Jean-Michel Salaun

  • La télévision réunit sur un même petit écran le forum et la foire ; le débat, le conte, la fête et le boniment ; le journaliste, l'auteur, l'animateur et le camelot. Ce serait une nouvelle agora si notre société pouvait se comparer à celle de l'antiquité. Mais le développement technique au service de puissantes industries de l'électronique et des télécommunications d'un côté, la démocratie bourgeoise redéfinie par l'État-providence de l'autre, forment un tout autre cadre dans lequel le média est né et continue de grandir. Les États initiateurs et régulateurs, les annonceurs intéressés, les industriels de la culture entreprenants se rencontrent dans une volonté commune de favoriser sa croissance. Pourtant chacun a des idées particulières sur son avenir. Enfin, contrairement à l'antiquité, ou même aux plus récentes pratiques sociales, la différenciation des genres n'est plus spatiale, mais temporelle. Le débat politique, le théâtre, le jeu, le marché ne se répartissent plus en différents lieux dans une ville, mais en différents moments dans une grille de programmes. S'ils restent clairement identifiés, ils sont tous contraints d'industrialiser leur fabrication pour répondre à la boulimie du flot télévisuel. L'Europe est atteinte par le virus de la communication, la télévision fait une poussée de fièvre : sa croissance est forte, les générations industrielles s'entrelacent, les modes de régulation se renégocient... Le média est au centre d'un débat plus passionné que réfléchi : État ou marché ? Information ou spectacle ? Éducation ou distraction ? Impérialisme américain ou protectionnisme ? Avant de répondre trop hâtivement à des questions trop simples, il est urgent de mieux penser la télévision.

  • La démarche proposée par Jean-Michel Salaün place le Web comme un moment d'une histoire longue, celle du document. C'est-à-dire la suite des efforts d'indexation systématique lancés à la fin du XIX e siècle, modifiant le document lui-même dans ses trois dimensions : la forme (le "vu"), le contenu (ce qui est "lu") et la fonction de transmission (le "su").
    Ce livre propose d'observer le Web sous un angle inédit, en le plaçant comme un moment d'une histoire longue et méconnue, celle du document. Inventé par Tim Berners-Lee, le Web prend la suite des efforts d'indexation systématique lancés à la fin du XIXe siècle, modifiant le document lui-même dans ses trois dimensions : la forme, le contenu et la fonction de transmission. Le Web est alors un média comme un autre, s'inspirant de la bibliothèque et de la radiotélévision pour répondre aux aspirations documentaires d'une société qui a changé en profondeur. Les anciens médias eux-mêmes élargissent leur vocation en devenant des " industries de la mémoire ", par l'archivage numérique continu et public de leur production. Les nouveaux venus, comme Apple, Google ou Facebook, privilégient chacun une dimension différente du document pour prendre une position dominante dans la construction d'un " néodocument ".
    Puisant ses références dans différentes disciplines et s'appuyant sur le travail d'un réseau de chercheurs francophones sur le document numérique, ce livre ouvre plus largement les possibilités d'interprétation du Web et propose à ses acteurs indépendants de devenir des " architectes de l'information " pour contrer l'hégémonie menaçante des géants de la Toile.

  • Avec le web, les moteurs de recherche, les blogues et les wikis, la relation à l'information s'est transformée au point où les repères habituels s'émoussent et doivent être redéfinis de fond en comble. Du coup, le travail des archivistes et des bibliothécaires doit l'être tout autant. Riches d'une solide tradition et conscientes des défis posés par la modernité la plus radicale, les sciences de l'information se sont élargies. Mais il ne s'agit plus seulement de conserver et de diffuser le savoir, il s'agit d'en repenser le traitement et l'accès.
    Conçu par l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) de l'Université de Montréal, cet ouvrage se situe au carrefour de deux grandes traditions, américaine et française, et a pour ambition de fournir les clés du monde des sciences de l'information en se fondant sur des savoirs pratiques et concrets. Les auteurs présentent ici un savoir à la fine pointe des sciences de l'information pour répondre à la complexité des enjeux actuels et futurs.
    Jean-Michel Salaün est directeur de l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information et professeur titulaire de l'Université de Montréal. Il enseigne l'économie du document.
    Clément Arsenault est professeur agrégé de l'Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l'information. Il enseigne la description documentaire et la recherche d'information.

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