interroger sur la révolution. Le vocable vient du passé, mais il est temps de le ressaisir à la lumière du présent. Impossible de ne pas commencer par la Révolution française. Impossible de ne pas continuer par la révolution soviétique et la révolution chinoise. Sauf qu'il faut bien réveiller les somnambules?: si elles sont des révolutions, alors la Révolution française n'en est pas une. Si la Révolution française est une révolution, alors elles n'en sont pas. Car les droits de l'homme existent?; ce sont les droits du corps parlant. La Terreur aussi a eu lieu. Pour opposées que soient ces deux mémoires, chacune permet d'interpréter l'autre. La Révolution française se situe à leur intersection. De ce fait, elle a approché le réel de la politique. À quoi les autres ont substitué la grise réalité de la prise de pouvoir. Ce que nous voyons du xxie?siècle permet de redéfinir les droits du corps?; la révolution, relue, permet de comprendre ce qu'il nous est permis d'espérer.

  • En décembre 1901, Henri Vidal, fils d'une hôtelière de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux prostituées, puis assassine une troisième fille publique ainsi qu'une jeune Suissesse. Arrêté parce qu'il voyageait sans billet, celui que le pays surnomme très vite «?le Tueur de femmes?» est condamné à mort par la cour d'assises de Nice, puis gracié et envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en 1906. Dès ses crimes commis, l'assassin devient l'objet d'une imposante production discursive : faits divers, chroniques judiciaires, témoignages, expertises, ainsi qu'une autobiographie rédigée en prison. À partir de ces matériaux, et sans rien ajouter aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un montage qui permet de dérouler le film de cette existence, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et ses contradictions, construit la figure d'un criminel. Publié en 2001, longtemps indisponible, ce livre singulier, dont la forme suscita l'étonnement, interroge à la fois l'écriture du passé, la nature du récit biographique, les incertitudes et la fragilité de l'histoire.

  • Les penchants criminels de l'Europe démocratique

    Jean-Claude Milner

    • Editions verdier
    • 8 Novembre 2012

    Le couple problème/solution a déterminé l'histoire du nom juif en Europe. Le nazisme n'a fait qu'en disposer la forme ultime. L'Europe ne peut pas feindre l'ignorance. D'autant moins que son unification, tant admirée, est la conséquence directe de l'opération hitlérienne.Car il faut conclure. Dans l'espace que dominait Hitler, c'est-à-dire sur la quasi-totalité de l'Europe continentale, l'extermination des juifs a été accomplie. Ce que les experts politiques, depuis 1815, tenaient pour un problème difficile à résoudre avait, du même coup, disparu - en fumée. Les choses sérieuses pouvaient commencer.Aujourd'hui, le chemin est parcouru. L'Europe est présente au monde, au point de s'y arroger des missions. Une entre autres : faire régner la paix entre les hommes de bonne volonté. De ces derniers, cependant, les juifs ne font pas partie. C'est qu'ils portent en eux la marque ineffaçable de la guerre. L'Europe, héroïne de la paix en tous lieux, ne peut que se défier d'eux, où qu'ils soient. Elle ne peut qu'être profondément anti-juive.Les porteurs du nom juif devraient s'interroger. Depuis l'ère des Lumières, ils s'étaient pensés en fonction de l'Europe.La persistance du nom juif au travers de l'histoire, la continuité des haines qu'il soulevait, tout cela devait trouver une explication dont les termes soient acceptables par l'Europe. Si celle-ci a basculé dans un antijudaïsme de structure, alors tout doit être repris depuis le début. Comment le nom juif a-t-il persisté ? Par un support à la fois matériel et littéral dont l'Europe ne veut rien savoir : la continuité de l'étude. Comment l'étude a-t-elle continué ? Par une voie dont l'Europe moderne ne veut rien savoir : la décision des parents que leur enfant aille vers l'étude. Pourquoi la haine ? Parce qu'en dernière instance, le nom juif, dans ses continuités, rassemble les quatre termes que l'humanité de l'avenir souhaite vider de tout sens : homme/femme/parents/enfant.

