Langue française

  • Le monologue frénétique d'un homme qui glisse dans la folie. On retrouve la langue rythmée et syncopée de Makenzy Orcel, l'auteur très remarqué des Immortelles (Zulma, 2012) et Maître-Minuit (Zulma, 2018).

  • Il y a Toi, bonne à tout subir et à tout faire, Makenzy, en père pire que maudit, Orcel, le frère mutique posté devant la mer, l'Envoyé de Dieu et ses bacchanales infernales, et puis les loups qui rôdent en mauvais anges expropriateurs...
    Et il y a la voix, une voix de femme qui monte du fond de l'abîme ou du tréfonds du ventre. Elle s'incarne, libre, puissante, en récitante héroïque de sa vie de rien, celle d'avant la mort, avant que les siens ne l'abandonnent dans ce village perdu - « je suis le rare cadavre ici qui n'ait pas été tué par un coup de magie, un coup de machette dans la nuque ou une expédition vaudou, il n'y aura pas d'enquête, de prestidigitation policière, de suspense à couper le souffle comme dans les films et les romans - et je te le dis tout de suite, ce n'est pas une histoire -, je suis morte de ma belle mort, c'était l'heure de m'en aller, c'est tout »
    Un roman tout entier porté par le souffle d'un verbe incandescent. Makenzy Orcel est né à Port-au-Prince en 1983. Après les Immortelles, premier roman très remarqué, salué par le Prix Thyde Monnier de la SGDL, il nous revient avec l'Ombre animale, magistral.
    À propos des Immortelles :
    « Une écriture poétique qui flambe haut, très haut. » David Fontaine, Le Canard enchaîné.

  • Que sont devenues les immortelles, ces prostituées de la Grand-Rue, qui font un métier d'amour, de chair et de désirs,
    après le séisme du 12 janvier ayant dévasté Haïti ?

    « Il est rare de rencontrer dans une première oeuvre une vigueur et un souffle qui annoncent la naissance d'un grand auteur. »
    Alain Mabanckou, Jeune Afrique

    « Il faut rendre grâce à Makenzy Orcel pour ce roman si dense, qui entrelace en peu de mots l'amour, la mort, le deuil, le désir, la misère, la maternité. »
    David Fontaine, Le Canard enchaîné

    « Ce roman est une véritable fulgurance. »
    Marianne Payot, L'Express

  • De la poésie pour réinventer le monde et les vivants...
    Il vit à Port-au-Prince. Son métier : poète. Sa foi : l'avenir. Son désir : quelques rêves d'amour et de soleil. Il a une jeunesse insolente et des yeux qui refusent de se fermer, ni de mourir solitaire / sans livrer les méandres de la faille. Il écrit pour ne pas flancher.
    Pour être debout entre les phrases. Ses mots se font fleurs, barbelés en crue / dans la spirale du rêve, dit testamentaire d'une île où seule l'étreinte / conduit la
    lumière.
    Rodney Saint-Éloi

  • Un quartier délabré, des latrines et des voix se répondent en écho. Les radoteurs de la place d'Armes refont le monde. Les confidences. Les misères. Les tracasseries. Les amours. Les folies. Les exils. Les voix s'entrecroisent, tantôt graves, tantôt intimistes, dans ces mille et une nuits de la vie port-au-princienne. c'est ;à l'ombre des latrines que chaque personnage se cherche une histoire, une humanité, une conscience et une identité. Les roman Les latrines, métaphore d'une société aux prises avec ses démons, ses failles et ses joies, donne voix et corps aux damnés de la terre. Résultat: un regard puissant, subversif, sans concession. Lisez ce nouveau prodige de la littérature haïtienne, découvrez cette voix insolite.

  • Faudrait-il hélas rappeler que la poésie désarme les certitudes, invite à douter, donne à la langue ce qu'elle ne trouvera nulle part ailleurs, brise les miroirs nous renvoyant des images arrêtées de nous-mêmes, saute les verrous du sacré, rêve ?

  • Oeuvre de deux jeunes écrivains de grand talent, aux univers originaux et distincts, cette confrontation fraternelle d'expériences intimes et littéraires, mêlant fiction et récits personnels, entraîne le lecteur d'Haïti à Pékin, de Delhi à Paris, dans la mémoire des lieux et la fragilité des vies.
    Makenzy Orcel et Nicolas Idier se sont rencontrés à Pékin en 2012, revus à Paris. Après plusieurs années, ils se retrouvent à Calcutta. Ils ont mille choses à se raconter : l'amour de leurs mères, la naissance de leurs enfants, leurs projets d'écriture, leur révolte contre toutes les formes d'injustice, les grandes amitiés qui leur donnent le courage d'écrire, les visages et les drames des peuples qui font la vérité du monde. L'un vit entre Port-au-Prince et Paris, l'autre entre Pékin et Delhi, mais ce soir-là, ils sont assis au bar d'une boîte de nuit. De cette rencontre improvisée surgit l'idée d'écrire un livre qui réunisse deux voix des littératures française et haïtienne dans la sincérité absolue d'un échange sans tabou. Oscillant entre roman, poésie, essai et confidences, par-delà toutes les catégories, ce texte magnifique traverse les frontières et les continents pour atteindre à l'universel.

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