Bruno Cabanes

  • Le 11 novembre 1918 marque l'arrêt des combats sur le front occidental. Mais, pour cinq millions de soldats français, ce n'est pas encore la fin de la guerre. Il leur faut attendre longtemps avant d'être démobilisés et pouvoir revenir dans leur famill

  • 1er août 1914, la guerre fait irruption dans la vie de millions de Français. En quelques semaines, à Paris, dans les villes et les campagnes, tout a été bouleversé. Brutalement séparés, couples et familles ignorent tout de l'avenir qui les attend. Les hommes partent au front avec l'idée d'un conflit court et la certitude d'une guerre juste. Trois semaines plus tard, une défaite militaire aux frontières fera planer le spectre d'une déroute, tout juste évitée grâce à la victoire sur la Marne début septembre.
    Pour saisir la fébrilité de ce premier mois de la Grande Guerre, Bruno Cabanes interroge les témoignages des contemporains, des Mémoires et des correspondances jusqu'ici inexplorés, les rapports des préfets ou les relations de police. Il restitue les émotions de l'entrée en guerre, les espoirs, les épreuves, les incertitudes et les rumeurs qui forment les différents paysages de la mobilisation.
    Août 14 renouvelle l'interprétation du basculement dans la guerre totale. On situe souvent le premier tournant de 1914 à l'automne, quand la guerre de mouvement fit place à la guerre des tranchées. Or, les premières semaines ont été de loin les plus meurtrières : l'histoire de ce mois d'août est déjà une histoire de la mort de masse et des deuils familiaux. Il ne fallut que quelques jours, au plus quelques semaines, pour que la France entre déjà pleinement dans la guerre.

  • Voici Une histoire de la guerre, dans tous ses aspects et toutes ses dimensions, depuis l'essor des États-nations au début du XIXe siècle jusqu'à la quasi-disparition actuelle des affrontements interétatiques.
    En deux siècles et demi, l'expérience concrète de la guerre a profondément changé : fin des batailles traditionnelles, utilisation d'armes de plus en plus meurtrières, mobilisation des fronts intérieurs, y compris parfois les femmes et les enfants. À mesure où disparaissait la frontière entre combattants et non-combattants, les civils sont devenus des cibles à part entière des bombardements, blocus, massacres, génocides et épurations ethniques.
    Sans négliger la stratégie et les chefs de guerre, cet ouvrage explore à parts égales le front et l'arrière, les conflits et leur impact sur les sociétés et l'environnement, la mobilisation des institutions politiques et militaires, de l'économie, des affects et des croyances, ou encore les violences sur les corps et les esprits, en proposant de grandes traversées thématiques de longue durée.
    Réunis pour la première fois en un seul volume, les meilleurs spécialistes du phénomène guerrier – historiens, historiens de l'art, anthropologues, sociologues ou politistes de huit pays différents – offrent une synthèse sans équivalent, largement ouverte sur le monde, qui fait aussi écho aux questionnements de notre époque : enjeux humanitaires des mouvements de réfugiés, débats éthiques sur les guerres irrégulières et l'utilisation des drones, poussée du terrorisme.
    Direction d'ouvrage
    Bruno Cabanes est titulaire de la chaire Donald G. & Mary A. Dunn d'histoire de la guerre à Ohio State University, après avoir enseigné neuf ans à Yale University..
    Coordination
    Thomas Dodman est maître de conférences à Columbia University, New York ; Hervé Mazurel est maître de conférences à l'université de Bourgogne ; Gene Tempest a soutenu sa thèse à Yale University.

  • Bruno Cabanes et Guillaume Piketty Retour à l'intime au sortir de la guerre Des dizaines de millions de combattants ont été tués ou blessés dans les combats du vingtième siècle. Les victimes civiles, encore plus nombreuses, ont payé le prix fort de la totalisation des conflits. Fragilisés par la perte d'un être proche, par l'expérience de l'exil ou par la destruction de leur environnement, la quasi-totalité des contemporains ont vécu la guerre comme l'événement majeur de leur vie. Parfois leur espace intime avait été pris pour cible : maisons saccagées, souvenirs matériels détruits, paysages familiers rendus méconnaissables. Souvent leur corps meurtri ou affaibli trahissait la violence de l'épreuve qu'ils venaient de traverser. Au sortir de la guerre, chacun dut reconstruire, renouer tant bien que mal avec le quotidien, vivre avec les séquelles laissées par les combats et l'absence des disparus. Revenir à l'avant-guerre était impossible. Il fallut faire son deuil de tout ce que le conflit avait détruit et des rapports humains qu'il avait altérés. Faire son deuil aussi du temps exceptionnel de la guerre, de son rythme accéléré, et consentir, parfois à contrecoeur, à une forme de normalisation. Cette histoire du retour à l'intime restait à écrire. Une équipe d'historiens français, allemands et américains, réunie sous la direction de Bruno Cabanes, professeur associé à l'Université Yale (États-Unis) et de Guillaume Piketty, directeur de recherches au Centre d'histoire de Sciences Po Paris, renouvelle l'analyse des sorties de guerre, en étudiant la reconstruction des vies ordinaires, notamment au lendemain de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

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