Alain Schifres

  • Sympa

    Alain Schifres

    C'est ainsi: plus les temps sont durs, plus les gens sont mous, plus les ombres s'allongent, plus ils s'encocoonent contents, se lovant sous la couette lavable de leur prêt-à-penser nigaud, n'offrant guère au talon d'airain de la violence généralisée qu'une consistance mollassonne qu'agrémente un sourire bonasse de réglisse éventée, des mirettes de cockers neurasthéniques et surtout, le pire du pire, une dévotion pour le «sympatoche», un goût du cool, de l'équitable, de l'écoute Bisounours qui donne la nausée. C'est pourquoi, avalant quatre à quatre les marches de la tribune et s'emparant du micro comme de l'épée de Condé, Alain Schifres (dont on sait l'application virtuose à crier haro sur les poncifs) dénonce, au fil de Sympa, le devenir chamallow de la conscience occidentale et décrète la Saint-Valentin du cliché, la Saint-Barthélemy de la neuneuserie béate et l'éradication du poutou. Tout y passe: le goût du calinou, la coolitude organisée, les marronniers de l'info et la sacro-sainte mamie, le culte du «c'est mieux sans» qui promeut la voiture sans conducteur et la Terre sans hommes, la dictature des «cellules d'écoute psychologique» et l'omniprésence du «Rien ne sera plus comme avant» faisant du petit bois des «quadras» avenants et des «mousquetaires» d'un jour, pilonnant sans trêve les «santons du sympa» regroupés dans la crèche à ravir de la niaiserie commune. Pour une France sans sucrette ni additif de synthèse, votez Schifres! (et surtout lisez Sympa).

  • C'est pour se libérer de la sottise qu'il voyait partout que Flaubert entreprit son fameux Dictionnaire des idées reçues. Pouvait-il rester autrement qu'inachevé ? La bêtise est une énergie du langage, le confort du poncif, le moelleux du convenu. Plus d'un siècle a passé. Telle idée toute faite s'est défaite et dix l'ont remplacée. Lieux communs, tics et préjugés ont fermenté comme des hydrocarbures. Le sol est riche, il suffit de creuser.
    Utilité du Nouveau Dictionnaire : à propos de n'importe quoi, il vous met sous la main une idée prête. En un temps où chacun de nous, surinformé - ou croyant l'être -, et sondable à merci, est tenu d'avoir sur tout chose un avis, cet ouvrage pratique vous autorise à soutenir la conversation sans élever le débat. En quoi, il participe des arts de la table. Tant il est vrai qu'à travailler les esprits s'échauffent et ce sont alors les plats qui refroidissent.
    La pensée Moulinex libère le gourmet. Aussi, bon appétit.
    A travers ses chroniques de L'Express et ses manuels de sociologie ironique - Les Parisiens, Les Hexagons - Alain Schifres observe avec humour et brio ce qu'il a sous son nez. Son Dictionnaire dessine en filigrane le portrait d'une époque.

  • Comment l'anglais a conquis le français !
    " Quand la langue en usage général n'est plus que du globish, en l'occurrence du global english, et qu'il n'y a plus ni invention, ni goût ni jugement, il n'y a tout simplement plus de langue. " (Barbara Cassin)
    Essai sur le " bas franglais ", My tailor is rich but my français is poor est écrit avec verve, culture et humour.
    Extrait :
    Le jour où j'ai lu dans Elle que la rue des Rosiers est " en retour de hype ", je me suis demandé ce qu'aurait dit mon grand-père.
    La quoi, mon garçon ?
    Dans le coup, si tu veux.
    Oy, aurait dit mon grand-père - semblant douter que la rue des Rosiers eût jamais été dans le coup. Moi de lui expliquer ce qu'est la hype : la fine pointe de la mode, celle-ci ayant elle-même laissé le pas à la fashion, ce mot froissé, et ses fashionistas qui, courant les spots, hantent les flagships et les concept stores (et donc s'en revont shoper dans la rue des Rosiers) avant, tout le foutu fash'pack, de se ruer à la fashion week et pousser des waows à la vue du front row où sourit, énigmatique et frangée, la lèvre repulpée, l'éternelle " toute puissante directrice de Vogue ", et, voletant autour, côté red carpet ou backstage, toute la faune des catwalks, la nuée des it girls, des trendsetters et des gay friendly, les beautistas overstated du glam et celles, casual, du street style, tout cela likant, tweetant et bourdonnant du fashion buzz, lequel annonce, écoute ça Pépère, à l'heure que j'écris : le comeback de la sock.
    La chaussette. Son retour.
    Oy, aurait répété mon pépé (c'était un peu chez lui comme le Ugh chez les Indiens des Plaines). Venu avant 14 d'on ne sait quelle Carpathe, il se serait vu repartir de zéro : Mais quelle langue parles-tu, mon garçon ?

