Éditions Prise de parole

  • OEuvres fragmentées, poétiques et résolument modernes, les trois romans regroupés dans ce volume convient une multitude de personnages qui inventent et bâtissent leur quotidien dans ses dimensions réelles et imaginaires. Ces romans, qui précèdent «1953. Chronique d'une naissance annoncée», sont des oeuvres formatrices qui se démarquent déjà par la qualité de la recherche formelle et l'audace stylistique propres à Daigle.

    Un court texte en anglais, «Tending Towards the Horizontal», s'ajoute à l'ensemble.

    Les textes, accompagnés d'un appareil critique mettant en contexte l'oeuvre et son auteure, donnent à voir toute la singularité de l'aventure romanesque de Daigle, figure incontournable de la littérature francophone au pays. Avec ce troisième tome se conclut la réédition, dans la Bibliothèque canadienne-française, des sept premières oeuvres de l'auteure acadienne plusieurs fois primée.

  • «Le nez», une pièce pour enfants inspirée d'une nouvelle de l'écrivain russe Nicolas Gogol, connaît un immense succès dès sa production par le Théâtre de la Vieille 17, en 1983. Elle fera ensuite l'objet de plusieurs productions et sera applaudie par plus de 20000 spectateurs.

    La nouvelle du même nom, publiée par Gogol en 1836, constituait à l'époque une époustouflante satire sociale. En l'adaptant pour la scène, Robert Bellefeuille et Isabelle Cauchy ont créé une comédie masquée pour enfants qui met en scène des nez dans une brioche, des nez chantant en choeur, des nez en fugue et des nez qui flairent une histoire louche.

    Pièce drôle, intelligente et surréaliste, «Le nez» rappelle la commedia dell'arte et les dessins animés.

    Depuis la toute première production, la réception se révèle unanimement positive. On loue la fantaisie, la création, l'imagination, la richesse en rebondissements. On souligne également le fait que, si la pièce s'adresse essentiellement aux enfants du second cycle du primaire, les plus jeunes sont sensibles, eux aussi, aux gags visuels et à « tout l'aspect spectacle de la pièce ».
    - Françoise Lepage, préface

    Prix Floyd S. Chalmers 1985 de la meilleure pièce canadienne pour jeune public

    À partir de 9 ans

  • Résolument éclatées, les trois pièces qui composent ce recueil sont un véritable cri du coeur d'une génération en proie au désarroi qui cherche à changer le monde, quitte à en bousculer les conventions.

    La litière. Un couple se dispute, c'est la fin, ou presque : il faut attendre le matin. Dans le lit, Ludwig et Mae s'aiment et se déchirent, entre souvenirs et fantasmes. Viendra les rejoindre un livreur de chinois, qui se laisse prendre au jeu.

    Rappel. Mae partie, Ludwig se retrouve seul face à ses démons et à son répondeur. Entouré d'un pape parmi tant d'autres, d'une muse déchue et de la vache à Giacometti, il tente alors d'échapper à l'emprise du monde extérieur, quitte à en finir une fois pour toutes avec celui-ci.

    Ressusciter. Ludwig a été retrouvé mort dans son bain dans une invraisemblable mise en scène. Mae livre un monologue dans lequel elle se remémore les derniers instants, les regrets, les reproches aussi, et tente de faire revivre, une dernière fois, son amour défunt.

  • OEuvre posthume du grand poète et écrivain acadien Gérald Leblanc, «Poèmes new-yorkais» relate les déambulations enthousiastes de l'écrivain acadien au coeur de la métropole américaine. La réédition du recueil est suivie de deux inédits : une série de lettres qui donnent un aperçu de la vie de l'auteur à New York, et «Confession de la rue Dufferin», brève suite de fragments dépeignant l'effervescence créatrice du Moncton des années 1970.

