Jacques Semelin

  • Purifier et détruire ; usages politiques des massacres et génocides

    Jacques Semelin

    • Seuil
    • 1 Octobre 2009

    La couleur des idées
    Ce livre, en tout point exceptionnel, est le fruit de plusieurs années de travail dans le cadre d'un programme de recherche au CNRS. Il propose une approche résolument transdisciplinaire et comparative pour tenter de " penser " les processus de violence qui aboutissent aux massacres et aux génocides de l'époque moderne. Comment de tels crimes de masse sont-ils possibles ? Quelles manipulations du langage et des esprits interviennent pour préparer le " passage à l'acte ", notamment en élaborant, préalablement, un imaginaire et une justification ? Comment s'enclenche et s'affole la mécanique du meurtre ?
    L'auteur fonde principalement son enquête sur plusieurs exemples : la Shoah, les nettoyages ethniques de l'ex-Yougoslavie, le génocide des Tutsis au Rwanda et encore les génocides arménien et cambodgien. Par l'ampleur de la documentation utilisée, la richesse des références bibliographiques, l'exigence permanente de l'analyse, ce livre est à la fois vertigineux et sans équivalent. On ne s'était sans doute jamais approché d'aussi près de cette énigme insondable, de ce " trou noir " devant lequel vacille l'entendement humain.

  • La non-violence expliquée à mes filles

    Jacques Semelin

    • Seuil
    • 28 Mai 2015

    " Voici plus de vingt-cinq ans que je travaille sur la violence et l'action non violente. Sur un tel sujet, la plupart des questions que se pose un enfant concerné la vie de tous les jours. Si quelqu'un m'agresse, que dois-je faire ? Comment réagir face au racket à l'école ? Contre une agression sexuelle ? Et la violence des jeunes ? Et le racisme ? Pour répondre, j'ai quitté mes chères études... C'est ainsi que je me suis mis à écrire quelques pages, que je leur donnai à lire : j'ai souvent refait ma copie.
    J'ai voulu leur dire que la non-violence n'est pas la passivité : c'est une manière d'être et un e manière d'agir qui visent à régler les conflits, lutter contre l'injustice, construire une paix durable. Je me suis appuyé sur de nombreux exemples empruntés à la vie quotidienne et à l'Histoire. "
    J. S.

  • Cette question était encore un " point aveugle " dans l'historiographie de la Shoah. Certains ont même parlé d'une " énigme française ". Au terme d'une enquête de plusieurs années, riche de témoignages et d'archives, écrite d'une plume sensible et sereine, Jacques Semelin apporte une contribution décisive. Il brosse un tableau radicalement autre de la France occupée. Une société plurielle et changeante, où la délation coexiste avec l'entraide, où l'antisémitisme n'empêche pas la solidarité des petits gestes. Sans jamais minimiser l'horreur du crime, ce livre monumental ouvre une nouvelle période dans notre lecture des années d'Occupation. Il fera date. Directeur de recherche au CNRS (CERI) et professeur à Sciences Po, Jacques Semelin est spécialiste de la résistance civile et des crimes de masse. Son livre Sans armes face à Hitler (1989), désormais considéré comme un classique, vient d'être réédité. Il a aussi publié Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides (2005), ouvrage traduit aux États-Unis par la Columbia University Press.

  • Décrivant les mille visages de cette " dissidence/résistance ", qui franchit le tabou de l'illégalité, l'auteur s'efforce d'en apprécier le poids, au regard des pratiques de collaboration. Il prend aussi en compte le développement de la lutte armée pour penser ce qu'il nomme le " phénomène résistant ". " Cette résistance civile fut celle de la survie, visant à sauver ce qui pouvait l'être, sans attendre nécessairement le renversement du rapport des forces militaires [...]. Le but de la résistance civile ne fut pas tant de vaincre l'occupant -; elle n'en avait pas les moyens -; que d'exister à côté de lui, en dépit de lui, sans attendre l'heure de l'éventuelle délivrance. " La réédition de ce livre s'imposait alors que son auteur publie, sous le titre Persécutions et entraides dans la France occupée, une étude qui fera date et s'interroge sur le fait qu'en France, soixante-quinze pour cent des juifs ont pu échapper à la mort.

  • Je veux croire au soleil

    Jacques Semelin

    • Les arènes
    • 13 Avril 2016

    La réalité quotidienne d'un non-voyant est un pays
    étranger. Quel est son rapport au monde ? À la ville et à la
    nature, à la nécessité de se déplacer, d'utiliser des écrans
    tactiles, de traverser les rues, de reconnaître les gens ?
    Invité à donner des cours au Québec, l'historien Jacques
    Semelin nous propose un récit de voyage d'un genre
    nouveau. À la fois le sien, dans une ville dont il découvre
    tout, et le nôtre, dans la tête et le corps d'un non-voyant.
    Son écriture émouvante et souvent drôle entraîne le
    lecteur dans ce que Borges appelait une expérience
    sensuelle et esthétique.
    Chaque sens (ouïe, odorat, toucher) est sollicité, de
    même que l'imaginaire pour inventer le réel. Quand on
    ne voit plus le soleil, il s'agit de croire qu'il existe, et de
    s'en remettre à la confiance vitale.
    Un récit unique et universel.

