Margaret Maruani

  • Depuis les années 1980, comment a évolué la place des hommes et des femmes dans le monde du travail en Europe, aux États-Unis, en Chine, au Japon, en Amérique latine, en Afrique, en Inde, au Maghreb et au Moyen-Orient ? Peut-on comparer, du point de vue du travail, de l'emploi, du chômage, de la formation, des régions du monde dont les histoires, les cultures et les niveaux de développement sont aussi contrastés ? Mettre en perspective ce qui semble incomparable : tel est le défi que relève cet ouvrage collectif.
    Il établit un bilan de ces situations, ainsi qu'un repérage des enjeux et des débats contemporains. À côté des sujets récurrents et nécessaires - écarts de salaire, évolution des métiers, conditions de travail, chômage -, il traite aussi des migrations, de la mondialisation des emplois, de la protection sociale, du harcèlement, des formes de mobilisation, des nouvelles technologies, de la prostitution, etc. Cet ouvrage révèle le poids central du travail dans l'évolution des rapports sociaux de sexe et dans les processus d'émancipation des femmes. Car la question du travail n'est pas un simple domaine des études de genre : c'est une clé pour comprendre la place des femmes et des hommes dans la société.
    Réunissant les contributions d'une cinquantaine d'auteur-e-s du monde entier et de plusieurs disciplines, ce livre est un outil de synthèse sans équivalent, ouvert et accessible, qui témoigne de l'internationalisation des débats sur les questions du genre. En dépit de la diversité des thèmes traités, des aires géographiques parcourues et des époques traversées, un leitmotiv chemine dans ces pages : dans le monde du travail, les femmes sont partout, l'égalité nulle part.

  • L'emploi est en crise, la flexibilité à la mode. Pourtant les femmes restent intransigeantes sur leur emploi. Certes, elles occupent toujours le bas de l'échelle des salaires et le socle de la pyramide sociale. Mais quand même : trois millions de femmes actives en plus depuis 1968, c'est un événement ! Travailler est, pour elles, une exigence inflexible. Cette lame de fond, pourtant, est sans cesse niée, refoulée ou occultée. Comme si l'activité féminine généralisée était honteuse, inavouable ! Une tare ? Mais qui a peur du travail des femmes ? Le livre est bâti à la manière d'un miroir : les faits, les chiffres, les lois, et, en regard, les mots, les mythes, les fables. Plus qu'une anthologie des idées rassies et des stéréotypes en vrac, un plaidoyer contre la mauvaise foi, la cécité, la manipulation des mots et des mythes. Non, le travail n'est pas toujours mâle.

  • Surexploitation des femmes, oppression spécifique : Margaret Maruani en rappelle les fondements, mais s'attache surtout à mesurer l'évolution des revendications syndicales depuis 1968, leur extension à des problèmes nouveaux. Elle donne la parole à des dizaines d'ouvrières grévistes et syndicalistes impliquées dans des conflits souvent très durs (C.I.P., Lip, Confection Industrielle de l'Atlantique, Rhône-Poulenc...). Interviews, débats, analyses : des femmes mettent en question la pratique syndicale. Syndicats de femmes, droit au travail ; partage des tâches ménagères, avortement, contraception, commissions-femmes, égalité dans la conduite des luttes : le champ syndical s'étend, des exigences nouvelles se font jour. Féminisme et syndicalisme, deux mondes étrangers l'un à l'autre ? De moins en moins. Par une analyse précise, vivante et simultanée des textes et des réalités, M. Maruani conclut à une dimension féministe des conflits de travail. Féminisme syndical ? Syndicalisme féministe ? Les syndicats à l'épreuve du féminisme ; la naissance d'une identité féminine dans les conflits sociaux, le début de l'ère des ruptures. Avec le classicisme syndical. Avec le ghetto des « problèmes de bonnes-femmes ». Avec le patriarcat. Avec l'infériorisation permanente.