    Ces textes sont présentés par le chercheur Benoit Doyon-Gosselin qui, après avoir réuni et présenté les «Lettres à mon ami américain» (Prise de parole, 2018), poursuit ici son exploration de la volumineuse correspondance de Gérald Leblanc pour qui New York a toujours représenté un endroit vibrant et immense.

  • «Aux quatre vents de l'avenir possible» réunit les recueils publiés par ROBERT DICKSON (1944-2007), poète humaniste, traducteur zélé, scénariste, comédien, professeur d'université et animateur incontournable du paysage culturel et littéraire franco-canadien. Dix ans après son décès, la générosité de son être et de sa poésie continue de marquer les coeurs comme les esprits.

  • « J'ai devancé le cortège qui te portait trop lentement.
    Mon sang coule encore vers ton océan, ta souffrance me navigue sur une vague de perles tumultueuses.
    Ta rancoeur laisse des cicatrices sur mon cou pendant que toi, le pendu, tu te fixes une place dans le cinéma réincarné. »

    Depuis 1982, avec « Fièvre de nos mains », Rose Després bâtit une oeuvre poétique dense qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs.

    Commentant la parution en 2000 de « La vie prodigieuse », Maurice Raymond affirme que « [l]e lecteur, lisant les recueils à la suite, a nettement l'impression d'assister à la naissance d'une écriture (et d'un poète), du désengluement amniotique à l'affirmation de soi. [...] Spectacle exemplaire s'il en est, affirmant les modalités de l'ordre et de la forme sur celles du chaos, les réalités connexes de l'ouverture et de la liberté sur celles de l'étroitesse et de l'asservissement. » (Éloizes, automne 2001)

    Les quatre premiers recueils de Rose Després, ici réunis, sont présentés par David Lonergan. La publication comprend une biobibliographie et un choix de jugements.

    Acadienne engagée dans les milieux artistique et culturel de Moncton, ROSE DESPRÉS a remporté le prix Antonine-Maillet /Acadie Vie pour « La vie prodigieuse », et le prix Éloize pour « Si longtemps déjà ».

  • « Voilà une vingtaine d'années que Daniel Poliquin construit une oeuvre narrative de première force. Le vent dans les voiles, elle en est déjà à l'étape réjouissante des premières rééditions et de la reconnaissance institutionnelle, et heureusement, elle aura encore beaucoup à offrir et à faire découvrir. L'oeuvre est portée par de puissantes qualités d'écriture (les dons du conteur, l'habileté à camper les personnages, la finesse de l'humour) et marquée par une unité structurale tout aussi séduisante qu'impressionnante, qu'il convient avant tout de saluer. Cette unité, dont participe éloquemment l'écriture des recueils Nouvelles de la capitale (édition originale de 1987) et Le Canon des Gobelins (édition originale de 1995), réunis ici en un seul volume, est constituée de multiples renvois thématiques, idéologiques ou formels entre les ouvrages qui composent l'oeuvre. »

  • Réédité dans la Bibliothèque canadienne-française, «Moncton mantra» rend hommage à toute une génération de créateurs à l'époque de « la renaissance acadienne ». Plusieurs des artisans littéraires mis en scène sont parmi les plus connus aujourd'hui. Gérald Leblanc y relate leurs démarches pour faire de Moncton une « capitale littéraire », pour supplanter l'image folklorique longtemps associée à leur culture. Un projet qui réussira malgré l'hostilité d'un milieu qui résiste à l'affirmation d'une nouvelle conscience urbaine et moderne dans l'imaginaire. Dans «Moncton mantra», Gérald Leblanc raconte la venue à l'écriture du personnage écrivain, son double, Alain Gautreau. Entre l'automne 1971 et la parution 10 ans plus tard de son premier livre, Alain Gautreau évolue parmi les personnages de la scène artistique et intellectuelle de Moncton, à l'époque même qui a vu naître la première maison d'édition acadienne et le Parti acadien. Son roman, qu'il commence l'année de son entrée à l'Université de Moncton, devient « une sorte de mantra, une présence constante, un compagnon de route » au fil de ses lectures, ses rencontres, ses expériences avec les drogues, ses entretiens sur la littérature. Ce roman de la route, comme le qualifie le préfacier Herménégilde Chiasson, rappelle celui de Jack Kerouac, «On the Road», « l'un des textes-phares de la littérature américaine ». Il trace un parcours tant personnel que collectif de 26 ans qui coïncide avec celui de la littérature acadienne.