  • J'arrive où je suis étranger

    Jacques Semelin

    • Seuil
    • 7 Mai 2013

    J'ai appris à l'âge de 16 ans qu'un jour je ne verrais plus. Quand exactement devais-je connaître la nuit ? Personne n'en savait rien. Mais mon destin était scellé, de par ma naissance. C'était comme un sort qui m'avait été jeté, en pleine adolescence, sous le sceau de l'injustice. Pourtant, j'ai décidé de ne rien en dire, pas même à mes parents ou à mes amis.
    Qu'allais-je devenir ? Vers quel futur me projeter ? Habité par l'angoisse de ce naufrage annoncé, j'ai longtemps cherché mon chemin. Je me demandais que faire de ma vie, quel métier choisir. Un jour, j'ai même frôlé la mort, par distraction.
    Ainsi ai-je dû avancer vers le monde inquiétant des ombres et du brouillard perpétuel. C'est ce voyage contraint et forcé – inexorable – que j'essaie de raconter ici, tel un explorateur à la découverte d'un pays dont on ne revient pas. On lira le récit de ces quelques trente années de périple, certes jalonné de moments de dépression et d'amertume mais aussi de rebondissements joyeux, voire de petits triomphes.
    Animé par la rage de vaincre et l'amour des miens, je me suis trouvé une route à tâtons. En me cherchant, je suis devenu chercheur. J'ai mis au centre de ma vie la volonté de comprendre les conduites humaines, que les individus se grandissent dans la résistance ou s'avilissent dans la barbarie. Cette passion pour l'homme m'a véritablement " porté ". Elle m'a entraîné à mobiliser toutes mes forces et mes facultés intellectuelles pour " lire ", enquêter, voyager, écrire, enseigner. D'où ce parcours qui m'a conduit de la Sorbonne à Harvard puis au CNRS et à Sciences Po.
    Désormais, je vous écris depuis ces contrées lointaines de la Grisaille, où je me sens étranger. J'y ai pourtant pris mes petites habitudes. On me demande souvent : " Mais comment vous débrouillez-vous ? " De cette métamorphose, je souhaite aujourd'hui témoigner, après des années de silence et de combat. Maintenant, j'ai le sentiment d'y voir un peu plus clair !
    Historien et politologue, Jacques Sémelin est directeur de recherche au CNRS (CERI) et enseigne à Sciences Po. IL est l'auteur notamment de Sans armes face à Hitler (Payot, 1998) et de Purifier et Détruire. Usages politiques des massacres et génocides ( Seuil, 2005) couronné par le Prix Philippe-Habert - deux ouvrages traduits en plusieurs langues.

  • Tout a commencé par une question posée par Simone Veil à Jacques Semelin en 2008 : « Comment se fait-il que tant de Juifs ont pu survivre en France malgré le gouvernement de Vichy et les nazis ? » Un vrai défi pour cet historien spécialiste des crimes de masse et de la Shoah.
    Si Serge Klarsfeld a établi que trois quarts des Juifs en France ont échappé à la mort (chiffre exceptionnel en Europe), ce n'est en effet pas l'action des quelque 4 000 Justes français qui peut à elle seule l'expliquer. Et ce n'est pas davantage (comme certains le soutiennent à nouveau aujourd'hui) une imaginaire mansuétude de Vichy, dont l'implication criminelle n'est plus à démontrer. Il y avait donc bien une « énigme française » sur laquelle l'historiographie était encore très pauvre.
    D'une plume alerte, en collaboration avec Laurent Larcher, journaliste à La Croix, l'historien nous raconte son enquête passionnante dans la mémoire des Juifs non déportés, son analyse des circonstances de l'époque, ses rencontres avec Robert Paxton, Robert Badinter, Pierre Nora, Serge Klarsfeld... C'est une tout une autre histoire des Français sous l'Occupation qui est ici mise au jour et confrontée au régime mémoriel institué par le discours de Jacques Chirac le 16 juillet 1995 - sans que jamais la Collaboration ni le sort tragique des victimes ne soient oubliés.

  • La survie des Juifs en France 1940-1944

    ,

    • Cnrs editions
    • 18 Octobre 2018

    Comment et pourquoi 75 % des juifs ont-ils échappé à la mort en France sous l'Occupation, en dépit du plan d'extermination nazi et de la collaboration du régime de Vichy ? Comment expliquer ce taux de survie inédit en Europe, dont les Français ont encore peu conscience ?