  • Recommencer ; notes pour une reprise

    Mathieu Potte-Bonneville

    • Editions verdier
    • 1 Mars 2018

    Économiquement, l'heure est dit-on à la reprise, gouverner consisterait à remettre le pays sur ses rails - et s'opposer à ce que l'air du temps peut présenter d'intolérable exigerait dans l'instant de repartir au combat. Mais que peuvent bien signifier ces verbes, reprendre, remettre, ou repartir?? À quelles complications et à quelles hantises s'affrontent nos tentatives intimes ou politiques pour surmonter déceptions et défaites, doutes et empêchements, jusqu'à trouver la force d'agir à nouveau?? Les philosophes se sont souvent penchés sur les premiers commencements de toutes choses?; on voudrait ici, en compagnie de penseurs et d'écrivains, interroger plutôt les deuxièmes coups, les nouvelles fois, sonder leurs pièges et leurs promesses, et explorer l'expérience individuelle ou collective du recommencement comme on se recoudrait une éthique en guettant le retour des beaux jours.

  • Je fantasme ; Averroès et l'espace potentiel

    Jean-Baptiste Brenet

    • Editions verdier
    • 2 Février 2017

    Le mot le plus célèbre de la philosophie est un verbe latin?: cogito. C'est celui de Descartes, où l'on retient que se joue l'être même de l'ego. C'est le cogito de la psychanalyse, celui dont elle dénonce l'orgueil, l'incomplétude, et qui, en somme, l'a fait naître. Mais c'est un mot malheureux, que la modernité a perdu. Chez Averroès, jadis, la cogitation avait en arabe ses facultés propres et trouvait dans le fantasme l'espace de sa puissance. Quel espace ? Quelle puissance éminente ? On a fait le livre sur cela.

  • Les séries, le monde, la crise, les femmes

    Gérard Wajcman

    • Editions verdier
    • 20 Septembre 2018

    La série n'est pas simplement un genre télévisé en vogue, c'est d'abord une forme. C'est du neuf esthétique, et on sait que les inventions de formes sont rares. Pour la décrire, il faut se lancer dans une anatomie comparative et la confronter à d'autres formes, au cinéma, évidemment, mais aussi à des formes plus anciennes, fondamentales dans notre civilisation?: au mythe, au roman, aussi au tableau. La question de la série se pose depuis toujours, dans la littérature, avec le feuilleton par exemple, ou dans l'art, avec les Nymphéas de Monet, la reproductibilité technique selon Walter Benjamin ou la collection, notamment. Mais la forme-série n'est pas qu'un problème esthétique, et cette forme n'est pas seulement nouvelle, elle est profondément actuelle. La forme-série pourrait être le langage du monde comme il est?: en crise. La série serait une forme de crise. Elle serait structurée comme le monde en crise, ou le monde serait lui-même structuré comme une série. D'où l'interrogation qui anime le propos?: de quoi la série est-elle la forme?? La série symptôme du monde comme il va, ou comme il ne va pas. Une forme témoin du malaise dans la civilisation. Cela conduit, pour finir, à la question de savoir pourquoi les femmes occupent le devant de la scène des séries.

  • Fenetre

    Gérard Wajcman

    • Editions verdier
    • 8 Novembre 2012

    Par la fenêtre nous prenons des nouvelles du monde. Mais ouvrir une fenêtre, c'est non seulement s'ouvrir au monde, y plonger par le regard, c'est aussi le faire entrer, élargir notre propre horizon. Jadis, la fenêtre, via la peinture, a dessiné les territoires du monde, métamorphosant dans son cadre le pays en paysage. On a cependant négligé que cette fenêtre qui ouvre sur l'extérieur trace aussi la limite de notre propre territoire, qu'elle dessine le cadre d'un « chez soi ». La fenêtre qui ouvre sur le monde ferme notre monde, notre intérieur. Moi et le monde - ils se croisent à la fenêtre. « Qu'est-ce que le moi ? Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants », répondait Pascal. Se pencher sur la fenêtre, ce sera réfléchir sur ce bord où viennent se rencontrer le plus lointain et le plus proche, et sur le fait que la fenêtre oblige peut-être à concevoir que le Moi et le Monde ne peuvent que se penser ensemble - jusqu'à ce point : et si la subjectivité moderne était structurée comme une fenêtre ? C'est ici, tout de suite, qu'il faut préciser : pas n'importe laquelle : la fenêtre née à la Renaissance. Et là encore, pas n'importe laquelle : la fenêtre de la peinture, la fenêtre du tableau, exactement, celle inventée par Alberti. Voilà l'hypothèse, elle donne le fil de l'histoire. En grand hommage à l'idiot chinois de la fable qui, quand le maître montre du doigt la lune, regarde le doigt, j'invite donc ici à regarder la fenêtre. Invitation à détourner notre regard fasciné de spectateur du spectacle vers l'objet qui ferme et ouvre notre regard - la fenêtre