  • A partir d'une présentation systématique des très nombreux travaux de recherche menés depuis des années en Europe, les auteur(e)s mettent en évidence les grandes tendances à l'oeuvre concernant les inégalités hommes/femmes face à l'emploi. L'irruption de la crise de l'emploi, l'installation d'un chômage massif, durable et structurel n'ont pas interrompu la progression de l'activité féminine.

  • Un état des connaissance sur la situation des femmes en France aujourd'hui La seconde moitié du XXe siècle a été porteuse, dans l'ensemble des pays développés et tout particulièrement en France, de transformations sociales majeures pour les femmes : liberté de l'avortement et de la contraception, droit de vote et parité, croissance spectaculaire de la scolarité et de l'activité professionnelle. Ces mutations ont-elles, pour autant, fondamentalement entamé la domination masculine ? Aucune réponse simple n'est possible. Nous vivons une époque de paradoxes et de contradictions : plus de femmes instruites, actives, salariées, mais aussi plus de chômeuses, de salariées précaires ou pauvres ; les lois sur l'égalité professionnelle se sont multipliées, mais la résorption des disparités de carrières et de salaires stagne, péniblement. Les femmes ont - tardivement - conquis le droit de vote, mais en dépit des lois sur la parité, bien peu sont élues. Le droit à la contraception et à l'avortement est une conquête évidente, mais que penser de la persistance, longtemps ignorée, des violences faites aux femmes et du harcèlement sexuel ? Les formes familiales se sont diversifiées, les relations de couple se sont transformées, mais le monopole féminin sur le travail domestique demeure, stable et imperturbable. Cet ouvrage collectif met à la disposition du grand public un état des lieux des connaissances accumulées dans différents domaines : le corps, la famille, le marché du travail, la politique. Il rassemble des points de vue divers, émanant de chercheurs et d'universitaires de différentes disciplines. Un point fondamental les réunit : la conviction que la différence des sexes est un outil indispensable à la compréhension du monde social.

  • Compter le nombre de femmes au travail dans la France du XXe siècle et conter l'histoire de ces chiffres, telle est l'ambition de ce livre. Au prix d'une recherche de grande ampleur, les auteures ont rassemblé - pour la première fois - les statistiques du travail, de l'emploi et du chômage des femmes de 1901 à 2011, ces chiffres basiques que l'on peine à retrouver dans le labyrinthe des publications statistiques.
    À rebours des idées reçues, cet ouvrage met en évidence le poids indiscutable de l'activité laborieuse féminine dans le fonctionnement économique, sa remarquable constance, en dépit des crises et des récessions, par-delà les périodes de guerre et d'après-guerre. Jamais moins du tiers - et désormais près de la moitié - de la population active : telle est la part des femmes dans le monde professionnel au XXe siècle en France. Telle est la portée de leur force de travail.
    Au fil des recensements de la population, les auteures analysent les fluctuations de la division sexuelle du travail, des métiers d'antan aux professions d'aujourd'hui, et décryptent, d'un début de siècle à l'autre, les illusions d'optique statistique. Un livre original et accessible, qui intéressera, au-delà des spécialistes, toutes celles et ceux qui sont attachés à comprendre comment se construisent les stéréotypes sur la place des femmes dans la société.
    Cet ouvrage est complété par des annexes statistiques comportant de nombreux tableaux détaillés, à télécharger sur www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Un_siecle_de_travail_des_femmes_en_France-9782707145710.html