  • Reesor Siding, Nord de l'Ontario, nuit du 10 au 11 février 1963. Un affrontement en forêt fait trois morts.

    Quelques semaines avant la nuit du drame, les travailleurs de la Spruce Falls Power and Paper Company déclenchent une grève. Or, les cultivateurs des environs, qui possèdent des droits de coupe, continuent de vendre leur bois à la papetière, au grand dam des ouvriers. Pierre Ménard est l'un de ceux-là. Il fréquente Madeleine, dont le père, Hermas, est en grève. Pris dans ce climat de tension, les deux hommes se retrouvent dans des camps opposés.

    Dans Défenses légitimes, Doric Germain met en lumière, avec humanité et sens de l'histoire, le contexte de la tuerie. Car en filigrane du drame se joue le destin de deux groupes dans un monde en transformation : celui des cultivateurs attachés à un mode de vie en voie de disparition, et celui d'une classe de travailleurs syndiqués aspirant à une nouvelle forme de modernité.

  • «French Town» est une tragédie contemporaine. Elle met en scène la famille Bédard, qui représente l'expérience de la collectivité, illustre la subjectivité de la mémoire et expose le rapport entre la langue et l'identité. Les trois enfants adultes de Gilbert et Simone Bédard, Pierre-Paul, Cindy et Martin, rappellent l'histoire de leur famille dysfonctionnelle tout en envisageant leur vie après le décès de leur mère.

    Classique du répertoire francophone, «French Town» a remporté le prix du Gouverneur général en 1994.

    Cette nouvelle édition comprend des choix de jugements, une biographie et une bibliographie augmentés.

  • Cet ouvrage de Patrice Desbiens comprend une réédition de « L'espace qui reste » (1979), « Sudbury » (1983) et « Dans l'après-midi cardiaque » (1985). Ces recueils épuisés retrouvent enfin leur vie éditoriale en un petit format poche. Le lecteur renouera avec cette voix unique qui, au fil d'une quinzaine de recueils, traduit l'errance urbaine des coeurs écorchés.

    Ces poèmes initient ce que l'on pourrait appeler la « période sudburoise » de Desbiens où se lit toute son appartenance à la communauté franco-ontarienne, ce qui ne l'empêchera pas d'être rapidement reconnu comme un des poètes majeurs de l'Amérique française.

    La passionnante préface signée Robert Dickson, raconte l'émergence d'une culture franco-ontarienne qui, dans ces années-là, de 1979 à 1985, fait germer une formidable créativité d'où pointeront, entre autres, les talents aujourd'hui acclamés des Jean Marc Dalpé et Brigitte Haentjens, tous unis alors au sein d'un joyeux groupe de créateurs de mots et de musique. « L'écriture de la décennie sudburoise, écrit Dickson, fera découvrir de plus en plus le poète du désir, pas toujours comblé, le poète de l'amour, souvent malheureux. »

  • Réédition en un volume de trois oeuvres de Patrice Desbiens : «Poèmes anglais», «Le pays de personne» et «La fissure de la fiction».

    Ces trois titres marquants retracent l'évolution du poète au tournant décisif des années 80 et 90.

    «Poème anglais», paru en 1988, marque la fin de la période où Desbiens vivait et écrivait à Sudbury. Ce recueil marque un point de rupture dans sa relation aigre-douce avec le milieu où s'étaient définitivement révélées sa vocation et sa problématique de poète. Il y intériorise on ne peut plus profondément la condition du francophone minoritaire et la solitude de poète dans une société banalement marchande qui n'a que faire de lui.

