Carlo Emilio Gadda

  • Dans un immeuble cossu de via Merulana à Rome, les bijoux d'une comtesse vénitienne ont été dérobés ; et voilà qu'on retrouve la belle Liliana Balducci assassinée de façon sanglante. Les enquêteurs sont sur les dents : indices, poursuites, interrogatoires... un vrai roman policier. Mais pour le nonchalant commissaire Ingravallo, chaque effet a une multitude de causes, chacune en cachant d'autres. Et dans le cas d'un crime, aucun des courants qui convergent dans ce tourbillon ne peut être négligé. Ainsi l'enquête prend son temps et s'embrouille affreusement, sillonnant, pour le plus grand bonheur du lecteur, les rues de la Ville éternelle, où le présent se mêle au passé mythique tandis que résonnent les multiples dialectes et les innombrables accents. Dans cette escalade sonore, la phrase gaddienne se déploie, s'étire et se retire, jouant sur tous les tons : la farce pour évoquer le peuple, le sarcasme pour Mussolini, la poésie pour un défilé de nuages... La nouvelle traduction, magistrale, de Jean-Paul Manganaro nous en restitue aujourd'hui toute la verve foisonnante. Avec L'Affreuse Embrouille de via Merulana, chef-d'oeuvre des lettres italiennes, l'ingénieur Carlo Emilio Gadda, passionné de mathématiques et de philosophie, devient en 1957 un écrivain mondialement connu. Carlo Emilio Gadda (1893-1973) est un des plus grands écrivains du XXe siècle. Comparé à Céline et à Joyce, ce révolutionnaire de la forme narrative et du langage a obtenu en 1963 le Prix international de littérature. Traduit de l'italien et présenté par Jean-Paul Manganaro. Jean-Paul Manganaro est professeur émérite de littérature italienne contemporaine à l'université de Lille 3. Lauréat du prix Halpérine-Kaminsky Consécration et du prix Laure-Bataillon Classique, il a traduit plus de cent soixante-dix romans italiens en français, dont Pasolini, Calvino, Bene, Del Giudice, Mari...

  • Dans une grande villa au Maradagàl, limitrophe du Parapagàl, deux États imaginaires situés quelque part en Amérique latine, non loin de la Cordillère des Andes, vit Gonzalo Pirobutirro d'Eltino, ingénieur neurasthénique qui nourrit des projets littéraires. Cet alter ego de l'auteur vit avec sa mère, dans une solitude rageuse et désespérée, exacerbée par la haine des petits-bourgeois et autres paysans pauvres et incultes qui l'entourent. La bienveillance et la disponibilité que leur offre en revanche sa mère exaspère le rapport agressif que Gonzalo entretient avec elle. Aussi éclate-t-il souvent en fureurs épouvantables : contre feu son père, sa mère, les péons, les propriétaires, l'enfance, toute la société maradagalaise; et surtout contre l'idée du moi. Baroque à souhait, la langue de Gadda traverse toutes les strates de l'histoire linguistique italienne - y compris dialectales, offrant une écriture unique dans l'ensemble des expériences littéraires du XXe siècle. Il dit la douleur de celui qui affirme sa propre violence face à l'agression implacable des autres. Carlo Emilio Gadda (Milan 1893 - Rome 1973) est l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Comparé à Céline et à Joyce, ce révolutionnaire de la forme narrative et du langage obtint en 1963 le Prix international de littérature pour ce chef-d'oeuvre.

  • Ces Colères du capitaine en congé libérable, rédigées entre 1920 et 1971, représentent trois époques distinctes, à partir de la première fiction en prose, " Promenade d'automne ", où l'on est frappé déjà par le mélange de réalisme et d'émotion qui caractérise toute l'oeuvre de Gadda. Viennent ensuite trois récits qui appartiennent à la constellation de La Connaissance de la douleur et sont autant de préparations ou variations autour du personnage de Pirobutirro, c'est-à-dire de l'autodérision rageuse de l'auteur. Là, on le voit s'embarquer dans des élucubrations irrésistibles, illustrées avant tout par les "colères" qui donnent son titre au recueil, " contre Sémiramis, la chasse d'eau, les cylindres zingués, l'architecte Gutierrez et le physicien Wollaston ", ou dans des divagations exhilarantes, comme celles qui visent l'architecture de la Brianza. Les deux derniers textes sont contemporains de la rédaction de L'Affreuse Embrouille de via Merulana, et on y lira une histoire magistrale d'"escroquerie italienne". Carlo Emilio Gadda (Milan, 1893 - Rome, 1973) est l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Comparé à Céline et à Joyce, ce révolutionnaire de la forme narrative et du langage obtint en 1963 le Prix international de littérature.

