Marie Ndiaye

  • Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu'elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze - mais elle a tout oublié de ce qui s'est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l'évidence éblouissante d'une passion.
    Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu'elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce... Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?

  • Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.
    L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

    Prix Goncourt 2009.

  • "Toutes ses facultés d'aimer, de se donner, de souffrir, d'espérer, la cuisine s'en était emparée bien avant que je la rencontre, et le peu de ces ressources d'amour qui parvenait à se détourner de la cuisine allait à sa fille."

    Un ancien commis de cuisine raconte la vie et la carrière de la Cheffe, une cuisinière qui a connu une période de gloire, dont il a longtemps été l'assistant - et l'amoureux sans retour. Au centre du récit, la cuisine est vécue comme une aventure spirituelle. Non que le plaisir et le corps en soient absents, au contraire : ils sont les instruments d'un voyage vers un au-delà, la Cheffe allant toujours plus loin dans sa quête de l'épure.

  • Gabrielle est professeure de français à Royan. Elle s'adresse aux parents de Daniella. Dans son monologue vindicatif plane le sentiment d'une faute inexpiable dont la narratrice se sent à la fois accablée et innocente. Comme toujours chez Marie NDiaye, une violence métaphysique se dégage des êtres et des situations, venue de si loin qu'il est impossible d'en déterminer la cause. Elle s'élève contre une injustice originelle indissociable, semble-t-il, de la condition humaine.

  • Ladivine

    Marie Ndiaye

    "Le chien tendit vers elle sa grosse tête au poil crasseux.
    Elle retint sa main par crainte de la vermine.
    Elle noya son regard dans le regard calmement éploré, calmement suppliant, et toute l'humanité et l'inconditionnelle bonté de l'animal docile lui

  • Trois pièces

    Marie Ndiaye

    Délivrance :
    Un exilé écrit à sa femme. Ses lettres se succèdent, dans lesquelles il la supplie d'aller voir ses vieux parents, réclame des nouvelles d'elle et de leur enfant...
    Berlin mon garçon :
    Marina part à Berlin chercher son fils qui s'y est fourvoyé. À son arrivée, elle est horrifiée par la laideur et la tristesse de la ville, malgré l'accueil de Rüdiger avec qui elle devra partager un appartement dans Corbusierhaus en vertu d'une loi nouvellement promulguée...
    Honneur à Notre Élue :
    Les habitants d'une ville parlent de leur élue, une femme extraordinaire. Elle est parmi eux présence bienfaisante, très humaine même si on ne sait pratiquement rien d'elle, pas même son nom. L'Opposant tente de rassembler des arguments pour mettre un terme à son mandat, mais, comme tous les autres, il aime Notre Élue...
    On retrouve dans chaque pièce l'univers fascinant de Marie NDiaye, son art délicat qui entraîne le lecteur comme le spectateur dans une spirale sans fin vers les abysses de la conscience.

  • Nadia, la narratrice, est institutrice à Bordeaux dans la même école que son mari, Ange. Ils vivent leur profession comme un apostolat et en tirent une authentique félicité.
    Mais depuis quelque temps le couple est l'objet d'une vindicte générale, harcelante et inexplicable. Personne ne les regarde plus en face, personne n'accepte d'entendre le son de leurs voix, les enfants ont peur d'eux...
    Nadia tente de comprendre la nature du complot qui la broie, tandis qu'un brouillard épais ensevelit Bordeaux. Quelle faute a-t-elle commise, qui justifierait ses malheurs? Pourquoi son fils s'est-il éloigné d'elle? Ange est-il vraiment son allié dans l'épreuve? Et qui est ce voisin qui les accable de propos lénifiants, ce Noget qu'ils avaient toujours méprisé et qui s'impose peu à peu comme leur protecteur tout-puissant?
    Le nouveau roman de Marie NDiaye baigne dans une clarté crépusculaire. L'écriture étonne encore une fois par sa précision, sa retenue, sa profonde singularité. La douceur constante du ton, le caractère familier des épisodes qui se succèdent, l'enchaînement implacable et comme naturel des malheurs qui frappent la narratrice, mais aussi les fréquentes pointes d'humour et la cocasserie des situations plongent le lecteur dans le ravissement inquiet que font naître les contes.