    «Le pays de personne», paru en 1995, a été écrit à Québec, où Desbiens a vécu de 1988 à 1991 et aussi au début des années 70. Parue à l'origine dans Un pépin de pomme sur un poêle à bois (où elle côtoyait ce dernier recueil ainsi que Grosse guitare rouge), cette oeuvre est celle où son malaise personnel rejoint le malaise collectif québécois tout aussi étroitement que le malaise franco-ontarien. L'amour, l'espoir, la poésie n'y ont pas plus facilement droit de cité.

    «La fissure de la fiction», parue en 1997, peut être considérée comme la première grande oeuvre de sa période montréalaise. Sa voix devient plus narrative pour relater une aliénation toujours aussi terriblement familière, incarnée dans le réalisme hallucinatoire d'une quotidienneté cauchemardesque. Le poète aspire au roman, mais se heurte contre l'inéluctabilité de la poésie qui le voue à la solitude, sans pays, sans amour, sans amarre.

    L'ouvrage est précédé d'une préface de Jean Marc Larivière, cinéaste et ami de l'auteur, qui fournit une synthèse fort adroite de l'ensemble de son parcours et de ses publications. Riche en balises interprétatives, cette préface est une excellente introduction à l'oeuvre de Desbiens. En postface, on trouvera des extraits de la critique et une biobibliographie détaillée.

  • Le roman « Noëlle à Cuba » de Pierre Karch est réédité dans la Bibliothèque canadienne-française (BCF), une collection qui rassemble les oeuvres marquantes de l'Acadie, de l'Ontario et de l'Ouest du Canada.



    Paru initialement en 1988, Noëlle à Cuba a été unanimement salué par la critique.



    Une vingtaine de touristes s'aventurent à Cuba - la perle des Antilles - pour Noël. Dans ce décor paradisiaque, certains cherchent l'amour, d'autres la fortune, la solitude ou le repos. Bercés par des moments de tendresse et portés par leurs péripéties quotidiennes - tant banales que tragiques - , c'est de lui qu'ils se souviendront surtout: Icare, l'ange, le révélateur des désirs, celui qui leur fera toucher la matière de leurs rêves.



    La nouvelle édition comprend une préface de Pierre Hébert, professeur de littérature à l'Université de Sherbrooke, une biobibliographie de l'auteur et un choix de jugements critiques. Et au préfacier d'affirmer:



    « [À] travers l'agenda des vies singulières, Pierre Karch livre une profonde et touchante méditation sur le voyage, l'art et la nature humaine. »

  • À Sioux Junction, village du Nord-Ouest de l'Ontario, Thomas Obomsawin, peintre autochtone devenu célèbre jusqu'à Paris, est accusé d'avoir mis le feu à la maison familiale. Le roman s'ouvre alors que débarquent dans le village moribond le juge, le procureur de la Couronne et l'avocat de la défense.

    Pendant que le procès, pour le moins inusité, suit son cours, une ribambelle de personnages et de curieux défile, chacun porteur d'un pan d'histoire. Du fil de leurs récits - fantaisistes, improbables ou contradictoires, mais profondément attachants - émerge l'Obom. Et l'Obom, assis sur son banc sur la berge de la Wicked Sarah, attend, patiemment, le verdict ou la fin.

    Roman incisif qui mêle comique et pathétique, «L'Obomsawin» dresse, à travers le portrait de ce village boréal, le microcosme d'un pays et de ses mythes, et pose la question : sait-on jamais où se terre la vérité ?

    Cette réédition comporte un appareil critique permettant de situer l'oeuvre dans son contexte de création.