  • Droiture et mélancolie

    Pierre Vesperini

    • Editions verdier
    • 24 Mars 2016

    Marc Aurèle est aujourd'hui considéré comme un philosophe stoïcien à part entière, au même titre que Sénèque ou Épictète. Pierre Vesperini remet ici en cause cette «opinion commune» à partir d'un nouvel examen des écrits de l'auteur, notamment de passages souvent ignorés, croisés avec toutes les autres sources, exceptionnellement nombreuses, dont nous disposons à son propos. Conformément à une pratique courante dans l'Antiquité, Marc Aurèle utilise les «discours philosophiques» pour «rester droit», lorsque l'âme est ébranlée par les affects produits par le monde extérieur ou par le déséquilibre des humeurs, notamment de l'humeur mélancolique. Par ailleurs, l'auteur montre combien l'éthique ancienne est éloignée des conceptions de Pierre Hadot et de Michel Foucault. Le «soi» visé par les pratiques éthiques n'est pas un «soi» intérieur, mais un «soi» tout extérieur, entièrement soucieux du regard des autres, et de donner la plus belle image possible. La «droiture» ne consiste pas en l'adoption d'un «mode de vie» spécifique, mais au contraire en l'adoption d'un mode de vie le plus conforme possible aux attentes sociales, en fonction du statut de chacun. Enfin, l'éthique philosophique n'est jamais coupée du religieux, dans la mesure où «bien vivre», c'est «vivre avec les dieux».

  • Etre juif

    Benny Lévy

    • Editions verdier
    • 8 Novembre 2012

    Être Juif. Être, de manière radicalement singulière ; être, irrémissiblement rivé à son judaïsme comme le dit Emmanuel Lévinas, présent tout le long des lignes de ce texte. À partir de cette facticité juive, s'esquissent quelques propositions pour une pensée du Retour. Retour au Sinaï. Là précisément où le juif est rivé. La pensée du Retour requiert une critique de l'athéologie du juif moderne. Théologie du silende de Dieu après Auschwitz, critique de la théodicée, enfin recours à la notion de Mal absolu, voilà les points par où il faut passer de manière critique. En ce sens, ce livre s'adresse à tout homme pour autant qu'il est encore sensible à la question de l'origine du Mal. « nés [...] en 1945, nous procédions des épousailles des Lumières et de la Nuit. La Nuit ne s'opposait pas aux Lumières, elle les achevait : il fut jour, il fut nuit ; jour un. Le verset, à l'envers. Les lettres voletaient en désordre. Le prophète se lamentait : Nos pères ont failli, ils ne sont plus ; quant à nous, leurs fautes, nous les supportons. Nous, fils de l'inversion, nous ne nous lamentions pas. Nous n'avions plus à payer aucun billet. Tout avait été payé, et pour toujours. Le Siècle nous faisait un crédit illimité ; le Juif honteux pouvait être fier, sans frais : il n'était plus le Juif moderne, mais le Juif du Siècle. Nous ne remarquions même pas que nous étions en train de payer l'absence de lamentations. Le prix : l'obscurcissement du rapport du fils au père. Dans les Lumières, nous avions perdu la mère ; dans la Nuit : le père. Enfants adoptifs du Siècle, nous pouvions nous mêler à tous ses combats. Ils se révélèrent douteux, qu'à cela ne tienne : nous pouvions nous retourner contre le Siècle, en véritables enfants. Contre le Siècle de la barbarie s'élevaient alors l'humanité et ses droits. »