  • Maria «l'Antillaise » pose, le regard lointain, pour le photographe Nadar dans les années 1860. Maria Martinez, «la Malibran noire », artiste originaire de La Havane, connaît le succès sur la scène parisienne dans les années 1850 avec le soutien inconditionnel de Théophile Gautier. Malgré les nombreux points communs qui les rapprochent, on ne peut affirmer qu'il s'agit d'une seule et même «Maria ». La narratrice en est néanmoins persuadée.

    Que sait-on de ces modèles dont on ne connaît que l'image? Marie NDiaye, auteur d'une vingtaine de livres, prix Goncourt en 2009 avec Trois femmes puissantes, y répond par la littérature.

  • «J'avais décidé de ne pas en parler.
    Je me disais : si tu commences, on verra que tu as peur et tu seras bien obligée d'avouer que tu as peur.
    Tant que je n'en parlais pas, ce n'était qu'un songe un peu déplaisant.»

  • User du bon sens pour trouver la vérité en toute chose et agir pour relever les défis du développement est le leitmotiv de cette contribution. Une invitation à l'engagement au niveau individuel et dans le cadre associatif, de jeunes, de femmes et d'hommes, à agir et échanger avec des citoyens du monde, pour un meilleur devenir du continent. Relever les défis du développement est une priorité pour l'Afrique. Il s'agit d'un combat à mener contre l'incohérence d'un système qui engendre et perpétue le sous-développement et tous ses corollaires qui ont pour noms : pauvreté, manque de souveraineté, fuite des capitaux, insuffisance alimentaire, manque d'industrie, analphabétisme, éducation inadaptée, chômage des jeunes, migration clandestine, injustice et frustrations de toutes sortes. La pauvreté n'est pas une fatalité, elle n'est pas non plus une exclusivité africaine. La question de son éradication concerne l'humanité toute entière et devrait mobiliser les consciences car elle constitue un affront à la dignité humaine, partout ou elle sévit. De la même façon la résolution des problèmes de développement ne doit pas être l'apanage des seuls experts dont les politiques économiques et monétaires préconisées en Afrique depuis des décennies n'ont pas encore atteint leurs objectifs.

  • Vingt-huit bêtes : un chant d'amour Nouv.

    Marie NDiaye et Dominique Zehrfuss ont composé ensemble un livre rare et réjouissant, Vingt-huit bêtes : un chant d'amour, constitué du long poème écrit par la première et d'un bestiaire de 28 peintures réalisées par la seconde. Les vers de Marie NDiaye y répondent aux gouaches subtiles et oniriques de Dominique Zehrfuss, tandis que les couleurs éclatantes et les mille et un détails des illustrations invitent à entrer dans le poème.
    Marie NDiaye y évoque l'amour enfui, le désir qui s'éloigne, des paysages intérieurs en
    recomposition, et tisse sur le bestiaire peint de Dominique Zehrfuss un discours amoureux original et profond, à la fois intemporel et contemporain.
    Les deux oeuvres jouent ensemble, se façonnent et s'interprètent l'une l'autre dans un équilibre inattendu et saisissant.

  • Comment la littérature exprime-t-elle la transcendance du cadre national comme principal point de repère identitaire et socioculturel? Se donnant pour aire d'analyse la littérature africaine et caribéenne, ce dossier d'Études littéraires nous montre la représentation littéraire du transnationalisme comme un champ foisonnant, aux procédés narratifs et énonciatifs diversifiés. Les articles composant ce dossier examinent une belle variété de romans, allant de Rose déluge du Togolais Edem Awumey à L'Étoile noire de la Martiniquaise Michelle Maillet, en passant par La Fabrique de cérémonies du Togolais Kossi Efoui, Le Terroriste noir du Guinéen Tierno Monénembo, La Saison de l'ombre de la Camerounaise Léonora Miano et La Dot de Sarah et Le Livre d'Emma de l'Haïtienne Marie-Célie Agnant. Transportant le lecteur dans une grande diversité d'univers, cette nouvelle livraison d'Études littéraires nous fait voir le transnationalisme comme un puissant moteur de création littéraire.

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