  • Reprises

    Lizotte Guy

    « La parution de Reprises, c'est comme si le poète de Coppell - c'était là un de ses surnoms - venait partager à nouveau quelques morceaux d'enfance, quelques nelliganteries comme il appelait parfois ces images fugaces et souvent étonnantes qu'il prenait plaisir à lancer dans la conversation, sans prétention.
    « Aujourd'hui, quand je pense à Guy Lizotte, je pense à sa poésie, à sa façon de dire autrement les gestes et les émotions du quotidien. On peut lire ses poèmes comme une façon fraîche et spontanée, peut-être naïve, de voir et de sentir les choses. C'est une invitation à lire la nature autrement, à voir la beauté ou la gravité de ce qui nous entoure d'une façon originale, par la magie et la liberté des mots. La poésie de Guy Lizotte est aussi un gros bouquet d'émotions, souvent douloureuses. Plonger dans son univers, c'est côtoyer la solitude, la souffrance, mais aussi l'enfance, la beauté et le rêve. C'est toujours aller à la rencontre de soi. » (Extraits de la préface de Johanne Melançon)

  • « Longtemps j'ai refusé d'imaginer que « Temps pascal » connaîtrait un jour la faveur d'une réédition. Il y avait belle lurette que je n'aimais plus ce roman, pourtant mon premier, dans lequel je ne voyais que l'essai gauche d'un écrivain mal armé pour l'aventure littéraire. J'avais même honte du titre, que je croyais pourtant avoir pondu dans un moment de fantaisie débridée et qui m'avait seulement valu de voir mon livre rangé parmi les ouvrages religieux dans les librairies. Audace qui avait tourné au ridicule.

    Rééditer un premier livre, c'est accepter de se voir tel qu'on était jeune homme. On est d'abord pris d'un fou rire un peu gêné, comme lorsqu'on feuillette l'album de photos familial et qu'on se revoit les cheveux longs et en chemise d'enfant-fleur quétaine. Suit la vague honte qui nous fait tomber les bras à la relecture de nos premières lettres d'amour, dont la sincérité rachète rarement la mièvrerie et les fautes de français. Enfin, on est trompé par cet orgueil mal compris qui nous fait croire à tort qu'on a dépassé tout cela, qu'on est rendu ailleurs, etc. À tort parce qu'on aperçoit aisément dans un premier livre l'écrivain qu'on va devenir.

    Non, il faut oser y croire, une réédition est riche de surprises agréables. »

  • « Elle dégringole les vingt-cinq marches qu'elle avait réussi à gravir de peine et de misère, en s'appuyant sur son ombre. Sa blouse est ouverte sur ses seins. Son maquillage a coulé. Du haut de l'escalier, il la regarde lever les yeux vers lui. Des yeux infiniment durs et infiniment sauvages à la fois, qui ne demandent rien. C'est alors qu'il se résigne à descendre, la ramasse par le bras, la relève sans ménagement et lui hurle au visage qu'elle est une salope. »

    C'est ainsi que s'amorce ce récit poétique, avec la rencontre de cet homme et d'une femme ravagée par la vie. Tout de suite, il n'a qu'une pensée : la sauver, contre son gré s'il le faut. Ils formeront un couple. Il ne sera plus seul.

    « Cet homme, épris de la femme impure, est animé par une quête qui ne le laissera plus jamais, qui motive chacun de ses gestes. C'est là le commencement et le recommencement de cette histoire. La beauté stylistique du recueil de Stefan Psenak repose sur cette rencontre maintes fois répétée, maintes fois condamnée, entre l'homme et la femme. « Du chaos et de l'ordre des choses » en est la fable tragique et essentielle : la « sainte écriture », en quelque sorte, d'une histoire qui finira mal. Cela, nous le savions dès les premières pages. »

    (Extrait de la préface de François Paré)

  • Pendant cinq ans, André Paiement et ses collaborateurs ont veillé à la création de cinq pièces de théâtre produites par la Troupe de l'université Laurentienne et par le Théâtre du Nouvel-Ontario. Ces pièces mettaient en scène pour la première fois, les réalités des communautés françaises du Nouvel-Ontario. Affirmation identitaire, elles ont servi de point de ralliement à l'expression culturelle franco-ontarienne moderne.