  • Sous la direction de Margaret Maruani, Je travaille donc je suis est un ouvrage pluridisciplinaire constitué de contributions débattant autour d'une hypothèse forte : l'analyse de la place des femmes et des hommes sur le marché du travail est un fil rouge pour comprendre le statut de l'un et l'autre sexe dans la société. Le travail est au coeur des rapports de genre. Et à l'inverse : les logiques de genre sont indispensables à la compréhension du fonctionnement des activités laborieuses.
    Dès l'après-Seconde Guerre mondiale, l'accès au travail rémunéré a été au coeur des revendications des mouvements féministes occidentaux. En parallèle, cette question de l'activité laborieuse a constitué un champ privilégié pour les travaux de recherche pionniers sur les femmes. En ce début de XXIe siècle, marqué par une " crise " économique de long terme, une augmentation de la précarisation et un chômage endémique liés aux politiques néolibérales, l'analyse de la place des femmes et des hommes sur le marché du travail reste un passage obligé pour comprendre, beaucoup plus largement, les formes nouvelles de la domination masculine.
    Rassemblant une trentaine d'auteur·e·s issu·e·s de différentes disciplines et pays,
    Je travaille, donc je suis propose d'éclairer, dans une perspective internationale et à travers des objets d'étude novateurs, les débats contemporains articulant genre et travail. Cet ouvrage s'appuie sur une hypothèse forte : le travail est une fenêtre sur le monde social - sur ses hiérarchies, ses tensions, mais aussi sur ses transformations - et l'analyse de la place des femmes et des hommes sur le marché du travail doit rester au coeur de toute réflexion sur l'émancipation des femmes.

  • Ce livre tente de rendre compte, discipline par discipline, de l'émergence d'analyses sexuées du monde du travail. Il montre comment l'introduction du masculin/féminin renouvelle les approches, les problématiques et les concepts. Il explicite également les difficultés, les blocages et les embûches de l'exercice : le temps de la connaissance n'est pas toujours celui de la reconnaissance.
    Retracer le parcours de la question des différences de sexe dans les sciences sociales du travail : tel est l'objet de cet ouvrage collectif pluridisciplinaire et international. Organisé par le groupement de recherche MAGE (Marché du travail et genre), il rassemble vingt et une contributions émanant de sociologues, d'historien(e)s, d'économistes, de statisticien(e)s, de juristes, de politologues, de philosophes et d'anthropologues venus de différents pays.
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  • Trois années de grève avec occupation d'usine. Une si longue grève de femmes, même au pays de Germinal, c'est un évènement unique. Le temps a passé : c'était entre 1975 et 1978. A l'époque, la CIP, enfant naturelle et légitime de LIP, poursuivait le rêve autogestionnaire des occupations d'usine et des reprises ouvrières de la production. A LIP, des ; montres. A la CIP, des chemises sauvages au secours de l'emploi. Que reste-t-il, aujourd'hui, quand la grève se retire ? Point de grand chambardement. Pourtant rien n'est plus comme avant. Les femmes de la CIP nous disent ici le quotidien. Celui du boulot, de la maison, des enfants, du mari... Celui aussi du syndicat, de la politique, de la lutte des classes. Après des mois d'enquête, avec des centaines de pages d'interviews, Anni Borzeix et Margaret Maruani construisent ce récit à plusieurs voix, en laissant la parole aux actrices. Les lendemains n'ont pas effacé la grève. Le temps des chemises a laissé son empreinte : des bouleversements de fil en aiguille, des transgressions en douceur et en profondeur, une subversion tranquille. Une aventure racontée à la manière des ouvrières du Nord, avec modestie et impertinence en un mélange de pudeur et d'irrespect.

  • Les sciences de l'homme ont été très longues et lentes à s'emparer des mutations sociales. Le pari de ce livre est de montere qu'une lecture sexuée du monde permet de renouveler l'analyse que l'on peut faire de la société : ce qui peut d'ailleurs se vérifier sur certains thèmes : le travail des femmes, les rapports homme-femme dans la société et la famille, les rapports de pouvoir et domination ... Contributions de chercheurs qui sont parmi les meilleurs spécialistes du travail, de l'emploi, de l'éducation, de la famille, de la sexualité, de la politique, autour d'un fil conducteur : une lecture critique de la genèse des recherches sur les femmes, le genre et la différence des sexes, chacun étant convaincu de la nécessité et de l'intérêt d'avoir une lecture sexuée du monde social.

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