  • De la description parodique d'une soirée à l'Opéra avec ses rites clinquants et bourgeois, à l'aventure dominicale d'un jeune homme dans un cinéma populaire ; de la remémoration d'une expérience militaire (à savoir l'impossible déplacement d'un canon), aux Études imparfaites où d'anciens thèmes poétiques sont mis en prose : comme dans une symphonie polyphonique, ces quatre courtes plages narratives précèdent le grand mouvement du dernier récit, celui qui donne son titre au recueil. Là, l'ingénieur Baronfo, en proie à une névrose incurable, ayant trouvé refuge dans la lecture et les études philosophiques, rencontre, grâce à l'achat d'une bibliothèque, Maria Ripamonti : quelques promenades romantiques décideront de la suite heureuse des événements qu'une action finale dramatique semble, un instant, faire basculer dans l'impossible. Ce premier recueil de Gadda, publié en 1931, illustre déjà l'inspiration originale de l'ingénieur milanais et le piquant de son langage qui ne se départit jamais d'un intérêt pour la vie des hommes. Carlo Emilio Gadda (1893-1973) est un des plus grands écrivains du XXe siècle. Comparé à Céline et à Joyce, ce révolutionnaire de la forme narrative et du langage a obtenu en 1963 le Prix international de littérature. Traduit de l'italien par Jean-Paul Manganaro.

  • Plus que jamais chez Gadda, la satire et la dérision portent la narration : le célèbre dynamisme économique de la métropole du Nord se retourne en portraits de banquiers frauduleux et d'entrepreneurs naïfs en détresse ; les ingénieurs digèrent plus qu'ils n'étudient, ou construisent des ponts qui s'écroulent ; l'aristocratie locale s'incarne dans une vieille harpie à la Goya, la bourgeoisie dans l'obsession de la descendance mâle - et les femmes sont en proie à une libido difficilement contrôlée vis-à-vis de quelques sympathiques marlous qui, eux, préfèrent les servantes venues tout droit de la campagne. Mais on rencontrera aussi des portraits d'une merveilleuse tendresse et, en particulier, celui d'Adalgisa, qui, après des débuts plus éclatants pour les yeux que pour l'ouïe dans La Traviata, se retrouvera veuve inconsolable époussetant les tombes du cimetière Monumental. Et puis, encore, des descriptions superbes où le regard réaliste s'élève jusqu'à la création d'un grand peintre. Carlo Emilio Gadda (1893-1973) est un des plus grands écrivains du XXe siècle. Comparé à Céline et à Joyce, ce révolutionnaire de la forme narrative et du langage a obtenu en 1963 le Prix international de littérature. Traduit de l'italien par Jean-Paul Manganaro.

  • Ce recueil de quatorze récits est, avec la Connaissance de la douleur, l'Adalgisa et l'Affreux Pastis de la rue des Merles, un des quatre chefs-d'oeuvre incontestés de Gadda. Ecrits entre 1930 et 1958, ces textes laissent passer en filigrane l'Italie juste avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, y compris les furies de l'auteur contre les guerres mussoliniennes. Mais, surtout, ce qu'on trouve ici, c'est tantôt le sarcasme à l'égard de la bonne société milanaise (Saint Georges chez les Brocchi), tantôt la description pittoresque d'une catastrophe populaire (l'Incendie de la via Keplero), tantôt les souffrances et la faim qui accompagnent la Seconde Guerre mondiale (Socer Generque et le très émouvant Club des ombres), tantôt encore le tragique d'une aventure dont le mystère reste inéclairci (Un salut respectueux), pour aboutir enfin à ces Accouplements bien réglés où s'entremêlent inextricablement affaires de sexe et d'héritage. Comme toujours chez Gadda, des évocations de paysages magnifiques alternent avec des analyses de caractères ici émues, là sarcastiques, et des excursus qui emportent tout, tel celui dont Cicéron fait les frais.

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