    Pour commémorer ce jaillissement créateur, mais également dans le but de donner à cet auteur et à son oeuvre - ainsi qu'à tous ceux qui l'ont appuyé, qui y ont contribué - la place qu'ils méritent, Prise de parole offre cette nouvelle édition, fouillée et de qualité, qui regroupe dans le volume 1 : les pièces « Moé j'viens du Nord,'stie » (1971), « Et le septième jour... » (1971), « À mes fils bien-aimés » (1972) et « La vie et les temps de Médéric Boileau » (1973) ; et dans le volume 2 : « Lavalléville » (1974) et l'adaptation du « Malade imaginaire » de Molière (1975). Les volumes sont complétés d'une préface de Joël Beddows, de documents photographiques, d'un choix de jugements critiques, d'une biographie de l'auteur, d'une bibliographie détaillée ainsi que des partitions musicales des chansons.

  • Pendant cinq ans, André Paiement et ses collaborateurs ont veillé à la création de cinq pièces de théâtre produites par la Troupe de l'université Laurentienne et par le Théâtre du Nouvel-Ontario. Ces pièces mettaient en scène pour la première fois, les réalités des communautés françaises du Nouvel-Ontario. Affirmation identitaire, elles ont servi de point de ralliement à l'expression culturelle franco-ontarienne moderne. Pour commémorer ce jaillissement créateur, mais également dans le but de donner à cet auteur et à son oeuvre - ainsi qu'à tous ceux qui l'ont appuyé, qui y ont contribué - la place qu'ils méritent, Prise de parole offre cette nouvelle édition, fouillée et de qualité, qui regroupe dans le volume 1 : les pièces « Moé j'viens du Nord,'stie » (1971), « Et le septième jour... » (1971), « À mes fils bien-aimés » (1972) et « La vie et les temps de Médéric Boileau » (1973) ; et dans le volume 2 : « Lavalléville » (1974) et l'adaptation du « Malade imaginaire » de Molière (1975). Les volumes sont complétés d'une préface de Joël Beddows, de documents photographiques, d'un choix de jugements critiques, d'une biographie de l'auteur, d'une bibliographie détaillée ainsi que des partitions musicales des chansons.

  • Le recueil de poésie primé de Herménégilde Chiasson, « Conversations », est réédité dans la collection Bibliothèque canadienne-française (BCF). Cette édition est bonifiée d'une préface de Pierre Nepveu, d'un choix de jugements et d'une biobibliographie de l'auteur.

    Dans ce recueil, l'auteur répertorie, accumule, déploie 999 fragments de conversations, racontées tantôt par un « Lui », tantôt par un « Elle ». Pas de dialogue ici, pas plus que de répliques. Rien, non plus, qui permette de retracer l'existence d'un ou de plusieurs personnages qui se répondent, pas de suite qui permette de conclure à la construction d'une histoire. Plutôt, une sorte de texte théâtral d'où s'élève la vaste rumeur de l'oralité. Document d'où émerge le plus intime et le plus sincère de toute communication et de toute collectivité.

    « D'une poésie puissante, tellurique, incantatoire, Conversations s'enracine dans les ressources sonores et rythmiques d'une langue à la limite de l'ultrason. Une version acadienne de dire l'humanité. »
    - Jury, Prix du Gouverneur Général

  • Ces créations collectives ont respectivement marqué la naissance de deux compagnies de l'Ontario français, le Théâtre de la Corvée et le Théâtre de la Vieille 17, en plus de signaler l'émergence de créateurs devenus aujourd'hui figures de proue de la scène artistique nationale. Comédie sociale divertissante et éducative, « La parole et la loi » porte sur un moment marquant de l'histoire ontarienne, soit la lutte contre le Règlement 17 qui interdisait l'enseignement en français dans les écoles de la province en 1912. Premier vrai succès de La Corvée (aujourd'hui le Théâtre du Trillium), cette pièce est créée en 1979. Pièce drôle et nostalgique, « Les murs de nos villages » raconte une journée dans la vie d'un village ontarien. Outre sa création par les membres fondateurs de la Vieille 17 en 1979, la pièce a été produite à de nombreuses reprises par des troupes communautaires et scolaires. L'ouvrage comprend une préface de Dominique Lafon, professeure à l'Université d'Ottawa, ainsi qu'un historique et une théâtrographie des deux compagnies.