  • à la vie

    Léo Lévy

    • Editions verdier
    • 4 Octobre 2013

    Ce livre est la relation d'un parcours - celui de Benny Lévy - à travers la voix de sa femme Léo, un itinéraire où les exigences de la pensée et les gestes quotidiens s'ajustent au plus près, alliant à l'extrême rigueur un généreux amour de la vie.«Dans la lumière sans complaisance des matins de Jérusalem, trois stations : la maison, la maison de prière, la maison d'étude. Le soir, une fois par semaine, détour par le lieu d'enseignement où un public bariolé, passionné, vient écouter le petit homme en noir. Simplicité des rythmes, transparence des jours, soi rassemblé. À Jérusalem, aucun mystère, pas de recoins obscurs grouillant de projections fantasmatiques. Mais ailleurs ? En d'autres temps ?Le chef révolutionnaire sans nom, à l'existence improbable, en tout cas invisible, pouvait-il vraiment du chaos des faits et des discours faire émerger une vision et une visée claires ?Il eut des maîtres. Côté philosophie, il se réfère à Sartre, Althusser et Lévinas. Côté sagesse d'Israël, il a été enseigné par un cabaliste ashkénaze, un rav français d'origine marocaine, un Yérouchalmi d'ascendance lituanienne.Enfin, au coeur de l'énigme, quel lien entre ce tout jeune Juif arrivé d'Égypte, pathétique et ardent, en quête acharnée d'assimilation, et la fille du faubourg Saint-Antoine, placide, rigolote par parti pris, qui portait encore vivaces les traces des villes juives de Pologne ? Étrange rencontre. Plus étrange encore, la constance malgré les turbulences.»

  • Au sortir de l'enfance

    Paul Audi

    • Editions verdier
    • 5 Octobre 2017

    L'adolescence est réputée être le théâtre d'un moment de crise, de recherche, de découverte, d'interrogation métaphysique pour le jeune être humain. Au carrefour d'un passé qu'il aspire à surmonter et d'un avenir aux traits inconnus, celui-ci semble vouloir y traiter avec l'intraitable de sa condition native dont dépendent son identité et son marquage à l'intérieur d'une filiation. Mais l'adolescence se réduit-elle, comme on le croit communément, à l'âge dit « pubertaire », voué par principe à être traversé et abandonné derrière soi?? Qu'emportons-nous, au sortir de l'enfance, de cette enfance précisément?? Quant à l'éthique, quelle décision exige-t-elle de l'adolescent pour qu'il assure son entrée dans l'âge adulte?? À travers notamment une analyse de la figure d'Hamlet et une lecture du poème de Rimbaud intitulé « Jeunesse », Paul Audi se propose dans cet ouvrage de rattacher les caractéristiques du « moment adolescent » à une conception qui lui est propre de la finitude humaine. Il tente en même temps de mesurer la portée de cette affirmation que l'on doit à la psychiatrie française contemporaine, à savoir que « ce qui se passe en adolescence est une métaphore des problématiques de notre société ».

  • Clartés de tout ; de Lacan à Marx, d'Aristote à Mao

    Jean-Claude Milner

    • Editions verdier
    • 8 Novembre 2012

    Dans Clartés de tout, Fabian Fajnwaks et Juan Pablo Lucchelli, deux psychanalystes, interrogent Jean-Claude Milner sur son parcours et sur la place que Jacques Lacan y a tenue.En répondant à leurs questions, Jean-Claude Milner a été amené à réexaminer ses propres positions sur la linguistique et sur la science moderne, sur sa théorie des noms et en particulier du nom juif, sur la transformation des relations entre capitalisme et bourgeoisie, sur la Révolution et sur la politique.Il est apparu que le nom de Lacan était mentionné à chaque étape. Jean-Claude Milner a eu ainsi l'occasion de mieux préciser sa dette: Lacan, selon lui, doit fonctionner comme un opérateur de clarté, non d'obscurité.Le projet de livre surgit en cours de route. Pour qu'il soit mené à bien, les questions et les réponses devaient être ajustées et ajointées. Clartés de tout est le résultat de ce travail.

  • Cinquante ans. Se souvenir. Vanité des pèlerinages, pathétique dérisoire des protestations contre l'oubli. L'histoire, superbe, celle-là même qui laissa voir la barbarie au coeur de la plus splendide civilisation, l'histoire tourne la page. Pages d'histoire, révision des points de vue ; à quel titre, murmurent les ignobles, refuser à l'intelligence historienne le droit de renouveler les points de vue ? Il n'y a pas de mémoire dans l'histoire. La mémoire d'Israël retient-elle les horreurs des barbares civilisés dans le détail ? Retient-elle même les gestes héroïques des victimes insurgées ? Elle retient la sainteté qui s'écarte de l'histoire des vainqueurs. Dans ce petit livre sans âge, écoutez les histoires des bouts de chandelle, de lanières de phylactères. C'est la résistance juive, l'éternité d'Israël.

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