    Comment et pourquoi 75 % des juifs ont-ils échappé à la mort en France sous l'Occupation, en dépit du plan d'extermination nazi et de la collaboration du régime de Vichy ? Comment expliquer ce taux de survie inédit en Europe, dont les Français ont encore peu conscience ?

    Jacques Semelin porte un regard neuf et à hauteur d'hommes sur les tactiques et les ruses du quotidien qui ont permis aux persécutés d'échapper aux rafles et déportations. Au-delà du contexte international et des facteurs géographiques, politiques, culturels, il montre que les juifs ont trouvé en France un tissu social complice pour les aider, surtout à partir de l'été 1942, malgré l'antisémitisme et la délation.

    Entre arrestations et déportations d'une part, gestes d'entraide et pratiques de solidarité d'autre part, ce livre est tout sauf une histoire édulcorée des quelque 220 000 juifs toujours en vie en France à la fin de l'Occupation. C'est une histoire au plus près des réalités quotidiennes des persécutés juifs, français et étrangers, illustrée par les trajectoires d'individus ou de familles, dont le lecteur suit l'évolution de l'avant-guerre aux années noires.

    " Ce livre que j'aurais tant voulu écrire, c'est Jacques Semelin qui l'a écrit et c'est une remarquable réussite. "

    Serge Klarsfeld

  • La résistance aux génocides ; de la pluralité des actes de sauvetage

    ,

    • Presses de sciences po
    • 4 Décembre 2008

    Quand la haine et la peur gagnent un pays, que la guerre et le massacre se propagent, il est toujours quelques hommes et quelques femmes qui ne se laissent pas entraîner. Sans mot dire, ils se tiennent de côté. Dans le secret et le risque, ils veulent aider plus que dénoncer, protéger plus que détruire. Parfois, ceux-là même qui participent au carnage tentent aussi de sauver. Dans ces situations d'extrême violence, une résistance civile, improvisée, tend à se développer, faite d'une multitude de petits actes individuels et de l'action de quelques organisations clandestines.

    À partir de 3 cas - les génocides des arméniens, des juifs et des tutsis -, cet ouvrage représente la première tentative à la fois internationale, comparative et pluridisciplinaire pour constituer l'acte de sauvetage en objet de recherche, en se dégageant de la catégorie mémorielle du « Juste ». Le résultat est d'une richesse exceptionnelle et dérangeante. Impossible de dresser un portrait type du sauveteur, cependant les actes de sauvetage témoignent d'un fait historique : l'existence discrète d'une société informelle de sauvetage - si fragile soit-elle - dès que commence le génocide.

    Réunissant trente chercheurs de onze pays, cet ouvrage est dirigé par Jacques Sémelin, historien et politiste, directeur de recherche CNRS au CERI (Centre d'études et de recherches internationales de Sciences Po), Claire Andrieu, professeure des Universités en histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris, et Sarah Gensburger, docteure en sociologie (EHESS).

  • De la Préhistoire et l'Antiquité à la Bosnie et au Rwanda, en passant par la guerre de Trente Ans, la guerre des Boers ou Little Big Horn et, bien entendu, les deux guerres mondiales, ce passionnant volume montre l'apport considérable de l'archéologie contemporaine. Son approche anthropologique, libérée des contraintes de l'histoire militaire et stratégique, rennouvelle en profondeur notre vision les violences du XX e siècle.
    L'archéologie, par la documentation considérable qu'elle apporte sur l'expérience de la guerre et la réalité de la violence, renouvelle notre compréhension des conflits, depuis la Préhistoire jusqu'à aujourd'hui. Son approche anthropologique a en effet libéré la recherche des contraintes de l'histoire militaire et stratégique, les violences du XXe siècle conduisant la discipline vers de nouveaux enjeux liés à l'expertise médico-légale, à la récupération de la mémoire historique et au droit.
    Guerres et combats ne sont plus uniquement relatés par les archives des vainqueurs, mais étudiés par l'archéologue en prenant en compte l'ensemble des documents mis au jour : champs de bataille, dépôts d'armes, restes humains, garnisons, camps de prisonniers ou d'internement... La propagande est déconstruite, images et objets sont contextualisés, le cadre économique et social du conflit est restitué, la réalité de la violence collective est analysée. Et les morts peuvent sortir de leur anonymat.
    Dans cet ouvrage, qui propose une grande variété d'éclairages sur les violences et les guerres, l'archéologie apparaît ainsi à la fois comme la science de la mémoire matérielle des hommes et comme un instrument au service de la longue histoire du savoir, des techniques et de la diversité culturelle qui fait la richesse de l'humanité.

  • La Dissuasion civile : Principes et méthodes de la résistance non-violente dans la stratégie française

    , ,

    • Fenixx réédition numérique (institut de stratégie comparée)
    • 29 Octobre 2015

    Problèmes de méthode pour une approche cohérente de la défense civile non-violente. Apports de la recherche historique à l'élaboration d'une telle défense. Exposé de quelques mesures pouvant préparer la société française à une dissuasion de cet ordre.

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