  • Troisième et dernier tome des « Chroniques du Nouvel-Ontario », « Les routes incertaines » suit le parcours sinueux d'une première génération née dans le Nord de l'Ontario, à l'époque turbulente de la Seconde Guerre mondiale.

    Du Nord ontarien à l'Afrique, en passant par Montréal, Ottawa et l'Europe, ces routes mènent tantôt à l'ambition tantôt à la déchéance. L'entreprise commerciale des frères Marchessault réussira-t-elle ? Jean-Pierre deviendra-t-il médecin, comme il le souhaite ? Rose-Delima reverra-t-elle Donald, celui qu'elle aime mais que la vie et la culture éloignent ? Cette époque bouleverse les plans de ces jeunes Franco-Ontariens qui, au seuil de l'âge adulte, entrevoyaient leur vie tout autrement. On suit leur parcours jusqu'à l'éclatement du Canada français en 1968.

    La parution des « Routes incertaines » dans la Bibliothèque canadienne-française complète la réédition de cette saga, « l'une des oeuvres les plus importantes de la littérature franco-ontarienne, tant par l'envergure que l'indéniable qualité littéraire ». - Doric Germain, Dictionnaire des écrits de l'Ontario français.

  • Affrontant une nouvelle fois le langage de Bébé M., Garde Vautour ne sait pas qu'elle change la couche et lave les fesses d'une écrivaine. Elle ne sait pas qu'elle a les deux mains plongées dans la littérature en devenir. Elle ne peut apprécier à leur juste valeur les nuances de jaune, de vert et de gris des excréments, sans parler de leur texture graisseuse, de leur fréquence et de leur puanteur. Garde Vautour ne pense pas à la littérature. Elle pense à la vie, à celle de Bébé M. en particulier, qui semble toujours aussi indifférente au fait que la vie pourrait à tout moment lui échapper, se glisser, prendre une autre route, aller s'établir ailleurs. Elle cherche le fil par lequel ramener l'enfant à la vie.

    En 1953, le monde occidental est témoin de grands événements : la mort de Staline, le couronnement d'Elizabeth II, la découverte de l'ADN, la publication du Degré zéro de l'écriture. Ces événements, parmi d'autres relatés dans les pages du quotidien l'Évangéline, à Moncton, ponctuent les jours de Garde Vautour et de la mère de Bébé M., aux prises avec les premières manifestations littéraires d'une romancière en gestation.

  • « L'extrême frontière », publié initialement en 1988, regroupe des textes de plusieurs époques, répartis en sept sections. Les textes les plus anciens datent de 1972, bien avant la publication du premier recueil de Gérald Leblanc, en 1981.

    Ce recueil est marqué par un travail poétique en mouvement, chacune des sections marquant un approfondissement de la matière première, la langue et ses rythmiques. Le recueil contient les textes des chansons bien connues que Leblanc a écrites au cours des années 1980 pour le groupe 1755.

    En parallèle au travail sur la matière poétique, « L'extrême frontière » rassemble les bribes de ce qui pourrait constituer une autobiographie ou un roman de formation. S'établit ici un rapprochement avec « Moncton mantra », seul roman du poète, qui raconte sa difficile venue à l'écriture dans le bouillonnement culturel du Moncton des années 1970 et 1980.

    La poésie, ici, se manifeste comme pratique vitale et politique.

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