  • Alphabet, brouhaha, brasserie, grand-mère, cacahuètes, odeurs, riverains, sandwich, ou bien encore vache sont partie intégrante (entre autres) du talent bien singulier d'un auteur hors normes : Alain Schifres. Le sens de la formule est toujours une trouvaille, le raccourci un bonheur constant et l'ensemble un petit chef-d'oeuvre.
    J'ai publié naguère un Dictionnaire amoureux des menus plaisirs. Les gens étaient perplexes. Voilà ce que déteste un auteur : le client embarrassé. Je ne parle pas d'un éditeur. " Ce qu'il faut, m'a dit le mien, c'est parler aux gens. Les menus plaisirs, c'est bien joli, ça chatoie, mais il y en a tant et tant, cela se décline à l'infini ; au bout du compte, cela ne veut rien dire. " Ainsi, si le premier titre pouvait prêter à confusion avec certains divertissements à la cour de Versailles, le nouvel intitulé ne concerne que des bonheurs simples comme l'oeuf mayonnaise, la vibration de la lumière un matin d'été, le voyage en train, les coquillettes ou bien encore la nuque des femmes. Le bonheur, personne ne sait ce que c'est, mais tout le monde l'éprouve de temps en temps. Au lieu d'empiler mes menus plaisirs comme des cubes, j'ai voulu partager mon bonheur comme un gâteau. A. S. Alain Schifres a été journaliste au Nouvel Observateur et à L'Express. Il a écrit plusieurs essais et romans, dont Les Parisiens, Les Hexagons, Le Nouveau Dictionnaire des idées reçues, La Chute des corps et Inventaire curieux des choses de la France. Dessins d'Alain Bouldouyre

  • SURVIVRE PEUT ÊTRE AUSSI TERRIBLE QUE MOURIR
    Toute seul dans sa grande maison londonienne, Elisabeth essaie de racommoder une vie effilochée après une rupture douloureuse. Elle vient de se séparer de l'homme avec lequel elle vivait depuis sept ans et se retrouve de plus en plus isolée, avec pour toute compagnie son chat, sa musique et un thriller violent et venimeux qu'elle traduit en tchèque. Mais, à mesure que l'été s'enfuit et que les jours raccourcissent, le poison violent et sensuel de la traduction s'insinue dans ses rêves et de drôles de choses se passent dans la maison. L'un de ses disques compacts préférés disparaît. Pas de quoi s'affoler, il a dû tomber derrière le buffet de la cuisine, ou bien son ex-amant l'a pris par erreur en passant à l'improviste. Ce n'est en fait qu'un prélude... Quelqu'un s'est introduit chez elle ? Elizabeth fait changer les serrures. Mais les bizarreries continuent. Serait-ce un esprit malin, un farfadet en colère, ou est-elle tout simplement en train de perdre la tête ? Et puis, une nuit, Elizabeth se réveille à quatre heures du matin et soudain, le coeur chaviré, elle sait qu'elle a toute sa raison. Cette nuit-là, elle découvrira que survivre peut-être aussi terrible que mourir...
    Sarah Dunant est l'auteur de six romans policiers dont Beauté fatale et Poison mortel. Lauréate du Silver Dagger Award, elle tient des chroniques culturelles à la radio. Sensuel et sulfureux, Transgression est son cinquième roman traduit en français.

  • Alphabet, brouhaha, brasserie, grand-mère, cacahuètes, odeurs, riverains, sandwich, ou bien encore vache sont partie intégrante (entre autres) du talent bien singulier d'un auteur hors normes : Alain Schifres. Le sens de la formule est toujours une trouvaille, le raccourci un bonheur constant et l'ensemble un petit chef-d'oeuvre.

    Qu'est-ce qui fait courir l'Homme, comme d'ailleurs la Femme ? Le bonheur. Les bonheurs, plutôt. Ces petits plaisirs succulents, intimes, inattendus, et qu'on savoure sans se presser. Alain Schifres a, pour nous les faire partager, le sens de la formule et du raccourci. Exemples au fil des pages : " Fumer la pipe donne de l'épaisseur au frivole, de la contenance au timide, du flegme à l'impulsif. Le colérique en est adouci, le tueur en passe pour débonnaire et l'inconstant pour un homme d'habitudes. Le caractériel s'amollit en bourru et le policier s'arrondit en Maigret. C'est un vice qui nous pare de vertus. " " L'homme s'est définitivement séparé du singe quand les cacahuètes salées sont entrées dans les moeurs. " L'auteur n'a pas ménagé sa peine ; quant au lecteur, il ne boudera pas son plaisir. Ce dictionnaire est leur récompense à tous les deux.
    Alain Schifres a été journaliste au Nouvel Observateur et à L'Express. Il a écrit plusieurs essais et romans, dont Les Parisiens, Les Hexagons, Le Nouveau Dictionnaire des idées reçues, La Chute des corps.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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